‹ De la foudre, de ses formes, et de ses effets (volume 2)Chapitre 94 sur 156 · DE QUELQUES VETEMENTS P A IITICULIEHS · texte numérisé non relu

DE QUELQUES VETEMENTS P A IITICULIEHS

ce sont (le simples trous; tantôt on trouve des coupures ou des déchirures plus ou moins nombreuses ; ou bien encore d'autres modifications assez curieuses. Examinons successivement ces dilï'ércnts cas.

A. Chapeau troué. — Souvent le chapeau est troué par l'étincelle foudroyante. Dans un assez grand nombre d'observations, on ne trouve qu'un seul trou dont le diamètre varie, et dans celles que nous avons sous les yeux, «ce trou était rond, infmiment petit et à peine perceptible (Minonzio); — de la grosseur d'un pois (Reimarus) ; — assez grand pour laisser passer l'extrémité du petit doigt (Bullmann et Sestier) ; — grand comme un rouble (Kiessing) ; — ayant une fois 15 lignes et une autre fois 3 pouces de diamètre (Goffin).

Parfois, au contraire, les trous sont nombreux et trèspetits, comme cela a été obsrvé sur le bonnet d'un matelot et sur un chapeau qui paraissait percé comme une écumoire (Wallis).

Les bords du trou sont intéressants à examiner. Tantôt ils sont nets et la pièce semble avoir été enlevée comme avec un instrument tranchant. Dans un cas de ce genre, le trou avait 15 lignes de diamètre et le morceau tenait encore par un point de la circonférence. — Tantôt les bords du trou sont visiblement brûlés. — Tantôt enl'm, et c'est le cas le plus ordinaire, ils sont dentelés, taillés en barbe ou en étoiles. Mais alors, et c'est ici un phénomène digne de remarque, les dentelures ou barbes sont dirigées en haut ou du côté opposé au crâne, comme si l'étincelle avait agi de bas en haut. Ainsi :

Un chapeau de feutre grossier, appartenant à un charretier, nous a présenté sur le devant du fond un trou du diamètre de l'extrémité du petit doigt et dont les bords tomenteux et non brûlés étaient retroussés ; presque tout le fond et une grande partie de la forme du chapeau étaient déchirés en six fragments longs et irréguliers qui tenaient par leur base et étaient divergents en haut, comme si quelque explosion avait eu lieu dans le chapeau et l'avait fait éclater.

Dans un autre cas cité par le docteur Goffin, un chapeau de paille ordinaire avait un trou de 3 pouces de diamètre

percé dans' le devnnt de la forme et, autour des bords de ce trou, toutes les pailles avaient les pointes tournées en l'air.

Enfin le bonnet d'une jeune fille, observé par Régnier, présentait un large trou à bords déchirés et ne présentant pas la moindre trace de combustion. Les filaments de la déchirure étaient dirigés du côté du ciel ; celte déchirure ressemblait absolument à celle qui résulterait de l'action d'un bâton à extrémité arrondie qu'on aurait dirigé de bas en haut.

B. Chapeaux et bonnets déchirés, — coupés, — décousus. — Le chapeau est souvent déchiré ou coupé en nombreux fragments ou même mis en mille pièces. Dans l'un de ces cas, un fragment, large comme la main et examiné par Wasse, présentait un très-grand nombre de fentes irrégulières, comme s'il avait été coupé avec un canif. — Parfois le fond est seul enlevé et le reste du chapeau n'est nullement endommagé. — Ou bien encore c'est la couronne tout entière avec le fond qui est enlevée. — On a même vu un chapeau de paille disparaître entièrement à l'exception du bord. — Le plus ordinairement le chapeau ainsi déchiré n'offre aucune trace de brûlure ; quelquefois cependant, les fragments sont légèrement brûlés ou roussis en quelque point de leur étendue. — Les déchirures et lacérations que nous venons de signaler ont été également observées sur le bonnet de police d'un soldat et sur un bonnet de velours.

Parfois il arrive qu'une partie du chapeau n'est ni brûlée, ni déchirée, ni percée, mais simplement décousue : ainsi, dans un cas cité par Poilroux, le chapeau seul avait été brûlé, mais la coiffe avait été décousue sans être brûlée. — Aucune observation ne signale de chapeau troué dans un point et déchiré ou éclaté dans une grande partie de son étendue.

• C. Autres altérations. — L'adhérence d'un plus ou moins grand nombre de cheveux aux morceaux d'un chapeau déchiré par la foudre n'est pas sans quelque importance à signaler, au point de vue de la médecine légale. Nous en pouvons citer deux exemples :

Dans l'un, observé par Brydonc, le chapeau avait été

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déchiré en mille pièces et on vit que des ciieveux adliéraient fortement à ceux des fragments qui avaient fait partie de la couronne.

Dans un autre cas, cité par Bridgman, la couronne du chapeau avait clé coupée net comme avec un couteau; on trouva quelques parcelles de cheveux comme incrustées dans la substance même du chapeau.

Les bonnets de femme sont aussi parfois brûlés, troués, déchirés par la foudre. La fontange d'une jeune fille, citée par Behrens, présentait cinq ou six légères brûlures faites comme par des étincelles « ab aspenis scintillis. »

Quant aux fils de fer ou de cuivre qui entrent assez souvent dans la structure des chapeaux et des bonnets de femme, ils offrent quelquefois des altérations qui sont étudiées plus loin (I).

Un bonnet de nuit, appartenant à un homme, a présenté à l'observateur Kirsh un curieux phénomène : il était flambé ou roussi à l'intérieur, sans porter aucune trace de la foudre à l'extérieur; les cheveux étaient également flambés ou brûlés dans l'endroit correspondant. En dedans de ce bonnet de nuit, on trouva un fragment de la colonne du lit, laquelle, quoique en chêne très-fort et presque neuf, avait été déchirée et fendue de haut en bas en un très-grand nombre d'éclats.

Chez des individus portant perruque et atteints par la foudre, on a vu cette perruque tantôt rester intacte, quoique les cheveux eussent été brûlés par derrière (Bridgman), tantôt être partiellement brûlée (Siegelsbeck), tantôt avoir sa coiffe déchirée (Brereton), etc.

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