ART. 3. — SIGNES ÉLOIGNÉS DE LA MORT
Nous n'avons rien à dire de particulier du refroidissement du corps.
L'absence de contractilité musculaire, sous l'influence des stimulants électriques ou galvaniques, comme signe de la mort, a toute sa valeur chez les foudroyés. Nous rappellerons qu'il en est sans doute chez eux comme chez les animaux tués par l'électricité: la contractilité s'éteint rapidement, ainsi que cela se remarque sur le corps des animaux tués par l'ammoniaque, la vapeur de charbon et le gaz hydrogène sulfuré.
Mais peut-il arriver que la décharge électrique enlève momentanément aux muscles du tronc et des membres leur contractilité, et que cette contractilité reparaisse plus tard ? Nous ne connaissons aucun fait qui nous autorise à croire qu'il puisse en être ainsi.
Roideur du cadavre. — Le cadavre des foudroyés peut présenter deux sortes de roideur qu'il faut distinguer avec le plus grand soin : la roideur cadavérique proprement dite, et la roideur convulsive,
A. Quant à la roideur cadavérique, la roideur post mortem, elle peut manquer entièrement, ou du moins se montrer si peu de temps après la mort et être si passagère, qu'on ne saisisse pas l'occasion de la constater.
D'autres fois, la roideur cadavérique des foudroyés se développe peu de temps après la mort, a peu de durée et d'intensité, mais est encore facile à constater et conserve toute sa valeur diagnostique.
Enfm, chez certains foudroyés, la roideur cadavérique est tardive, très-intense et de longue durée.
De là deux erreurs possibles : on trouve les membres
souples peu de temps après la mort, et sachant que la roideur cadavérique, chez les foudroyés, est souvent très-prompte à apparaître et à cesser, on croit qu'elle a déjà eu lieu, ce qui peut ne pas être, et que le sujet est réellement mort. Cette erreur peut avoir les conséquences les plus funestes.
Ou bien, trouvant les membres souples, peu de temps après la mort, on croit au contraire que la roideur cadavérique ne s'est point encore développée et que le sujet n'est peut-être pas mort. Cette dernière interprétation, quoique pouvant être erronée, n'est au moins pas dangereuse et cessera à l'apparition des signes de la putréfaction.
En conséquence, si l'on trouve chez un foudroyé, peu de temps après l'accident, les membres et le tronc souples, loin d'admettre que la roideur cadavérique a déjà eu lieu, il faut au contraire l'attendre, même jusqu'à l'apparition de la putréfaction commençante, si du moins on ne se trouve pas suffisamment éclairé par les. autres phénomènes de la mort.
B. Mais il est une autre roideur, observée quelquefois, comme nous l'avons dit, chez les foudroyés, c'est la roideur convulsive ou tétanique, observée aussi bien chez les foudroyés réellement morts que chez ceux qui sont seulement dans un état de mort apparente. Il faudra donc bien se garder de confondre cette roideur convulsive avec la roideur cadavérique.
Une circonstance favorise cette erreur : sachant en effet combien, chez certains foudroyés, la roideur cadavérique est prompte à apparaître, on peut ne pas s'étonner de trouver, très-peu de temps après la mort, cette roideur, qu'on regarde alors comme cadavérique, tandis qu'elle n'est que la roideur convulsive. Comment éviter une si grave erreur? C'est en se rappelant que chez les foudroyés :
1^ La roideur convulsive apparaît à l'instant même du foudroiement, qu'elle est un de ses effets immédiats et souvent un de ses symptômes, tandis que la roideur cadavérique, lorsqu'elle est bien marquée, ne survient qu'un certain temps après la mort.
2« La roideur convulsive n'est pas progressivement crois-