‹ De la foudre, de ses formes, et de ses effets (volume 2)Chapitre 17 sur 156 · ART. 2. — ACTION DE LA FOUDRE SUR LA CIRCULATION · texte numérisé non relu

ART. 2. — ACTION DE LA FOUDRE SUR LA CIRCULATION

La syncope joue un rôle important dans l'état de mort apparente des foudroyés et aussi sur l'issue funeste de l'accident dont ils sont les victimes. (Voyez : Causes de la mort.)

Des lipothymies ou demi-évanouissements se remarquent quelquefois chez l'homme frappé de la foudre , lorsqu'il revient à la vie ; elles se prolongent, se répètent plus ou moins et donnent à son état une apparence de gravité qu'il n'a réellement pas.

Des anxiétés précordiales, une sensation douloureuse de serrement au cœur, ont été observées chez plusieurs personnes, et l'une d'elles ne put être délivrée de cet accident qu'au bout de plusieurs années.

Deïorlespulsatiom de l'aorte abdominale, et notamment du tronc cœliaque, ont été signalées par M. de Quatrefages.

Il s'agit de M. Roaldès, qui éprouva au moment de la fulguration une violente douleur au creux de l'estomac, douleur telle qu'il crut avoir le ventre ouvert par l'explosion d'une arme à feu ; or il se plaignit le jour môme de fortes pulsations isochrones au pouls dans le trépied cœliaque, accompagnées d'une sensation plus incommode que douloureuse. Ces symptômes ne tardèrent pas à disparaître.

Un phénomène fort intéressant à noter est le gonflement des veines des régions qui viennent de subir la décharge foufroyante ; les vaisseaux, privés subitement de leur tonicité, se laissent distendre par le sang.

Au rapport de Blondeau, les veines sous-cutanées étaient distendues et très-apparentes chez des chevaux frappés à mort par la foudre.

Des veines gonflées entouraient une blessure qu'un individu cité par Voigt reçut à la tête.

Chez un homme qui resta plusieurs heures paralysé des membres inférieurs, nous avons remarqué, le lendemain de l'accident, et lorsque déjà les mouvements s'étaient en partie rétablis, une distension très-notable des veines des membres récemment paralysés et plus" spécialement des saphènes internes et de leurs principales branches. Cet état, sur lequel nous attirâmes l'attention du foudroyé, était tout nouveau pour lui et disparut bientôt.

Un factionnaire atteint par l'étincelle fut paralysé du bras et de la jambe gauches ; neuf jours environ après l'accident, le bras était encore lourd et les veines s'y tuméfiaient promptement lorsqu'il restait pendant (1).

Le fait suivant est fort remarquable, parce qu'il démontre l'atonie des veines d'une région du corps atteinte par la foudre ; et l'influence de la contraction musculaire sur la circulation dans ces vaisseaux.

M. Roaldès, dont il vient d'être question, eut, immédiatement après le coup de foudre, les jambes paralysées : cette paralysie diminua rapidement mais deux jours après l'accident il s'aperçut que les veines des jambes jusqu'à la hauteur des genoux, se gonflaient pendant la station, au point de faire

(1) Bresl. Samml.

Sestieh.

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