BRICKS
Mâts de misaine.
Grands mâts.
Mâts d'artimon.
Mâts de misaine et grands mâts.
Mâts de misaine et d'artimon.
Grands mâts et mâts d'artimon.
Tous les mâts.
Beauprés.
Totaux.
D'après l'analyse de 220 cas, la foudre frappe les mâts de perroquet ou les mâts les plus élevés, environ 2 fois sur 3.j
Les mâts de hune, soit les points les plus élevés après les mâts de perroquet 1 fois sur 5.
Les bas mâts 1 fois sur 7.
Et la foudre ne tombe directement sur le corps du bâtiment qu'environ 1 fois sur 50.
Des deux coups qui frappèrent presque immédiatement Tun après l'autre le Malacca, le premier atteignit le grand mât, et le second le tillac.
En janvier 1773, la foudre atteignit le Stockholms- Scott, entre le mât de misaine et le grand mât.
Si donc il est vrai que le plus ordinairement la foudre tombe perpendiculairement sur le navire, il faut aussi reconnaître qu'elle le frappe souvent plus ou moins obliquement, et suivant M. Sn. Harris, une fois sur 20, la foudre a frappé obliquement relativement aux mâts et au corps du bâtiment.
Lésions sur le pont, dans l'intérieur. — La foudre qui, directement ou après avoir suivi les mâts, tombe sur le corps des navires, y produit des dégâts variés dans leur nature et leur gravité.
Parmi ceux qu'elle occasionne sur le pont lui-même signalons comme fort graves le bris ou la perforation des chaloupes, ainsi.
Lorsque leDiamaten, de 64, fut frappé le 23 janvier 1749, une chaloupe placée sur ses supports au pied du grand mât
[ fut fracassée.
* Le 20 mars 1839, la foudre atteignit la frégate à vapeur de S. M. B. le Blazer, près du cap de Beyrouth. Entre autres effets, elle perça un trou de la grosseur d'un boulet de 6 dans le fond d'une embarcation suspendue dans les davits.
Le corps du navire est rarement endommagé par la foudre.
\ Sur 220 bâtiments de la marine royale anglaise, les dégâts
I ont généralment affecté les parties supérieures, rarement leurs corps, surtout au-dessous de la ligne de flottaison. Une fois tout au plus sur 20, les bâtiments ont éprouvé de grands dommages dans leur entre-pont. Nous citerons quelques exemples de ce genre lorsque nous rechercherons le mode de sortie de la foudre.
On a vu la foudre ébranler et même soulever une partie du pont du bâtiment, ainsi :
Le centre de pont du bâtiment de la douane, le Chichester frappé près des côtes d'Irlande, fut soulevé de ses baux.
La décharge qui endommagea les mâts du Soiithampton, de 52, à l'ancre dans les dunes, le 5 novembre 1832, passa par dix baux du pont supérieur et en ébranla quatre.
VAmphion, bâtiment des États-Unis, 30 jours après son départ de New-York pour Rio, fut frappé par la foudre, le 21 septembre 1822 ; le fluide électrique descendit parle mât de misaine, détruisit l'ameublement de la cabine, fendit et mit en pièces le plafond, les cloisons et la caisse du gouvernail et brisa |deux baux de la cale.
Incendies. — Sur 133 cas de fulguration qui eurent lieu à bord de la marine royale anglaise, de 1793 à 1816 (période de guerre), 30 bâtiments au moins furent mis en feu dans quelque partie de leurs mâts, voiles ou agrès ; mais sans résultats bien sérieux, les efforts de l'équipage ayant réussi à éteindre la flamme ^ (Harris).
Très-souvent la foudre tombe sur un navire, brise ou fend ses mâts, pénètre dans le corps du bâtiment, déplace, arrache les cloisons des cabines, perce et déchire les murailles, etc., sans occasionner d'incendie, sans même laisser la plus légère trace de carbonisation.
Mais malheureusement le contraire a souvent lieu ; d'après M. Snow Harris, sur 220 bâtiments foudroyés, 40 fois, c'està-dire entre le 1/5 et le 1/6 des cas, le feu a pris à bord, aux mâts, aux voiles et aux agrès.
Nous avons déjà signalé plusieurs faits de ce genre lorsque nous avons étudié les effets de la foudre plus spécialement sur les mâts et sur les voiles : disons quelques mots du feu qui parfois prend aux nattes,
La foudre mit le feu aux nattes {Shafnigmats) de la grande vergue du Sultan, de 74, et à la natte de la vergue de perroquet de fougue du Southampton, de 52.
(1) mutk, Mag.i XIII, p. 276,
EFFETS DE LA FOUDRE SUR LES NAVIRES 34i
Le 28 septembre 1794, dans la rade de Livourne, la natte de la vergue de misaine du Windsor-Castle prit feu et brûla de manière à mettre en danger le bâtiment. Une forte averse survint heureusement et éteignit l'incendie commençant.
C'est parfois plus ou moins longtemps après l'action de la foudre que le feu, qui a couvé en un endroit circonscrit, éclate brusquement.
Le Dictator, de 64, était le 8 octobre 1794, à l'ancre à Port-Royal (Martinique) lorsque, vers 6 heures 1/4 du matin, une boîile de feu descendit le long du grand mât et traversa la grande chambre des officiers en y causant plusieurs dommages. Suivant quelques témoins, cette boule de feu aurait pénétré par une fenêtre dans le carré des officiers, en aurait enfoncé la porte et se serait élevée le long du grand mât. Quoi qu'il en soit, deux jours après, on vit sortir de la famée de la tête de la statue de l'avant. Celte statue fut aussitôt coupée et on trouva dans son centre un large nid de feu; elle était en orme'et très-soHde. Ce fait a été attesté par le capitaine Couch, de la marine royalebritannique, etparM.Moore intendant, qui se trouvaient à bord du Dictator.
Un accident analogue arriva, en 1799, à bord du Principe- Real, vaisseau de ligne portugais, frappé par la foudre devant Malte. Ce bâtiment s'était réfugié dans le port Saint- Paul et y était à l'ancre depuis quelques heures lorsque son grand mât éclata en flammes. Ce fait, d'ailleurs très-connu a été attesté par le lieutenant Jeans qui en a été témoin.
Navires détruits par V incendie. — Si l'incendie est le plus ordinairement partiel et facile à éteindre, quelquefois, au contraire, il gagne rapidement de proche en proche et la destruction entière du navire en est la formidable conséquence.
Tantôt, alors, le feu prend d'abord aux mâts, aux voiles et aux agrès; ainsi :
En 1746, un navire hollandais, dans la rade de Batavia, était prêt à partir pour le Bengale. Déjà les voiles étaient déployées et on se disposait à lever l'ancre au moment où soufflerait le vent de terre, lorsqu'un nuage noir s'amassa sur les collines et se rua sur le navire ; la foudre éclata et mit le feu à la voile du grand hunier, qui étant très-
sèche, brûla rapidement et communiqua le feu au mât et aux agrès. On essaya de couper le mât, mais on ne put y réussir par suite de la chute des débris enflammés. Bientôt l'incendie gagna les autres mâts et on abandonna le navire, fort heureusement , car bientôt après le magasin à poudre prit feu. La partie supérieure du bâtiment sauta, tandis que l'inférieure coula à la place même où peu de temps auparavant il était tranquillement à l'ancre (1).
Le 14 septembre 1824, le Phaéton, de 40, fut frappé étant à l'ancre, dans la rade de Gibraltar ; le petit mât de cacatois, le petit mât de perroquet, le petit mât de hune et le mât de misaine furent fendus : le feu prit au mât de petit perroquet, au petit mât de hune et aux bonnettes basses. On fit monter tout l'équipage pour l'éteindre. Il paraît qu'on fut obligé de couper le mât de misaine à 16 pieds environ au-dessus du pont. Un mât de hune de rechange fut gréé comme mât de fortune et le bâtiment arriva à Portsmouth pour se réparer.
La TJiisbéne fut sauvée qu'en perdant ses mâts (2).
En 1838, le Bolivar, qui portait 100 passagers, fut entièrement consumé ; un brick portugais put ramener les survivants àLiverpool (3).
D'autres fois l'incendie éclate dans le corps du bâtiment, dans un magasin, dans la cale, favorisé quelquefois par des amas de substances combustibles.
En 1793, le King-George, de Bombay, remontait la rivière de Canton, la cale chargée d'oliban, de myrrhe et de bois de sandal, lorsqu'il fut frappé de la foudre, qui, après avoir tué plusieurs hommes, suivit le mât de misaine et descendit dans la cale. On crut tout danger passé, lorsque 7 heures après le choc, on découvrit que la cale était en feu ; malgré tous les efforts de l'équipage, l'incendie gagna le navire, qui brûla jusqu'à fleur d'eau (Horsburgh).
Le 19 décembre 1832, le Logan, de 420 tonneaux, fut foudroyé dans son passage de Savannah à Liverpool. L'étin-
(1) Robert Veicht, Philosoph. Trans., vol. liv (1764).
(2) Nantie. Marj.,U III, p. 153.
(3) Nantie. Mag., t. VIII, p. 122.
celle descendit dans la cale et y mit le feu. Le navire et sa cargaison furent entièrement consumés. La perte totale fut de 19,000 liv. ou 475,000 francs (1).
Le navire Bayfield, de Liverpool, d'environ 400 tonneaux, fut foudroyé le 23 novembre 1845, à250 ou 300 milles O.S.-O. de Sierra-Leone. A midi un quart, l'étincelle atteignit le grand mât ainsi que la tête du mât de misaine et descendit le long de ces mâts dans la cale; de larges étincelles et des boules de feu se répandirent sur le pont à l'avant et à l'arrière. Après une demi-heure, l'équipage, déjà épuisé de fatigue, apprit avec stupeur que le navire était en feu; à l'instant on se précipita aux embarcations, et sans le sang-froid du capitaine Luca, tout le monde eût alors péri. Gomme le feu se trouvait au-dessus du magasin à poudre, le capitaine, craignant une explosion, se décida à abandonner le bâtiment.... On ne put sauver que 30 livres de pain et une boussole ; plusieurs hommes périrent de faim et de soif dans leurs embarcations (2).
La marine marchande a souvent été le théâtre de cette destruction totale ou presque totale par l'incendie.
En 1839, une grande barque nommée John and James fut incendiée par la foudre près d'Alger ; on ne la sauva qu'à grand'peine.
En 1838, V Orwell, grand bâtiment de commerce, chargé de coton, fut incendié par la foudre et échappa de peu à une destruction complète.
On sait enfin qu'en peu d'années les bâtiments marchands Taujore, Poland, Logany Riithelia, Bolivar, Boston et Lijdia furent entièrement consumés par la foudre.
Explosion des magasins à pondre. -— La foudre, en mettant le feu aux poudres, a fait sauter des navires.
Horsburgh écrivait en 1806 que quelques années auparavant le navire le Royal-Charlotte étant à Diamond-Harbourg, dans la rivière Hooghley, sauta en mille pièces et disparut au milieu d'un orage. La détonation fut entendue au loin,
(1) ^maie, Mag., t. III, p. i54.
(2) JVaw^tc. Magf., t. XV, p. 431. ^
et l'ébranlement ressenti à plusieurs milles. Or, ce malheureux navire avait une grande quantité de poudre emmagasinée à l'avant, on suppose que l'étincelle frappa le mât de misaine et de là gagna les poudres.
En 1798, dans le détroit de Malacca, le vaisseau anglais la Résistance sauta par suite d'un coup de foudre; deuxou trois hommes de l'équipage furent seuls recueillis.
En 1801, le Gibraltar fut foudroyé, le mât de misaine fut fendu et l'étincelle descendit dans la Sainte-Barbe, y fracassa plusieurs boîtes de mitraille, sous lesquelles se trouvaient 400 barils de poudre.
La foudre tomba sur le Hyaciîith^ suivit la pompe de cuivre tout près du magasin à poudre, et n'y mit pas le feu.
En août 1842, près de Nankin, la Défiance, transport chargé en particulier de fusées et de poudre, eut son grand mât fendu jusqu'à la quille et le feu n'y prit pas, bien que le navire se remplît de vapeur sulfureuse.
Sur des navires de la marine anglaise, on observe quelquefois une disposition assez dangereuse : une tige de fer de 5 pieds de long et de 6 pouces de diamètre, appartenant au cabestan, se trouve placée directement au-dessus du magasin à poudre de l'arrière. Puis , immédiatement audessous de ce magasin se trouvent de longues chevilles et d'autres pièces métalliques aboutissant à la mer par la contre-quille et la quille. Les poudres, placées entre deux masses métalliques, sont en grand danger d'être atteintes par la foudre.
Le 23 juillet 1802, la foudre pénétrant dans la chambre du capitaine du navire Topaze, de 36, mit le feu à 2 poires à poudre.
Le 12 août 1797, le Thunderer, de 74, eut comme le précèdent son mât d'artimon frappé par la foudre et celle-ci mit le feu à 28 poires à poudre suspendues à ce mât dans l'étage inférieur. Sept hommes et un mousse furent blessés par l'explosion de la poudre.
Ebranlement des navires. — La foudre, en frappant un navire, l'ébranlé quelquefois violemment. Cook corn-
pare la secousse qu'il ressentit sur son navire à celle d'un tremblement de terre.
Quand la foudre frappa le Neiv-York, la violence du choc fut telle que le bâtiment recula, ou, suivant l'expression nautique, le navire fit une embardée qui renversa les gens qui étaient sur le pont.
Navires fendus en deux. — Le 3 août 1852, le navire 3îoïse, dans son passage d'îbraïl à Queenstown, fut surpris en vue de Malte par un violent orage. Vers minuit, la 'oudre atteignit le grand mât et, descendant dans le corps ju bâtiment, le fendit en deux; il coula immédiatement. Les lommes de l'équipage, au nombre de quatorze et deux passagers périrent. Le capitaine Pearson s'échappa seul à l'aide l'une pièce de bois sur laquelle il se soutint pendant dix- ;ept heures ; il fut recueilli par un bâtiment de Malte. Il dit [u'étant sur le pont vers minuit, une boule de feu, frappa es mâts du navire qui sombra en trois minutes (1).
Navires disparus. — Des navires n'ont plus été revus près un violent orage*, et plusieurs circonstances font croire [ue c'est la foudre qui a occasionné d'aussi terribles catasrophes.
En J814, une escadre anglaise, commandée par l'amiral ackson, bloquait les côtes de Géorgie et de Caroline. L'amii al communiqua avec le Peacock, qui faisait partie de l'esadre, dans l'après-midi du 15 juin. Dans la nuit s'éleva un iolent orage avec coups de foudre répétés; lorsqu'il eut ;essé, le Peacock avait disparu, sans laisser aucun débris et ans qu'on ait jamais eu de ses nouvelles (1).
Le Loup-Cervier, autre bâtiment de S. M. B., fut vu en lernier lieu près de Gharlestown le soir d'un violent orage ; t depuis on n'en a plus entendu parler.
Le York, de 64, disparut ainsi dans la Méditerranée.
• Je pourrais ajouter que le vaisseau anglais la Résistance, e 44, et le Loup-cervier disparurent complètement après
(1) Nantie. Mag., t. XXI, p. 194.
(2) Nantie. Mag., t. XIII, p. 290.
è46 EFFETS DE LA FOUDRE SUR LES NAVIRES
quelques coups de tonnerre, dans un convoi dont ils faisaient partie (Arago). »
Effets de la fondre sur les objets métalliques à bord des navires. — Lorsque, le 20 mars 1839, près de Beyrouth, le vapeur le Blazer, fut atteint par la foudre, on vit le météore jouer autour de sa machine et passer d'une de ses pièces à l'autre.
Sur un bâtiment frappé en 1776, la foudre sauta de la base du mât de misaine sur une grosse ancre qui était à environ 2 pieds du mât, et, sans y laisser de traces visibles, elle passa, à environ 10 pouces de là, sur un grand pot de fer qu'elle brisa. Un autre rayon, qui avait également suivi le mât, sauta de sa base sur le support de la cloche à une distance de 15 pouces, arrachant quelques-uns des clous et des pièces de fer qui en faisaient partie (Reimarus).
En 1792, à bord de l'Anna, l'étincelle quitta le grand mât, à 8 pieds environ au-dessus du pont pour se jeter sur un fort dé de fer près duquel étaient fixés les étais de misaine. Le dé fut noirci par le feu et les étais furent coupés en partie.
On dit que le 28 septembre 1799, à bord de la Virginie, de 38, la foudre s'abattit sur le pont et sauta d'un canon à l'autre.
D'une autre part, divers objets métalliques ont présenté des traces de fusion. Nous avons indiqué de pareilles traces sur les cercles de fer des mâts.
Lorsque, en 1848, le Gompetitor fut foudroyé, le tablier de plomb qui entoure la base du grand mât, au niveau et un peu au-dessus du pont, fut fondu en partie et le métal en fusior fut transporté à la distance de quelques mètres et incruste dans le pont.
L'explosion qui atteignit le Terrible, en 1779, passa par 1^ cambuse au-dessus du magasin de l'avant et y fondit er partie une feuille de plomb.
Un des rayons de la foudre qui atteignit, en 1825, la Belette pénétra dans la cuisine où un entonnoir fut trouvé couvert d(! taches jaunes ; il semblnii qu'il eût été récemment nettoyéi
Sur le Surinam, en 1806, Tétincelle fondit la soudure de quelques boîtes à mitraille.
Et sur le Soîithampton, en 1832, elle brisa une boîte à nitraille et frappa un boulet de 24 sur lequel elle laissa des races de fusion.
Chronomètres. — Un des effets les plus redoutables de la budre est d'aimanter les pièces d'acier qui entrent dans la composition des chronomètres, et par conséquent d'être une ;ource d'erreurs dangereuses dans la direction du navire.
Les deux chronomètres du brick VInca, foudroyé dans la )aie de Biscaye, furent altérés et rendus inutiles. Plus tard, [uoique réparés, ils ne furent jamais justes. Les boussoles valent été dérangées du même coup (And. Livingstone). lien ut de même sur le brick le Frisk, foudroyé près de Baltimore Irlande).
M. Duperrey a eu l'occasion d'observer l'altération des hronomètres dans son voyage sur la Coquille (1).
Quand le paquebot leNeiv-York fut foudroyé, trois montres
n or, qui étaient déposées dans des hamacs, s'arrêtèrent, et
' in chronomètre qui variait ordinairement de 2 ou 3 secondes
endant la traversée de l'Océan Atlantique, examiné à l'arri-
éeà Liverpool, avait devancé sa marche ordinaire de 33' 58".
Ce chronomètre, au sortir de New- York, le 16 avril, reîrdait de 9'+42",5 sur Greenwich. Marche diurne: 7 dixiè- '■ les de seconde d'avance par jour pendant 24 jours. Le chrooniètre qu'on s'attendait, à l'arrivée du vaisseau à voir e 9' -J- 25" en retard, fut à son arrivée, le 10 mai, en avance e 24' + 33"; l'erreur attribuée au magnétisme acquis est
„ A Liverpool, on put constater que toutes les pièces d'acier î é ce chronomètre étaient magnétiques à un si haut degré ue deux, trois et quatre pièces pouvaient être suspendues une à l'autre en forme de chaîne : ces pièces semblaient imantées à saturation. M. Scoresby n'observa rien de partiulier dans les diverses polarités. Le chronomètre eut ses ièces d'acier remplacées en grande partie, et malgré cette
(1) Becquerel, MéléoroL, p. S17.
restauration on ne pouvait pas encore se fier à sa marche.
« Quand un coup de foudre aimante les diverses pièces » d'acier qui entrent dans la composition d'un chronomètre, » et particulièrement le balancier, une nouvelle force, le ma- » gnétisme terrestre, s'ajoute à celle des ressorts qui primi- » tivement réglaient la marche de ces admirables mais très- » délicates machines. Cette nouvelle force donne lieu quel- » quefois à des accélérations ou à des retards sensibles; » aussi, après un certain nombre de jours de navigation, en » résulte-t-il sur la longitude géographique des erreurs très- » dangereuses (1).
Boussoles. — Nous avons réuni 16 observations sur l'action de la foudre sur les boussoles de déclinaison.
Ce n'est pas seulement sur des navires que l'on a observé l'altération des boussoles : un jeune homme, cité par M. Biot, fut légèrement touché par l'étincelle, le 17 mai 1852, dans une rue de Paris ; une petite boussole en argent, qu'il portait avec plusieurs autres breloques, eut ses pôles intervertis.
Le plus souvent la foudre agit sur les aiguilles des boussoles par influence, et non par action directe : il est même remarquable que dans aucune des observations que nous possédons l'aiguille n'ait été touchée par l'étincelle. En général, l'action de la foudre se fait sentir à courte distance; ce qui est positif, c'est que toutes les fois que la foudre a altéré les boussoles des navires, elle est tombée à bord même de ces navires. Il est cependant un fait qui démontre que cette influence peut s'exercer à grande distance : P. Von Musschenbroek rapporte (2) que le 19 mai 1730, à onze heures du matin, au milieu d'un orage, il vit la foudre passer au-dessus de sa maison, à une hauteur si considérable, que son action sur les objets contenus dans cette maison lui parut devoir être nulle ; cependant une aiguille aimantée y était devenue tout à fait paralytique ; elle avait perdu toute vertu magnétique et restait parfaitement immobile en quel-
(1) Arago. Notice, p. 346.
(2) Observ. météor. faites à Utrecht en 1730 et 1731. Phil. trans, 1731-1732 trad. de Brimond, vol. I, p. 244.
que situation qu'on la plaçât. Musschenbroek voulut l'aimanter, mais sans réussir; jamais elle ne put se tourner vers le point où d'autres aiguilles, traitées avec le même aimant, se dirigeaient. Un ouvrier habile d'Amsterdam échoua également et ne put la rendre ^magnétique.
En conséquence, les navigateurs devront se tenir en garde contre les altérations possibles de leurs compas en tout temps orageux et malgré la distance considérable à laquelle partent les éclairs.
Le nombre des boussoles altérées sur un même navire est variable; il a été de 3 sur VAlbemarle;
de 4 sur la Méduse et \q Dover; de 5 sur la Vigie, Et même de 14 sur le Diamaten, comme nous le verrons plus bas.
Les altérations des aiguilles sont variables : tantôt elles
sont privées en tout ou en partie de leur vertu magnétique,
' 3t restent immobiles en quelque situation qu'on les place, ou
bien elles sont seulement plus ou moins lentes à se mouvoir.
■ D'autres fois les boussoles conservent, il est vrai, leur
) vertu magnétique, mais elle est altérée ; les aiguilles alors
3nt leurs pôles renversés ou présentent des déviations
extraordinaires et plus ou moins considérables par rapport
au méridien magnétique.
[ La paralysie des boussoles n'est pas rare.
S Elle a été observée en particulier sur le brick la Méduse,
capitaine Adpelt, dans sa traversée de la Guayra à Liver-
pool. Après le coup de foudre on constata que 4 boussoles,
savoir : 2 sur le pont et 2 dans la cabine, avaient perdu
toute leur vertu magnétique.
Le 7 février 1840, le bâtiment de la douane le Chichester fut foudroyé sur la côte ouest de l'Irlande. L'aimantation de ses boussoles fut détruite, et les montres des passagers s'arrêtèrent.
Les boussoles furent également paralysées sur le Diamaten et YAmphion.
Sur le paquebot le New-York, la foudre diminua ou neutralisa entièrement la force magnétique de presque toutes
les boussoles, en sorte qu'elles se mouvaient avec une remarquable lenteur ou restaient immobiles. Entrons dans quelques détails sur cet événement.
Excepté la boussole de la cabine et celle de l'habitacle, les boussoles étaient toutes dans la cabine des dames, au moment où eurent lieu les deux décharges électriques ; examinées quatre semaines après l'accident par M. W. Scoresby, la boussole qui était suspendue dans la cabine avait perdu presque toute sa puissance magnétique, et une des boussoles du gouvernail était dans le même état. Ni l'une ni l'autre de ces deux boussoles ne pouvait lever par aucun de leurs pôles un poids au-dessus de 70 grains, tandis que dans leur état ordinaire, étant bien aimantées, elles auraient levé de 609 à 1,000 grains. Toutefois une boussole d'azimut, dont la glace avait été brisée par la foudre, était encore douée de grandes propriétés magnétiques ; une autre boussole, ayant une suspension qui lui permettait de rester dans une position horizontale par une mer orageuse, se trouva si affaiblie qu'elle était presque neutralisée : elle avait quatre pôles; mais il y a lieu de douter si cet effet tenait à la foudre ou à la négligence avec laquelle l'aiguille avait été aimantée, ou même à la nature de sa construction : les portions circulaires servant à joindre les deux branches de l'aiguille étaient si légères, en comparaison de son épaisseur, qu'elles pouvaient admettre , sinon produire nécessairement les points conséquents.
Le renversement des pôles est assez fréquent ; il a été constaté à bord de la Baleine, du Dover et de deux autres navires. En voici encore un exemple :
Le 24 juillet 1681, vers trois heures après midi, le navire YAlhemarle, capitaine Edw. Lad, étant à une centaine de lieues du cap God, 48*^ de latitude nord, fut assailli par une violente tempête. La foudre mit le feu au grand hunier, briss le chouquet du grand mât, fendit celui-ci dans toute sa longueur, fracassa une chaloupe et endommagea gravement une des pompes. Lorsque la nuit fut venue, on reconnut d'aprè.' les étoiles que les boussoles étaient considérablement dérangées. Dans celle de l'habitacle, l'extrémité nord de l'aiguille
était entièrement tournée au sud. Deux autres boussoles, non suspendues, se trouvaient en réserve dans Tarmoire de la cabine; l'une d'elles avait également ses pôles renversés; chez l'autre, l'extrémité nord était à l'ouest. Les pilotes furent bientôt accoutumés à la direction renversée de l'aiguille et naviguèrent ainsi l'espace de mille lieues.
Parfois, enfin, les aiguilles sont déviées de tout un quart de cercle ou seulement de 1 ou de plusieurs points. Ces déviations ont été remarquées à bord du Diamaten, du Stockholms-Scott, du Frisk, du Dover, de VAlbemarle, de Vhica, du New-York, de la Vigie...
Les diverses altérations que nous venons de signaler sont quelquefois toutes observées sur les boussoles d'un même navire. En voici un exemple remarquable :
D'après le rapport du lieutenant de vaisseau May, le navire hollandais le Diamaten, de 64, fut foudroyé, le 23 janvier 1749, dans son passage de Malaga à Lisbonne, peu après la disparition d'une trombe. Les boussoles étaient au nombre de 17:2 occupaient l'habitacle pour l'usage ordinaire, elles étaient suspendues avec des anneaux de cuivre, leur boîte était en bois avec une petite masse de plomb fixée au fond.
H autres boussoles, enfermées comme provision dans une caisse placée sur le pont, vers l'avant, étaient chacune dans sa boîte, et 2 ou 3 l'une sur l'autre; en outre, 4 boussoles se trouvaient dans la cabine :
3 d'entre elles étaient fixées au sol, celle du milieu était une boussole d'amplitude.
La quatrième était une boussole de suspension.
Que deviennent ces 17 boussoles?
Quelques minutes après le coup de foudre, lorsqu'on voulut gouverner sur la baie de Cadix, on s'aperçut bientôt, par la direction des vagues et du vent, que les 2 boussoles de l'habitacle indiquaient mal, l'une à l'est et l'autre à l'ouest. Alors on consulta les 11 boussoles renfermées en provision dans la caisse ; mais on les trouva toutes altérées : 2 étaient entièrement privées de leur force magnétique ; trois indiquaient faux de 4 à 8 points ; une cinquième por-
tait sud-ouest; et les 6 autres étaient dérangées de 1, 2 ou 3 points; quant aux 4 boussoles de la cabine, on constata que celle qui était suspendue, ainsi que ses deux voisines, n'étaient pas le moins du monde dérangées ; mais la boussole d'amplitude, qui auparavant possédait une grande force magnétique, l'avait tellement perdue, qu'elle ne pouvait même pas attirer une aiguille très-fine suspendue à un cheveu.
Après 3 ou 4 jours, les boussoles qui étaient dérangées de 8 points se rétablirent un peu et petit à petit ; celles qui n'étaient dérangées que de 1 à 3 points étaient restées à peu près dans le même état.
Mais pourquoi, des 17 boussoles dont nous venons de parler, les unes furent-elles dérangées et altérées par le coup de foudre, tandis que d'autres n'en reçurent aucune modification ?
Tout ce que nous pouvons répondre à cette question, c'est que les 14 premières provenaient de l'amirauté d'Amsterdam, et que leurs aiguilles en acier avaient été aimantées avec l'aimant oriental et naturel conservé dans les magasins du gouvernement; tandis que les 3 seules boussoles qui ne furent pas dérangées avaient été confectionnées par l'ingénieur Ayrès, qui s'était servi, pour frotter les aiguilles, non pas d'un aimant naturel, mais d'un aimant artificiel préparé par Kniglit.
Quelquefois toutes les boussoles d'un navire sont altérées, aucune d'elles n'échappe à l'influence annihilante ou perturbatrice de la foudre. Le cas est malheureusement assez fréquent. Ainsi: toutes les boussoles, sans en excepter une seule, furent paralysées ou dérangées sur ÏAlhemarle, le Dover, le Chichester, VAmphion^ Vlnca^ la Baleine, la Méduse el le New-York, et même sur la Vigie, non-seulement toutes les boussoles furent altérées, mais les aiguilles de rechange le furent également.
Il est rare qu'une ou plusieurs boussoles restent intactes lorsque les autres sont altérées; nous ne pouvons en citer qu'un seul exemple observé, comme nous l'avons dit, sur le Diamaten : ici 3 boussoles furent épargnées
EKFETS DE LA bÛUDRE SUR LES NAVIRES 353
m milieu de quatorze autres modifiées de diverses malières.
Lorsque les boussoles sont altérées, tantôt elles offrent outes le même genre d'altération : ainsi, toutes celles du Dover, de la Baleine et du navire cité par Haward avaient eurs pôles intervertis; toutes celles de VAmphion et du Chiûester étaient paralysés.
Mais plus souvent encore les altérations des compas d'un îîéme navire sont différentes; par exemple:
Les cinq boussoles de la Vigie donnaient toutes des indications qui différaient de 25*^ à 45^ Des trois boussoles de YAlbemarle, deux avaient leurs pôles
l 'en versés, et la troisième avait son extrémité nord tournée i l'ouest.
! A bord du Diamaten et du New-York les unes étaient para-
. ysées, les autres déviées.
; V aimantation du plus ou moins grand nombre de pièces de ér ou d'acier et le dérangement des chronomètres sont le plus »rdinairement constatés à bord des navires dont les boussoles
if ont altérées.
il Mais que deviennent plus tard les boussoles qui ont subi
'. a fâcheuse influence de la foudre ?
\ Quelquefois leurs altérations diminuent notablement :
Ainsi, après trois ou quatre jours de navigation, quelques )oussoles du Diamaten, qui étaient dérangées de 8 points, l'étaient rétablies en partie et graduellement.
Une boussole du Dover avait d'abord ses pôles intervertis; )lus tard elle gagna quelques degrés vers l'état normal. D'autres fois, au contraire, l'altération s'aggrave, et une
iJiguille, qui n'était d'abord que dérangée, perd bientôt toute la vertu magnétique. Par exemple: l'une des boussoles de 'Albemarle, qui avait son extrémité nord tournée à l'ouest, et lent le verre avait été brisé, fut bientôt tout à fait paralysée. Mais très-souvent l'altération persiste presque au même iegré pendant fort longtemps. Les boussoles de VInca ne
«Durent se rétablir.
\ Il ne paraît pas que celles du navire de Haward aient jamais n revenir à rétat nonnal.
Sestiep.. i — 23
L'une des boussoles de VAlbemaHe, dont les pôles avaient été renversés, dirigeait encore au sud son extrémité nord longtemps après, et lorsque l'observation fut publiée.
Les nombreuses altérations des boussoles du New-York furent constatées et décrites par Scoresby quatre semaines après la fulguration, et elles ont sans doute persisté fort longtemps.
Il est même une circonstance très-importante à noter; c'est qu'on a vu des boussoles saines, transportées d'un navire étranger sur celui dont les boussoles avaient été altérées par la foudre, s'altérer bientôt elles-mêmes. En voici un exemple :
Le 4 mai 1843, le navire la Vigie fut frappé de la foudre, deux fois à cinq minutes d'intervalle, dans le golfe de Guinée (1). Le paratonnerre conserva pendant quelque temps de Félectricité en assez grande quantité pour donner des secousses à la main. Les cinq boussoles furent dérangées et différaient entre elles de 25 à 45 degrés. Le commandant, M. Leps, fit alors prendre des aiguilles de rechange, pour les vérifier, mais il s'aperçut que, quoiqu'elles fussent tenues dans un endroit éloigné du passage de la chaîne du paratonnerre, suivie par la foudre, elles avaient subi la même altération. Bien plus, quelques jours après, des boussoles étrangère.' ayant été transportées d'autres bâtiments sur la Vigie, ellej donnèrent des déviations quand on les plaça en certains endroits du navire, et quelques-unes varièrent même jusqu'î changer leurs pôles. Les tentatives faites plus tard, pou amoindrir ou dissiper cet effet, restèrent infructueuses.
On voit, d'après les faits exposés, que la foudre possède entre autres pouvoirs, celui d'enlever aux aiguilles des bous soles leur vertu magnétique ; qu'elle peut encore (ainsi qu nous l'obtenons à Taide de l'aimant naturel ou artificiel ma nœuvré de certaines manières), intervertir leurs pôles, le amener aux extrémités de la petite diagonale du losange o, sur tout autre point intermédiaire entre ces deux points ex trêmes. Et si elle produit ces effets sur des aiguilles formée
(1) L'Institut, Acad, des sciences. Août 1843,
(le lames d'acier pleines telles qu'on les fabrique aujourd'hui, elle les produira mieux encore, selon la remarque d'Arago, sur des aiguilles en losange évidé composées de deux fils distincts, légèrement infléchies sur leur miheu, et se touchant par leurs extrémités. » Dans un pareil système, ajoute 111lustre académicien, il y a place pour la distribution du magnétisme la plus compliquée, pour la formation de points conséquents, et dès lors pour toutes les bizarreries qu'on a ^ mises à tort sur le compte de la crédulité des marins. »
Mais il est, pour les boussoles marines, une autre cause de , perturbation, c'est la formation subite, sous l'influence de l'explosion foudroyante, d'un ou de plusieurs foyers magné - , tiques accidentels. Nous avons vu, en effet, ce météore ai- ;, manter, à bord des navires, des masses de fer ou d'acier variables dans leur volume, dans leur distance et la direction , de leur emplacement ; aussi des boussoles saines et nouvelles, \ appelées à remplacer les boussoles anciennes et altérées, peuvent se déranger à leur tour dans un sens ou dans un autre, et à divers degrés, sous l'influence magnétique des masses de fer aimantées par la foudre dans leur voisinage.
Avant de terminer cette étude, et pour mieux en démontrer l'importance, citons quelques navires dont les commandants, par suite de l'altération des boussoles, ayant fait fausse ^ route, croyant suivre une route diamétralement opposée à celle qu'ils devaient tenir, ont couru ainsi de grands dangers, , surtout par un temps couvert et brumeux, et même se sont ' perdus sur des écueils au moment où ils croyaient s'en éloigner à toutes voiles.
Le 22 mai 1842, le brick le Frisk fut atteint par la foudre sur les côtes d'Irlande, près de Baltimore (1).
Le chronomètre et la montre furent dérangés. Quant . aux boussoles, on ne remarqua pas d'abord leur altération, mais lorsque le bâtiment se rendait de Cork à Liverpool, et au moment où il se trouvait devant la pointe de Lynas, le pilote ayant ordonné de gouverner S.-E., le matin suivant on se trouva à environ 10 ou 12 milles au nord d'Ormshead, et
{l) Nautic.Mag,,X\, Qii.
3o6 EFFETS DE LA FOUDRE SUR LES NAVIRES
ce fut seulement alors qu'on découvrit que les boussoles étaient chacune déviées de 4 points (Andrew Livingstone).
Le brick Vlnea ayant été frappé de la foudre dans la baie de Biscaye, ses boussoles furent déviées de 4 points environ et ses chronomètres rendus inutiles. Le bâtiment fut par erreur directement gouverné sur l'Amérique jusqu'au moment où Ton put faire les observations astronomiques (Andrew Livingstone) (1).
Haward rapporte qu'étant patron d'un navire qui faisait route de Londres à la Barbade, de compagnie avec un navire commandé par Grofton, ils furent subitement effrayés par un terrible coup de tonnerre, à la hauteur des Bermudes. L'explosion brisa le mât de misaine du navire de Grofton, déchira ses voiles et endommagea ses agrès. Lorsque le bruit et la confusion eurent cessé, Haward, que ce coup n'avait pas maltraité, fat fort surpris de voir que ses compagnons de voyage avaient repris la route directement opposée à celle qu'ils suivaient auparavant. Il crut d'abord qu'ils s'apercevraient bientôt de leur erreur, mais, les voyant y persister, il vira de bord et se dirigea sur eux. Aussitôt arrivé à portée de la voix, il apprit de Grofton qu'il n'avait pas d'autre intention que de continuer sa première route. Alors seulement Grofton reconnut que les pôles de sa boussole étaient renversés, que le pôle nord était devenu sud. Il tourna la fleur de lys avec le doigt et la pointe directement au nord, mais aussitôt qu'elle eut repris sa liberté elle se retourna du côté du sud. Toutes les autres boussoles se trouvaient dans le même cas. Haward prêta à Grofton une de ses boussoles, et il n'a pas appris que celles qui avaient été altérées par la foudre se soient jamais rétablies.
Enfin Guépratte et Arago citent un bâtiment génois qui, vers l'année 1808, faisant route pour Marseille, fut frappé à peu de distance d'Alger. Les aiguilles des boussoles firent tout une demi-révolution quoique ces instruments ne parussent pas endommagés et le bâtiment vint en brise sur la côte au moment où le pilote croyait avoir le cap au nord (2).
(1) Nantie, Mag., XI, 641.
i^) Nantie. Mag.,Xï,QU, eic.
co
so