TROPIQUES
LATITUDES oy SUD
Mars, avril, mai.
Juin, juillet, août.
Septembre, octobre,
novembre.
Décembre, janvier,
février.
1*^ P'après ces deux tableaux on voit que pour les mers du Nqrd c^est surtout en hiver que les navires ont été foudroyés : vient après l'été; nous inscrivons ensuite le printemps et l'automne {ex œqtio).
Le foudroiement est plus fréquent en hiver qu'en été dans la proportion de 19 à 11, ou de 2 à 1 environ.
Cette différence est bien plus grande pour l'hiver, d'une part, le printemps ou l'automne de l'autre, puisqu'elle est de 19 à 3 ou de 6 à 1.
EFFRTS DC LA FuL' DUl, SU\i UJ^S xXAViR.J^S ;\71
La différence entre l'été et le printemps ou l'autonine est de 11 à 3 ou de 3 à 1 environ.
Le rapport de 30 à 6 ou de 5 à 1, est celui qui a eu lieu ei^tre la somme des cas observés en hiver et en été, et la somma des cas signalés au printemps et en automne.
Ainsi les chances de dégâts pour les bâtiments sont dans les latitudes du Nord deux fois plus grandes en hiver qu'en été; quatre fois plus grandes en été qu'au printemps ou en automne et six fois plus grandes en hiver qu'au printemps ou en automne.
Les observations que ces tableaux comprennent ayant été recueillies pendant un grand nombre d'années, dans toutes les latitudes et dans tous les climats, on n'a que peu à redouter les erreurs qui résulteraient de quelques circonstances momentanées.
On voit qu'il n'y a aucune heure du jour ou de la nuit, qu'il n'y a aucun temps de l'année où les navires ne soient ex^ posés à être foudroyés.
2'^ Dans la Méditerranée c'est en automne que les cas de foudroiement sont le plus nombreux, 1/3 des cas environ; vient ensuite l'hiver, 1/4 environ; puis le printemps, 1/6 environ, puis enîm l'été, 1/13 environ.
Les cas observés en automne et en été sont dans la proportion de 26 à 5 ou de 5 à 1 environ.
La proportion entre l'hiver et l'été est de 18 à 5 ou 4 à 1 à peu près.
Entre l'hiver et le printemps, elle est de 18 à 12 ou de 3 à 2.
Entre l'automne et le printemps, de 26 à 12 ou de 2 à 1. Des 12 cas qui ont eu lieu au printemps les 2/3 sont arrivés au mois de mars.
Ainsi les risques à courir sont, dans la Méditerranée, évidemment plus considérables en automne qu'à toute autre i époque de l'année. Ils sont cinq fois plus grands en automne qu'en été; et deux fois plus grands en automne. tju'au printemps. C'est en été que l'on court le moins de danger : le Ïkrintemps tient, sous ce rapport, le milieu entre l'été et 'hiver.
372 EFFETS DE LA FOUDRE SUR LES iNAVlRËS
3<^ Dans les latitudes tropicales les cas de foudroiement sont à peu près en même nombre en automne (20 cas) ; en été (18) et printemps (17). C'est en hiver qu'ils sont le moins nombreux (11).
Les cas en automne sont à ceux de l'hiver dans le rapport de 20 à 11 ou de 2 à 1 environ.
Ainsi dans ces latitudes, les risques à courir existent surtout dans la période des mois chauds.
4° Quant aux cas observés dans les latitudes sud, ils sont en trop petit nombre pour servir de base à une statistique. II est seulement à remarquer que sur 9 navires foudroyés presque tous l'ont été dans ^Je] trimestre d'automne de ces latitudes : des 5 cas arrivés à Rio de la Plata;4 ont eu lieu en mars et le 5^ en avril.
Navires foudroyés plusieurs fois pendant un même orage. — Il n'est pas très-rare qu'un navire soit foudroyé deux fois pendant un même orage. Quelques bâtiments ont même été frappés 3, 4 et 5 fois à de très-courts intervalles et dans la revue de M. Snow Harrisil est dit que 1 fois sur 27 les bâtiments ont été frappés de 2 à 5 fois dans une heure et pendant un même orage, ainsi :
Les 6 navires suivants ont été foudroyés 2 fois en peu de moments.
Le Malacca — 1 août 1750 — Indes orientales — coup sur coup. ,1
La Thisbe de 32 - 4 janvier 1786 — Saint-Marry's Scilly fl — id.
Le Tonnant de 80 — 5 décembre 1804 — Belle-Ile — deux coups en une demi-heure.
Le Coldstream — 16 avril 1812 — Indes orientales— 2 coups à 15 minutes d'intervalle.
Le Hijacinth — septembre 1833 — Océan Indien — coup sur coup.
Le Competitor — 17 juin 1848 — île Saint-Paul — 2 coups en 1/4 d'heure.
Le paquebot le New-York, le 19 avril 1827, dans son passage de New-York à Liverpool, fut foudroyé 2 fois. Il en fut
sans doute de même pour VEagle qui fut frappé 2 fois le 21 janvier 1812 près de Corfou.
Les bâtiments que nous allons signaler ont été frappés trois, quatre et même cinq fois pendant un même orage.
Le 4 mai 1843, la Vigie, alors près de l'île du Prince, dans le golfe de Guinée fut frappée, vers 6 heures du matin, deux fois à cinq minutes d'intervalle et chaque fois la foudre atteignit le paratonnerre qu'elle suivit; 30 minutes après eut lieu une troisième détonation presque aussi forte que les autres ; seulement elle se fit tout près du bâtiment, sans l'atteindre.
Dans le commencement de décembre 1770, entre Mahon et Malte, un vaisseau amiral russe fut foudroyé une première fois à 10 heures du soir; et deux autres fois, à quelques minutes d'intervalle vers 2 heures après minuit. Le premier coup atteignit le grand mât et les 2 autres frappèrent le mât de misaine.
Le 14 février 1809, le vaisseau de ligne le Warren-Hastings qui, peu de jours auparavant, avait été lancé à la mer à Portsmouth fut foudroyé trois fois dans un intervalle de temps assez court. Chaque fois la foudre se porta vers les mâts du navire sous la forme d'un globe de feu.
Le 5 janvier 1830, dans le détroit de Corfou, \q Madagascar^ de 50 canons, éprouva 5 décharges destructives en 2 heures. Il VEtna et le Mosquito furent aussi foudroyés à plusieurs ' reprises pendant le même orage.
¥.nï\n\e Spartiate, de 74, étant pendant l'hiver de 1827, à l'ancre dans le Tage, fut frappé plusieurs fois coup sur coup.
Navires foudroyés plusieurs fois à quelques mois, à quelques années d'intervalle. — Quelques navires ont été foudroyés 2 fois à quelques jours d'intervalle ; ainsi :
Le navire suédois le Stockholms-Scott fut frappé le 22 juillet et le 11 août 1777; il avait déjà été foudroyé en janvier l Le Cumberland, de 74, fut très-gravement endommagé le \ 25 août 1810 sur les côtes de Sicile. Trois ou quatre jours
après, la foudre l'atteignit une seconde fois. Il éprouva le même accident le 25 février 1812, près de Torbay : ainsi, 3 foudroiements en 18 mois.
VEagle, de 74, fut frappé le 22 janvier 1811 dans l'Adriatique, le 14 janvier 1812 devant Gorfou ; et deux fois le 21 janvier de la même année, également près de Corfou.
Enfin le Hyacinth, foudroyé en 1833 et en 1838, perdit chaque fois son mât de perroquet et son mât de hune.
BATIMENTS ANGLAIS FOUDRÔTÉS 6£ 1829 A lâ42 d'après M. Marris.