‹ De la formation du mode mineur par l'évolution, la transformation et la fixité. Préf. par le marquis d'IvryChapitre 16 sur 32 · DE LA FORMATION DU MODE MIXEUR · texte numérisé non relu

DE LA FORMATION DU MODE MIXEUR

d'embarras. Si, d'une part, on déplorait l'ordre de choses qui les avait sitôt bannies de son sein, d'autre part, on démontrait que le mouvement mis en action par ces puissances mêmes sorties du plain-chant n'avait été que suivie et que les éléments nouveaux de Tordre progressif n'en étaient que la conséquence.

D'autres soutiennent que, le »0)n?>r(? seul étant la qualité essentielle des conditions de progrès, et ce nombre étant toujours le même, — (les notes naturelles ne changeant pas de nom) — il fallait considérer les accidents des gammes, comme des illustrations qui élevaient la gamme primitive à de nouvelles puissances. Ce nom (Taeeident serait alors considéré sous un jour tout autre; il perdrait son caractère sinistre qui datait surtout de Tépoque où l'ordre progressif n'était pas encore apparu et où Ton traitait d'accident tout mouvement initiateur. Cette manière d'envisager les choses rassurait bien quelques esprits, elle donnait espoir et courage, mais les difficultés n'en existaient pas moins là.

Qu'allait-on faire pour sortir d'embarras? Qu'allaient dire les puissances directrices consultées?...

Ces puissances recoururent aux accords placés sur les notes communes à l'ordre progressifet au plain-chant, ces accords majeurs dans Tordre majeur et mineurs dans l'autre système (fig. 27).

Puis, s'adressant aux représentants de Tordre progressif, elles leur demandèrent ce que signiliait la formule employée souvent dans leur ordre, pour terminer tant de belles œuvres musicales : le quatrième degré suivi du premier.

CIIAPITHE DEUXIEME

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Fi:;. 28.

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Fi?. 29.

Les délégués de Tordre progressif répondirent que cette manière de terminer, préférée quelquefois à celle qui est ordinaire, le cinquième degré allant au premier, est ce que l'on nomme la cadence i^lagale, empruntée au plain-chant; que cette sorte

de cadence ou manière de terminer s'emploie, de préférence, pour exprimer le sentiment religieux, la grandeur des situations, leur majesté. Sur cette réponse, acclamée de toutes parts, le plainchant fut engagé à faire entendre à son tour la cadence plagale qui lui était habituelle et qui reposait sur les

mêmes fondamentales portant les accords mineurs : cette cadence fut trouvée charmante par les délégués de l'ordre progressif. Elle formait un contraste particulier avec celle de leur ordre. Une certaine mélancolie s'en dégageait qui retenait longtemps la pensée à sa suite et portait à la réflexion. Seulement, ajoutèrent ces délégués, ils ne pouvaient Fadmettre chez eux parce que, formée de deux accords mineurs, lesquels ne pouvaient dans l'ordre majeur être libres dans leur enchaînement, avoir l'initiative, le sentiment du repos, devenir la tonalité en un mot, force était de les rejeter en les laissant aux seules fonctions du 2*^ et du G^ degrés qui leur étaient

Fig. 30.

attribué

'S (i.in.s I ()

rdre progressif majeur. Le moment était

imposant, on le voit. Le goût naturel, déjà développé par l'art, était en opposition avec les raisons données par l'ordre progressif, tous les délégués l'avouaient. C'est alors que du grand conseil émana l'ordre de former un mode nouveau, le MODE MINEUR, qui s'appuierait sur les deux accords mineurs entendus^ pris du plain-chant et qui seraient comme dans le majeur, la tonique et la sous-dominante. Le plainchant pensait triompher. Voulant imiter Tordre progressif et faire entendre la cadence parfaite indispensable au mode nouveau comme à l'autre, il alissa vite l'accord suivant mis à la suite des deux autres. Mais un toile

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Fit:. 31.

général s'éleva du côté de l'ordre progressif et beaucoup d'indécision de l'autre.

Si l'on acceptait les deux premiers accords, le troisième par sa dureté, par son absence d'indication tonale était rejeté sans appel. La directrice du mouvement et la tonique de l'ordre naturel consultées, donnèrent raison à l'ordre progressif. Il fallut donc bien s'entendre. Au moyen des deux acords mineurs admis et de la quinte acceptée du troisième accord, on formait bien la gamme comme il suit :

Mais on n'allait pas plus loin. Où prendrait-on cette note

sensible de pig. 32.

la nouvelle gamme exigée par l'ordre progressif pour légi-

28 CHAPITRE DKIXIKME

timor le mode mineur, lui donner son existence propre? On avait beau chercher, elle ne se trouvait pas dans le plain-chant. Faudrait-il bien aller la prendre dans cet ordre progressif lui-même dont il était le dernier terme (fig. 21) et portait le chiffre 10? — Oui, il le fallait. Mais, avant de voir comment Ton s'y prit pour obtenir cet élément indispensable à la formation complète du mode mineur, remarquons, comme nous l'avons dit au commencement, que quatre gommer majeures avaient été nécessaires pour que fût créée cette note sensible indispensable aux deux modes.

Grâce à quelques esprits conciliants, autant que sages, chacun reconnut bientôt que cette création nouvelle, ce nouveau mode qui, dans sa première moitié toute d'éléments naturels, donnait raison au plain-chant et aux accords mineurs le constituant, accordait la même prérogative, dans sa seconde moitié, à l'ordre progressif, en légitimant son dernier terme qui, à l'occasion, imi)lique aussi tous les autres. Le ofrand sio;ne de cette saojesse d'en haut, à laquelle on s'en était rapporté, était donc d'avoir su concilier ces irréconciliables iiour une création nouvelle que ni l'un ni l'autre n'auraient pu former isolément.

Mais tout n'était pas fini. Il fallait obtenir de l'ordre progressif lui-même, en son élément essentiel, sol dièze, la possibilité de consacrer le mode mineur. Comment allaiton s'y prendre? — Après maintes propositions, on s'arrêta

au moyen suivant; une délégation

jI ^ =^ personnelle de Taccord mineur re-

fn ô *^ Il . , . ,. , ,

jeté (uuait lieu, auprès de son ho-

"•"'c- •»■ monyme majeur, et l'accord mineur

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DE LA FOHMATION isC MODE MINEL'Ii 29

ferait valoir toutes les raisons attachées à la réussite de son ambassade. Eu apprenant cette décision, le pauvre accord, humilié déjà par le nMe qu'il avait dCi jouer dans l'essai de formation de la gamme mineure (fig. 31), faillit s'évanouir. Il se remettait à peine de l'affront dont il avait été l'objet^ que d'autres semblaient lui être réservés. Il essaya de réclamer, mais... il devait obéir et c'est ce qu'il fit. Il quitta donc les états pacifiques pour entrer dans les états armés, en s'arrétant d'abord dans le seul état progressif non-armé, le ton de do. Son identique, l'accord du 3e degré (fig. 25), le reçut à bras ouverts, et comme on voulait faire honneur au délégué, dont la mission faisait ofrand bruit, ils fiiijjurèrent tous deux comme ne faisant qu'un dans deux marches successives (fig. 13). En se séparant de son homonyme, la tête tournait au pauvre accord plus stable. Figurer dans une marche forcée, sélancer à la poursuite d'accords majeurs (fig. 13), quelle étonnante coutume! — En abordant le premier état armé, celui de sol majeur, notre accord mineur se retrouva accueilli, et uni à son identique, qui occupait le 6^ degré. Les exercices honorifiques furent d'abord plus à sa convenance.

11 figura dans une improvisation en s'unissaiit à un autre accord mineur connu et aimé, mais qu'il dut quitter bien vite, sans pouvoir échanQ;er avec lui tout ce qu'ils avaient à se dire : telle était Fexisence de la tona- ^

^ Fig. 3i.

lité.

Passe pour ces exigences, mais voici bien autre chose.

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30 ciiai'ithf: dici xième

Dans un second exercice, ne lui avait-il pas fallu jouer un tour à la tonique qui attendait laccord dominant, en détournant celui-ci de sa bonne résolution et en le retenant longtemps suspendu comme par un charme secret, pour le laisser enlin, après avoir fait Técole buissonnière, retourner à la tonique à laquelle il ne pouvait échapper !

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Fig. 3o.

En sortant de la fête, la pauvre agrégation confuse ne savait plus à quel saint se vouer pour échapper à de telles épreuves. Heureusement, elles prendraient fm !

Le second élat armé, le ton de ré majeur, ouvrit bientôt ses portes à notre voyageuse. Son agrégation identique l'attendait; elles s'étreignirent aussitôt pour la fête de réception qui commençait. Ici et par son identique, elle figurait comme second degré de la gamme. . Dès le début, ne lui avait-il pas fallu s'élancer dans les bras de la seconde puissance de Fétat, la dominante, cet accord majeur armé, pour lui donner l'accolade fraternelle!

I leurcusement, les épreuves allaient finir, la dernière, seule, restait à subir.

Que serait-elle?...

L'accord mineur, oubliant comme de mauvais rêves,

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!)[■; LA FOKMATION M' MODE MI.NFAR 31

toutes les situations passées, se trouva bientôt dans le palais des puissances du dernier état armé^ le plus fort, le plus redoutable, qui semblait parfois tenir en sous-ordre tous les autres, bien qu'il ne fût ni plus ni moins que le parvenu du jour, illustré seulement par l'éclat des armes, raison dangereuse qui excitait sans cesse à de nouveaux pas.

L'accord mineur, qui n'avait plus d'identique, fut introduit, dès son arrivée, auprès de son homonyme majeur, accord dominant, premier ministre de Tétat.

La salutation solennelle carac- /^ ^

térisa dès l'abord la position res- ft) 8 | ^ g^ pective de chacun L'accord hum-

^ Fig. 37.

ble et timide s'abaissait en sa tierce mineure, de manière à friser le faux. L'autre, au contraire, superbe et fier, faisait éclater sa tierce majeure dans une élévation exagérée. Ces deux puissances avaient presque dépassé la limite de tolérance (1) accordée par le règlement.

Les liens qui s'établirent par l'identité des deux termes extrêmes des deux accords, Torininalité

de la situation, une curiosité réciproque,

telles furent les causes qui ramenèrent j,.i„ 3g

les accords à toute l'importance de la mission qui les

réunissait.

Ils se rapprochèrent, on causa familièrement. Après maints retours sur le passé, maintes explications sur le

(1) Barbereau démontre qu'une limite de tolérance existe pour rémission des sons, et que cette limite, plus étendue que le quart de ton, est la véritable cause, pour laquelle le système musical, formé du quart de ton, est impossible et ne pourrait s'établir dans la pratique.

présent, et le souvenir revenant peu à pen à J'esprit de l'accord majeur, il eut conscience de ses transformations successives antérieures et put les suivre dès Torigine, Le cliemm parcouru })ar l'accord mineur pour arj'iver jusqu'à lui en était la preuve évidente et il n'avait plus à douter. Sorti lui-même du plain-chant pour entrer dans Toctave naturel progressif, et se trouvant être dès l'origine du mouvement, un de ces pas mystérieux qui apparaissent comme d'eux-mêmes, dès la fondation (fig. 1), il avait été, comme nous l'avons vu déjà et dans l'organisation des choses ; 3^' degré en do, cet accord d'un emploi si infime, puis 6t' degré en sol, 2' degré en ré, ce qui était postes plus honorables. Mais le ton présent, celui de la, avait seul opéré la transformation radicale dont il était si fier, celle de le rendre à jamais majeur, tant qu'il ne voudrait pas redescendre aux Etats moins progressifs, moins armés, mais monter de gloire en gloire, phénomène réservé au seul ordre progressif, comme nous le verrous plus tard.

L'objet de la mission ayant été remis en question, l'accord, superbe et satisfait, déclara net qu'il ne quitterait pas l'ordre où il avait reçu son illustration, où il occupait la domination légale, pour aller tigurer dans Tordre immobile et terne qui laissait les choses toujours de même et semblait plutôt une image de la mort que l'emblème précieux de la vie. — L'accord mineur, un peu déconcerté, se remit bientôt et, rassemblant toutes ses forces, il apprit à son homonyme majeur cette nouvelle non moins étonnante que la transformation des accords mineuisou majeurs, savoir: que son Excellence ne perdrait pas sa qualité de majeur en prenant place dans le

DK LA niHMATloN 1)U MCIIJE MINEIU ,'jlj

iii()d(3 iiiiiKJur, qu'il l;i conserverait, au contraire, et que, protecteur tlu nouveau mode, il serait à la fois puissance dominante du mode mineur comme il Tétait du mode majeur; en un mot, qu'il exercerait son empire dans toute L^étcndiie de Vunivcrsalité présente des sons. Grâce à tout ce qu'ajouta l'accord mineur sur ce sujet et aux vues profondes dans lesquelles les deux esprits pénétrèrent, l'accord majeur, touché de la magnificence du pouvoir et de la sagesse invisible qui avait présidé à ses propres transformations, comparant alors avec attendrissement son infime origine avec sa magnificence présente et tout l'éclat qu'elle allait acquérir, cet accord, dis-je, n'y tint plus : il se précipita dans. les bras de Faccord mineur, il rétreignit avec larmes et lui donna sa parole deconcourir av(;c joie à la formation du mode nouveau. Puis, avant de se séparer : « Mais de vous, chère et modeste agrégation, qu'arriverat-il, quand je vous aurai remplacée? Serez-vous rejetée à jamais, ce mode nouveau ne vous laissant aucun emploi dans sa gamme de la mineur? » — « Rassurez- vous, mon digne ami, car dans votre ordre progressif j'ai ma place bien assurée. J'y figure depuis longtemps par mes trois identiques absolus, sans compter ce que fera naître le pouvoir suprême et souverain qui contient en lui l'avenir du mode nouveau qu'il a fait naître. Les postes que vous avez occupés avant de devenir majeur sont aussi les miens, puisque nous étions identiques. J'hérite de vos attributions passées et, bien que tenue à l'écart, j'ai figuré par vous au mouvement, dans le ton de sol comme dans celui de ré (fig. 24) et comme ces tons sont hxés par leur nature môme, bien que nés du mouvement, j'existerai ton-

34 ciiAriTut: dkimkmi;

jours. (Juantau présent (jui nous sépare, qui ne me permet pas de devenir accord majeur et qui semble me rejeter entièrement du mode nouveau ({ui va s'établir, je ne m'en mets pas en peine, me confiant à la sagesse du Tout-Puissant d'En-haut qui appelle petits et grands, élève ou abaisse, fait paraître ou disparaître relativement, sans que la vie de tout élément créé cesse d'être. » Après la délibération favorable du conseil privé des puissances, s'ellectua le départ des deux accords pour aller former le mode mineur par la gamme de la, homonyme du ton régnant, lequel lui fournirait une partie de ses armes, signe de protection assurée. L'introduction de l'accord majeur armé, présenté par l'accord mineur, fit sensation dans l'assemblée des Etats pacifiques. On oublia la signification Fi?. 39. ^^^ gQj-j gigji^ protecteur et notre héros

fit si bien, conseillé qu'il fut et guidé par l'agrégation, son amie, qu'il eut l'air de rendre les armes au lieu de les imposer.

L'accord armé vint se placer, en sa fondamentale, audessous de la directrice du mouvement fa ricUurcl, ce premier terme de l'origine des sons (fig. 40). 11 y prit son rang de dominante, fit retentir sa tioi'ce majeure sol dièze, cl par le centre attractif formé se dégagea l'octave de la Iftiinpie qui ferma le cerch.' et compléta la gamme mineure du premier type. La voici, et les accords qui en résultent.

Fi^'. 'lO.

ItE LA KOHMATKiN lii; MUIH'; .MINEl H 35

Le mode mineur fut proclamé provisoirement l'éijal du majeur, en attendant sa reconnaissance officielle par l'ordre progressif majeur et son installation auprès de lui. Cette reconnaissance officielle avait été demandée par le nouvel accord lui-même, en souvenir de ses transformations antérieures, de Fimpression produite sur lui par la visite du simple accord mineur noii-fonctioiinaire, et de la conversation intime qui s'établit longtemps entre eux et dont nous n'avons entendu et rapporté que les moindres choses. En examinant notre tableau des quintes, que nous mettons sous nos yeux, ce tableau de toutes les richesses acquises à Tordre majeur pour former ses quatre tons successifs nécessaires pour la formation du mineur,

nous remarquons que ce mode, par sa conformation même, n'en a pas accepté tous les termes: que deux d'entre eux ont été rejetés, fa dièze et do dièze, et que sol dièze s'est substitué à sol naturel.

Remarquons aussi que ce mode contieut trois cojtrcs attractifs, au lieu d'un seul, comme il en est dans le mode majeur. Le premier, l'inférieur, de fa à si, bien que visible et qui se trouve maintenant du 2^ degré au G« de la gamme mineure (tig. 41), a perdu son attraction par la force du nouveau centre attractif tonal de ré à sol dièze qui est le même que celui du mode majeur (fig. 24), avec cette dilfé-

30 CIIAPITR'E DELXIÈM'É

rcnce i[uq le sentiment du repos, amené par laceoi-d que dégage le centre attractif, désigne particulièrement le mode nouveau par la descente du terme inférieur, la quarte, sur [r tierce niuieure de la tonalité, ce qui sera désormais Tim-

te

■^TVmm. 3^.^' inaj-

Fiir.

pression modale par excellence, qui laissera juger rigoureusement du mode soit majeur^ soit mineur. Mais il est une attraction toute particulière au mode mineur, c'est c'est celle qui embrasse les iO termes, de fa à sol dièze (fig. 41), dans laquelle rentre la précédente. Ce centre attractif est essentiellement propre au mode mineur qu'il affirme et maintient d'une part par la sixte mineure, le fa naturel et la tonique, et d'autre part, par la seconde

augmentée, de fa à sol dièze.

<i ^^c-;n:^m^raufi"'^"i^^-

■Te so ^^^^

Cet intervalle ne se trouve

^.^^ que dans le mode mineur,

^'^- "• par conséquent il en sera le

trait caractéristique. Cela étant, nous déduirons le mode mineur de son grand centre attractif embrassant les 10 t(3rmes (0 (piintes); et, procédant par une succession de tierces superposées, partant du dernier terme jusqu^au premier, nous opérerons comme il suit :

Fie. 't'i.

Par là s'établira l'accord de septième diminuée qui

lili LA FOHMATHt.N 1)1 MUUH Ml.NHl H 37

caractérise le mode mineur et qui, formé de trois tierces minem^es, donnera lieu à des transformations qui sont une des plus grandes richesses de l'art musical. Voici les trois centres attractifs qui entrent dans sa composition et qui, parleur résolution, dégagent l'accord mineur de la tonalité, ce qui complète la gamme entière. Nous procéderons ainsi dans la suite de notre travail, et le grand appareil mineur nous servira à la formation de ses gammes (1).

o m y^ir, - ^ o *

Il "1

Fis

N'écoutons pas les voix qui s'élèvent de l'ordre progressif aussi bien que du plain-chant, pour suspecter le mode mineur et mettre en doute son existence normale à cause de sa complexité. Gardons-nous de croire avec eux qu'elle soit un signe d'infériorité, et ne permettons pas que, jaloux de ses trois termes attractifs, on veuille lui en enlever deux du même coup, ceux qui le caractérisent, pour le rendre plus semblable et plus solidaire du mode majeur

(1) On pourrait drgager l'accord parlait majeur, en substituant do dièze à do naturel, mais le mode mineur serait détruit, i! passerait au mode majeur, ce qui s'efTectue jxir la tierce de la Fiir. 'lO

gamme qui est majeure dans le mode majeur et mineure dans le mode

mineur. Au res-

te. toute quinte /^ r> mq d Ijq

diminuée par sa -y^ tt«-' «^

tto ..^ »li

resolution a un ^J j^TTn mm

demi-tonon a un *'

ton, amènera Fier. 47.

l'un ou l'autre mode. Il en est de même pour la quarte augmentée qui

en est le renversement.

38 CIIAPITRR DEUXIEME

L'ii le lattachant aii,plain-chant,pour le faire entrer dans le mouvement par des procédés quelconques (fig. 46). Maintenons-lui sa note sensible semblable à celle du majeui"; n'oulilions])as les gloires de cette conquête, le labeur de tous les siècles qui s'y trouvent comme rattachés, et hàtons-nous de suivre, uni aux deux modes, notre accord majeur qui, incorporé à la gamme mineure, va, par sa faculté d'ubiquité, reprendre son rang de dominante dans l'ordre progressif majeur, pour ordonner la fête qui doit avoir lieu, en vue de la reconnaissance officielle du mode mineur égal du mode majeur et de son installation auprès de lui.

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