‹ De la foudre (volume 2)Chapitre 34 sur 198 · CHOC EN RETOUR 19Î · texte numérisé non relu

CHOC EN RETOUR 19Î

droite élait brûlée et ratatinée. De nombreuses marques de brûlure étaient disséminées sur toute la surface du corps, à l'exception des jambes ; rappelons ici que Lander était assis sur le bord du char, les jambes pendantes. Le cadavre fat enterré deux jours après sans qu'il présentât d'indice de putréfaction. Les deux chars étaient distants de 24 yards (22 mètres environ).

Le chapeau avait été déchiré en mille pièces, des cheveux adhéraient fortement à quelques-uns des fragments de la couronne.

Les chevaux qui étaient de robe noire et de forte constitution étaient tombés sur le côté gauche. Leurs jambes avaient laissé sur la poussière une forle empreinte, qui, lorsqu'on les eut soulevés, montrait la forme exacte de éhaque membre, en sorte qu'aucune convulsion n'avait suivi leur chute ; ils avaient été tués instantanément. Le poil était roussi sur la plus grande partie du corps, mais plus encore sur le ventre et sur les jambes qu'ailleurs ; leurs yeux étaient ternes, opaques, semblables à ceux d'un animal mort depuis longtemps; leurs articulations étaient souples; aucun de leurs os ne paraissait ramoUi ou dissous, phénomène que Ton a prétendu avoir observé chez les animaux foudroyés.

La branche gauche du brancard était brisée et les éclats en avaient été dispersés ; les dégâts se voyaient particulièrement aux points de contact du bois avec les clous et les écrous en fer. — Une grande quantité de charbon de terre avait été lancée à des distances considérables autour du char.

A environ 4 pieds et demi derrière chaque roue du char, le terrain avait une singuhère apparence ; on y voyait un trou circulaire d'environ 50 centimètres de diamètre, dont le centre correspondait exactement à chaque ornière. La terre avait été soulevée comme par de violents coups de pioche ; les petites pierres et la poussière étaient disséminées sur chaque côté de la route ; les voies des roues étaient fortement marquées sur la poussière, derrière et devant les trous mentionnés ; mais elles étaient complètement effacées à un pied de là environ. La terre bouleversée dégageait une

odeur qui se rapprochait de celle de l'éther. Ce sol était d'ailleurs parfaitement sec et de nature graveleuse.

Chaque roue présenta des marques manifestes de fusion : la surface du fer, en effet, sur une longueur de 3 pouces et dans toute sa largeur, était bleuâtre, entièrement dépolie et couverte de gouttelettes arrondies et saillantes. Les roues avaient, au moment du foudroiement, effectué presque une demi-circonférence, occasionnée sans doute par la chute des chevaux qui avait attiré le char en avant. Brydone Fayant ramené un peu en arrière, s'assura que les marques de fusion répondaient exactement au centre de chacun des trous. Quant à la partie de la roue diamétralement opposée à celle qui vient d'être décrite, elle était parfaitement intacte.

M. Brydone remarqua que les roues ainsi que les jambes et le ventre des chevaux avaient été complètement mouillés peu de minutes avant l'accident, ce qui explique peutêtre pourquoi le poil avait été beaucoup plus brûlé sur ces régions du corps que sur les autres. — Les fers de ces animaux ne présentaient pas la plus légère altération, et le terrain n'était point soulevé aux endroits correspondant à leur pas. Le char étant pesamment chargé, les roues avaient profondément pénétré dans le sol.

La décharge électrique dont il vient d'être question parut avoir complètement rétabli l'équilibre entre la terre et l'atmosphère, car, dès ce moment, on ne vit plus d'éclair, on n'entendit plus de tonnerre dans toute la région ; les nuages se dispersèrent et l'air reprit la plus parfaite tranquillité.

Une circonstance bien importante à établir, c'est que cette violente décharge a eu lieu sans la moindre apparence de feu.

Au moment où M. Brydone citait ce fait comme très-singulier, on lui dit qu'un berger de la ferme de Saint-Guthbert, du côté opposé de la Tweed, avait été témoin de révénement et en rendait un compte différent. Il se rendit alors immédiatement à cette ferme, trouva le berger, se fit conduire par lui sur la place même d'où il avait observé l'accident et le pria de lui décrire ce qui était arrivé. Il regardait, dit-il,

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