‹ De la force du droit et du droit de la force ou De la restauration du droit divin dans l'ordre social et du droit national dans l'ordre politique E. de ValmyChapitre 12 sur 31 · DU POUVOIR ABSOLU · texte numérisé non relu

DU POUVOIR ABSOLU

pond au développement de l’éducation d’un peuple.

Les philosophes du xvm e siècle sont parvenus à compliquer cette question, en faisant intervenir dans le débat l’intérêt de la dignité humaine; c’est comme s’ils avaient dit que l’autorité d’un père de famille sur des enfants mineurs peut offenser l’indépendance de l’esprit humain. Il est vrai que celte autorité est quelquefois mise en question par des enfants mal élevés, mais ce n’est pas apparemment dans ces étranges prétentions que le législateur doit chercher un exemple.

Au reste , sur le terrain des philosophes du dixhuitième siècle, la discussion a toujours été interminable et elle le sera toujours , parce que la question est mal posée. Les institutions politiques ne peuvent pas être un objet de satisfaction pour les besoins de notre esprit, elles ont ifyi but plus élevé : elles doivent avant tout assurer l’harmonie entre es membres du corps politique. C’est ainsi que la question a été posée par l’apologue célèbre du mont Aventin. La passion de la liberté politique peut être noble entre toutes les passions; mais

après tout, c’est une passion; la mission du légis-

lateur n’est pas de la satisfaire , mais de la régler selon les nécessités des temps. En politique, il est également insensé de dire : Tout par le peuple, et Rien par le peuple. La liberté doit marcher du même pas que la civilisation , sans jamais la devancer ni se laisser devancer par elle. Là est le problème à résoudre, là est la véritable difficulté. Comment apprécier exactement le degré de civilisation auquel un peuple est arrivé ? Comment le suivre dans le développement de son intelligence et de son éducation ? A quels signes peut-on reconnaître qu’il a acquis de justes notions de ses droits et de ses devoirs? Évidemment, la tâche est difficile; le législateur le plus intelligent sera toujours embarrassé quand il s’agira d’établir, s’il est permis de s’exprimer ainsi, une équation mathématique entre les institutions et la civilisation d’un peuple. Il pourra toujours craindre d’aller au delà ou de rester en deçà de la vérité ! C’est pourquoi la liberté présente toujours un danger à côté d’un bienfait; c’est pourquoi elle a souvent

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