M. Serno rapporte que son père, atteint par la foudre
résenta une ligne noire qui s'étendait du côté gauche de la ; ête, sur toute la longueur du tronc et de la cuisse jusqu'au ? enou ; or, à cette hauteur commençait le bas qui était en soie.
* 11 n'est pas rare surtout de voir des objets métalliques désrminer la situation et la direction des raies.
■ 1. Sur un homme que l'abbé Richard a examiné, l'étincelle I ourut le long du dos, puis se partagea en deux portions qui
e prolongèrent le long des cuisses, jusqu'au niveau des i oncles des jarretières qu'elles noircirent, et le long des jambes
■ asqu'aux talons, au miheu desquels elles firent un trou aux )as et aux chaussures.
2. Un soldat de la garnison de Mannheim fut atteint par la budre sous un arbre, au moment où il levait la tête pour en ixaminer les branches et le feuillage. Or, plusieurs objets méalliques imprimèrent une direction particulière au fluide élecrique : l'étincelle électrique atteignit d'abord et altéra une igrafe métallique du collet et affecta gravement la portion coriTspondante du cou ; de là, elle se divisa en deux rayons et
(1) Cosmos, t. XIX, p. 226 (186i).
suivit les deux membres supérieurs presque dans toute leur longueur, jusqu'au niveau de l'avant-bras, c'est-à-dire jusqu'au niveau des boutons métalliques des manches, traçant, dans toute cette étendue, une raie rouge de 6 lignes de largeur. Les poils des mains étaient brûlés, la main droite présentait une plaie d'un pouce de diamètre. Enfin, une raie rouge très-mince occupait la face antérieure de la cuisse gauchejusqu'au genou, et correspondait à l'endroit où se trouvait le sabre : la foudre avait respecté les habits et tous les autres métaux que le soldat portait avec lui (Hemmer).
Coloration. Les raies sont souvent noires ou couleur de suie-, souvent d'un rouge vif clair , foncé ou obscur, brun, bleuâtre et parfois cuivré; rarement elles sont jaunes. Dans un cas cité par M. deQuatrefages, tandis que plusieurs raies étaient noires ou rouges, une seule située sur le bras était argentée. Deux négresses présentèrent, après le foudroiement, plusieursbandes longitudinales où la peau était en partie couverte de phlyctènes et en partie décolorée.
Nature et profondeur delà lésion. En général, la lésion sous forme de raies est superficielle ; les poils seuls sont roussis, pelotonnés ou brûlés, la peau elle-même reste intacte. Louis et Bullmann ont cité des cas de ce genre. La bande peut être formée par un enduit métallique ou autre ou par une légère ecchymose qui disparaît bientôt sans même que l'épiderne s'exfoHe.
D'autres fois l'épiderme est râpé ou enlevé comme par une large égratignure ; la bande peut être érythémateuse, ou formée par une série de phlyctènes isolées ou confluentes.
Souvent aussi la lésion est plus profonde et atteint, sous forme d'eschare, une partie de l'épaisseur du derme ou le derme tout entier; alors le sillon est rouge vif ou brun, quelquefois blanchâtre. Le tissu en est dur , ratatiné comme du cuir, et souvent la bande est formée par une série d'eschares séparées par des points où la peau n'est que superficiellement affectée.
Il importe enfin de faire remarquer que parfois on trouve, précisément au-dessus de la raie, quelque superficielle qu'elle soit, et lui correspondant assez exactement, le tissu cellulaire
SOUS cutané infiltré de sang; cette infiltration est sans doule plus fréquente que les cas jusqu'ici observés ne semblent l'indiquer. Le docteur Schaffer en a cité un exemple fort remarquable rencontré sur l'homme ; nous en citerons bientôt un autre observé sur un animai.
Origine et terminaison. Jusqu'ici nous avons étudié la raie dans son trajet ; nous avons maintenant à l'examiner à son point de départ et à sa terminaison ; nous n'insisterons d'ailleurs que sur ce qu'elle nous offre de plus intéressant sous ce double rapport.
Nous savons, par exemple, que l'étincelle qui part du conducteur isolé de la machine, après avoir parcouru un trajet plus ou ' moins long, se divise parfois subitement en pinceau et en ai- ' grette : or, ce phénomène s'est parfois dessiné sur le corps de l'homme. En voici un exemple :
Au rapport de Parkinson, deux individus furent frappés du
même coup de foudre : on trouva sur l'un d'eux une raie
rouge d'environ deux pouces de largeur, qui descendait le
' long du côté droit, de cette raie [)SiViaïeni plusieurs rameaux
qui se terminaient en rayonnant.
Une raie semblable, seulement moins étendue, mais avec les mêmes ramifications , existait sur le bras droit et à la partie antérieure de chaque cuisse et de chaque jambe. Une circonstance à noter, c'est que les ramifications dont il vient d'être question et qui étaient, immédiatement après l'accident, d'un cramoisi foncé sur un fond pourpre foncé, devinrent, après quelques frictions, d'un lilas pâle sur un fond blanc. L'autre blessé présenta la même lésion, i ! Une seconde circonstance sur laquelle nous devons fixer i notre attention, c'est qu'assez fréquemment la nature de la lésion n'est pas la même sur le trajet de la raie, à son point de départ ou de terminaison ; par exemple, tandis que dans son trajet la raie n'offre qu'une simple combustion de poils ou une eschare légère et superficielle, elle revêt à ses deux extrémités les caractères d'une forte contusion , d'une plaie par incision ou par arrachement, en sorte que parfois la foudre en tombant sur la surface du corps de l'homme ou en la quittant, agit comme un corps contondant, comme un instrument
tranchant ou dilacérant ; tandis que, sur la longueur de son trajet, elle agit comme un corps comburant.
Une troisième circonstance nous reste à signaler.
On sait que c'est à son entrée dans un corps inerte plus ou moins conducteur, et à la sortie de ce même corps, que la foudre exerce ses plus grandes violences ; or, cette loi se trouve parfaitement confirmée par l'examen des points de départ et de terminaison de la lésion que nous étudions.
Très-souvent, en effet, nous trouvons à V origine de la raie une large ecchymose, une eschare profonde, une ou plusieurs incisions, quelquefois même l'ablation ou la résection de quelque partie ; ou bien encore une extravasation de sang dans le tissu sous-cutané, une fracture du crâne, un épanchement intra-crânien.
La terminaison de cette même raie présente souvent aussi de graves altérations; tandis que dans l'intervalle de ces points, dans le trajet proprement dit, les lésions sont légères et superficielles.
Citons-en quelques exemples :
Chez un ouvrier, observé par l'abbé Pinel, Fétincelle glissa légèrement depuis l'épaule jusqu'au pied droit ; mais avant de quitter le corps, elle pratiqua à la région malléolaire de profondes déchirures par lesquelles sortait un sang noir et épais.
Rice et Brémond ont cité chacun un cas analogue.
John Huxham cite un homme atteint par la foudre et chez qui l'on trouva une brûlure de tout le membre supérieur droit; profonde d'un pouce à l'épaule et à la partie supérieure du bras, elle diminuait de profondeur vers le coude et n'avait plus détruit que l'épiderme à l'avant-bras et à la main. On trouva de plus une brûlure sur l'abdomen et sur les membres inférieurs; or, une circonstance à noter, c'esLquela brûlure du membre inférieur droit était d'autant plus profonde qu'on l'examinait plus près du pied; elle avait d'abord atteint les poils, puis plus bas l'épiderme, plus bas enfin, vers la malléole et le cou-de-pied, elle pénétrait profondément. '
L'étincelle avait sans doute suivi d'abord le membre supérieur droit, s'était jetée ensuite sur l'abdomen, s'était divisée sur les membres inférieurs, pénétrant d'autant plus profondé-
ment qu'elle s'approchait davantage de son point de sortie. Au reste, les caractères que nous venons d'assigner aux point de départ et de terminaison delà raie ne sont pas constants. Il faut se rappeler, entre autres circonstances, que les vêtements qui forment avec le corps de l'homme un seul système plus ou moins conducteur, présentent aussi des dégâts qui, par leur étendue et par leur gravité, remplacent souvent, comme nous le verrons plus tard, les signes qu'aurait pu présenter le corps lui-même.
I VIII. — Lésions qui semblent produites par ûagellation , égratignure et incision. — La foudre n'agit pas toujours en brûlant : souvent elle produit des plaies qui se rapprochent beaucoup de celles que l'on produit en flagellant, en égraîignant la surface du corps, ou bien encore en coupant ou déchirant les tissus. Ce n'est pas là un des points les moins curieux de l'histoire des effets de la foudre sur l'homme de la voir quelquefois sur le même individu, agir suivant des modes si différents.
Les détails dans lesquels nous allons entrer, nous seront surtout utiles quand nous examinerons plus particulièrement la partie médico-légale du foudroiement.
Flagellation. La foudre occasionne parfois de petites blessures superficielles semblables à celles que produiraient des coups de verge ; ainsi : un jeune homme n'éprouva que quelque engourdissement dans les pieds qui étaient rouges et semblaient avoir été frappés de verges (Serno).
Le docteur Brillouet, atteint par la foudre , dit qu'elle paraissait lui Si\o\v flagellé \e dos, la cuisse, la jambe et le pied du côté gauche ; il ajoute que les marques du dos ont rougi plus d'une année entière lorsqu'il tonnait.
On remarque, dit Oswald, sur le dos d'une jeune fille, de nombreuses stries d'un rouge bleuâtre semblables à celles que produiraient des coups de verge.
Orlando Brigdman rapporte qu'un homme atteint par l'étincelle avait la cuisse et une partie de la poitrine lacérées comme s'il avait été fouetté avec des fils de fer.
Howard parle d'un enfant dont ia poitrine et le dos offraient
des lignes branchues et rouges, comme produites par des coups de gaule.
Enfin l'abbé Ghapsal parle d'un homme qui, frappé par la foudre, garda pendant plusieurs jours autour de chaque jambe une contusion semblable à la trace d"un coup de fouet.
Écorchures, égratignures. Des égratignures et des écorchures sont un des nombreux effets de l'étincelle fulgurante.
Chez un homme dont parle le docteur Maslieurat-Lagémard, on voyait sur le dos du nez deux rainures où l'épiderme était enlevé. « Deux ongles fortement appliqués et promenés sur le nez produiraient l'effet qui existait. )>
Le docteur Fougeroux de Blaveau, en parlant d'un soldat tué dans sa guérite, dit « qu'il semblait avoir été labouré, de la tête aux pieds, par quelque chose qui lui avait fait des égratignures et déchiré ses habits sans aucune marque de brûlure. »
L'épiderme et la couche la plus superficielle du derme sont parfois enlevés, comme par un frottement subit et violent.
Un voyageur cité par Thoresby eut les cheveux brûlés et la face écorchée en plusieurs endroits.
Une des femmes blessées à Everdon avait deux écorchures à la plante des pieds, sans que ses bas et ses souliers eussent été endommagés (Wallis) .
Lorsque la foudre tomba sur la maison de la rue Plumet, un habitant était debout dans sa chambre et se disposait à boire de l'eau d'un pot; la foudre brisa son pot en mille pièces, et lui fit à la hanche droite une écorchure large de deux doigts (Rigaud).
Incisions. Parfois la foudre incise les tissus comme le ferait un instrument tranchant. Ces incisions sont tantôt courtes et peu profondes ; ainsi, chez un jeune homme qui survécut au foudroiement, on trouva sur la région gauche du sommet de la tête plusieurs coupures superficielles affectant diverses directions et qui donnèrent issue à une quantité de sang peu considérable.
Sur un jeune garçon, le docteur Ebell trouva sur le côté droit de la tête, dans un cercle de 4 pouces, les cheveux comme rasés; cette place était eqtourée de cheveux roussis;
derrière l'oreille, on voyait deux coupures faites comme avec un couteau et longues d'un pouce.
En 1787, la foudre tomba sur une maison du Dauphiné et y atteignit plusieurs personnes ; une demoiselle, qui eut la cuisse légèrement brûlée, offrit au pied une blessure semblable àcelle quauraitpu faire un instrument tranchant; celteblessure fut bientôt guérie (de la Prade).
Adair et Brereton parlent d'un orteil qui aurait été fendu jusqu'à l'os.
Les incisions sont quelquefois remarquables par leur longueur et par leur profondeur et peuvent ainsi devenir le siège de graves hémorrhagies.
Le jeune Tècle, cité par Tilésius, eut les bras et les mains sillonnés jusqu'à l'os; cette plaie présentait les caractères de la section et de la déchirure.
Six ouvriers se réfugièrent sous un saule où ils furent foudroyés; quelques-uns eurent le dos sillonné et déchiqueté depuis les épaules jusqu'aux cuisses, par des plaies quon aurait jugées en toute autre circonstance, avoir été faites par un instrument tranchant, et qui étaient si profondes qu'on y aurait couché le doigt : tous cependant se rétablirent (R. Lentilius).
I IX. — Altération des cheveux et des poils. —
Un des effets les plus fréquents de la foudre sur l'homme et les animaux est d'altérer de diverses manières leur système pileux.
Chez l'homme, les cheveux sont ou seulement roussis ou complètement brûlés, parfois ils sont arrachés ou coupés net comme avec des ciseaux. Ils étaient ainsi coupés dans l'étendue d'une pièce de 5 francs chez un homme cité par Scheuchzer; et un laboureur noté par Davies présentait sur le côté droit de la tête 3 ou 4 plaques ou tonsures où les cheveux avaient été enlevés comme avec un rasoir, sans que la peau présentât du reste la moindre lésion. Assez souvent les cheveux roussis ou à demi brûlés, sont tellement entortillés, qu'il devient fort difficile de les remettre en ordre. Les cheveux ne sont le plus ordinairement brûlés que sur des endroits peu étendus ; la place dénudée est irrégulièrement circon-
scrite ou bien sous forme de couronne ou de raie. On a vu sur un jeune homme les cheveux brûlés depuis le sommet de la tête jusqu'à la nuque, juste dans la direction de la suture sagittale : ce trajet avait un pouce de largeur.
La peau dans les endroits dénudés est intacte et montre seulement le pointillé correspondant aux cheveux, ou bien, comme cela arrive souvent, elle est érythémateuse et tuméiiée.
On a vu des cheveux roussis, arrachés ou coupés, adhérer à quelque fragment d'un chapeau dilacéré, à l'écorce d'un arbre voisin, ou collés au plafond.
Les poils de la face, les sourcils, les cils et la barbe, sont très-souvent aussi roussis ou brûlés. Les cheveux et la barbe parfaitement noirs d'un employé du télégraphe électrique devinrent subitement blancs à la suite d'un coup de foudre , mais ce changement de couleur peut s'expliquer sans faire intervenir l'action directe du fluide électrique.
Quant aux poils du tronc et des membres, ils sont trèssouvent aussi roussis ou brûlés ; dans le premier cas, on les voit quelquefois roulés ensemble et formant de petites pelottes adhérentes à la peau (Feltstrom).
On a vu quelquefois la partie dénudée affecter la forme d'une ligne longitudinale ou en zigzag; ainsi, chez un jeune homme cité par Louis, la foudre ayant atteint d'abord la poitrine, suivit sur une ligne le tronc, la cuisse et la jambe d'un côté et sortit par le talon : cet homme était fort velu et la trace de la foudre n'était marquée que par la brûlure des poils.
La brûlure des poils s'étend quelquefois à toute une moitié du corps : Bullmann en cite un exemple.
Schottus parle d'un prêtre qui eut les poils de toutes les parties du corps couvertes de vêtements complètement brûlés : les vêtements eux-mêmes restèrent intacts. Yédelius, Kochler et Orioli rapportent des faits analogues.
Assez souvent la lésion des poils, au lieu d'être aussi étendue, reste bornée à un petit espace, à l'aisselle et surtout au pubis. Ce dernier phénomène trouve en grande partie son exphcation dans l'humidité naturelle ou accidentelle de cette région, chez la femme spécialement.
Nous pourrions citer plusieurs exemples de cette lésion chez l'homme, mais ils sont beaucoup plus nombreux et plus tranchés chez la femme.
En voici quelques-uns : « AccicUt aptid Monspelienses utfuU men cadens in domiim vicarii generalis de Grassi, piidendwn piiellœ ancillœ pilos ahraserit, ut Bartassius in midiere sibi familiari olim factum fuisse » (1).
Toaldo , Richard ont cité des faits analogues et d'Hombres-Firmas en a recueilli plusieurs autres.
Plusieurs personnes étaient réunies au mas Lacoste dans les environs de Nimes, lorsque la foudre y pénétra. Une demoiselle de 26 ans fut renversée et perdit connaissance; revenue à elle, elle pouvait à peine se soutenir et marcher, elle éprouvait de vives douleurs au milieu du corps. Lorsque seule avec ses amies, celles-ci purent l'examiner, elles virent « non sine miratione pudendum perustum, ruberrimum., labia tumefacta, pilos déficientes usque ad bulbum, punctosque nigros pro pilis, inde cutim rugosissimam ; ejus referunt amicœ ^ primmi barbatissimam et hoc facto semper imberbem esse » (2).
Nous avons dit que les cheveux pouvaient être enlevés et transportés à distance, pareille chose a lieu pour les poils de la surface du corps.
Un individu ayant été atteint par la foudre, non loin d'Aix, tout son corps, depuis la poitrinejusqu'aux pieds, fut sillonné et en grande partie épilé ; et, chose fort singulière, les poils roussis et racornis, arrachés sur différentes régions, furent roulés en petites pelotes et incrustés pour ainsi dire dans le gras de la jambe d'où il fallut les extraire.
Les cheveux et les poils ainsi brûlés, repoussent ordinairement; mais il n'en est pas toujours ainsi, comme nous venons d'en voir un exemple. Nous ajouterons que G. Gaultier de Claubry ayant eu les poils de sa barbe et ceux de ses mains brûlés en partie, ils ne revinrent plus. Un lieutenant devaisseau fut de la sorte épilé complètement et pour toujours.
La foudre tomba un soir dans le salon du château de Saint- Christol, près d'Alais; elle ne blessa personne, mais tous les
(1) Borelli, Hist. et observ. médico-phijsique, cent, ii, ohserv. 38.
(2) Comptes rendus, t. IX.
assistants ressentirent la commotion électrique : une des dames eut les poils du pubis entièrement brûlés (d'Hombres- Firmas).
Le capitaine de frégate Rihouet fut totalement épilé par la foudre; les ongles de ses mains s'exfolièrent (1).
C'est ainsi que Bartassius a raconté un fait dont il avait été témoin (2) :
Vidi equidem, vidi his oculis piierilibus olim, Nec res fallit, anum, cœli cui lubricus ignis Abstulit attonsam strictim sine vulnere pubem.
Chez les animaux les poils peuvent être arrachés, roussis, brûlés, mais on a observé aussi un autre phénomène dont nous allons parler. La foudre frappa un jeune bœuf, âgé de 4 ans, roux avec des taches blanches. La matière fulminique brûla, enleva tous les poils des taches blanches situées sur le dos et sur les flancs et respecta les poils roux.
Tooth, Lambert et plusieurs autres vétérinaires ont vu des faits semblables.
Un jeune homme près duquel la foudre tomba dans la ville de Santiago, sans lui faire aucune blessure, perdit ses cheveux et le poil qui couvrait diverses parties de son corps, si bien qu'au bout de quelques jours, on aurait dit qu'on l'avait complètement épilé (3).
On trouve une observation analogue de M. Green (4).
IX.-— Lésions de l'épiderme. —L'épiderme des foudroyés présente des lésions très-variées; nous ne citerons que celles qui lui sont spéciales, le derme n'étant pas ou étant peu attaqué.
Zacchias (5) raconte que son oncle frappé par la foudre, après être resté trois jours sans sentiment ni mouvement, et plusieurs semaines dans une espèce d'hébétement, revint
(1) Arago. OEavres, t. IV, p. 377.
(2) In Orioli, Falmini celehri, Spighe et Paglie. Gorfou (1844), t. I, p. 8o; et Boudin, Traité de Géographie et de Statistique médicales, t. I, p. o07.
(3) Arago, Notice, OEuv. posth.
(4) Phil. Trans., t. II.
(5) Quœstiones medico -légales, Lngduni (1701).
enfin à la santé ; mais alors Tépidernae de tout son corps se sépara, puis se renouvela, comme on l'observe chez les serpents au comm.encement du printemps.
Au mois de juillet 1756, dit le docteur Henry, un charretier ivre se coucha sous un arbre et y fut foudroyé. L'étincelle l'atteignit entre les deux omoplates, perça ses vêtements, se glissa à droite et à gauche, le long du dos, des lombes, des cuisses, des jambes et sortit sous les talons. Elle brûla tous les poils cfui étaient sur son passage, et, chose singuhère, grilla Fépiderme depuis les omoplates jusqu'aux talons, en le réduisant en petits rouleaux d'égale grosseur et •séparés de quatre doigts en quatre doigts les uns des autres. Cette vaste surface ainsi dénudée devint le siège de vives douleurs et d'une abondante sérosité : toutefois le malade guérit complètement.
En 1685, dans le bourg de Wulffdorf, un paysan fut percé par la foudre au niveau du sein gauche, dépouillé complètement de son épidémie de la tête aux pieds, écorché littéralement, sans qu'on pût retrouver trace de son épiderme : ce paysan guérit. Ce fait fut communiqué à L. Hannemann par le chirurgien Stoltenberg, homme aussi recommandable, ditil, par son âge que par son habileté.
Les mêmes lésions chez les animaux. — Les lésions extérieures se montrent chez les quadrupèdes sous des formes très- diverses. Quelquefois la décharge foudroyante agit en nappe sur une large surface du corps de l'animal. Deux chevaux, dont parle Brydone, avaient le poil roussi sur la plus grande partie du corps, et plus particulièrement aux jambes et sous le ventre : il est bon de rappeler qu'ils venaient de passer un gué assez profond.
D'autres fois le poil est brûiè par points isolés, comme le docteur Guyon l'a observé sur un cheval.
Mais le plus ordinairement on trouve un ou plusieurs sillons, de divers aspects. La peau est rarement intacte sous les points altérés, elle se trouve plus ou moins brûlée ; on rencontre parfois dans le tissu cellulaire sous-cutané des extravasations de sang qui correspondent aux sillons de la peau.
Deux chevaux observés par le docteur Petit ayant été tués
par le même coup de foudre, présentaient chacun un sillon où les poils étaient brûlés, et qui de la tête se portait sur le cou et de là obliquement sur l'épaule et le flanc gauches.
Au rapport de Tobias, 27 bêles à cornes furent frappées mortellement par la foudre. Sur tous les cadavres, et notamment sur 21, on trouva au côté gauche des stries très-manifestes dues à la combustion du poil ; elles s'étendaient en zigzag vers le creux du jarret, les tétines, les lombes et le trumeau ; elles avaient de 2 à 4 lignes de largeur et passaient sur des fossettes de la grandeur d'une pièce de 5 francs formées par la combustion. Tantôt elles suivaient la même direction, tantôt elles divergeaient. Les endroits privés de poils, au ventre et à la poitrine, étaient d'une couleur rouge bleuâtre ; sous la peau, on ti ouv a de fortes extravasations de sang aux endroits correspondant aux sillons mentionnés.
Le professeur Mayer a rapporté des faits analogues à propos d'une chienne foudroyée, et le docteur Yon Hordt a observé un cheval dans les conditions précédemment décrites.
ART. 2. •— BRULURES.
Les brûlures sont un des effets les plus ordinaires de la foudre sur le corps de l'homme; elles présentent de nombreuses variétés dans leur degré, leur profondeur, leur étendue et dans leurs autres caractères. Nous allons étudier d'une manière spéciale Yérijthème, les phly et ènes et les eschares.
I L — Érythème. — Nous ne parions ici que de Vérijthème primitif (\m survient à l'instant ou presque à l'instant du choc électrique.
Assez souvent la rougeur de la peau, avec douleur et uo certain degré de tuméfaction, est disséminée sous forme de plaques ; d'autres fois elle est bornée à une région peu étendue, à un pied par exemple ; à la face surtout qui parait alors atteinte d'un érysipèle spontané ou avoir été frappée d'un coup de soleil, comme Sprengel l'a signalé chez deux hommes et Gastillier chez une jeune fille.
Mais parfois aussi réî7thème occupe une très-grande étendue : nous l'avons vu sur toute la moitié gauche de la poitrine et du ventre ; il offrait une teinte violette purpurine trèssingulière et qui le distinguait de l'érythème ordinaire.
11 n'est pas rare, enfin, de voir rérythème affecter la forme diine ou de plusieurs bandes longitudinales.
I II. — Vésication, 'Phljctènes. — Les phlyctènes, si souvent produites par la foudre, sont parfois peu nombreuses et n'occupent qu'une petite étendue du tégument. Ainsi :
Chez un jeune garçon, Hemmer trouva deux larges phlyctènes à la plante du pied droit.
j Ladurantie remarqua au bras d'un homme une rougeur ! avec de petites vésicules simulant un érysipèle ordinaire.
Mais la vésication occupe parfois une beaucoup plus grande étendue ; par exemple : chez un laboureur, une partie de l'épiderme du dos resta attachée à la chemise (Filleau).
Chez un homme cité par Khonius, la vaste brûlure qui affectait la région inférieure du tronc, se recouvrit de trèsnombreuses phlyctènes qui donnèrent issue à une sérosité jaune et mordicante.
D'après Davies, un enfant eut la fesse et la poitrine couvertes d'ampoules semblables à des vessies.
Enfin la vésication se serait étendue à presque tout le corps dans le cas suivant : un faucheur fut tué par la foudre; sa chemise et ses cheveux étaient en feu, dirent ses camarades, une grande partie de son corps, de la tête aux pieds, était comme une cloche de brûlure, « ivie eine Brand-Blcise. » La combustion de la chemise a sans doute joué ici quelque rôle, mais elle n'a pas pu occasionner les phlyctènes des extrémités inférieures.
Les phlyctènes produites par la foudre sont ordinairement formées par mi liquide séreux et jaunâtre; parfois sanguinolent et même noirâtre, comme nous le verrons en parlant des lésions semblables à celles que produit la poudre à canon.
En général, elles se forment presque immédiatement après le coup ou même à l'instant du foudroiement,
Sestier, Il — ^
Mais cet effet n'est pas toujours aussi instantané et ne se montre qu'un certain temps après la fulguration. Brodie rapporte (l)qu'un jeune garçon ayant été atteint parla foudre, il se forma, peu de temps après r accident, de larges phlyctènes au pubis et aux cuisses , tout à fait semblables à celles que produirait l'eau bouillante, et qui firent place à des ulcérations.
I ÏII. — - Eschares. La lésion que nous allons décrire est l'une des plus fréquentes de toutes celles que produit la foudre; elle présente plusieurs variétés ; l'une d'elles sera décrite à part, à cause de sa grande analogie avec les eschares occasionnées par la, pou dp^^ à canon.
Commençons par Fëxamen des-'ésiEhvQres les plus ordinaires.
Dans certains' cas, l'escimreest solitaire et de peu d'étendue : c'est ce q'tfi arriva,' cj[i^îÇ9|ol(îat cité par Schulter, et qui présentait au cou une très-petite éschare ronde, grise, pénétrant dans <]e tissu cellulaire ^ôus-cutané et correspondant à un bouionlné^llique-fpèé'au col delà chemise.
II n'en est malheurëU'seTnent'pas toujours ainsi, et nous verrons plus bas l'eschare solitaire occuper une grande étendue, toute une région du corps.
Souvent les eschares sont nombreuses et disséminées sur diverses parties du corps ; cela fut remarqué chez le curé si gravement blessé dans le foudroiement de l'église de Châteauneuf-les-Moutiers. Il présentait en effet une eschare de plusieurs travers de doigt à l'épaule droite ; une autre s'étendait du milieu postérieur du bras du même côté à la partie moyenne et extérieure de l'avant-bras; une troisième eschare profonde partait de la partie moyenne et postérieure du bras gauche et arrivait à la partie moyenne de l'avantbras du même côté ; une quatrième, plus superficielle et moins étendue, se voyait au côté externe de la cuisse gauche; une cinquième, enfm, occupait la lèvre supérieure et arrivait au nez. La cicatrisation de ces nombreuses blessures demanda deux mois.
(1) Lect. on pathology and Surgery (1846).
Les escliares multiples, disséminées le plus souvent sans aucun ordre à la surface du corps, sont quelquefois cependant placées toutes dans une même direction, simulant une bande plus ou moins régulière.
Cette lésion présente souvent un certain degré de mollesse. C'est ce qui a été remarqué par Tilloch qui l'a trouvée noire et molle, semblable à celle que produit i'alcali caustique. Mais le plus ordinairement les eschares sont dures et sèches, comme l'attestent les observations suivantes qui nous font en même temps connaître plusieurs autres caractères propres à ce genre de lésion.
Une des personnes blessées à Everdon présentait sur une épaule une eschare d'environ 4 pouces de longueur, ovalaire, rouge et aussi dure que la corne.
Dans un autre cas, cité par Huxham, le chirurgien qui voulut hâter l'élimination d'une eschare assez étendue en l'incisant, ne put la traverser avec le bistouri, pas plus que 5'il elle avait été formée de cuir tanné : cette circonstance rendit la séparation des parties mortifiées très-lentes et l'odeur intolérable.
Chez une femme, la peau de la cuisse gauche était dure, ridée ou foncée, semblable à celle d'un cochon de lait rôti, semblable encore à du cuir humide qui aurait été desséché près d'une fournaise (Gœritz).
Sur un homme tué par la décharge foudroyante, la peau du côté gauche était en partie transformée en un cuir dur et grillé, « in duriim corium igné torrefactum; » elle était rouge au cou et pourpre en d'autres endroits.
Chez un jeune garçon, cité par Thoresby, la peau était complètement brûlée, noire, recroquevillée comme un parchemin ou une plume que l'on jette dans le feu.
La couleur de l'eschare est parfois d'un rouge cuivré ou d'un rouge pourpre : leplus souvent elle est noirâtre ou noire.
L'eschare est ordinairement superficielle et bornée à une partie de la profondeur du derme; il est fort rare qu'elle pénètre au delà du tissu cellulaire sous-cutané inclusivement : notre collection ne nous en offre du moins qu'un très-petit nombre d'exemples.
Le navire la Félicité fut foudroyé près de Bone, le 16 décembre 1856; six hommes subirent les atteintes de la foudre. Un des homoies foudroyés avait une brûlure au deuxième degré au milieu de la cuisse; un autre portait au côté gauche une eschare semblable à celle qu'aurait produite l'application d'un fer chauffé à blanc. Un troisième eut la chemise lacérée en lambeaux. Le quatrième fut frappé dans la bouche; toute la muqueuse de la bouche et de la langue se détacha : les dents étaient noircies , charbonnées et fortement ébranlées. Les autres avaient diverses parties du corps tuméfiées et noircies. Personne ne périt (1).
Chez une jeune fille blanchisseuse qui fut frappée au membre supérieur droit, on trouva à l'épaule une eschare assez profonde pour que des faisceaux du muscle deltoïde eussent été mis à nu et grillés à leur surface.
Le 24 janvier 1665, M. Brooks, de Hampshire, fut tué par la foudre. Entre autres lésions, on aurait trouvé les mains brûlées jusqu'aux os dans des gants restés entiers. Ce curieux détail est tiré de l'enquête du coroner (Thomas Neale).
La variété suivante est fort remarquable par sa grande analogie avec la brûlure par la poudre à canon ; ici les eschares sont plus ou moins noires et carbonisées, tantôt rares et disséminées, tantôt très-nombreuses et même confluentes, ordinairement planes, quelquefois ondulées, en général dures comme la corne et sonores comme du parchemin. Elles oiïrent dans leur pourtour et dans une étendue variable une rougeur érythémateuse et souvent des phlyctènes noirâtres, remplies d'un liquide de même couleur. Ces brûlures varient du premier au quatrième degré de la classification de Dupuytren ; tantôt, en etîet, elles comprennent l'épiderme et le corps muqueux, tantôt et le plus ordinairement toute l'épaisseur du derme, mais sans pénétrer plus avant, s'arrêtant ainsi brusquement au tissu cellulaire sous-cutané, que Ton retrouve parfaitement intact à la chute de l'eschare. Cette délimitation si brusque et si nette n'est pas un des caractères les moins curieux de cette lésion ; il semble que le pannicule
(1) Cosmos, t. X, p. 323 et 398 (1857), De nombreux détails sur cet événemeni in Gazette des hôpitaux, p. 15o (18o7), et Ami des sciences, t. III, p. 222.
!elluIo-graisseux sous-jacent à la peau joue le rôle d'isolateur.
Cette brûlure est le siège de douleurs très-variables dans iCur acuité, tantôt très-vives, tantôt très-modérées ; vers le neuvième jour, les eschares les plus superficielles sont en partie tombées ; vers le dixième jour, l'élimination des eschapes profondes est très-avancée ; elle est généralement accomplie vers le dix-huitième, la suppuration est d'ailleurs de bonne nature et la guérison a lieu au bout de deux mois ou de deux mois et demi.
La lésion que nous décrivons est d'étendue variable ; on a vu ces eschares disséminées occuper toute la partie latérale
, droite du corps de la tête au pied ; d'autres fois, la région
\ externe de tout le membre inférieur; parfois les eschares forment, par leur disposition, une bande plus ou moins longue ; ainsi, chez un blessé, elle occupait à la cuisse le trajet du muscle couturier et chez un autre sujet, elles s'étendaient sur
. tout le trajet fémoral et tibial de la saphène interne.
Cette variété de brûlure par la foudre offre, comme on le
\ voit, la plus grande analogie avec les brûlures par la poudre à canon, à cette différence près, qu'on n'observe pas le
^ pointillé noir bleu caractéristique qu'on rencontre souvent dans cette dernière et qui est dû à l'impression, sur la peau,
. des grains de poudre échappés à la combustion.
Le docteur Paolo Minonzio, ancien médecin de la marine autricliienne, a cité plusieurs cas de ce genre, tous observés
j à bord des navires, trois dans la nuit du 21 au 22 février 1838, à bord de la frégate autrichienne la Médée, alors entre les îles de Piscopi et de Goos; deux à bord de la Bellone. alors
i dans le canal de Rhodes, dans la nuit du iO au ii décembre
. 1840 (Annales de médecine, 1852). Sur ces cinq blessés un
seul a succombé.
Citons quelques exemples de cette forme de brûlure.
Sur le jeune homme tué à bord de la Bellone, la peau des
régions externe et postérieure du membre inférieur droit, à
partir du bassin jusqu'à mi-jambe, présentait dans toute son
étendue une eschare plus ou moins noire, ondulée et comme
carbonisée. La peau, dépouillée d'épiderme et de corps
muqueux, était, en plusieurs endroits, perforée dans toute son épaisseur ; cette grande eschare était dure comme de la corne et sonore comme du parchemin. « Presentava una durezza cornea, sona7ite corne îina pergamina. » C'était surtout au voisinage des perforations que la couleur noire était marquée ; il est à remarquer que cette eschare n'occupait que l'épaisseur de la peau, même dans les portions qui étaient le plus brûlées. La ligne de démarcation y était parfaitement nette; sa face interne reposait sur du tissu cellulaire intact et qui cependant lui était tellement adhérent, qu'il fallut, pour l'enlever, le racler avec le bistouri.
Un autre marin présentait les traces de la foudre le long de toute la partie latérale de son corps. De la tête aux pieds on voyait des taches érythémateuses d'un rouge vif, au front, au cou et à la poitrine. Sur le flanc, quelques eschares, de couleur de brique, dures et sonores, entourées d'autres eschares molles et noirâtres. Plus bas, depuis la fesse jusqu'à la malléole, toute la face externe du membre était comme brûlée par la poudre à canon ; en effet, elle était érythémateuse et entièrement couverte de taches ou d'eschares molles, noirâtres, de forme et de largeur variées, ainsi que de petites phlyctènes remplies d'un liquide également noirâtre. Les brûlures étaient le siège de douleurs vives, acres et brûlantes qui s'adoucirent beaucoup vers le sixième jour. Les eschares sèches et sonores du flanc, qui avaient fait soupçonner une désorganisation profonde et très-grave, ne laissèrent cependant à découvert que le pannicule adipeux sous-cutané et le blessé fut entièrement guéri vers la fin du deuxième mois.
Chez un troisième marin, on trouva une bande d'eschares larges de deux à trois pouces, prenant naissance au-dessous de i'hypochondre gauche et s'étendant en bas vers l'aine et le long de la cuisse jusqu'au genou, dans la direction précise du muscle couturier. Les eschares étaient molles pour la plupart, quelques-unes dures et sonores, de couleur noirâtre plus ou moins foncée ; de forme, de profondeur et de largeur variées ; tantôt isolées, tantôt conlluentes et remplies dans leurs interstices d'un nombre considérable de phlyctènes pleines de sérosité noire. Sur les bords de cette longue série
ET SUR LES ANIMAUX. LÉSIONS o5
d'eschares, la peau était érythémateuse et d'un rouge vif ; comme dans les cas précédents, les escbares les plus profondes n'avaient pas dépassé l'épaisseur du derme (1).
Vers le milieu du mois de décembre 1852, cinq marins furent frappés simultanément par la foudre, en mer : sur chacun d'eux, on constata des brûlures avec destruction de l'épiderme et escbares noires : mais aucune de ces brûlures ne s'étendait au-dessous du derme, comme si la couche cellulo-graisseuse était pour l'électricité un isolant parfait. Les brûlures ressemblaient parfaitement à celles produites parla déflagration de la poudre à canon, sans grains distincts, et sans pointillé noirâtre : elles se sont comportées dans leur marche et dans leur guérison comme des brûlures de cause vulgaire. Trois de ces marins étaient frappés d'une profonde terreur, un quatrième resta plongé dans une stupeur profonde, le cinquième mourut (2).