Le 24 décembre 1821, on vit à Grabow une boule de feu
(1) Beyer, p. 30. Journ. depliys., t. XLIU, p. 98.
(2) Gilb, Ann , t. LXXII, p. 398.
tomber sur un paratonnerre sans une très-forte explosion
(Egen) (1).
Dans ces trois foudroiements le globe électrique fut conduit absolument comme la foudre vulgaire ou linéaire. Et si, dans les deux cas où il est fait mention de l'état de l'appareil après le coup, le conducteur a été plus ou moins endommagé, nous devons l'altribuer peut-être uniquement aux vices de l'appareil lui-même.
La foudre en globe a parfois atteint un paratonnerre; on ne la pas vue, il est vrai, s'élancer sur lui sous la forme globulaire, mais il a été constaté qu'après le choc elle avait revêtu celte forme ; ainsi :
1. Le 18 avril 1777, vers 6 heures du soir, au milieu d'un violent orage, la foudre tomba sur le sommet du paratonnerre de la tour de Sienne, et l'on vit un globe de feu de couleur pourpre suivre le conducteur et s'ensevelir en terre. (Pistoi) (2).
2. Lorsque, le 14 mai, à 9 heures du soir, la foudre atteignit le paratonnerre mal établi d'une maison à Berne, une femme, qui se trouvait dans la cuisine, dit que la foudre était descendue par la cheminée et avait roulé sur le plancher jusque vers la porte. Un homme, qui regardait alors à la fenêtre affirma aussi avoir vu le feu de la foudre rouler sur le sol qui était sec et sablonneux (Trechsel) (3).
Il est cependant un fait qui semble au premier abord démontrer que parfois la foudre en globe se soustrait en quelque sorte à l'influence du paratonnerre; mais ce fait perd beaucoup de sa valeur lorsqu'on remarque que le pied du paratonnerre était mal établi.
3. Dans la matinée du 20 décembre 1845, écrit M. de Carville (4), l'on vit pendant une averse de grêle, un globe de feu se bifurquer dans la verticale du paratonnerre placé au centre du château de Boisyvon, près de Vire. Aussitôt le fluide électrique produisit de grands dégâts aux deux côtés du
(1) Gilb., Ann., t. LXXII. p. 398.
(2) Journ. dephys , X, p. 379 (1777).
(:^) Bibl wiiv., so. et arts, t. XY, p. 19(1820). Gilb., Ann., LXIV, p. 227. (4) Comptes rendus, t. XXII, p. 177 (1846).
Sestier I — 10
château, à 9 mètres de distance du paratonnerre. Dans les points 011 l'électricité arriva à terre, plusieurs personnes aperçurent comme un gros tonneau de feu se rouler sur le sol. Le conducteur du paratonnerre se rendait dans un réservoir muré, d'un mètre de diamètre environ.
Chute de la foudre en globe sur un appareil électrico atmosphérique. — Le 6 août 17o3, Richman, professeur à Pétersbourg, assisté de Solokow, était occupé à mesurer la force de l'électricité atmosphérique à l'aide d'un appareil qu'il avait dressé dans sa propre chambre et qui communiquait avec l'extérieur, lorsque Solokow vit un globe de feu bleu, gros comme le poing, s'élancer de l'appareil sur la tête du professeur qui tomba frappé de mort. En cet instant il s'éleva une espèce de brouillard ou de vapeur. La détonation fut celle d'un coup de pistolet. Le fd de fer qui transmettait l'électricité atmosphérique fut mis en pièces ; le chambranle de la porte fut à moitié fendu et la porte brisée et jetée dans la chambre... les vêtements et la surface du corps de la victime présentèrent les altérations qu'on observe généralement dans les coups de foudre ordinaires. Plusieurs personnes virent un globe de feu s'échapper des nues et venir frapper le sommet de l'appareil qui dépassait la maison (Bergman) (1).
Foudre globulaire parcourant les armatures naturelles des bâtiments. — Maintes fois la foudre globulaire a suivi les gouttières, les conduites et autres lignes métalliques dont les bâtiments étaient munis : par exemple :
1. Dans l'été de 1781, un globe de feu, cité par Daquin, s'élança des nuages, alors fort bas, vint frapper une tour et suivit une gouttière jusque près d'une porte au rez-dechaussée (2).,
2. Le 20 juillet 1772, au soir, la foudre tomba, sous la forme d'un globe de feu, sur le sommet du clocher de
(1) Priestley, Hist. de l'électricité, t. IL p. 214, 219. Philos, trans., t. Xf-VU I 2, p. 763; t. XLIX, | 1, p. 61. Bergaian, de Avert. fulm., p. 204.
(2) Traduction de l'essai météorologique de Toaldo, p, 270,
l'église de Buck, près de Berlin ; elle suivit des lignes métalliques et agit sur le bois de charpente et sur les métaux comme la foudre ordinaire (Silberschlay) (1).
3. Le globe de feu qui, le 30 mai 1769, frappa l'angle de l'auberge de ï Étoile, à Stockholm, ne causa aucun dommage grave ; car il suivit docilement les lignes en plaques métalliques dont le bâtiment était garni (2).
D'autres fois la foudre qui, certainement ou probablement, n'était pas globulaire au moment où elle traversait l'atmosphère pour frapper un bâtiment, a présenté cette forme en suivant les gouttières et les conduites métalliques. Voici trois exemples de ce phénomène :
4. Au rapport de l'abbé Ant. Mar. Vassalli, un des rayons de la foudre qui frappa l'observatoire du marquis Graneri, suivit une gouttière en fer-blanc et une conduite perpendiculaire, sous la forme d'un petit globe de feu qui entra dans une serre voisine où plusieurs personnes s'étaient réfugiées, et alla se disperser et s'évanouir dans un coin humide et chargé de matières nitreuses. On vit sur le sol la trace du météore qui avait éparpillé la poussière.
D'autres branches de cette foudre ne prirent pas la forme globulaire et agirent comme la foudre vulgaire (3).