DE LA FOHMATION DU MODE MINEUR
ront tous être transposés dans l'autre. Ce qui répondra aux différentes voix naturelles comme à l'étendue et à la beauté de chacune. Le grand-papa qui, pour amuser ses petits enfants, a chanté dans le ton de do et avec la clé des sons graves. Pair populaire suivant :
TOiJ^:^^
J'ai du bon ta bac,daQS ma ta ba tie pe,
p ' '^'ir F P
j'ai du boa ta bac, tu n'en au p.as pas.
entendra non-seulement répéter par eux, à Foctave su[>érieure, ce même chant comme il suit :
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Jai du bon ta bac, dans ma ta ba tiè re.
i)J^ JU'IJ J^«^'N J I j
j'ai du bon ta bac, tu n'en au ras pas.
mais si les entants, au lieu d'entonner ce chant à loctave — son le plus identique après l'unisson, — peuvent prendre l'initiative, on entendra certainement et de préférence :
J'ai du bon ta bac, dans ma ta ba {iè re.
j'ai du bon ta bac, tu n en a\i ras pas.
ciiai'Hiu-; i'Hi;.\iii:ii
parce que tel est le registre le plus naturel aux voix de femmes et d'enfants (1-2).
La gamme ancienne comme la nouvelle icstent donc en permanence, et dans les compositions musicales^ l'initiative appartiendra à chacun des deux tons, soit pour se
(I ; Nous nous demandons mémo jusqu'à (juel poii.t ra[ipiopiiaLion naturelle des voix à leur registre particulier n'est pas la cause des premiers rudiments de l'harmonie, ces successions de quintes et de quartes que l'on voit régner dans la musique du ix^ ou x° siècle et qui semblent être à l'art musical, ce que la sauragevie est à la civilisation. Les voix se mettant d'ellesnièmes dans les meilleures conditions de leur développement, les voix prenant possession de leurs registres respectifs, telle aurait été la loi naturelle amenant en quelque sorte la lutte jioiir la vie entre les différentes voix, avant que riiarmonie véritable eût découvert les magnifiques ressources qui assureraient à chaque genre de voix son expression particulière et ses diiïérents emplois.
(2) Les voix de femmes ou d'enfants occupent la moitié des sons de Téchelle musicale des voix, dont elles ont la partie élevée ; les voix d'hommes, l'autre moitié, la partie grave. Chaque moitié se subdivise en trois catégories : soprano, mezzo-soprano, contralto, pour les voix de femmes ; ténor, baryton, basse, pour les voix d'hommes. Un croisement a lieu au milieu de l'échelle des sons entre la voix la plus élevée de l'homme et la voix la plus basse de la femme. Voici, au moyen des deux clés, celle de fa pour les voix d'hommes et celle de sol pour les voix de femmes les deux portées (les D lignes) qui correspondent à l'échelle des voix. C'est encore la succession des six quintes ayant formé la gamme naturelle ((ig. 2) qui nous
servira à établir cette
Soprano-
échelle. A chaque voix se l'attache une clé particulière en usage dans les partitions, dans l'ancienne musique et pour la transposition. jNous ne pouvons nous étendre jusque-là et les deux clés en usage qui les ont remplacées suffiront ici.
Celle étendue très limitée des voix ne contient que leurs plus belles notes le registre caractéristique de chacune. Une voix étendue a près de deux octaves. Une voix moyenne, ordinaire, de 8 à 9 sons, un peu plus que l'octave.
Bass
Fi-. 1'.».
DE LA FORMATION Df MODK MI M. Il;
renfermer dans leur domaine particulier, soit pour se lier en se faisant entendre successivement dans un parcours commun. De là, les airs composés exclusivement dans le ton de do, ceux qui sont composés dans celui de sol et ceux qui, partant de l'un ou de Fautre, moduleront dans l'autre ton, ce dont nous avons donné des exemples que nos lecteurs pourront multiplier. Partant du ton de do, le compositeur passera dans le ton de sol, si le la devient dièze (1) ou se trouve sous-entendu dans la phrase musicale qui l'implique (2). Le compositeur reviendra au ton de do, le ton primitif par lequel on termine, en effaçant le dièze remplacé par le bécarre qui ramène fa naturel (3), Il y aura, dans la pensée qui préside à la composition d'un air formé de deux tons différents, soit plus d'étendue, plus de variété, soit un contraste plus accusé entre certaines phrases. Le ton de sol aussi ayant l'initiative et modulant en do, moins fréquemment et un peu moins facilement (la modulation à \?i sous-do ninante étant plus réservée que la modulation à la dominante], cette modulation fera disparaître le fa dièze par le bécarre qui remet la note accidentée à sa place naturelle ; puis on ramènera le ton primitif pour terminer, ce qui est la règle.
Résumant donc ce qui concerne les modulations parle tableau des quintes, nous dirons : comme un ton majeur n'est jamais formé que de six quintes^ si Ton veut être en
(1) Voir Mon Rocher de Saint-Malo [Airs populaires, n° 6).
(2) Au clair de la lune (Airs populaires, n° 4).
(3) Mon Rocher de Saint-Malo, (in de la dernière partie, dernière note fa bécarre.
CIIAI'ITRE IMiEMlER
Fiïr. -20.
sol, on retranchera le premier terme de la série, fa naturel, et le ton aura ses notes constitutives (fig. 20).
Si l'on veut être en do, on retranchera au contraire le dernier terme de la série, fa dièze. Le passage de l'un à l'autre setïectuera très facilement par quelques règles des plus simples que nous ne pouvons donner ici, rol)jet de
^ notre travail
(^ *' ^ ^ ,1 " o ''^^^^^^ n'étant pas un
traité d'harmonie. Mais,
tandis que nous nous attardons à chercher les rapports de bonne harmonie entre les deux tons existants, un fait très grave nous réclame; « il n'est que le premier pas qui coûte »^ et nous remarquons la justesse de cet axiome en voyant l'impatience avec laquelle se franchit un nouveau pas.
Do dièze vient de faire invasion comme avait fait fa dièze. Il s'impose, se range au tableau des quintes et opère
comme avait
ZSJL
xn
fait fa dièze.
Il culbute ' '^- -'■ l'ordre de sol,
sans rétablir l'ordre de do, dont il s'éloigne plus encore. Il congédie do naturel, et proclame le ton de ré majeur en devenant note sensible, Tun des termes du centre attractif nouveau. Ré, seconde note du ton de do et dominante en se/, est devenu tonique.
La dixième note en do, seconde en sol, est devenue dominante ; et sol, dominante en do et tonique en sol, est ■devenue sous-dominante en ré. La clé, armée de deux acci-
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dents, fa dièze et do dièze, annoncera que Tordre de choses nouveau a, dans sa constitution même, ces deux altérations.
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