‹ De la foudre (volume 2)Chapitre 20 sur 198 · II. — Feu Saint-Elme sur les navires. ■— 1° Le · texte numérisé non relu

II. — Feu Saint-Elme sur les navires. ■— 1° Le

passage suivant se trouve dans VHistoria del Almirante,

{[} Reimarus. Ablicmd., p. 76.

(2) Loc. cit., p. 112.

(3) Lichtenb. Magaz., VIII, s. 4.

Sestier. I. — 5

écrite par le fils de Colomb : « Dans la nuit du samedi (octo- » bre 1493, pendant le second voyage de Colomb) il ton- » nait et pleuvait très-fortement. Saint-Elme se montra alors » sur le mât de perroquet avec sept cierges allumés, c'est-à- » dire qu'on aperçut un feu que les matelots croient être le » corps du saint. Aussitôt on entendit chanter sur le bâti- » ment force litanies et oraisons, car les gens de mer » tiennent pour certain que le danger de la tempête est » passé dès que Saint-Elme paraît. Il en sera de cette opi- » riion ce qu'on voudra. »

2° (( Pendant les grandes tempêtes, dit Herrera, Saint- » Elme se montrait au sommet du mât de perroquet, tantôt » avec un cierge allumé et tantôt avec deux : les apparitions )> étaient saluées par des acclamations et des larmes de joie. »

L'observation qui suit est tirée des mémoires du comte de Forbin.

3" « Pendant la nuit (en 1696, non loin de Malte) il se » forma tout à coup un ciel très- noir, accompagné d'éclairs » et de tonnerre é|)Ouvantables. Dans la crainte d'une grande » tourmente dont nous étions menacés, je fis serrer toutes » les voiles. Nous vîmes sur le vaisseau plus de trente feux )> Saint-Elme ; il y en avait un entre autres sur le haut de la » girouette du grand mât, qui avait plus d'un pied et demi » de hauteur. J'envoyai un matelot pour le descendre; quand » cet homme fut en haut, il cria que ce feu faisait un bruit » semblable à celui de la poudre qu'on allume après l'avoir » mouillée. Je lui ordonnai d'enlever la girouette et de venir ; » mais à peine feut-il ôtée de sa place, que le feu la quitta » et alla se poser sur le bout du mât sans qu'il fût possible )) de l'en retirer. Il y resta assez longtemps jusqu'à ce qu'il » se consuma peu à peu. »

4° Le capitaine John Waddel, du navire le Dover, dit qu'en janvier 1748, pendant un violent orage, plusieurs grands comazants se placèrent sur les flèches et brûlaient comme de très-grandes torches {verif large torches). Peu après, le navire fut frappé de la foudre (1).

(1) Trans. pltilosi.

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5« Ménassier, officier de la Compagnie des Indes, rapporte (i) qu'à son retour de la Chine (1764) ils essuyèrent une horrible tempête mêlée de tonnerre, et qu'ils virent, pendant plus d'un quart d'heure, à Tune des extrémités de la grande vergue, une langue de feu qui pétillait beaucoup et qui faisait entendre de temps en temps des éclats comme des pétards.

6° Pendant une traversée de Palerme à Gênes, Beccaria a vu des feux Saint-Elme analogues à ceux que le comte de Forbin avait signalés; ils étaient accompagnés d'une sorte de sifflement ou de craquement.

7^ Le capitaine Fanshawe, étant à bord du Newcastle, en mai 1821, observa, à l'extrémité des mâts des feux Saint- Elme ressemblant à la flamme du gaz; ces feux étaient visibles tantôt sur un mât, tantôt sur un autre et quelquefois sur tous. Ce navire allait des Bermudes à Halifax ; le temps était à bourrasques et une masse de nuages noirs avec éclairs et tonnerre se trouvait à l'arrière (2).

8° Le lieutenant de la marine britannique, Alexandre Milne, rapporte avoir été deux fois témoin du feu Saint-Elme à bord du Cadmus (3).

IJL — Feu Saint-ElrQe sur les paratonnerres. —

Il nous semble inutile d'entrer dans des détails à propos d'observations du feu Saint-Elme sur des paratonnerres, tant les exemples sont devenus nombreux. Nous aurons plus d'une fois l'occasion d'en faire mention.

lY. — Feu Saint-Elme sur des barres et des tringles métalliques, sur des remorqueurs, des rails. — 1*^ Au château de Duino, situé dans le Frioul, au bord de la mer Adriatique, il y a de temps immémorial, sur un des bastions de la place, une pique plantée verticalement la pointe en haut ; quand le temps menace d'orage, la sentinelle qui monte la garde en cet endroit présente au fer de cette pique celui d'une hallebarde, qu'on laisse toujours là

(1) Nollet, Mémoire sur les effets du tonnerre.

(2) Harris, On the nature of thund, p. 20.

(3) Edinburgh neîo philos. Journ., IX, p. 214(1830).

pour cette épreuve, et, si le fer de la pique étincelle beaucoup à l'approche de celui de la hallebarde, ou qu'il jette par sa pointe une petite gerbe lumineuse, alors il sonne une petite cloche qui est auprès, pour avertir les gens de la campagne et les pécheurs qu'ils sont menacés d'orage, et sur cet avis, tout le monde rentre (1).

2° Au rapport du surveillant de la machine de Marly, dans les temps d'orages, de nombreuses petites flammes montaient et descendaient sur les tringles de fer des ouvrages de la pompe. D'abord il eut grand'peur de ce feu d'artifice; mais plus tard il se levait chaque fois qu'un orage arrivait sur la vallée, pour jouir, disait-il, de ce magnifique spectacle.

3^ Pendant un orage qui eut lieu vers la fin du mois de juillet 1854, les cantonniers du chemin de fer, sous les petits tunnels au bas de Talant (Bourgogne), virent passer six fois de suite la flamme électrique sur les rails, sans qu'euxmêmes, placés très près de la voie, aient éprouvé aucune commotion.

4° On a remarqué déjà plusieurs fois une lumière brillante à chaque jointure de rails. Dans un cas de ce genre, cité par M. Jobard, cette lumière faisait entendre un bruit trèsdistinct, comme une sorte de pétillement, de craquement.

5° Un remorqueur et quelques wagons qui se trouvaient sur la ligne de Gand à Liège parurent un instant tout en feu. De brillantes gerbes de lumière jaillissaient de tous les angles. Deux personnes s'étant approchées de ces wagons éprouvèrent une forte secousse avec un choc violent qui faillit renverser lune d'elles. Le phénomène dura environ cinq minutes (2).

V. — Feu Saint-Elme sur les piques, les baïonnettes, le canon des fusils ; sur les pointes métalliques des parapluies, sur des aiguilles à tricoter.

— 1° Au mois de février, vers la deuxième veille de la nuit, dit César, il s'éleva subitement un nuage épais, suivi d'une

(1) p. Coite, Traité de météorologie, p. 7i, Paris, 1774.

(2) Consultez pour plus amples développements : Musschenbrœk. Phys. eœpériin., t. 111, p. 43S.

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pluie de pierres ; et In môme nuit, les pointes des piques de la cinquième légion parurent s'enflammer (1).

2° Suivant Procope, un phénomène semblable apparut sur les lances et les piques des soldats de Bélisaire dans sa guerre contre les Vandales (2).

3" Tite-Live dit que les piques de quelques soldats, en Sicile, et une canne que portait à la main un cavalier, en Sardaigne, parurent être en feu. Les cottes furent ellesmêmes lumineuses et brillèrent de feux nombreux.

Tite-live rapporte encore qu'à Frégelles, une lance, que L. Atrius avait achetée pour son fils alors au service, fut surmontée d'une flamme pendant plus de deux heures sans être endommagée (3).

^■° Dans VIti7îerary de Fyner Marison, secrétaire de lord Montjoy. on lit qu'à la date du 23 décembre 1600, au siège de Kingsale (Irlande), pendant que le ciel était sillonné par des éclairs sans tonnerre, les cavaliers en sentinelle voyaient des lampes brûler à la pointe de leurs lances et de leurs épées.

5*^ Beccaria rapporte dans une lettre à Mich. Gasati que, pendant une très-violente tempête, tout le pourtour du toit de l'église de Fenestrelles (États Sardes) fut illuminé de feux Saint-Elme. Us apparurent aussi sur les solives du pontlevis de la citadelle et même sur les branches des arbres dans la campagne. Une sentinelle, voyant une flamme sur le bout de son fusil et l'entendant siffler et crépiter, l'at- Iribua avec effroi à la puissance des sorcières ; à plusieurs reprises il essaya de la chasser ou de l'éteindre, mais elle revenait sans cesse. L'arme partit (sans doute par l'effet de quelque choc) et à ce bruit les soldats de garde accoururent : la flamme persista jusqu'à la fin de l'orage.

D'autres exemples sont signalés .

l*^ Par le docteur Allamand (4) ;

2°Par Ingenhousz (5).

(1) De bello africano, cap. vi.

(2) De hell. Vandal.^ lib, II. cap. vi.

(3) Lib. XLIII.

(4) liibl. Univ., VII, p. lo4, et Aidc. de ck. et de phys., 2e série t. XVII, p 30o ri821).

(5) Nouv. expér. et ohs., t. II, p. 271.

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