‹ De la foudre, de ses formes, et de ses effets (volume 2)Chapitre 7 sur 156 · LÉSIONS · texte numérisé non relu

LÉSIONS

niment nombreuses et parfaitement régulières, surtout à partir des cinq ou six derniers pouces de la terminaison du tronc.

Une sixième branche enfin était encore plus longue et plus ramifiée que la précédente au-dessous de laquelle elle était située, à une distance plus grande que celle qui séparait les autres ; elle arrivait près de l'ombilic en passant près de la crête iliaque, sans dépasser la ligne blanche ; elle paraissait correspondre au douzième nerf intercostal.

Les plus gros troncs avaient deux à trois millimètres de largeur. Examinons maintenant la curieuse disposition de leurs ramifications et suivons-la plus spécialement dans les deux troncs perpendiculaires : chacun de ces troncs se divisait et se subdivisait en diminuant de grosseur ; les divisions étaient régulièrement faites de deux en deux, par filets droits sans anastomoses, sous un angle ouvert et pareil pour toutes; de chaque côté de ces filets, partaient parallèlement entre eux des bouquets de ramifications, quelquefoiscependantil en manquait un ou plusieurs. Tous les traits qui formaient les divisions étaient droits, diminuaient de longueur et de largeur à mesure qu'ils se multipliaient et approchaient de leur terminaison ; chaque trait se subdivisait en deux à son extrémité et chacun de ceux-ci en deux autres ; tous les traits qui se correspondaient étaient absolument de la même longueur. Quant à l'angle de division de toutes ces lignes, il était absolument le même, c'est-à-dire ouvert et en pieds de marmite. Ainsi ces infinies divisions étaient d'une régularité et d'une similitude parfaite, elles offraient d'ailleurs les mêmes caractères dans les six branches transversales. Ces troncs et leurs subdivisions avaient une couleur rouge vif, nette, parfaitement tranchée et de même intensité dans les hgnes les plus larges comme dans les plus déliées.

Une saignée de 300 grammes fut pratiquée deux heures trois quarts après l'accident : dès ce moment, les douleurs que le malade éprouvait dans les parties atteintes, diminuèrent notablement; le soir, la rougeur des marques était moins vive , et le lendemain tout avait disparu, excepté quelques traces de la partie antérieure de la branche inférieure. Ainsi pour cette branche, les subdivisions se sont effacées après le

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Iroiic principal ; il est probable que les autres branches ont suivi, pendant la nuit, la môme marche de disparition ; ajoutons que lepiderme de la partie affectée n'est pas tombé, et que le malade s'est parfaitement rétabli après avoir éprouvé pendant deux ou trois jours une légère douleur au côté lésé, surtout à l'occasion de certains mouvements; tout le traitement consista en une saignée et une infusion de tilleul.

Une circonstance sur laquelle M. le docteur Girault insiste, c'est que les diverses branches qu'il a décrites, auraient affecté la direction de certains nerfs : les branches perpendiculaires, celles de quelques filets nerveux qui se portent en bas après s'être détachés du 2^ nerf intercostal ; les branches transversales, celles des 3", 4% 5% G", 7^ et 12" nerfs intercostaux.

3. Ce même rapport entre les stries principales et les nerfs sous-jacents, se trouve déjà signalé en 1832 par le docteur Keyler, sur un vieillard de 78 ans frappé à la nuque, et qui fut tué sur le coup.

Le même auteur ajoute que sur plusieurs personnes d'âge différent, atteintes par le même coup de foudre, mais qui survécurent, on voyait sur plusieurs parties du corps et correspondant au trajet des nerfs des stries rouges tout à fait superficielles et ressemblant à des vaisseaux fortement injectés. La douleur y était très-brûlante : un liniment d'huile de jusquiame et d'extrait de Saturne la fit promptement disparaître.

Quel mécanisme préside à la formation de ces singulières fleurs de Lichtenberg?

En voyant ces dessins représenter quelquefois sur la peau les principales divisions de certains nerfs, on a été tout naturellement conduit à attribuer un rôle actif à ces nerfs. Ainsi, d'après le docteur Girault, le sujet serait d'abord électrisé par influence, à distance; le fluide s'accumulerait dans \4i système nerveux comme plus propre à le recevoir. Les deux fluides de noms opposés se réuniraient au moment de la fulguration et leur point de réunion serait la peau, dans l'endroit correspondant aux fllets nerveux qui se déchargeraient alors comme une bouteille de Leyde.

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