‹ De la formation du mode mineur par l'évolution, la transformation et la fixité. Préf. par le marquis d'IvryChapitre 23 sur 32 · CHAPITRE OtATHIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE OtATHIÈME

joie avec d'autant plus d'entrain que, dans un tutti composé pour la circonstance, toutes les voix de femmes et d'enfants unies à toutes les voix d'hommes se firent entendre à la fois, embrassant les deux portées musicales des voix.

Notes communes aux

deux ospèccs do voix^ soif^

-d'unocloP

à I autre.

Fis. <5i'.

Cet etlet fut prodigieux, d'une sonorité merveilleuse, il éveilla tous les échos d'alentour et, comme la fote se donnait aux champs par une belle matinée de mai, on entendit des voix distinctes répéter k-s derniers accents de l'hymne national religieux qui comprenait tous les tons présents. On applaudit de toutes parts les voix cachées, mystérieuses, qui venaient prendre part à la fête et les enfants demandèrent tous à chercher ces nouveaux convives !... Enfin, voilà chacun pourvu d'associés!

On savourait à peine le doux repos, mêlé à l'activité incessante, quand on apprit que si l'on n'avisait, l'ambitieux sol majeur, enivré de son succès causé par le contraste que lui avait ménagé son associée mineure, était sur le point de faire faire un nouveau pas en rendant officiel ré dièze, pour avoir aussi sa gamme relative mineure.Son parti était loit, il devenait menaçant. Les gammes voisines, celle de

ré majeur et, disait-on, celle de ré mineur, qui avaient à peu près les mêmes intérêts que lui, étaient avec lui ; on comptait entraîner aussi, en démontrant la nécessité de ce nouveau pas, les amis voisins de gauche, ceux du ton de do majeur et de celui de la rnineur. Mais do majeur, la loyauté môme, ne voulut point de cette conspiration dans l'ombre. Tl prit occasion de cet incident pour convoquer un nouveau conseil général des puissances, et il exposa les laits avec toute la dignité et la simplicité de sa nature incorruptible. Toutes choses posées et discutées, l'avis unanime fut que do majeur eût avant tout autre son égale mineure qui, on apprenait à le déduire d'avance, ferait faire un nouveau pas M l'ordre progressif de gauche; troisième pas de toute justice qui égaliserait les deux ordres progressifs par le même nombre d'accidents. La nécessité du nouveau pas fut décrétée solennellement à une forte majorité et l'on procéda à son exécution.

Do majeur allait donc être le premier ton pourvu de ses deux associées mineures : la justice en décidait ainsi éloignant les complications redoutables. Le 3e bémol ayant été ajouté au tableau général des quintes, voyons le nouvel appareil mineur d'où procédera do mineur et son relatif majeur mi bémol.

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