‹ De la foudreChapitre 115 sur 174 · ART. 2. — CONGESTIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

ART. 2. — CONGESTIONS DIVERSES

La fulguration, nous l'avons dit, peut donner lieu à une foule d*aflections diverses. Dans le nombre, il en est quelfjuesunes que nous mentionnerons, tant à cause de leur gravité qu'en raison des avantages des émissions sanguines employées en pareil cas. Ainsi, nous citerons le délire, la congestion cérébrale dans toutes les formes qu'elle revêt, les engorgements pulmonaires. '

n. — Délire — Plusieurs observations de délire, occasionné par la fulguration et traité par la saignée, sont rap- [lortées par les auteurs. Nous donnerons seulement les deux suivantes :

Un soldat, cité par Sprengel, était dans une agitation voi- Mnedu délire; une saignée le calma un peu. Mais, pendant la nuit, les symptômes reprirent une nouvelle intensité et

exigèrent une seconde saignée qui obtint un plein succès. Seulement, le lendemain, des phénomènes d'embarras gastrique apparurent et furent inutilement combattus par la saignée du pied et par le sel de Glauber. Il fallut recourir à un vomitif.

Un charretier qui venait d'être foudroyé, comme le prouvaient assez les lésions de Texlérieur du corps et des vêlements, se roulait dans le chemin comme un furieux. On le mena dans une maison voisine, où arriva bientôt aprAs le docteur Henry. Le blessé élait dans un tel état d'agilalion, qu'il fallait cinq hommes pour le contenir. Il fut saigné copieusement ; le sang sortit en sautillant, comme si Tarière nvait été ouverte ; le délire furieux se calma. I^e lendemain, la saignée fut réitérée et produisit de très-bons effets, car le malade recouvra la santé en trente-six heures.

§ II. — État apoplectique. — Congestion céréhraU, — Ici la saignée n'est pas moins utile que dans Tétat apoplectique et la congestion cérébrale amenés par toute autre cause que la fulguration.

Un soldat, traité par le docteur A... et cité par le docteur Ristelhueber, avait la face d'un rouge bleuâtre, le pouls presque éteint, la respiration rare, haletante, puis stertoreuse. Après avoir vainement essayé les inspirations de vinaigre et d'alcali volatil et les aspersions d'eau acidulée de vinaigre, voyant la face vultueuse et les veines jugulaires dilatées, M. A... pratiqua une saignée du bras; plus tard, douze sangsues furent appliquées sur les parties latérales du cou. — Ude demi-heure après ces émissions sanguines., les forces du malade se ranimèrent, la respiration et la déglutition devinrent plus faciles; mais le malade ne reconnut que le quatrième jour les personnes qui le soignaient. — Deux autres soldats, frappés à côté de lui, furent traités de la même manière.

Dans la nuit du 21 au 22 février 1838, la foudre tomba à bord de la frégate autrichienne la Médée, et y frappa ln>i> hommes occupés aux voiles ; on les crut morts sur le coup-

L'un d'eux, Sforzino, resta pendant plus d'un quart d'heure

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un état complet d'asphyxie. Rappelé à la vie par les moyens ordinaires, il fut pendant une heure en proie à un violent délire d'épouvante, puis passa à un étal de légère somnolence interrompue par des soupirs et par des lamentations. La surface du corps était le siège de nombreuses et graves lésions qu'on pansa avec le cérat simple, on y fit aussi es fomentations froides. Dans la matinée, les douleurs étaient très-vives, le pouls petit et serré : (saignée d'une livre).— Vers le soir, apparurent les symptômes d'une réaction générale et d'un « engorgement pulmonaire considérable 9 — (potion calmante). — Le 2« jour, douleurs toujours tfès-vives, face empourprée, respiration difHqile, accès de toux, soif intense, peau sèche et brûlante, difficulté extrême d'uriner et pas de sommeil (saignée, boisson nitrée, potion calmante). — Le S*^ jour, même état, même traitement. — Le 4* jour, amélioration notable, — encore même traitement. — Le 8« jour, tout avait disparu.

On remarquera que, dans ce cas, les phénomènes cérébraux du début ont été remplacés plus tard par un engorgement pulmonaire et de la dysurie.

Un autre de ces trois marins, Padella, présenta des symptômes à peu près identiques. Seulement la congestion cérébrale ne se montra réellement grave que le Séjour : à cette époque'on lui avait déjà fait quatre saignées. Après trois nouvelles saignées, le malade reprit ses sens, et le 9« jour tout était fmi, sauf la cicatrisation des plaies (Minonzio).

Un canonnier, atteint par la foudre, fut relevé dans < Tétat le plus complet d'apoplexie. > Le corps était livide, boursouflé, couvert d'une sueur froide et visqueuse ; la respiration difficile, stertoreuse ; le pouls lent et plein ; le sentiment et le mouvement abolis. On eut immédiatement recours à la saignée qui donna cinquante onces de sang. Cette évacuation enleva la stupeur et les autres symptômes sérieux. On la fit suivre d'une purgation et d'autres moyens antiphlogistiques : le malade se rétablit graduellement.

Nous pensons que, dans ce cas et même dans les deux qui précèdent, on a fait un emploi exagéré de la saignée et nous ne donnerions pas le conseil de suivre cet exemple. Nous

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avons cité ces faits autant pour montrer les avantages de la saignée, qui n'a été ici réellement utile que pour faire voir le peu de danger qu'il y a tirer du sang dans les affections que nous étudions en ce moment. — Dans les observations suivantes, des émissions sanguines modérées ont donné d'excellents résultats.

Un cultivateur de 20 ans, frappé de la foudre aux champs, fut trouvé le corps pris sous son cheval mort. Il était sourd ; il rendait du sang par les oreilles et surtout par la bouche, et il ne pouvait se tenir debout. Lorsque le docteur Petil arriva près du blessé, il lui trouva la tète plus chaude et le reste du corps plus froid que dans l'état normal. Il fit appliquer douze sangsues derrière chaque oreille et la tète fut enveloppée de compresses froides. La surdité diminua, la chaleur se répartit également sur toute la périphérie du corps, mais y atteignit un degré plus élevé que de coutume. Alors on recourut à une saignée copieuse et Ton fit des applications froides sur la tête. — Le lendemain matin, ramélioration était si notable que le malade se fit habiller et conduire dehors. Cependant, il se recoucha bientôt et eut des bourdonnements d'oreille qui disparaissaient chaque fois qu'on renouvelait les compresses froides. Le traitement se ermina par l'application de deux vésicatoires derrière les oreilles et par un laxatif.

§ m. — Congestion cérébrale et pulmonaire, etc. — Un menuisier et sa servante furent frappés de la foudre. La servante, âgée de 18 ans, était privée de sentiment et paraissait éprouver une violente suffocation ; elle avait le visage gonflé, rouge, les yeux étincelants, le regard fixe, la bouche béante, la peau aride et brûlante, le pouls très-élevé ; la malade était à chaque instant agitée de convulsions. Une saignée pratiquée immédiatement rendit aussitôt la respiration plus libre ; la connaissance et la parole revinrent trui.> ou quatre heures après la saignée. Mais pendant plusieurs jours, cette jeune lille eut l'esprit troublé par des frayeui^ subites et sans cause. Le menuisier présentait exaclemeni les mêmes symptômes, mais beaucoup plus graves. Deux

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