ART. 4. — ACCIDENTS DES PLAIES
§ 1. — Héxnorrhagie de9 plaies. — Les plaies ] duites par la foudre saignent-elles pendant la vie du suj Nous devons distinguer deux cas : tantôt en effet l'étinc foudroyante brûle les tissus et forme des eschares dont I mination peut être suivie d'hémorrhagie, comme dans brûlures ordinaires. Toutefois, nous ne connaissons enc aucun exemple de cette variété d'Iiémorrhagie, et son trême rareté est sans doute due à cette circonstance, que brûlures occasionnées par la foudre dépassent très-rarem le derme.
Mais d'autres fois la foudre agit comme un instrum tranchant et la plaie, par incision ou section, devient siège d'une hémorrhagie plus ou moins abondante qui p même compromettre la vie du blessé ; mais cette hémorrl gie primitive est encore fort rare, car notre collection nous en fournit que deux exemples.
Chez un jeune homme, la foudre pratiqua vers le somn de la tôte plusieurs cottpures qui donnèrent issue à une n taine quantité de sang.
Et chez madame Boddington, dont nous avons déjà par la foudre, après avoir parcouru le tronc, endommagea si pi fondement la cuisse gauche et si près de l'artère fémorn qu'on s'étonne qu'elle n'eût pas occasionné la mort. L'h morrhagie fut, il est vrai, très-abondante, mais la blessri^ rétablit; cette blessure ne présentait pas le caractère du brûlure.
I il. — Gangrène des plaies. •- Il est extrêmein<' rare de voir la gangrène s'emparer des tissus frappés pnr décharge fulgurante; cette excessive rareté est pour no parfaitement démontrée, puisque notre nombreuse collectif ne nous offre que les faits suivants.
L'un est relatif au matelot qui fut frappé au sommet do tète. Nous avons déjà dit, à l'article nécrose, que la table r: terne d'une portion' des os du crône fut frap[iPe de mort
ici, peint de brûlure préalable, les cheveux ne furent pas métne roussis ; point de chute, car le blessé fut trouvé exactmmi dans la position qu'il avait avant la fulguration^ mais le tissu frappé par Tétincelle et privé subitement de toute ntaiité, tomba en décomposition gangreneuse ; c'est là une lanété de gangrène peut-être spéciale à Faction de la fi'ùdre. Il est à remarquer que cette même étincelle avait •jt^terminé une brûlure superficielle sur d'autres parties du
Dans l'observation suivante, la gangrène parait avoir été eoDséculive à l'action comburante de la foudre.
Au rapport d'Agricola, cité par Kœhler et Rasbach dans leur dissertation sur la foudre, le météore ayant frappé une maison de paysan, un homme qui était assis auprès d'une table vit un globe de feu courir pendant quelques moments ^'à et là sur le plancher. Saisi de crainte, et n'osant pas se lever, il eut les pieds brûlés; ils étaient le siège d'une chaleur intolérable et que rien ne put calmer. Le lendemain, la gangrène s'en empara et le blessé ne tarda pas à succomber.
Il est fort important, au point de vue pratique, de remarquer que l'état des parties atteintes par la foudre simule parfois la gangrène^ et qu'une grave erreur de diagnostic et (le pronostic pourrait être commise.
il n'est pas rare en effet que la jambe ou le pied, par exemple, soit privé de sensibilité^ de mouvement et de chaleur, et en mëoie temps tuméfié^ livide, bleuâfre ou noir. Qui ne croirait alors que la gangrène est imminente et môme commençante? Et cependant bientôt le mouvement, la sensibilité et la chaleur reviennent; la coloration livide ou noire, qui était due à un enduit fuligineux ou qui était le résultat d'une ecchymos^ disparaît, et le membre revient à son état naturel.