SIGNES ÉLOIGNÉS DE LA MORT
santé, comme la roideur cadavérique, mais elle acquiert de suite son plus haut degré; immédiatement après le choc foudroyant, le corps devient aussi roide qu'une barre de fer.
3^ Quelquefois la roideur tétanique n'affecte qu'une partie du corps, un ou deux membres, par exemple, ce qui n'a pas lieu pour la roideur cadavérique.
La putréfaction est, suivant quelques auteurs, le seul signe certain de la mort. Mais ici encore nous devons signaler quelques circonstances qui, chez les foudroyés, pourraient induire en erreur.
1<^ La foudre, par son action directe, produit souvent sur la surface du corps une coloration bleuâtre ou jaunâtre; souvent aussi elle est brune ou noirâtre. Lorsqu'elle est trèsétendue, elle pourrait difficilement devenir la cause d'une erreur ; mais si elle est bornée à la face antérieure du cou, de la poitrine, et surtout uniformément répartie sur la peau du ventre, elle peut simuler la coloration de la putréfaction commençante.
2° Le corps des foudroyés répand quelquefois une odeur qui n'est pas manifestement sulfureuse, mais fétide, qu'on pourrait confondre avec celle de la putréfaction.
3° Enfin, sachant que les corps des individus foudroyés seputréfient souvent avec rapidité, et remarquant que peu de temps après l'accident, le corps exhale une odeur infecte et que la paroi du ventre est bleuâtre ou brunâtre, on est exposé à attribuer ces deux phénomènes à la putréfaction, tandis qu'ils peuvent n'être que des effets de l'action directe et locale de la foudre compatibles avec la vie.
En résumé,
Un individu est frappé par la foudre, il est sans connaissance, insensible, sans mouvement, ni pouls, ni respiration; il est froid, même roide,... auscultez le cœur immédiatement, car si vous entendez quelques battements, vous serez certain que le foudroyé n'est pas mort. Souvenez-vous que ces battements peuvent être faibles, éloignés, sourds, dédoublés, très-ralentis, et ne se produire qu'à des intervalles inégaux.
Un individu vient d'être foudroyé, il est privé de mouvement, de connaissance, de sensibilité, de respiration, de pouls, de battements de cœur sensibles par l'application de la main ; la face est jaune safranée; les yeux sont flasques, ternes, couverts d'une toile glaireuse, la cornée est même opaque ; les sphincters sont simultanément relâchés; le corps est froid, roide en totalité ou en partie; il répand même une odeur fétide ; des tâches bleuâtres sont répandues sur la poitrine et l'abdomen ; de vastes brûlures recouvrent une grande partie du corps et semblent indiquer une décharge fulgurante énorme et mortelle ; enfui l'auscultation du cœur la plus attentive et répétée pendant plusieurs minutes ne fait percevoir aucun battement. Alors, bien convaincu que des signes incertains de mort, quel que soit leur nombre, ne peuvent engendrer une certitude absolue, et éclairé par les faits que nous avons exposés, gardez-vous de croire que chez ce sujet la mort soit définitive ; agissez donc comme s'il y avait espoir de retour à la vie, que vos secours soient énergiques, bien institués et prolongés. Si la mort est réelle, vous n'en acquerrez que trop tôt la certitude, en continuant à ausculter le cœur et en recourant, s'il est possible, à l'excitation galvanique.
Et même, dans Tignorance où vous êtes du temps pendant lequel la décharge électrique peut suspendre les battements du cœur sans détruire le principe vital de cet organe, redoutant en même temps les erreurs auxquelles peuvent donner lieu, chez les foudroyés surtout, la roideur convulsive et la roideur cadavérique, si vous ne pouvez recourir à l'excitation galvanique, attendez, pourplus de sûreté, la putréfaction commençante : sans doute elle ne tardera pas à se montrer sur la paroi antérieure du ventre, et encore ici tenez-vous en garde contre les apparences trompeuses de la putréfaction que nous avons indiquées.
On voit donc, en définitive, que chez les foudroyés, plus peut-être que dans toute autre circonstance, le praticien doit être extrêmement circonspect pour déclarer que la mort est définitive.
DE LA iMORT PAR LA FOUDRE 199
Le plus ordinairement, les foudroyés qui meurent, meurent sur le coup, rarement ils succombent plus tard.
L'analyse de nos observations nous donne sous ce rapport le résultat suivant : sur 354 individus qui ont succombé aux atteintes de la foudre, 340 ont été tués instantanément et 14 seulement sont morts à une certaine distance de l'accident, c'est-à-dire que la mort à distance de l'accident n'aurait eu lieu que dans les ~ ou 25 environ des cas.
En conséquence, un individu frappé de la foudre, et qui n'est pas tué à l'instant, a de très-grandes chances de ne pas mourir plus tard des suites de l'accident.
La recherche des causes de la mort par la foudre est d'un grand intérêt; nous allons étudier d'abord les causes de la mort instantanée, et plus tard celles de la mort à distance.
1 1. Causes de la mort instantanée. — Si nous consultons les auteurs qui ont écrit sur les causes de la mort instantanée, nous voyons que les uns l'ont attribuée à des causes physiques, d'autres à des causes chimiques, d'autres enfin à des causes dynamiques.
Beccaria, Musschenbroek, Vollmar, Gardini... admettent que la foudre dilate Vair ambiant, fait le vide et que l'homme périt alors comme l'animal placé sous le récipient de la machine pneumatique.
Beccaria s'appuie plus spécialement sur des observations de Duverney et de Pitcairn, qui auraient trouvé un remarquable affaissement des poumons chez deux foudroyés. Mais cette raréfaction de l'air est de si courte durée qu'elle ne pourrait entraîner la mort.
D'autres auteurs croient, au contraire, que le courant électrique refoule l'air ambiant, exerce une violente pression sur la colonne gazeuse contenue dans les voies respiratoires.
distend ainsi les bronches capillaires, les cellules pulmonaires et en occasionne même la rupture.
Mais si cette rupture n'a pas lieu, c'est que la compression est trop faible, ou a une durée trop courte pour être mortelle, et si elle a lieu, elle doit produire un emphysème considérable, une extravasation à larges bulles sous-pleurales. Or, on n'a jamais vu de pareilles lésions ni sur l'homme ni sur les animaux, et il est plus que douteux qu'elles pourraient produire une mort instantanée.
Le rayon fulminant donnerait-il la mort en dilatant subitement les fluides de l'économie ?
Par la raréfaction générale des liquides, dit Barberet, les gros vaisseaux distendus occupent plus d'espace, les sinus du cerveau sont gorgés de sang, l'origine des nerfs comprimée..., et, suivant de la Prade, la rupture des vaisseaux les moins résistants serait la conséquence de cette dilatation, etc..
En admettant la raréfaction possible des liquides dans leurs vaisseaux avec les congestions et les hémorrhagies qui en 'seraient la conséquence, nous ne saurions y voir une cause de mort instantanée, encore moins une compression des nerfs; d'ailleurs les hémorrhagies à la surface des muqueuses et des séreuses sont fort rares chez les foudroyés, et quand elles existent, on peut leur donner une explication plus satisfaisante.
Quant à la rupture du cœur constatée sur plusieurs chevaux foudroyés il est très-probable, comme nous l'avons déjà dit, qu'elle reconnaît un autre mécanisme que la dilatation du sang.
Ajoutons que si la dilatation des liquides était si considérable qu'on le dit, on constaterait, ce nous semble, chez les petits animaux tués par une très-forte batterie électrique une augmentation subite et passagère du volume du corps ; phénomène qui n'a encore été noté par aucun observateur et qui ne s'est jamais présenté à notre examen dans les nombreuses expériences que nous avons faites.
Enfm, quant à la dilatation persistante des veines, quelquefois constatée à la surface du corps de l'homme et des
animaux frappés par la foudre, elle prouve bien plutôt l'état d'atonie et de paralysie des parois veineuses, que la dilatation brusque du sang.
Au reste, l'analogie que plusieurs auteurs ont cru saisir entre les effets de la foudre sur le corps de l'homme et ses effets sur les arbres qui sont parfois clivés, sans doute par suite de la dilatation et de la vaporisation subite des liquides et des gaz qu'ils renferment, n'est pas de toute justesse. Car les vaisseaux du corps humain sont entourés de tissus mous qui cèdent à la dilatation sans se rompre et sont d'ailleurs bons conducteurs de l'électricité ; tandis que les vaisseaux d'un arbre sont entourés de tissus solides, plus ou moins friables et de plus assez mauvais conducteurs du fluide électrique. D'ailleurs, ce clivage n'est qu'une séparation des couches fibreuses rehées entre elles par un tissu moins résistant, le tissu cellulaire.
La vapeur épaisse, sulfureuse, bitumineuse ou autre, qui remplit souvent les endroits clos où la foudre a pénétré, serait pour plusieurs auteurs une cause de mort par suffocation; mais cette suffocation, si elle avait lieu, n'occasionnerait pas une mort subite, et d'ailleurs, dans les nombreuses observations que nous avons analysées, si nous voyons plusieurs individus avoir la respiration très-gênée par ces vapeurs, se précipiter hors de la chambre, s'empresser d'ouvrir les fenêtres, etc., nous ne trouvons réellement pas un seul cas d'asphyxie complète due évidemment à cette cause. Videlius, il est vrai, rapporte qu'un habitant d'iéna a succombé dans sa chambre, suffoqué par la vapeur qui la remplissait, mais cette assertion, sans aucun détail à l'appui, est pour nous presque sans valeur.
Lorsque nous avons étudié l'intéressante question de l'intoxication fulminique, nous n'avons cité aucun fait qui pût nous faire même soupçonner qu'une pareille cause eût déterminé la mort instantanée.
La mort est très-probablement la suite de la décomposition instantanée du sang, d'après le docteur Blondeau ; de la décomposition des molécules intégrantes du corps humain, combinée dans l'état de vie, d'après l'abbé Chapsal ; du changement
instantané de l'ordre des affinités, de la décomposition des principes déjà composés, et de la combinaison chimique de la matière fulminique avec les éléments de la substance animale, d'après Van Mons.
La foudre, dit M. Robin, comme électricité, comme chaleur, provoque à un degré remarquable les actions chimiques : l'azote et l'oxygène de l'atmosphère se combinent ensemble, les substances végétales qu'elle frappe prennent feu au contact de l'air Lorsque la foudre frappe les végétaux et les animaux, dit M. Ed. Robin, l'air qui les enveloppe est fortement raréfié, leur température s'élève subitement, les combinaisons chimiques sont provoquées, Voxygène, partout dissous, partout essentiel à la vie, disparaît tout à coup en contractant une combinaison qu'à l'état normal il n'aurait subie que peu à peu. La mort des végétaux, la mort des animaux atteints par la foudre serait dès lors essentiellement l'effet d'une asphyxie provenant de la disparition subite de r oxygène intérieur (1).
Il n'y a aucune analyse chimique qui justifie de semblables théories.
La syncope sans lésion matérielle du cœur serait-elle parfois la cause essentielle de la mort subite des foudroyés? Nous avons vu que la décharge électrique, sans être mortelle, produisait souvent chez l'homme une roideur tétanique instantanée; si, par hypothèse, cette roideur saisit le cœur, une syncope subitement funeste pourra en être la conséquence, comme dans l'expérience suivante :
Veratus, ayant mis à découvert le cœur d'une grenouille, dirigea sur lui une forte étincelle; à l'instant même cet organe devint immobile, roide, dur, et les plus forts stimulants ne purent y ramener le mouvement. La même expérience fut répétée, avec les mêmes résultats, sur le cœur de plusieurs chats et lapins. Bien plus, celui des anguilles présenta le même phénomène, et cependant il est généralement admis que le cœur de ce poisson, une fois séparé du corps, perd plus difficilement sa contractilité que celui de la grenouille et surtout que celui des quadrupèdes.
(i) Cosmos, t. m (1853^.
La mort rapide des foudroyés, nous ne disons pas la mort instantanée, serait-elle parfois le terme d'une asphyxie occasionnée par le trouble fonctionnel des muscles respirateurs en particulier, par leur paralysie?
Gela nous semble très-probable, quoique non démontré. Car si les muscles respirateurs sont paralysés, ou contractés tétaniquement, la respiration ne pourra plus s'exercer, et le cœur, continuant à battre, enverra dans les artères du sang non revivifié, l'homme succombera à une véritable asphyxie. Citons quelques faits à l'appui de ces considérations :
Dans une expérience de Brodie (i), un cochon d'Inde reçut la décharge de neuf bouteilles de Leyde, de la tête à la queue : immédiatement après, l'animal tomba sur le côté et cessa complètement de respirer, trois minutes se passèrent ainsi; alors on ouvrit la poitrine et Von trouva le cœur battant avec régularité et vigueur 80 fois par minute et faisant circuler du sang coloré en noir. N'est-il pas probable que si l'on eût insufflé de l'air dans les poumons, on eût rappelé l'animal à la vie? Gomme l'auteur ne dit pas que l'animal fût roide et tétaniquement contracté, circonstance qu'il aurait sans doute notée si elle avait eu lieu, il est très-probable que les muscles respirateurs étaient paralysés.
Quant à la contraction tétanique des muscles respirateurs, elle avait certainement lieu chez les hommes et chez les animaux dont nous avons parlé, et qui, après être restés quelque temps sans connaissance, roides et immobiles, ont fini cependant par recouvrer le mouvement et l'exercice de toutes leurs fonctions; et n'est-il pas probable que c'est à cette contraction tétanique, alors spécialement bornée aux muscles respirateurs, que nous devons rapporter la suffocation dont fut menacé pendant quelques moments un individu près de qui la foudre venait de tomber, et qui tout en éprouvant le plus impérieux besoin de respirer, ne pouvait le satisfaire ? Ces phénomènes tétaniques se montreraient sans doute plus sûrement s'il arrivait que plusieurs faibles décharges d'électricité atmosphérique atteignissent successivement un même individu ; il se trouverait alors dans la position des animaux
(1) Lectures on pathology and Surgery, p. 101.
qui, soumis à des courants interrompus, aux décharges répétées de la pile, sont pris de tétanos, et ne tardent pas à succomber si l'on ne met fin à l'expérience.
Nous avons signalé, parmi les symptômes que présentent les individus atteints par la foudre, une dyspnée excessive, avec mouvements convulsifs du thorax : le même phénomène a été constaté chez les animaux soumis à l'électricité des machines. Ainsi :
Un chat, âgé de trois ou quatre ans, reçut de la tête à la queue la décharge d'une batterie de 38 pieds carrés ; à l'instant, dit Priestley (1), il fut pris de convulsions universelles; après un peu de relâche, des convulsions plus faibles affectèrent différents muscles, surtout ceux des parois de la poitrine ; aussi la respiration était-elle difficile, convulsive, accompagnée de râlement. Bientôt la respiration fut suspendue pendant cinq minutes pour devenir ensuite extrêmement rapide ; elle conserva ce caractère pendant près d'une demiheure. L'animal ne tarda pas à remuer la tête et les pattes de devant, de manière à se pousser en arrière sur le plancher, mais les pattes de derrière étaient complètement paralysées. Dans cet état, il reçut une seconde décharge qui fut, comme la première, accompagnée de convulsions violentes, puis d'un court relâche, et enfin d'une respiration convulsive dans laquelle il mourut environ une minute après.
Un chien ayant reçu sur la tête l'étincelle d'une batterie de 62 pieds carrés, se roidit et tomba mort en apparence. Mais bientôt survinrent, comme chez l'animal précédent, des convulsions dans les membres, dans les parois de la poitrine, en sorte que la respiration était pressée, inégale, irrégulière et accompagnée de râlement : l'animal se rétablit, mais il resta aveugle.
Mais remarquons que dans les cas où la mort serait le résultat de l'un des deux états des muscles respirateurs que nous venons de signaler, elle ne serait sans doute pas instantanée. Alors on verrait des congestions se former dans le cerveau, dans le cœur ou les poumons ; on pourrait les combat-
(1) Traité d'électricité, traduct., t. III, p. 319.
tre, parfois avec succès, à l'aide des moyens qu'on oppose plus particulièrement à l'asphyxie.
Un grand nombre d'auteurs ont émis l'opinion que la décharge électrique des machines paralyse les portions du corps qu'elle frappe, et que la foudre donnait instantanément la mort en détruisant toute irritabilité musculaire (Troostwyk. Krayenhoff, Van Marum, Kite, Rtitber, Schneider, Fodéré, etc.).
La foudre ne détruit pas seulement l'irritabilité musculaire, mais celle de tous les organes, de tous les tissus; nonseulement les muscles, et en particulier le cœur et les muscles respirateurs, mais aussi les vaisseaux auraient perdu leur contractihté, et la circulation et la respiration cesseraient instantanément; ainsi pensent Van Mons, Marat, Gardini...
Bien plus, la foudre tue en épuisant toute la quantité de forces dynamiques que possède r économie animale. A une surexcitation subite, excessive, succéderait instantanément un coUapsus qui ne permettrait à aucun acte vital de quelque importance de s'accomphr, et devrait nécessairement amener la mort. Telle est la théorie que défendent Hunter, Thomson, de la Prade, et dans ces derniers temps M. Brown- Séquard.
Dès lors, abstraction faite de la liquidité persistante du sang, on conçoit l'absence de toute lésion visible, si fréquente chez les foudroyés et chez les animaux tués par l'étincelle des machines. On comprend qu'une abolition incomplète des forces dynamiques permette le retour à la vie des foudroyés qui sont restés en état de mort apparente pendant un temps plus ou moins long, et leur rétablissement souvent très-rapide.
Plusieurs auteurs ont avancé que les foudroyés peuvent mourir de frayeur. Mais l'homme atteint par la foudre, sans être tué, tombe subitement sans connaissance, sans avoir vu l'éclair ni entendu le tonnerre ; la crainte ne saurait donc avoir été la cause de leur mort.
Mais il n'en est plus de même si la foudre eu globe s'approche d'un homme, circule autour de lui, avec une certaine
lenteur ; alors, . saisi de terreur, il peut succomber avant d'être atteint, et même sans être atteint par le météore.
On sait que la vivacité des éclairs et le fracas du tonnerre occasionnent de graves accidents par la frayeur qu'ils inspirent. Cette terreur aurait, dit-on, tué un certain nombre de personnes. Pendant le terrible orage qui éclata sur Toulouse, le 13 juin 1854, et pendant lequel la foudre tomba sur un grand nombre de points, une dame du quartier Montgaillard aurait éprouvé un tel saisissement, qu'elle serait morte subitement au plus fort de l'orage. On a vu la frayeur ne pas produire subitement la mort, mais en être la cause déterminante. Grégory cite une dame âgée qui, vivement alarmée par les éclairs et le tonnerre, se plaignit de mal de tête et mourut d'une apoplexie en 36 heures.
Les lésions internes des cadavres des foudroyés sont souvent à elles seules suffisantes pour expliquer la mort subite : telles sont : le ramollissement d'une grande partie de «l'en- H céphale, le broiement de tout un hémisphère cérébral, le déchirement de la moelle allongée, la rupture du cœur...
Mais quand la mort instantanée a lieu sans ces lésions, évidemment on ne peut leur en attribuer la cause ; il ne faut pas non plus donner comme causes de mort des lésions qui par elles-mêmes ne sont jamais promptement mortelles.
Chez quelques foudroyés enfin, atteints directement ou seulement influencés par la foudre, la mort peut reconnaître | pour cause, non pas l'action électrique elle-même, mais quelque violence due à un agent extérieur. Quelques personnes, par exemple, ont été tuées par des fragments de pierre, de bois, détachés et lancés violemment par la décharge électrique. D'autres, réellement atteintes par la décharge, n'auraient peut-être pas succombé, si elles ne s'étaient lésées en tombant, ou si le courant électrique ne les avait lancées avec violence contre un mur, une cloison, ou précipitées d'un endroit élevé. (Voir Chute, Déplacement, Projection des foudroyés.)
En résumé, la mort subite nous paraît dépendre de l'abolition instantanée des forces dynamiques de l'économie, sans
lésions visibles nécessaires : la foudre semble frapper le principe vital lui-même.
Quant à la mort qui, sans être instantanée, survient cependant très-peu d'instants après la fulguration, nous l'expliquons par l'abolition incomplète des forces dynamiques ; de là l'utilité des excitants qui s'adressent à la fois aux centres nerveux, à l'appareil de la circulation et de la respiration; par la paralysie ou par la contraction tétanique, ou par les convulsions cloniques des muscles respirateurs : de là l'utilité des moyens qu'on oppose à l'asphyxie, en les variant suivant l'état particulier des muscles respirateurs : nous l'expliquons enfin par certaines lésions internes à la production desquelles la raréfaction des liquides n'est peutêtre pas toujours étrangère, et qui réclament à leur tour des soins particuliers.
Mais rien ne nous prouve que des vapeurs asphyxiantes, que des agents toxiques, produisent cette mort rapide.
I II. — Causes de la mort survenant à une certaine distance du foudroiement. — Étant reconnu que la mort a lieu quelquefois plus ou moins longtemps après l'action directe ou indirecte de la foudre, il est fort important d'en rechercher les causes, puisque leur connaissance dirigera le praticien dans le choix des moyens destinés dorénavant à prévenir et à combattre de tels accidents consécutifs.
Combien dès lors ne devons-nous pas regretter que plusieurs des observations que nous allons analyser soient dépourvues de détails symptomatiques et microscopiques suffisants qui puissent nettement éclairer cet intéressant sujet.
Citons d'abord quelques observations qui, tout incomplètes qu'elles sont, constatent cependant la mort à distance du foudroiement et le temps qui s'est écoulé entre ces deux événements.
En juillet 18d0, le tonnerre tomba sur une ferme à Horrocks, non loin de Manchester. Deux jeunes filles, rapporte P. Glare, étaient assises dans la cuisine; l'une fut tuée sur le coup ; l'autre, qui ne présenta d'ailleurs aucune lésion exté-
rieure, fut renversée et privée de sensibilité ; bientôt elle revint à elle et recouvra sa pleine connaissance; néanmoins elle languit et mourut à cinq heures du matin : elle avait été frappée dans la soirée.
Cette jeune fille, qui n'offrait aucune lésion à la surface du corps, reprit connaissance, mais languit jusqu'au moment où elle expira. S'agirait-il ici d'un affaissement essentiellement nerveux, succédant à une violente commotion, et que la nature médicatrice n'aurait pu dissiper? L'intoxication fulminique aurait-elle joué ici quelque rôle?
Deslandes, en décrivant les terribles effets de la foudre en Basse-Bretagne, dans la nuit du 14 au 16 avril 1718, rapporte que le météore tomba, entre autres églises, sur celle de Gouesnou, près de Brest, et la détruisit presque entièrement. Des deux sonneurs qui s'y trouvaient, l'un fut retiré, plus de quatre heures après, de dessous les ruines qui le recouvraient : il ne paraît pas avoir succombé. Son compagnon survécut sept jours à l'accident sans avoir aucune contusion et sans se plaindre d'aucun mal, si ce n'est d'une soif ardente qu'il ne pouvait apaiser.
Ce symptôme n'indiquerait-il pas que la décharge fulminante a plus spécialement agi sur l'estomac ? Nous citerons en effet bientôt un cas de gangrène de ce viscère qui se rattache à l'histoire des accidents consécutifs à la fulguration.
Dans les deux relations suivantes, il est permis de soupçonner que la mort à distance est due non pas à l'action du fluide électrique lui-même, mais à la chute des foudroyés.
Lorsque le tonnerre atteignit l'église de Rouvroy, le 24 février 1774 ,un garçon de 10 à 12 ans, qui se trouvait sous le clocher, entre la tour et la nef, fut soulevé et jeté, sans connaissance, bien avant dans l'église ; il ne survécut , dit Buissart, que vingt-quatre heures à cet accident.
Un homme de la campagne, monté sur un cheval, fut atteint par l'explosion et jeté sur le sol, la face contre terre. L'abbé Richard, témoin de l'accident, courut à son secours et le trouva sans mouvement ; l'ayant relevé à l'aide de quelques paysans, il lui fit avaler un spiritueux qui le ranima un peu ; mais on reconnut qu'il était privé de mouvement et de sen-
sibilité de tout le côté gauche du corps. Aucune blessure n'apparaissait à l'extérieur ; seulement quelques gouttes de sang très-noir sortaient de l'oreille gauche, sans que le pavillon fût lésé ; le malade vécut quinze jours dans cet état, sans avoir recouvré la parole ni la connaissance, puis il mourut.
Nous sommes fort disposé à attribuer l'hémiplégie et la mort de ce sujet, non pas à l'action même de la foudre, mais à la chute de cheval qui aura peut-être occasionné quelque épanchement de sang à l'intérieur du crâne. Une circonstance qui nous porte à juger ainsi, c'est que la surface du corps ne présenta aucune lésion extérieure ; or, dans l'hémiplégie causée réellement par l'atteinte directe du fluide électrique, on trouve presque toujours des brûlures ou d'autres lésions sur le côté paralysé ; inutile d'ajouter qu'une pareille chute peut occasionner un épanchement intra-crânien, sans produire de lésion à la surface du corps.
Chez les deux sujets dont nous allons tracer l'histoire, la mort à distance est survenue subitement, inopinément, sans qu'il nous soit possible non plus d'en indiquer la cause réelle.
Un homme fut frappé par la foudre au moment où il fermait sa croisée. Magendie et Honoré, appelés sur-le-champ, le trouvèrent relevé , parlant librement et ne se plaignant d'aucune douleur. Cependant, dix minutes après leur visite, cet individu se plaignit d'une violente douleur au côté et expira.
Y aurait-il eu ici une rupture du cœur, ou de quelque gros vaisseau, un emphysème subit à grosses bulles, lésions que la décharge électrique aurait commencées et qui se seraient bientôt achevées ?
Schottus rapporte qu'un des élèves du cours de philosophie qu'il faisait en Sicile, étant assis avec plusieurs autres devant la porte d'un temple, la foudre éclata et tua deux enfants qui jouaient près de là. A l'instant, cet élève, saisissant sa tête à deux mains, s'élance dans le temple, le parcourt comme un fou, demande qu'on lui rende sa tête, crie qu'il l'a perdue!... Ramené à son domicile par des personnes que ses cris avaient attirées, il se remit parfaitement, mais au
Sestier II — 14
huitième jour il mourut subitement. Schottus pense que la mort était le résultat de l'intoxication fulminique.
Dans les observations qui suivent, les causes de la mort sont moins obscures.
La mort paraît due quelquefois à f étendue et à la profondeur des brûlures. Tel est cet homme, cité par Richard, qui, frappé en 1684 au monastère des Chartreux de Lyon, avait le côté droit brûlé depuis la tête jusques et y compris le pied, et qui mourut huit heures après l'accident.
Le 11 juillet 1819, une personne de 19 ans périt au bout de 24 heures après avoir été atteinte avec beaucoup d'autres dans l'église de Ghâteauneuf-les-Moutiers. La plupart des vêtements des autres personnes prirent feu, et c'est probablement à des brûlures non constatées qu'il faut attribuer la mort de cette jeune personne.
Ackermann parle d'un archidiacre nommé Meisner, que la foudre brûla en différents endroits et qui succomba le septième jour.
Agricola cite un paysan qui mourut rapidement d'une brûlure superficielle, mais large et douloureuse, que lui avait faite la foudre en globe ; la gangrène était survenue.
Ristelhueber cite un soldat que la foudre brûla à la jambe ; la gangrène s'en empara, le tétanos vint compliquer la brûlure au bout de dix jours, et la mort survint 30 heures après.
Nous signalerons encore d'autres 'cas où la gangrène et le tétanos sont venus compliquer la lésion primitive et entraîner la mort.
Dans certains cas, la foudre concentre son action sur quelque organe interne, et la lésion qu'elle y détermine devient mortelle au bout d'un temps plus ou moins long : l'estomac, le cerveau et la moelle épinière ont été quelquefois atteints, nous allons en rapporter quelques exemples.
L'observation suivante est due au docteur Paterson (1). Un militaire, âgé de 35 ans, voyageait sur l'impériale d'une voiture le 28 juin 1805, quand un éclair le frappa vivement dans
(1) Ann. de lUtér.médic. étrangère, p. 461 (mai 1806),
les yeux; il ressentit au même instant une violente secousse et un sentiment de gêne et de plénitude dans la région épigastrique. Ce militaire avait mangé le même jour une grande quantité de fromage. La déglutition devint difficile, les aliments franchissaient difficilement le pharynx.
Le 1^^ juillet, il y avait aggravation dans les symptômes morbides ; les aliments ne pouvaient que difficilement franchir le pharynx, ils étaient convulsivement rejetés par le nez ; mais si le pharynx pouvait être franchi par quelques parcelles d'ahments, elles arrivaient facilement dans l'estomac. La respiration était pénible, on soupçonna une inflammation du larynx et des parties voisines : le malade mourut six Jours après le foudroiement
Parmi les moyens employés pour guérir cet infortuné, citons une saignée de 10 onces, un bol de 8 grains de calomel, deux scrupules de jalap, du sulfate de zinc comme émétique, à dose réitérée, de la moutarde comme émétique et qui n'aboutit qu'à des efforts de vomissement, enfin un vésicatoire
A l'ouverture du cadavre, les viscères de la poitrine étaient sains, le pharynx et l'œsophage étaient sains, mais Vestomac était gangrené dans une grande partie de son étendue, du cardia jusqu'à 2 ou 3 pouces du pylore, lequel était parfaitement sain ; à l'extérieur, l'organe était H vide et enflammé.
Était-ce une gangrène? n'était-ce pas plutôt un ramollissement gélatiniforme ? Y a-t-il eu paralysie de l'estomac, et l'action du suc gastrique déjà sécrété se serait-elle exercée sur la paroi stomacale comme sur les aliments ingérés ?
Quoi qu'il en soit, il faut regretter qu'on ait fait usage d'une médication aussi violente, plus propre à tuer le malade qu'à le ramener à l'état de santé, et c'est peut-être en partie à elle qu'on doit les lésions observées sur le cadavre.
Nous verrons plus tard la conduite qui nous paraît devoir être adoptée en pareille occasion.
Une jeune fille de 17 ans, citée par le D^ Pereyra, et près de laquelle la foudre était tombée, resta sans mouvement et privée de raison; elle fut apportée dans cet état à l'hôpital; le pouls était normal ainsi que la chaleur générale; la ma-
âi2 DE LA MORT PAR FULGURATION
lade, qui ne pouvait dormir, poussait des cris incessants. Le premier jour, on pratiqua une saignée du bras et on appliqua des sinapismes aux jambes et des compresses froides sur la tête; il y eut une légère rémission pendant laquelle on administra du sulfate de quinine qui produisit un léger amendement; néanmoins la malade mourut le 3*^ jour de son entrée à l'hôpital.
A l'ouverture cadavérique, on ne trouva aucune lésion dans le ventre ni dans la poitrine. Seulement le cerveau paraissait tassé et plus consistant que dans l'état naturel; la partie supérieure de la moelle épinière, qui seule fut examinée, n'offrait rien de particulier.
L'action de la foudre s'est exercée encore ici à distance, phénomène qui est loin d'être rare le cerveau a reçu une grave atteinte, comme l'indiquent la perte de connaissance, l'agitation excessive, le délire violent delà malade et l'inspection du cadavre. Il est diflicile d'apprécier au juste la valeur de cet état matériel du cerveau ; peut-être ne devons-nous voir chez ce sujet qu'un de ces exemples assez fréquents de violente surexcitation cérébrale, bientôt remplacée par un collapsus mortel. Quel médecin, en effet, n'a pas été témoin, dans les hôpitaux surtout, de ces scènes émouvantes, où des malades, en proie au plus violent délire, à la plus grande agitation, poussent des cris incessants puis tout à coup,
silence profond ; on s'approche et on ne trouve plus qu'un cadavre î L'examen nécroscopique ne constate absolument aucune lésion dans les centres nerveux.
Dans les soins qu'on aura à donner aux foudroyés, on se tiendra donc en garde contre le danger que nous venons de signaler, ou plutôt que nous soupçonnons avec quelque raison pouvoir se présenter; nous chercherons plus tard les moyens propres à le conjurer.
Chez le sujet dont nous allons maintenant parler, l'action de la foudre se serait également exercée par influence ; mais elle aurait spécialement affecté la moelle épinière.
Le docteur Tricou rapporte qu'un homme de 29 ans, gardien d'un moulin, vit la foudre tomber à une petite distance de lui, éprouva des vertiges et tomba. Dès ce moment, il
eut un affaiblissement très-grand des membres inférieurs. Cet affaiblissement datait déjà de quatre mois lorsque ce malade se présenta à l'Hôtel-Dieu et fut admis dans le service de M. Guillot.
Il fut traité par les bains de Baréges, par la strychnine, qui ne produisirent aucun effet. Alors il fut fouetté avec des orties; ce moyen le m.it en état de marcher un peu; après un séjour de trois mois, le malade sortit de l'Hôtel-Dieu et put se servir pendant quelque temps de ses membres inférieurs, quoique imparfaitement; mais la faiblesse augmenta bientôt et le réduisit à l'impotence. Il rentra de nouveau à l'Hôtel-Dieu le 11 février, sept mois et demi environ après son premier séjour. A celte époque, ses membres inférieurs étaient immobiles ; pinces très-fortement, ils finissaient tous deux par se mouvoir, mais très-faiblement et partiellement; le malade laissait échapper sous lui les urines et les matières fécales; à cet état se joignit bientôt du délire, et le malade mourut le 14.
A l'ouverture du cadavre, on trouva un ramollissement très-superficiel du cerveau et un ramollissement diffiuent des trois quarts inférieurs de la moelle épinière. Il n'occupait toute Tépaisseur de l'organe que dans sa moitié inférieure; la substance ramollie était blanche, laiteuse, sans rougeur et ne semblait pas contenir de pus. Les autres viscères ne présentaient rien de particulier (1).
Il nous paraît très-probable que la foudre, quoique à distance, a réellement agi sur ce sujet : au moment même de l'explosion électrique, il tomba, et dès ce moment aussi les membres inférieurs furent considérablement affaiblis. Cet affaiblissement persiste pendant plusieurs mois, puis il diminue surtout après l'urtication; mais bientôt il reparaît, il augmente, la paralysie devient complète et le malade succombe 14 mois et demi après l'explosion de la foudre. A l'ouverture du cadavre, on trouve un ramollissement diffiuent des trois quarts inférieurs de la moelle épinière; cette affection de la moelle a-t-elle été le résultat de l'action particu-
(1) Bullct. de la soc. anatom., p. 221 (1842).
lière de la foudre sur ce centre nerveux? ou n'aurait-elle pas été produite par la commotion que le malade a éprouvée en tombant sur les ischions? Cette dernière hypothèse nous semble la moins probable.
Si nous résumons maintenant nos 14 observations dans lesquelles la mort est arrivée un certain temps après l'accident, nous voyons que neuf fois la foudre a réellement et directement atteint le sujet, quatre fois elle a agi par influence, et dans un cinquième elle paraît avoir agi par la frayeur seule qu'elle a occasionnée.
Le temps qui s'est écoulé entre l'action de la foudre et la mort a été de :
10 minutes .... 1 fois.
8 heures 1 —
2 jours 1 —
Nous ne tenons pas compte, comme on le voit, d'un cas où la mort a eu lieu après quelques mois, parce qu'on peut douter que la fulguration en ait été la cause.
Sur nos 14 observations, la mort à distance a eu lieu 12 fois avec une certaine lenteur, ou par aggravation successive des symptômes, mais deux fois elle a été subite.
Nous avons pu spécifier la cause de la mort sept fois, mais dans sept autres cas, cette cause nous est restée inconnue ou obscure.
Mais si jusqu'à présent nous n'avons recherché les causes de la mort qui survient plus ou moins longtemps après l'accident que par la méthode directe, c'est-à-dire par l'examen des cas où cette mort a eu Ueu , il est encore deux autres moyens de jeter quelque lumière sur ce sujet. Le premier consiste à examiner les cas où les individus ont été atteints, après le foudroiement, de diverses affections qui n'ont pas été mortelles, il est vrai, mais qui auraient pu le devenir. Ainsi, dans
riiistoire symptomatologique de la fulguration, nous voyons: des personnes déjà malades au moment de l'action de la foudre et dont l'affection s'est aggravée sous cette influence, une fièvre intermittente bénigne devenir pernicieuse, des plaies antérieures se compliquer d'hémorrhagies, de tétanos, après un orage. .
Nous y voyons aussi des individus bien portants atteints, peu de temps après la fulguration, de violente excitation cérébrale avec délire furieux, de fortes convulsions cloniques ou tétaniques, d'accidents simulant l'arachnitis, un état typhoïde aigu; d'autre part, une laryngo-bronchite, une broncho-pneumonie, une affection sérieuse des reins, de la vessie, et ces phénomènes si variés que nous avons cru pouvoir rapporter à l'action toxique de la foudre.
11 nous reste encore un second moyen indirect, il consiste à étudier celles des lésions cadavériques qui n'ont pas été la cause réelle de la mort instantanée des foudroyés, mais qui auraient pu leur devenir fatales, un peu plus tard, s'ils avaient survécu au premier choc. Ainsi, des épanchements sanguins à la surface du cerveau, avec ou sans fracture du crâne; des brûlures du larynx, l'apoplexie partielle du poumon, sa perforation, des épanchements sanguins ou sérosanguinolents dans la plèvre, l'apoplexie du foie, de la rate, etc.
En combinant ces trois modes de recherches, nous voyons combien peuvent être nombreuses les causes de la mort arrivant à une certaine distance de la fulguration, et combien peuvent et doivent être variés les soins à donner aux foudroyés dans des circonstances si diverses.
SoMAïAiRE. — Art. 1. Attitude du cadavre. — § I. De la mort debout — § II. Expression de la face. — § III. Coloration du cadavre. — § IV. Erectio autinllatio membri geoitalis. — Art. II. Température des cadavres. — \vt. ll\ — Irritabilité musculaire . — Art. IV. Raideur cadavérique. — Art. V. Odeur du corps et des vêtements des foudroyés. — Art. VI.— Putréfaction des cadavres. — Ari. VII. Peut-on manger impunément la chair des animaux tués par la foudre ?