CONGESTIONS DIVERSES
saignées du bras furent pratiquées dans l'espace d'une heure et deniie : la première n'apporta aucun soulagement notable, mais la seconde parut produire quelques effets salutaires. Le lendemain la saignée fut répétée et le malade recouvra la parole et la connaissance. — Les convulsions ne cessèrent que le 5® jour.
Dans un cas rapporté par Sprengel, une abondante saignée dissipa en partie les phénomènes cérébraux et ramena la connaissance ; mais alors il se manifesta de l'oppression, de Tanxiété. etc. : une seconde saignée fit disparaître tous ces symplômes.
Chez un soldat, l'élourdissement, les douleurs dans la poitrine et l'anxiété disparurent promptement après une saignée et l'emploi du sel de Glauber (Sprengel).
Un malade présenta, au sortir de l'état de mort apparente, une congestion évidente du cerveau et des poumons ; il toussait et crachait du sang en quantité. M. Parkihson lui tira à grande peine 6 onces de sang : la tête et la poitrine furent immédiatement soulagées. On continua par des stimulants et, deux heures après, tout était fini.
Chez un second individu qui présentait des symptômes identiques, sauf l'hémoptysie, le même traitement réussit tout aussi bien.
I IV. — Accidents épileptiformes. — Engourdissement. — Un marin, ayant été atteint de la foudre* fut saisi peu de temps après d'un violent accès d'épilepsie. On eut recours à de larges émissions sanguines qui eurent un plein succès (Macaulay).
Le sieur John Williams, de Conway, fut atteint et trèsgravement brûlé par la foudre. « Je fus, dil-U, étendu sans » connaissance, je ne puis dire pendant combien de temps ; » quand je revins à moi, mes jambes étaient tellement en- » gourdies qu'elles ne pouvaient me servir» et je restai ainsi > jusqu'au moment où l'on fit usage de la lancette, qui me » procura quelque soulagement > (Hitchcock).
En analysant les observations qui précèdent, on voit que partout les accidents doivent être rapportés à une congestion
4iO TRAITEMENT DES ACCIDENTS
plus OU moins intense du cerveau ou 4e$ poumons. Dans tous ces cas, la saignée était indiquée» et presque toujours elle a pleinement réussi, soit seule, soit avec 1 aide de remèdes moins puissants. Chez quelques individus il a fallu, il est vrai, la renouveler jusqu'à six et sept fois en quelques jours, ce qui est toujours fort grave et, en passant, nous avons dit qu'il nous semblait y avoir là un excès véritable. Cependant la guérison est venue justifier ces tentatives hardies. D'un autre côté, on avait affaire à des accidents formidables et, en pareil cas, il peut être permis de recourir aux moyens extrêmes.
Nous ne pensons pas toutefois qu'on doive regarder les émissions sanguines comme un remède infaillible dans tous les cas de congestion cérébrale produite par Taction de la foudre. Ces congestions, en effet, sont loin d'être simple^ comme celles qui résultent d'un coup ou d*une chute, par exemple ; en outre du phénomène mécanique de la conge>tion sanguine, il y a perturbation directe et profonde poi tet^ dans les fonctions propres des centres nerveux et ces troubles, indépendants de ceux de la circulation, pourraient très-bien n'être pas guéris par la saignée. Nous croyons que c'est à un effet de cette nature qu'on doit attribuer l'insucct^: de la saignée dans un cas cité par Duhamel (1).
Deux ouvriers qui travaillaient dans les champs furen renversés par la foudre. Lorsqu'on les releva, ils se plai< gnaient d'une grande douleur de tête. Ils furent saignés toutefois la céphalalgie persista pendant quelques jours.
D'un autre côté, les troubles de la circulation ont pu allei jusqu'à former quelque foyer hémorrhagique. C'est proba blement ce qui est arrivé dans l'observation suivante, em pruntée à Godfrey : un homme foudroyé présentait dei troubles cérébraux très-graves ; après une saignée d< 40 onces et l'administration d'une infusion de thé mêlée il> rhum, qui ne fut que difficilement avalée, il s'endormit. IV.. dant son sommeil, qui se prolongea durant plusieurs heure> il poussa des gémissements douloureux, mais sans répondra
(I) Mèm, de VAcaâ. roy. du te., p. 318 (1747).
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aux questions qui lui fureut adressées. Le lendemain matin, on constata qu'il avait perdu la vue et la parole.
Quoi qu'il en soit, nous appuyant sur les faits que nous avons rapportés et sur d'autres tout semblables que nous pourrions citer de même, nous n'hésitons nullement à recommander Tusage de la saignée toutes les fois que l'on aura affaire à une congestion du cerveau ou du poumon. Nous croyons même qu'on fera bien de la répéter, si le cas Texige, tout en reconnaissant la nécessité de ménager les forces du malade.
C'est la saignée du bras que l'on devra pratiquer tout d'abord. Nous rejetons la saignée de la jugulaire, parce qu'il est plus difficile d'arrêter le sang sans s'exposer à comprimer le cou et par suite à aggraver les accidents que l'on veut combattre. Quant à la saignée du pied, nous ne lui trouvons aucun avantage sur celle du bras et nous lui préiërons cette dernière, parce qu'elle est plus commode, plus familière, parce qu'elle permet de mesurer facilement la quantité de sang tiré, etc. !
On ne devra pas non plus négliger les sangsues et les ventouses scarifiées. Les premières surtout rendront de grands services, et notamment lorsqu'une saignée aura déjà été pratiquée. Dans ce cas, une bonne méthode, étudiée dans ces <leraières années, c'est de les appliquer successivement et en nombre restreint de manière à avoir un écoulement de sang presque continu. On a reconnu qu'on peut ainsi obtenir les mêmes effets sans perdre autant de sang qu'avec un grand nombre de sangsues appliquées à la fois.
Faudra-t-il faire usage de ce qu'on est convenu d'appeler la saignée de précaution, comme nous en trouvons un cas dans notre collection? Nous ne le pensons pas : on courrait le risque, pour prévenir un accident qui peut ne pas arriver, d'affaiblir son malade et d'aggraver inutilement son état.
4tt TRAITEMENT IDES ACCIDENTS