ART. 6. — RÉSUMÉ DU TRAITEMENT
A. Un individu vient d'être foudroyé, il parait mort; sans pouls, sans respiration ; il faut avant tout et au plus t6t ranimer les battements du cœur. Le meilleur moyen d'y arriver, Qous l'avons vu, c'est de déterminer des mouvements respiratoires. Pour cela, on débarrassera le blessé de tout ce qui peut gêner le libre accès de l'air dans la poitrine ; on le mettra dans une position horizontale, et de suite on pratiquera la respiration artificielle, c'est-à-dire l'insufflation bouche à bouche, ou avec une sonde, avec un tube quelconque qu'on peut adapter aussi à un soufflet, en y joignant des pressions alternatives sur le thorax. Si le blessé manifeste quelque signe de retour à la vie, on doit continuer Tinsufflation jusqu'à ce qu'il soit hors de danger, jusqu'à ce que les battements du cœur aient repris leur régularité.
Si, au contraire, ces moyens ne réussissent pas, îi faudra, au bout d'un temps qu'il est difficile d'apprécier, les remplacer par d'autres. Si l'on a à sa disposition un appareil d'induction, on promènera les réophores sur le thorax ; on faradisera les nerfs phréniques avec précaution et en ayant grand soin d'interrompre le courant, de manière à ne pas déterminer ces contractions violentes du diaphragme, qui, à elles seules, peuvent produire l'asphyxie.
Voilà certainement les moyens les plus efficaces. Cependant on ne devra pas négliger les autres; car ils peuvent rendre de très-grands services, soit seuls, soit combinés entre eux ou avec ceux que nous venons de voir.
Ainsi, on irritera les fosses nasales avec les barbes d'une plume ou par des vapeurs irritantes. On lancera de l'eau froide avec force sur la face, sur le creux de l'estomac et même sur toute la surface du corps. On agira sur la peau par des frictions sèches pratiquées au moyen d'une brosse on d'une étoffe très-rude; ces frictions seront générales; niais on reviendra plus souvent sur certaines régions, telles que la région précordiale, les reins, etc. On pourra également joindre à ces frictions l'action de certains liquides irritants, tels qu'une dissolution de sel marin, du vinaigre, des sinapismes, etc. — On frappera vivement et à plusieurs reprises la paume des mains, la plante des pieds ; on flagellera le dos, etc. — L'urtication elle-nième a rendu des services.
Si tous ces moyens étaient insuffisants, on pourrait recourir aux applications d'eau bouillante, surtout au marteau de Mayor, et même au fer rouge.
On ne devra cesser d'agir qu'après s'être convaincu que la mort est certaine. Jusque-là il est permis d'espérer, et on doit chercher à empêcher la vie de s'éteindre. Nous rappellerons ici que, dans le cas de fulguration surtout, ce diagnostic c<\ quelquefois difficile. Et puis il peut causer une perle de temps dans un moment bien précieux. Nous croyons donc que, dans les cas douteux, il vaut mieux s'exposer à perdre quelques soins sur un cadavre qu'à manquer une branche i^ salut.
Lorsque le blessé commence à se ranimer, il faut seconder