‹ De La Formation Des Bêtes Dans L'Industrie Et De Leur ÉliminationChapitre 11 sur 20 · RAR PT COTE INF · texte numérisé non relu

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des éruptions eczémateuses, des maux de tête, des troubles de la digestion. On constate également des troubles nerveux, de l'agitation intense chez les ouvriers des usines de torréfaction de café, avec insomnies prolongées, tandis que dans les fabriques de savon où se dégage de l’acroléine, existe une intoxication générale bien connue des médecins spécialisés dans l'étude des intoxications professionnelles.

Mais, même non toxiques, les buées exercent une action néfaste sur l’organisme, et d’autre part, entretiennent dans les locaux un assombrissement de l’atmosphère, une non-visibilité qui entraînent des risques d’accidents graves. Dans certains cas, la circulation dans les ateliers peut être rendue sinon impossible, du moins très difficile. Les ouvriers, bien que connaissant parfaitement les lieux, ne peuvent prévoir la présence momentanée d’un chariot, d’un bac mobile, ou de tout autre obstacle. L'accident qui en lui-même serait limité à une chute, emprunte son caractère de gravité du fait que cette chute se produit dans un atelier encombré de courroies de transmission en mouvement, de bacs à température élevée, etc. donc risques de blessures ou de brûlures graves, l’ouvrier étant happé par la courroie ou tombant dans un liquide bouillant.

D'autre part, la présence de buées dans des locaux

- est un élément « économique » ruineux, car elles ont

une action néfaste sur les plafonds, les toitures, les fermes en bois ou métalliques. - Enfin, la condensation de ces buées sur des parties

nous allons maintenant examiner.

métalliques produit des gouttelettes d’eau, plus ou ESS moins souillées, plus ou moins rouillées, qui, en re-

tombant, détériorent les marchandises, les murs, les boiseries, le travail même des ouvriers.

Pour toutes ces raisons, il importe d'éliminer les buées des ateliers dans lesquelles elles se forment.

Mais encore faut-il connaître leur mécanisme réel de

formation, dont nous avons déjà donné un aperçu, et connaître la quantité de buées à éliminer d’un lieu

donné, dans des conditions données. C’est ce que

Un liquide vaporisé dans un milieu exempt totalement de germes, de poussières, de particules en sus-

pension dans l’air susceptibles de servir de support

à ce liquide, ne manifesterait jamais sa présence sous

forme de buées ou de brouillard.

On pourrait vaporiser jusqu’à saturation du milieu

en vapeur d’eau pour la température donnée, mais

là s’arrêteraient les phénomènes. Pour que la vapeur d’eau puisse se condenser sous forme vésiculaire, il

est nécessaire que se forment des gouttelettes d’eau

plus ou moins grosses, souvent infiniment petites. L’expérimentation a montré que cette formation de gouttelettes n’est possible dans Pair que s’il existe des noyaux de condensation, ces noyaux étant généralement des poussières fines, des germes et égale-

ment des ions électriques.

La quantité de vapeur d’eau formée à la surface

d'un bac, dans la première méthode de formation que

nous avons exposée dans le chapitre précédent peut être calculée par la formule dite de Dalton.

VV R-SXES LA H

At De

S étant la surface libre du liquide.

F est la tension de la vapeur d’eau à la température de l’atmosphère t.

f est la tension maxima de la: vapeur d’eau à la température T du liquide.

K est un cæfficient constant qui dépend de la nature du liquide et de l’état d’agitation de l’air au-dessus du liquide. H est la pression atmosphérique, que nous supposerons constante (M. Frois).

De cette formule, on peut conclure immédiatement que l’évaporation est favorisée par une plus grande surface du liquide, l’état d’agitation de Pair et la température du baïn, car dans ce cas F croît et par suite le facteur (F-f).

L’évaporation aurait cependant une limite, si l’on prenait un local hermétiquement clos, car alors la saturation de l’air aurait lieu à l’instant ou f serait égal à F, ce cas ne se présentant pas dans la pratique, et l’évaporation. à la surface étant constante, la formation des buées se poursuivant régulièrement avec

la marche des appareils.

En dehors des deux modes de formation des buées ci-dessus indiquées, la buée peut encore se former accidentellement par une diminution soudaine de la température de l'atelier à un endroit donné.

On sait que si l’on perce un orifice dans la paroi verticale d’un mur et près du plancher, on observe une rentrée d'air de l'extérieur vers l'atelier. Si, au contraire, l'ouverture est pratiquée dans le haut, près

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du plafond, le courant se dirige de l’atelier vers l’extérieur. |

Il existe, entre ce plan supérieur et le plan inférieur, une zone neutre dans laquelle ouverture pratiquée dans la paroi verticale ne donne ni entrée d’air extérieur ni sortie d’air intérieur.

La zone neutre est à hauteur fixe pour une perméabilité donnée des parois, et s’établit toujours à proximité des parties les plus perméables. Si on pratique une ouverture supplémentaire, la zone neutre va ten-

dre à se rapprocher de cette ouverture. A

Si on ouvre une porte, au bas de ce mur, l'équilibre sera rompu, la zone neutré tendra à descendre, et

l'air extérieur froid rentre dans l’atelier et condense

la vapeur d’eau. La buée se forme opaque. Si, par contre, on ouvre un lanterneau ou un chassis dans le “plafond, il s a logiquement sortie d'air FLEL intérieur. S À

Mais le Dhéhomene est plus complexe qu’on ne le croit, la vitesse du vent qui s’oppose à ce mouvement d'évacuation jouant un-rôle important (A. Turin).

Nous verrons plus loin les réalisations techniques

de ce mode d'évacuation des buées, et les autres méthodes destinées à réaliser pratiquement les desiderata des données mathématiques.

ee DONNEES THEORIQUES DE L’ELIMINATION DES BUEES

Nous nous souvenons que la quantité d’eau évaporée dans l’unité de temps est donnée par la formule

VE is mes | H

Or, si f et H sont des quantités sur lesquelles on ne peut agir, tout au moins d’une manière directe, on se rend compte que c’est sur S que l’on doit agir, en tentant de le réduire le plus possible. Mais alors on pe fera que diminuer l’évaporation, et on ne la supprimera pas, car, pour la faire disparaître, il faudrait que V soit égale ou tende vers 0, c’est-à-dire que F soit égale à f.

La température du bain étant généralement supérieure à celle de atmosphère, et la vapeur qui s’en dégage étant presque uniquement formée de vapeur d’eau, il est impossible de supprimer ainsi l’'évaporation, F étant toujours supérieur à f. On peut, à la rigueur, diminuer S, surface d’évaporation, on peut chercher à abaisser autant que possible la température du bain liquide, pour que F se rapproche de f,

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