H-^,^ ± — ACTION DE LA FOUDRE SUR LES PARATONNERRES
Quand la foudre frappe et suit un paratonnerre suffisant el bien installé, elle ne lui cause aucun dommage ou n'affecte guère que sa pointe.
Mais si le paratonnerre ne remplit pas toutes les conditions voulues, elle agit sur lui et y laisse des lésions que
nous allons étudier.
Lésions des paratonnerres. —VéiudQ des lésions des paratonnerres est du plus haut intérêt pratique. Ces lésions affectent une ou plusieurs parties de l'appareil: la pointe, la tige, le conducteur ou le pied du conducteur... Elles sont très-variées ; mais, avant de les décrire, il est fort important de remarquer que lorsque ces lésions ont offert une certaine gravité, elles n'ont jamais atteint que des paratonnerres vicieux. Cette assertion est fondée sur l'examen que nous avons fait d'un grand nombre d'observations.
La commission de l'Académie des sciences, a hautement aussi reconnu cette corrélation, lorsqu'elle a dit : « Tous les » paratonnerres que la foudre a détruits étaient de mauvais » appareils, insuffisants, mal construits, non conformes aux » principes que la théorie a pu déduire des expériences. » (Pouillet, Suppl. à Vinstr. 1854, p. 88.) Tantôt la lésion a affecté l'endroit même de l'appareil oij se trouvait le vice ; ainsi, le conducteur a été rompu précisément au point où il était infléchi trop brusquement ; mais comme toutes les parties de l'appareil sont soUdaires entre elles, la lésion en un point a été parfois occasionnée par un vice affectant une partie plus ou moins éloignée.
Examinons successivement les lésions de chacune des parties de l'appareil.
A. Pointe. — La pointe des paratonnerres est assez souvent courbée et quelquefois fléchie angulairement. Celle du paratonnerre élevé sur le magasin à poudre de l'île d'Amagria, était en cuivre doré et longue de 12 pouces ; elle fut
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ployée à angle droit vers le milieu de sa longueur, la moitié inlléchie était devenue remarquablement fragile et oxydée.
Chose singulière, la pointe est parlais tordue ou même assez régulièrement courbée en spirale.
Ainsi la pointe du paratonnerre élevé sur la maison de l'envoyé de Saxe, à Mannheim, était tortillée dans la longueur de deux pouces et demi ; il «est vrai qu'elle n'avait que deux lignes et demie de diamètre à sa base (Hemmer).
La pointe en cuivre du paratonnerre du clocher deRosstall était tordue en forme de corne de bouc.
D'autres fois, la pointe est rompue à une distance variable de son extrémité.
Les trois pointes du paratonnerre élevé sur le monastère de Neresheim, furent rompues à un pouce et demi de leur sommet.
La croix qui surmontait la tige du paratonnerre du phare de Gênes fut rompue à la base de sa portion verticale. Les deux branches horizontales furent lancées à plus de 30 mètres de la tour (Elice).
Il n'est pas rare que la pointe soit arrachée à sa jonction avec la tige et projetée plus ou moins loin. Dans un cas cité par Yehn, elle fut lancée à 200 pas.
Cet arrachement présente parfois des circonstances singulières : ainsi, la pointe en platine du paratonnerre d une poudrière de Cherbourg était vissée dans la tige de cuivre et retenue par une goupille; elle fut trouvée au pied du bâtiment sans être endommagée, mais la goupille avait été arrachée.
Un fait qui se rapproche du précédent est cité par M. Serno : lorsque après le coup de foudre on examina le paratonnerre, sa pointe se laissa facilement enlever, car les vis qui la retenaient avaient disparu.
Au reste, plusieurs circonstances peuvent expliquer la fréquence des lésions constatées à la jonction de la pointe avec la tige; par exemple, la soudure qui les réunit, la rouille qui s'accumule entre les vis et le défaut de contact exact entre les deux surfaces, etc*
^.a pointe des paratonnerres est quelquefois couverte d'un