‹ De la force du droit et du droit de la force ou De la restauration du droit divin dans l'ordre social et du droit national dans l'ordre politique E. de ValmyChapitre 18 sur 31 · CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE

VRAIE MONARCHIE, VRAIE RÉPl'RLIQUE.

«Si

République modérée, moyen d’arriver à la dictature socialiste. — Monarchie impériale. — Monarchie de 1830. — Différence entre t830 et 1688. — Ce qui peut expliquer la conduite de la maison d’Orléana. — Lettre du lieutenant général du royaume au roi Charles X. — Il faut opter entre la vraie république et la vraie monarchie.

Résumer les principes posés dans ce livre, ce sera en faire comprendre l’enchaînement.

L’erreur des publicistes et des législateurs est d’avoir confondu les principes sociaux et les principes politiques, et d’en avoir méconnu la véritable origine.

CONCLUSION

Les principes sociaux, ayant pour but de régler les rapports inévitables et prédestinés de l’humanité, sont nécessairement immuables et universels comme la nature de l’homme; c’est pour cela que la sagesse divine nous les a révélés.

Les principes politiques, ayant pour but de régler les rapports d’une société humaine, eu égard au degré de civilisation auquel elle est parvenue, sont nécessairement relatifs et variables, selon les temps et les circonstances; c’est pourquoi la sagesse divine les a abandonnés au jugement des hommes. En un mot, le contrat social est d’origine divine : il est universel et immuable comme les lois de notre existence. Le contrat politique est d’origine humaine : il est relatif aux besoins et aux traditions des peuples.

Dans l’ordre social révélé, la matière est soumise à l’esprit; la souffrance est la rédemption de l’humanité, le triomphe des passions est sa chute ; la vie mortelle est sacrifiée à la vie éternelle, l’une est considérée comme le pénible enfantement de l’au-

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tre, et, sous l’influence de ces lois mystérieuses, mais efficaces, les générations humaines se succèdent et cheminent harmonieusement, comme le monde céleste sous l’empire des lois divines qui le régissent.

Le socialisme, c’est-à-dire la prétention de déchirer le contrat social révélé, est une hérésie sociale, sœur de l’hérésie religieuse. Le principe de toute hérésie est la souveraineté de la raison. Entre celui qui reconnaît cette souveraineté, et ceux qui veulent détruire la religion , la famille et la propriété, il y a une différence d’application ; mais il n’y a aucune différence de principe.

De là l’impuissance de la société rationaliste en face du socialisme ; dans ce grand procès entre le monde ancien et un monde nouveau, la société incrédule n’a plus de juge compétent, plus d’autorité supérieure, plus de lois éternelles et immuables, mais de simples conventions que la raison de chacun peut admettre ou condamner en vertu de sa toute-puissance. Les législateurs rationalistes ont voulu mettre les droits de la propriété et de la fa-

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mille à l’abri du caprice de cette souveraineté, et ils ont imaginé de déclarer ces droits imprescriptibles; mais cette inviolabilité, proclamée par la raison de la veille , reste exposée aux tentatives de la raison du lendemain , et la cause est toujours renvoyée à d’autres juges.

Si on veut un arrêt définitif sur la valeur des conventions sociales, il faut le demander à un tribunal supérieur, il faut revenir à la loi révélée, qui seule peut donner à la famille et à la propriété une origine divine, et seule permet à la société de déclarer impie et sacrilège la doctrine qui veut renverser ces bases fondamentales du contrat social. En un mot, si on veut en finir avec le socialisme, il faut revenir au contrat social révélé.

Dans l’ordre politique les principes peuvent varier, les formes de gouvernement peuvent se multiplier à l’infini; mais l’expérience des siècles montre que les principes politiques traditionnels sont les sources de la prospérité et de la grandeur des peuples.

La France, qui semble prédestinée à servir au

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