‹ De la foudre (volume 2)Chapitre 87 sur 198 · PEUT-ON MANGER LES ANIMAUX FOUDROYÉS · texte numérisé non relu

PEUT-ON MANGER LES ANIMAUX FOUDROYÉS

de signaler, et qui ont été laites sur l'homme et sur les animaux foudroyés, plusieurs expériences faites à l'aide de nos machines, sur l'animal vivant et sur l'animal déjà mort, démontrent que la putréfaction marche en général avec une excessive rapidité, sous l'influence de fortes décharges électriques ou des courants électro-magnétiques puissants. Nous devons tenir compte aussi de la plus grande fréquence de la mort par fulguration pendant la saison chaude. La rapidité plus grande de la putréfaction n'est pas constante, car nous avons cité plusieurs exemples d'individus tués par la foudre et dont les cadavres ont conservé, pendant assez longtemps, les uns, un certain degré de chaleur, les autres, une grande rigidité, double circonstance qui dénote que, dans ce cas, la putréfaction, sans avoir été, il est vrai, plus tardive que dans les autres genres de mort, n'a pas cependant présenté la grande rapidité qui nous a frappé chez un grand nombre de sujets. Nous ajouterons même que le cadavre d'un foudroyé, cité par Brydone, fut enterré deux jours après l'événement sans qu'il se fût encore développé aucun signe de putréfaction ; et cependant le fait se passait en Ecosse, au mois de juillet.

Mais s'il est vrai que parfois la décomposition cadavérique ne soit pas très-manifestement hâtée par de violentes décharges électriques, aucun fait bien constaté ne prouve qu'elle ait été retardée.

ART. /. — PEUT-ON MANGER SANS INCONVENIENT LA CHAIR DES ANIMAUX TUÉS PAR LA FOUDRE?

Il est bien entendu qu'en faisant cette question, nous supposons que les cadavres n'ont subi aucune trace de putréfaction.

Franklin assure que quelques personnes ont mangé des volailles tuées par l'étincelle électrique « ce drôh de petit » tonnerre » et qui avaient été accommodées sur-le-champ; elles leur ont trouvé la chair singulièrement tendre. Il propose même d'employer ce moyen pour amener la chair fraîche au degré le plus propre à être servie sur la table.

Gardinos (1) dit : « Ego per scintUlam magnam pullos galli- » naceos et alias aves occidere delector, et statim apta ipsa » animalia ad esum fiunt, quin per dies tnortua ut mos est re- » Unqtiantur, »

Toaldo, Gardinos ont vu des paysans manger sans inconvénient des vaches tuées par la foudre.

Unger dit que l'on i)eut manger impunément la cliair des animaux foudroyés, si l'on a soin de les dépecer immédiatement.

Le vétérinaire Reutter, pour prévenir la décomposition putride, dit : « On doit suspendre l'animal par la partie pos- » térieure et lui couper immédiatement le cou jusqu'à la co- » lonne vertébrale, et, par des frictions, faire écouler le » sang; les poumons et le cerveau doivent être jetés, on ne » peut les manger (2). »

Schneider (3) regarde la chair des animaux foudroyés comme suspecte, et sa vente devrait être interdite ; il ne s'appuie pas sur des expériences directes. ^

En résumé, les faits qui précèdent, montrent qu'on peut ' manger les animaux tués par la foudre mais très-peu de temps après la mort Par mesure de précaution, la vente publique devrait être interdite, parce qu'on ne peut prévoir dans quel délai la consommation pourra avoir lieu. Le dépeçage et le partage immédiat semblent ne pouvoir pas donner lieu à des accidents , la viande n'ayant pas eu le temps de se corrompre.

(1) Mém., p. 157.

(2) Phys. akon. bibl. — Voyez Beckman Gotting, t. XIX, p. 36.

(3) SchmidVs lahresbericht (1834).

Sommaire. — Art. I. Lésions du tissu cellulaire sous-cutané et du tissu musculaire. — Art. II. Lésions des centres nerveux. — § I. Lésion du cerveau, — § II. Lésions de la moelle allongée, — § III. Lésions de Ja moelle épinière. — § IV. Lésions des nerfs.

ART. 1. — LÉSIONS DU TISSU CELLULAIRE SOUS- CUTANÉ ET DU TISSU MUSCULAIRE.

Avant d'examiner l'état des organes contenus dans les trois grandes cavités du corps, disons un mot des lésions trouvées dans le tissu cellulaire sous-cutané et dans les muscles.

Parfois on constate la présence d'un épanchement plus ou moins considérable de sang dans le tissu cellulaire souscutané : il existait sous le cuir chevelu chez deux foudroyés qui présentèrent en outre des épanchements intra-crâniens {voyez Lésions cérébrales).

Il était considérable sous la peau du poitrail chez deux chevaux atteints de rupture du cœur (voyez Lésions de t appareil circulatoire).

Dans ces deux circonstances, l'épanchement paraît dû au choc violent de la décharge électrique.

D'autres fois, on trouve une extravasation sanguine dans le tissu cellulaire, immédiatement au-dessous, et au niveau de lésions d'ailleurs superficielles de la peau; nous avons eu l'occasion d'en citer des exemples, à propos surtout des lésions extérieures sous forme de raies ou de bandes.

On voit quelquefois une lésion fort remarquable, indiquant le trajet de l'étincelle foudroyante sous la peau, dans une étendue parfois considérable. L'abbé Ghapsal rapporte qu'en disséquant une mule tuée par la foudre, on trouva sur toute la longueur de la colonne vertébrale « un filet noir entre peau » et chair. »

Dans le foudroiement qui atteignit les époux Boddington, un cheval fut tué sur le coup : on ne trouva aucune lésion à

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l'extérieur du cadavre ; la plaque en cuivre qui surmonte la bride était bosselée de dehors en dedans, comme si on l'eût frappée avec un marteau. Lorsqu'on dépouilla l'animal, on trouva sur la partie osseuse du crâne une marque correspondant à la plaque mentionnée ; de ce point jusqu'à la terminaison de la colonne vertébrale, et dans une largeur de trois pouces environ, les chairs étaient noires et putrides. Des Ugnes de même nature partaient des deux côtés de la ligne médiane et se dirigeaient de chaque côté de la tête, du cou et des flancs : sur cette région, elles étaient plus larges qu'ailleurs (Boddington et Faraday).

Nous croyons devoir rapporter au même ordre de faits, l'observation suivante de Hemmer :

En 1769, la foudre tomba dans une écurie à Schweringen et y tua un cheval; en faisant la nécropsie, on trouva les chairs de l'épine dorsale disséquées comme avec le plus fm bistouri.

Cette lésion qui indique si nettement le passage de l'étincelle sous la peau, entre cuir et chair, n'a encore été constatée, à notrô connaissance du moins, que sur des animaux, peut-être parce qu'elle y est réellement plus fréquente chez eux, en raison de l'épaisseur considérable delà peau, recouverte de poils épais et serrés, de la laxité du tissu cellulaire sous-cutané et de la présence de muscles peauciers fort développés ; mais peut-être aussi parce que dans la nécropsie des animaux on enlève la peau.

Au reste, si une telle lésion a existé chez l'homme, elle a pu parfaitement rester méconnue, faute de recherches suffisantes, aussi devons-nous être fort circonspects dans l'acceptation des relations qui concernent des individus foudroyés chez lesquels on n'a découvert aucune lésion.

Le tissu musculaire est parfois remarquable par sa couleur rouge ou noirâtre; ainsi, chez un homme observé par Schulter, les muscles des parois de la poitrine parurent plus foncés que dans l'état naturel. La chair de deux soldats foudroyés parut très-noire (Dibden).

Reutter et Schneider ont fait des observations analogues.

Les muscles des membres et des parois du tronc sont

LÉSIONS DES GEiNTKES NERVEUX 239

quelquefois le siège d'une extravasation sanguine, qui correspond généralement aux brûlures de la peau qui les recouvre. Le docteur Schaffer a tout spécialement remarqué cette lésion sur deux chevaux qui offrirent une rupture du cœur; on trouva dans la région du cou jusqu'au poitrail du sang extravasé sous la peau, comme après une forte contusion, d'ailleurs sans trace de brûlure.

L'état anatomique des centres nerveux chez les sujets tués par la foudre mérite au plus haut degré de fixer notre attention. Nous allons examiner successivement la triasse cérébrale, la molle allongée et la molle épinière.

§L — Lésions du cerveau. — Le cerveau et ses membranes peuvent ne présenter aucune altération ; ainsi :

Le professeur Richman fut frappé à la tête, le crâne était parfaitement intact dans toute son étendue, et le cerveau était parfaitement sain.

Wallis en dit autant d'un jeune homme, en faisant observer que les veines et les artères du cerveau étaient modérément injectées.

Le docteur Ragneau n'a observé sur une jeune fille qu'une petite plaie à la tête, mais sous le cuir chevelu il y avait une grande quantité de sang noir et coagulé ; la boite crânienne enlevée, on ne découvrit aucune lésion aux méninges ni au cerveau.

Le cerveau et les méninges des animaux foudroyés ne présentent parfois non plus aucune altération.

C'est ce que Mayer a observé sur une chienne, et Tobias sur des vaches.

Parfois la substance cérébrale est saine, mais ses vaisseaux sont engorgés par du sang ordinairement noir et liquide.

Le cerveau d'une jeune femme était sain, mais les vaisveaux étaient gorgés d'un sang noir sans rupture (Krebs). Une autre femme a donné les mêmes résultats à l'autopsie.

Un canonnier fut tué par la foudre, en 1840, à bord de la Bellone, on ne trouva qu'un engorgement considérable des sinus de la dure-mère, des vaisseaux cérébraux et des membranes rachidiennes (Minonzio).

Chez un jeune homme foudroyé, l'incision du cuir chevelu donna issue à beaucoup de sang, les os et les sutures du crâne étaient parfaitement intacts, les sinus de la dure mère étaient gorgés de sang noir et liquide. On n'observa rien de notable dans le cerveau, si ce n'est la stase du sang dans les veines. Enfin le microscope ne fit découvrir aucune altération, aucune modification dans la substance cérébrale (Gabrielli).

Nous ajouterons que sur plusieurs chevaux, la substance cérébrale présentait le même aspect physique, la même consistance qu'à l'état normal, et le liquide des ventricules était en petite quantité; seulement les sinus de la dure-mère, les veines de la pie-mère, les plexus choroïdes et les enveloppes de la moelle épinière étaient fortement injectés et même gorgés de sang (Blondeau).

Parfois le cerveau et ses vaisseaux étant sains, on trouve un épanchement de sérosité dans le tissu cellulaire de la piemère.

Nous ne connaissons qu'un seul exemple de cette lésion et nous le devons à l'illustre anatomiste Duverney.

Il s'agit d'un jeune homme frappé à la région postérieure de la tête, où l'on trouva deux plaies contuses, bornées à un petit espace ; l'une d'elles pénétrait jusqu'au péricrâne et l'autre était tout à fait superficielle. Le crâne n'offrait en ces endroits ni fissure ni fracture, le cerveau était parfaitement sain; si ce n'est quis les replis de la pie-mère de la convexité étaient infiltrés d'une lymphe « coagulée».

Cette accumulation de sérosité était-elle réellement morbide et dépendait-elle du coup de foudre? Quant à sa coagulation, elle n'était sans doute qu'apparente; on sait on effet que le liquide séreux contenu dans le tissu cellulaire sousarachnoïdien paraît souvent gélatineux et s'écoule cependant avec facilité par l'incision. |

Une singulière lésion des méninges est signalée, malheu-

reusement sans détails suffisants dans une observation de Recchius, et si nous la plaçons ici, c'est que la masse cérébrale elle-même était sans doute à l'état sain.

Un enfant fut tué par la foudre pendant qu'il dormait; à l'ouverture cadavérique les méninges offrirent des tacbes ayant la couleur et l'odeur de soufre. « Invenimiis aiitem cerebri panniculos... sulphureis tam odore qiiam colore maculis tinctos. »

Quelquefois la substance cérébrale étant saine, on trouve des épanchements de sang à sa périphérie. Ainsi :

A l'ouverture du crâne d'un jeune homme foudroyé, il s'échappa une grande quantité de sang; les tissus de la duremère étaient remplis d'un sang liquide comme de l'eau ; on en trouva aussi dans les ventricules et à la base du cerveau.

Cet épanchement a-l-il été le résultat du coup de foudre, ou n'aurait-on pas incisé par mégarde quelque vaisseau gorgé de sang et produit ainsi une extra vasation purement artificielle?

Dans les cas suivants, l'épanchement est réellement dû au coup foudroyant.

Au rapport du docteur Schaffer, le 2 septembre 1845, dans l'après-midi, la foudre tua un homme de 46 ans, à Pochovz, dans la seigneurie de Kremsier ; cet homme, fortement musculeux, frappé dans un champ, resta debout sur ses jambes, pendant quelques instants, et tomba bientôt après.

La foudre l'avait atteint à la tête, en perçant son chapeau dont le fond fut jeté à plusieurs pas; vers la partie gauche du crâne, elle s'était divisée en deux rayons qui descendaient de chaque côté du corps jusqu'aux pieds.

A l'examen du cadavre, on trouva, vers la partie antérieure et gauche de la tête, une tumeur molle, bleuâtre, de la grandeur de la paume de la main ; sur cette tumeur les cheveux étaient intacts; de là partaient deux lignes ou stries d'un rouge foncé; la gauche parcourait les régions pariétale et temporale, passait au-devant de l'œil gauche et se propageait ensuite sur le cou, le tronc et jusque sur le dos du pied; la strie droite se dirigeait vers l'oreille droite qui était fort tuméfiée et s'étendait le long du tronc jusqu'au pied droit. Ou remarqua que depuis la tête jusqu'aux aines les cheveux et

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les poils étaient intacts ; tandis que les poils étaient brûlés sur toute l'étendue des membres inférieurs; nous verrons bientôt pourquoi nous inscrivons ici cette circonstance.

A l'incision de la tumeur de la tête, on reconnut qu'elle était formée par une extravasation de sang assez considérable; la paroi osseuse était intacte, mais il existait un épanchement dans la boîte crânienne (sans doute entre l'os et la duremère); il correspondait à la tumeur sanguine interne et équivalait à î25 grammes de sang au moins. Les vaisseaux des membranes cérébrales et du cerveau lui-même étaient gorgés de sang; on ne remarquait d'ailleurs aucune autre lésion dans l'intérieur du crâne.

Le pharynx, la trachée-artère et les bronches étaient remplis d'une écume rouge; les poumons gorgés de sang noir; le péricarde contenait une petite quantité de sérosité ; il n'y avait que peu de sang dans le cœur et les grosses artères.

Le tube digestif n'offrait rien de remarquable; seulement ses vaisseaux étaient plus injectés qu'à l'ordinaire; mais le foie et la rate étaient le siège d'une lésion remarquable. En effet, le lobe droit du foie, d'un rouge très-foncé, élait gorgé de sang, surtout en un point correspondant à une plaie de la peau; et à l'incision du parenchyme, on vit que le sangle pénétrait très-profondément. La rate, plus volumineuse que dans l'état normal, offrait la même lésion, c'est-à-dire une infiltration sanguine; d'ailleurs, point d'épanchement dans la cavité abdominale.

Il est important de remarquer enfin qu'on trouva du sang extravasé dans le tissu cellulaire des parois thoraciques et abdominales, mais seulement dans les points qui correspondaient aux brûlures du tégument.

Le sujet dont il vient d'être question était de forte constitution; il était debout quand la foudre l'atteignit; ne pourrait-on pas attribuer les épanchements sanguins à la chute elle-même? Mais le chapeau était percé, et l'endroit d'où partaient les stries produites par la foudre correspondait aux épanchements; il y a des épanchements correspondant aux brûlures de la peau, aussi regardons-nous les

épanchements intra et extra-crâniens comme le résultat de l'action directe de la foudre.

Le 21 septembre 1768, une vigneronne fut foudroyée à une demi-lieue d'Orléans. Le docteur Ballay examina le cadavre douze heures après, vers 7 heures du soir.

L^s vêtements, la coiffure, les cheveux, n'offraient aucune trace de la foudre; sur la partie supérieure et latérale droite de la tête, on découvrit une plaie superficielle contuse, du diamètre d'un iiard au plus. Il était sorti de cette plaie une petite traînée de sang, celui-ci s'était coagulé. On fit une incision au cuir chevelu, et on sentit à l'instant une forte odeur de soufre qui se répandit dans la chambre et persista jusqu'au lendemain soir, au moment de l'inhumation.

La plaie de la tête ne dépassait pas les téguments; il y avait un amas de sang entre le crâne et le cuir chevelu, environ un verre, et ce sang avait conservé sa hquidité. Les vaisseaux du cuir chevelu et de la face étaient engorgés d'un sang parfaitement liquide ; ce sang avait sans doute donné lieu à la coloration violette de la face. Vis-à-vis de la plaie extérieure, entre la dure-mère et le crâne, on trouva une chopine de sang liquide. Le cerveau, le cervelet, la duremère, la pie-mère avaient pareillement leurs vaisseaux gorgés de sang liquide; il en sortait aussi par la bouche, le nez et l'oreille du côté correspondant à l'épanchement. Du reste, les os du crâne, le péricrâne lui-même étaient intacts, ainsi que les organes de la poitrine et de l'abdomen.

Remarquons soigneusement ce double épanchement sanguin correspondant à une lésion superficielle et peu étendue du cuir chevelu, et l'intégrité de la paroi osseuse crânienne. Dans les deux cas suivants, l'épanchement sanguin dans l'intérieur du crâne correspondait à une fracture de cette boîte osseuse.

Le 5 septembre 1781, un jeune garçon fut tué sous un arbre. Le docteur Meyer observa sur le cadavre que les cheveux étaient rasés dans une étendue circulaire de quatre pouces; cette place était entourée de cheveux roussis; derrière l'oreille droite, qui donnait issue à du sang liquide, la peau présentait deux coupures longues d'un pouce et faites

comme avec un couteau. De ce point, plusieurs lignes rouges, assez larges et toutes de la même direction, s'étendaient sur le côté droit du cou, sur la poitrine, le ventre et la cuisse gauche, jusqu'à troià pouces environ au-dessus du genou et se terminaient en pointe effilée, près du pied. On . voyait entre ces raies plusieurs impressions semblables à celles qu'aurait produites du petit plomb de chasse ; aucune d'elles cependant ne pénétrait dans les tissus; des petits creux tout à fait semblables existaient aussi sur la partie supérieure du bras gauche.

Le jour suivant, au moment de l'ouverture du cadavre,, le cuir chevelu fut trouvé intact à l'endroit dénudé de cheveux. En explorant l'intérieur de l'oreille droite, on arriva directement sur les osselets, sans rencontrer auparavant la membrane du tympan; l'incision du cuir chevelu laissa écouler une plus grande quantité de sang que d'habitude, plus d'une demi-once de ce liquide était extravasé et rassemblé au-dessus du nez et séparait en cet endroit la peau de l'os coronal; pareille extravasation se trouvait sous le cuir chevelu des régions temporale et occipitale du côté droit. Le péricrâne enlevé, on vit sortir du sang liquide des trous vasculaires de la paroi osseuse.

Au niveau du conduit auditif, l'os temporal offrait une fracture qui se divisait en bas en deux branches; l'une s'étendait en dehors du conduit auditif et l'autre en dedans, vers le rocher; une autre fracture affectait l'angle supérieur et postérieur du pariétal correspondant. Ces fractures étaient complètes et comprenaient toute l'épaisseur des os ; au-dessous et à leur niveau, du sang était extravasé entre la paroi osseuse et la dure-mère; celle-ci ayant été enlevée, on vit sur riiémisphère droit du cerveau des vaisseaux fortement injectés et une grande quantité de sang épanché dans la région temporale, sur la surface du cervelet et sur la base du crâne : une portion de ce liquide avait même pénétré dans les anfractuosités cérébrales.

L'hémisphère gauche du cerveau, du cervelet et les quatre ventricules étaient sains ; les diverses parties de l'encéphale ne présentèrent d'ailleurs rien de remarquable. Les organes

de la poitrine étaient intacts ; seulement le lobe inférieur du poumon droit paraissait, à sa partie interne, plus congestionné que dans l'état normal. Le ventricule droit du cœur était vide; le gauche, au contraire, distendu par du sang liquide; l'estomac était rempli d'aliments et l'intestin n'offrait rien d'anormal.

Ici le coup de foudre a porté sur la tête, car les cheveux étaient enlevés ou brûlés dans une certaine étendue, et le chapeau était déchiré en de nombreux morceaux ; c'est donc réellement à ce coup que nous devons attribuer les fractures du crâne et les épanchements de sang qui leur correspondaient. A l'exception de ces lésions et de la rupture de la membrane du tympan, tous les autres organes étaient sains.

Voici une intéressante observation due au docteur J.-N. Schulter.

Le 12 mai 1827, à quatre heures après-midi, un homme de 30 ans, sortant d'une fête de fiançailles, fut tué par la foudre près de Landshut. Bientôt après on trouva son cadavre, les pieds sur la route, la tête en bas dans un fossé sans eau et gazonné. Quant à ses vêtements, nous dirons seulement que le chapeau de feutre noir était déchiré en lambeaux irréguliers et partiellement brûlés.

On procéda, 24 heures après la mort, à l'examen juridique : les yeux semblaient plus vifs, moins ternes que chez les personnes mortes de maladie; la face, un peu tuméfiée, était d'un rouge bleu, le cou plus tuméfié et d'un bleu plus prononcé que celui de la face. La rigidité était fort intense, surtout au cou qui résistait aux efforts de flexion. Sur le cou et sur la région sternale existaient plusieurs eschares superficielles arrondies ou striées.

Au côté droit et antérieur de la tête, entre la ligne médiane et la tempe, les cheveux étaient brûlés sur une surface égale à celle de deux pièces de cinq francs. Le cuir chevelu, sur ce point, était rouge bleuâtre et semblait égratigné; après l'avoir incisé et avoir renversé les lambeaux, on trouva partout le péricrâne avec sa couleur normale; toutefois, près de la bosse frontale droite, on voyait une tache ronde de trois quarts de pouce de diamètre et formée par du sang extravasé

d'un rouge clair. Après avoir raclé le péricrâne, on observa à la région droite du crâne et à travers la paroi osseuse d'épaisseur ordinaire, une couleur bleue et des veines injectées.

Puis on remarqua deux fractures qui comprenaient entre elles la portion brûlée du cuir chevelu et ne lui étaient réellement et directement pas sous-jacentes. L'une de ces fractures occupait la partie droite du frontal et mesurait quatre pouces de longueur; elle partait de l'échancrure nasale, remontait dans l'étendue d'un pouce et demi, puis en arrière sur une pareille longueur. Cette fracture offrait à peu près la forme d'une S renversée; elle avait des bords lisses et ne livrait point passage à du sang.

La seconde fracture, complètement distincte de la précédente, occupait la région postérieure et inférieure du pariétal droit, longue de trois pouces et demi ; elle présentait à peu près la forme de la première.

En sciant la boîte crânienne, le diploë laissa échapper une grande quantité d'un sang foncé. La calotte du crâne enlevée, on vit que les fractures présentaient à la table interne les mêmes caractères qu'à la table externe.

Examinons maintenant l'hémisphère droit du cerveau : la dure-mère parut détachée de l'os en face des fractures et dans leur voisinage ; d'ailleurs intacte, elle offrait un peu de mollesse, et de quelques-uns de ses orifices, s'écoulait du sang ou de la sérosité sanguinolente ; la dure-mère étant incisée, il s'en écoula environ 15 grammes de ce liquide extravasé entre elle et la pie-mère : alors les veines superficielles du cerveau apparurent fortement injectées.

Entre la pie-mère et la substance cérébrale, on trouvait une couche de sérosité sanguinolente qui s'étendait jusque dans les circonvolutions. La couche corticale était plus foncée qu'à l'ordinaire, la substance médullaire plus dure et plus compacte que M. Schulter l'eût jamais observée; le centre de Vieussens était fortement piqueté de rouge, le ventricule rempli d'une grande quantité de sérosité sanguinolente; son plexus choroïde était sain.

Quant à l'hémisphère gauche du cerveau, son état se rapprochait de celui de l'hémisphère opposé : ses veines super-

ficielles étaient moins engorgées, la couche corticale moins foncée, la substance médullaire moins dure, et son ventricule contenait boaucoup moins de sang.

Le cervelet était à l'état normal ; seulement un peu plus consistant que d'habitude. Tous les sinus étaient gorgés de sang; entin de la cavité rachidienne, s'écoulèrent deux onces de sérosité, après qu'on eut soulevé le cadavre.

Poitrine. Les lésions observées sur la peau ne s'étendaient pas au-delà du tissu cellulaire sousjacent; les muscles, bien développés, paraissaient d'une couleur plus foncée qu'à l'ordinaire; les poumons étaient sains, grands, d'un bleu foncé et remplis d'air et de sang ; la cavité pleurale droite contenait un épanchement d'une livre de sang très-noir, la gauche n'offrait rien de semblable. Une adhérence de l'élendue d'une pièce de cinq francs unissait les deux feuillets du péricarde, dont la cavité contenait une demi-once de sérosité peu colorée. Le cœur et les gros vaisseaux étaient à l'état normal ; le ventricule gauche était entièrement vide ; le droit contenait une quantité médiocre de sang noir et liquide; les intestins étaient sains.

Ici, la double fracture du crâne a été le résultat direct du coup de foudre qui a frappé la tête, à en juger par la brûlure des cheveux et par l'état du chnpeau ; il est d'ailleurs fort difficile d'admettre que de pareilles fractures avec épanchement. aient été occasionnées par une chute dans laquelle la tête aurait porté sur le gazon.

Quant à l'injection vasculaire du cerveau et surtout de ses membranes, elle pourrait être attribuée, en partie du moins, à la position déclive dans laquelle la tête et la partie supérieure du tronc sont restées pendant quelque temps. Les aliments abondants, les boissons spiritueuses dont le sujet venait de faire usage, ont peut-être aussi exercé quelque influence sur la congestion cérébrale.

Les épanchements de sérosité sanguinolente trouvés dans l'arachnoïde, dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien et dans l'une des plèvres ont-ils été le résultat mécanique d'une secousse violente, accompagnée de la rupture des capillaires sanguins et lymphatiques? Une forte décharge électrique

n'aurait-elle pas plutôt exercé une action subite et spéciale sur l'exhalation des séreuses?

Dans les cas qui vont suivre, nous allons trouver non-seulement des épanchements entre la dure-mère et le crâne..., mais aussi une altération delà masse cérébrale elle-même.

Disons tout d'abord que nous ne connaissons aucun exemple de fulguration avec foyer sanguin circonscrit et borné à une portion limitée du tissu cérébral, autrement dit, aucune observation d'apoplexie cérébrale parenchymateiise produite par la foudre, tandis que nous avons pu réunir plusieurs cas d'apoplexie sanguine méningée.

Un charretier, âgé de 40 ans, fut foudroyé dans la matinée du 26 juin 1680. Devaux (1), requis par l'autorité, fit l'examen du cadavre. Il exhalait une odeur sulfureuse ; au sommet de la tête et dans l'étendue d'un écu, les cheveux avaient été brûlés et réduits en poussière; en cet endroit existait une petite ouverture arrondie, entourée d'un cercle noir, affectant toute l'épaisseur du tégument. « Puis, ajoute » Devaux, ayant introduit ma sonde dans cette ouverture, » j'ai trouvé le crâne perforé dans toute son épaisseur et ma » sonde ne rencontrait aucun obstacle à pénétrer dans le vide » selon toute sa longueur. Sur quoi, après avoir dilaté les » téguments, j'ai reconnu que le crâne était percé sur le mi- » lieu de la suture sagittale. Après cela, j'ai scié le crâne et » j'ai reconnu que toute la dure-mère et la pie-mère, que » toute la substance du cerveau étaient en forme de bouilhe » délayée dans une liqueur noire. Enfin, examinant la base B du crâne, j'ai aperçu un trou se glissant obliquement de la » selle de l'os sphénoïde vers l'os du palais que j'ai trouvé » percé du côté droit, et deux dents canines brisées en me- » nues parties et le muscle orbiculaire des lèvres tout noir » et corrompu en dedans. »

Suivant Devaux, la foudre aurait percé le crâne et serait sortie par la bouche; il ne dit rien des autres organes.

Cette perforation du crâne comme par une petite balle est vraiment extraordinaire; nous Faurions peut-être mise en

(1) Art de faire les rapports eu chirurgie, p. 517, Paris (1743).

doute si la qualité de maître chirurgien juré de celui qui l'a observée ne nous inspirait confiance ; d'ailleurs nous signalerons encore d'autres cas de perforation d'organes. Nous ferons remarquer que la nécropsie ayant eu lieu le jour même de l'accident, on ne peut mettre sur le compte de la putréfaction l'état de bouillie du cerveau.

Dans l'observation suivante, la pulpe cérébrale est profondément altérée, mais sans perforation du crâne.

Un homme très-âgé fut tué par la foudre. L'oreille gauche était déchirée en plusieurs sens et ne conservait plus que de légères adhérences; à ces désordres, le docteur Phayre soupçonnant que le fluide électrique était entré par le conduit auditif de ce côté, ouvrit le crâne, et après avoir divisé les membranes, il vit que l'hémisphère gauche du cerveau était entièrement désorganisé, qu'il formait une masse homogène presque liquide, d'une couleur grisâtre, sans vestiges de sa structure normale, à l'exception d'une petite partie du corps strié qui avait conservé son apparence et sa situation. D'ailleurs, point d'extravasation de sang, point de lésion des vaisseaux ni des méninges; aucune lésion non plus des parois osseuses.

Le fluide électrique semblait avoir borné son action à la masse cérébrale ; une circonstance sur laquelle nous fixerons bientôt notre attention, c'est que le poumon gauche était le siège d'un foyer apoplectique diffus.

Il est à regretter que l'auteur n'ait pas donné de plus nombreux détails sur l'état de la substance cérébrale ; comme la lésion était bornée à l'hémisphère gauche, on est conduit à rejeter l'idée que la putréfaction ait joué ici quelque rôle ; d'autant plus que l'ouverture cadavérique a été faite peu de temps après la mort. Il est à remarquer que, malgré l'énorme désordre dont tout un hémisphère cérébral a été le siège, les parois du crâne et les méninges sont restées intactes.

Cette lésion diffère essentiellement de celle où la substance et les vaisseaux du cerveau, en quelque sorte broyés par la décharge électrique, ne présentent qu'un amas informe de sang et de pulpe nerveuse: il s'agirait donc d'un ramollissement grisâtre, en quelque sorte analogue par son aspect à celui

qui se développe spontanément ehez l'homme. Le fluide électrique concentré aurait-il donc, entre autres propriétés, celle de ramollir et de dissoudre la substance cérébrale?

Et par opposition à cette propriété, aurait-il aussi celle d'indurer subitement ce même tissu? Cette question nous est suggérée par le fait suivant ;

Le D^ Schulter affirme, dans la relation que nous avons déjà citée, avoir trouvé la masse entière du cerveau et du cervelet plus dure et plus compacte qu'il ne l'avait jamais observée, surtout dans l'hémisphère cérébral droit qui correspondait à la région même du crâne atteinte par la foudre.

Cette sorte d'induration de la pulpe cérébrale, si réellement elle a existé, aurait été peut-être antérieure au coup de foudre ; on ne peut cependant Tafilrmer ni se refuser à admettre, d'une manière absolue, qu'une pareille lésion ne puisse être l'effet d'une violente décharge électrique dont nous sommes loin de connaître toute l'influence possible sur l'économie animale.

Nous ajouterons que la foudre était tombée à côté d'une jeune hlle de 17 ans ; il s'ensuivit une perte de connaissance et de mouvement, à laquelle succéda une surexcitation cérébrale caractérisée par des cris incessants; quelques jours après la malade succomba : on ne trouva, à l'ouverture cadavérique, aucune lésion dans le ventre ni dans la poitrine, seulement le cerveauparut comme tassé et plus consistant que dans rétat naturel. La partie supérieure delà moelle épinière, qui fut seule examinée, ne présenta rien de particulier (Pereyra).

Voici les résultats de nos recherches sur les animaux :

Priestley tua un assez gros chat, par l'étincelle d'une batterie de 33 pieds carrés, et trouva pour toute lésion une tache rouge du péricràne, sur le point atteint par la décharge.

Veratrus ne trouva pas de lésion cérébrale sur des grenouilles tuées par des étincelles dirigées sur la tête, entre les yeux. Il en fut de même sur des moineaux, des chardonnerets, des tourterelles ; mais il trouva sur chacun de ces animaux un trou excessivement rouge sur la peau qui avait

reçu l'étincelle, mais ce trou était si fin qu'il aurait échappé à l'œil non armé d'un instrument grossissant.

Marat tua un chat en faisant passer de la tête à la queue deux étincelles d'une batterie de 36 pieds carrés. En rasant les poils, il vit une très-petite tache rouge au péricrâne, à l'endroit qui avait reçu le choc, puis une tache pareille, mais plus étendue, au point correspondant de la dure-mère; il y avait en outre plusieurs petites taches rougeâtres le long des membranes de la moelle épinière, jusqu'au point où l'on soupçonna le fluide électrique de s'être échappé. Le poumon gauche et sa plèvre étaient enflammés (^ic) ; toutes les autres parties étaient saines.

Il tua un chien de basse-cour avec la même batterie ; les phénomènes se montrèrent sur le péricrâne et sur la duremère.

Un pigeon reçut de la tête à la queue la décharge d'une batterie de 14 pieds carrés, qui le tua. Le péricrâne, la duremère, le poumon et la plèvre offrirent les mêmes phénomènes que ceux que nous avons déjà rapportés à propos du chat.

Garmon tua plusieurs oiseaux : hirondelles, pigeons, poulets, canards..., par une ou plusieurs étincelles, et à certains intervalles; chez tous, sans exception, il trouva le cerveau et ses annexes parfaitement sains, sans déchirure ni changement de couleur, il n'y avait aucune extravasation ; mais le crâne et ses téguments ont maintes fois présenté quelques lésions. Ainsi :

Un chapon tué par une série de décharges avait la tête et particulièrement l'endroit touché très-enflé, meurtri et noirâtre. Une incision en ht sortir une eau sanguinolente; la paroi osseuse était parfaitement entière, mais si dure qu'on ne put l'enlever sans endommager la substance du cerveau. Chez ce même animal les deux yeux étaient crevés et les humeurs écoulées.

Trois fois l'auteur a vu des fractures du crâne, bien que ce genre de lésions fût rare, et bien des fois des ecchymoses et des extravasations dans le tissu cellulaire.

Si nous résumons l'état de nos connaissances sur les lésions

2o2 LESIONS DES ORGANES INTERNES

du cerveau, du cervelet et des membranes, nous trouvons 19 observations. Dans 17 observations le cerveau était absolument sain, et dans 2 autres il était ramolli.

Cinq fois le cerveau, le cervelet et leurs membranes ont été trouvés intacts.

Cinq fois le cerveau était sain, mais ses vaisseaux, ceux de ses membranes étaient fortement injectés d'un sang ordinairement liquide.

Le cerveau étant sain, on a trouvé deux fois un épanchement dans le tissu cellulaire sous-araclinoïdien, et dans quelques autres cas des taches sur les méninges ayant la couleur et l'odeur du soufre; on a trouvé cinq fois un épanchement entre la paroi du crâne et la dure-mère, dans la cavité de l'arachnoïde ou dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien ; dans deux de ces cas, cet épanchement était accompagné de fractures.

Dans deux cas, au dire des observateurs, il y aurait eu induration de la masse cérébrale.

Dans le plus grand nombre des cas les sujets avaient été frappés par la foudre sur la tête.

Il convient aussi de remarquer que 16 de nos observations sur 19 ont été recueillies sur l'homme, les 3 autres l'avaient été sur unp chienne, sur un groupe de chevaux et sur un groupe de vaches.

I II. — Lésions de la moelle allongée. — Dans toutes les observations nécroscopiques parvenues à notre connaissance et dans lesquelles il est question de l'état du cerveau, la moelle allongée, ce centre vital dont la lésion expliquerait si facilement l'instantanéité de la mort par la foudre, n'est presque jamais nominativement désignée et cependant tout nous porte à croire qu'elle a été examinée, puisque à l'ouverture d'un cadavre, il est facile de l'enlever en même temps que la masse cérébrale elle-même.

Si donc les auteurs nous disent avoir constaté que la masse cérébrale était saine, il nous paraît très-probable qu'il en était de même de la moelle allongée.

Or, tout ce que nous savons sur les lésions de cet organe,

se réduit à une observation fort incomplète de Gharleton. Cet auteur dit avoir trouvé, sur un individu tué par la foudre, la moelle allongée déchirée ( medullam oblongatam laceratam ).

Sur ce même sujet, la membrane du tympan avait é(é arrachée de son cercle osseux et l'on voyait autour du méat auditif, une plaie remplie d'ossicules ; Gharleton n'entre d'ailleurs dans aucun autre détail sur la lésion de la moelle allongée.

I III. — Lésions de la moelle épinière. — Dans le petit nombre de cas où la moelle épinière a été examinée, elle s'est montrée à l'état sain, sans déchirure, sans ramollissement ; parfois seulement ses membranes étaient le siège d'une injection vasculaire plus ou moins marquée.

Ainsi, dans l'intéressante observation que nous devons au docteur Gabrielli, la moelle épinière était saine, ainsi que ses membranes; ses réseaux vasculaires étaient distendus comme pendant la vie, et le microscope ne fit découvrir dans cet organe aucun changement.

Et sur un homme cité par Minonzio, les vaisseaux du canal rachidien et les sinus de la dure-mère étaient gorgés de sang.

Chez les bêtes à cornes examinées par Tobias, la structure et la densité de la moelle épinière et de ses enveloppes, ne paraissaient en rien altérées.

Ghez une chienne disséquée avec le plus grand soin par Mayer, la moelle épinière de consistance ferme était modérément injectée et d'ailleurs tout à fait intacte.

Enfin, chez les chevaux cités parBlondeau, les enveloppes de la moelle épinière étaient gorgées de sang ; il en était de même des membranes du cerveau et des sinus de la duremère.

Quant à la sérosité rachidienne, elle n'est que fort rarement mentionnée; nous voyons seulement qu'en soulevant le cadavre d'un homme, il s'écoula de la cavité du rachis deux onces de liquide (Schulter) et que, sur un autre cadavre, cette quantité fut considérable.

I IV. — Lésions des nerfs. — Les nerfs cérébrospinaux et le grand sympathique n'ont encore été que fort rarement examinés sur les cadavres des foudroyés, et quand ils Font été, on n'a trouvé d'altération ni dans leur substance ni dans leur névrilème.

Les nerfs de la base du cerveau étaient entiers et n'offraient aucune lésion chez le jeune étudiant examiné par Wallis, Mehington et Lower.

Sur le sujet examiné par Gabrielli, tous les nerfs étaient sains, à l'exception des tilets situés au voisinage des brûlures et dont le névrilème était fortement coloré en rouge. Le microscope ne fit découvrir aucun changement dans la portion cérébrale des nerfs pneumo-gastrique et grand-sympathique, ni dans le nerf poplité interne.

Le docteur Mayer ne reconnut aucune altération sur les nerfs d'une chienne.

Tobias n'a rien vu d'anormal sur les nerfs pneumo-gastrique et grand-sympathique des bêtes à cornes qu'il eut occasion d'examiner. Ainsi, les nerfs des foudroyés ne présentent aucune altération, si ce n'est dans le voisinage des plaies. A l'observation du docteur Gabrielli nous joindrons celle d'Ouvrard.

Une dame ayant eu la région du coude gravement lésée par la foudre, à ce point que l'épicondyle et l'épitrochlée furent arrachés, le nerf médian correspondant, depuis le coude jusqu'à l'aiselle, présenta plusieurs ecchymoses dont trois fort distinctes.

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