AVANT FRANKLIN
De tout temps, on a observé que la foudre se jetait sur les métaux et les suivait docilement quand ils lui offraient un conducteur continu. De tout temps, on a observé que les bâtiments munis de surfaces métalliques en rapport avec le sol ne subissaient aucun dégât quand la foudre les frappait. Mais 00 ne trouve pas chez les anciens d'applications directes de ces observations à la préservation des édifices contre les atteintes de la foudre.
Nous avons rassemblé dans ce chapitre les divers documeots qui laissent croire que les anciens avaient probablement imaginé quelques moyens de faire descendre sur la terre la foudre des nuages orageux. Nous les avons puisés aux sources originales ; dans la plupart des cas nous avons reproduit le texte même, et quand l'importance des idées était à peu près nulle, nous nous sommes borné à des indications bibliographiques.
Servius (1), dans ses Commentaires sur Virgile/ nous montre Prométhée découvrant et révélant aux hommes le moyen de faire descendre la foudre sur la terre.
(1) Senrias, CommenUdres sur Virgile, Églogae Vi, v. 33.
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c Deprehendit p rœtereà rationem fulminum eliciendorum 9 et hominibus indicavit : undè cœlestem ignem dicitur esse » furalus; nàm quadam arteab eodem monslrata, supernus » ignis eliciebatur, qui mortalibus profuit., donec eo bene usi » sunt. Nam posteà malo hominum usu in perniciem eoruro » versus est : sicut in Livio lectum est de Tullo Hostilio, qui
> eo igni exustus est cum omnibus suis : Numa verô jf Pompilius impunè eo usus est, tantuo) in sacris deorum. »
Suivant Diodore de Sicile (1), « Japet eut pour fils Promé- 9 thée, qui, selon quelques mythographes, déroba aux dieux » le feu et en fit présent aux hommes : réduite à la simple
> vérité, cette fable signifie qu'il fut l'inventeur de la ma- » nière d'obtenir le feu par le frottement de deux morceaux » de bois. »
Eustathe, dans ses Commentaires sur l'Odyssée, envisage Salmonée comme un philosophe qui fut tué en essayant des expériences périlleuses pour imiter ou attirer le tonnerre. M. Salverte (2) va plus loin et croit que le roi d'Élis attirait réellement la foudre au moyen des procédés auxquels Pline fait allusion.
Columelle (3) rapporte que Tarchon, disciple de Magillio Targès, et fondateur de la théurgie étrusque, abritait son habitation en V entourant de vignes blanches.
Utqae Jovis magni prohiberet falmine Tarchon, Sa^pè suas aeded praecinxit (4) vitibus albis.
On sait que le temple d'Apollon fut, dans le même but, environné dé lauriers. Pline reconnaît au laurier cette propriété singulière : < Ex iis quœ terra gignuntur lauri fruticem • non icit (5). »
Cette croyance se retrouve parmi les habitants de l'Hindoustan, qui emploient, comme préservatifs contre la foudrOf les plantes grasses^ dont ils entourent leurs demeures.
(i) Diodore de Sicile. Hr. V, chap. LXVII. Traduet. dé Mioi, t. II, p. I3l>.
(2) De$ tcienees occulUi, chap. x&iv, p. 386, 3* édit» Paris, 1856.
(3) Columelle, De re rtutUa, liv. x, rers 346.
(4) Ou percinxit, d'après Gesneros.
(5) Hitt. nat,, Uy« it, cbap. lvi.
c Si les arbres qui eotourent une maison ou un temple se trouvent sufQsamment élevés, ils doivent, sans aucun doute, exercer une influence presque aussi salutaire que celle des conducteurs réguliers ; mais en supposant même que Tédifice les dépasse de beaucoup en hauteur, ils opéreront comme autant de pointes et serviront à dégager silencieusement l'électricité libre qui circule dans l'atmosphère. Si une maison revêtue de plantes grasses et rampantes venait à être frappée du tonnerre, nous sommes convaincus que l'électricilé serait absorbée par les rameaux où la sève circule et ne se frayerait point un chemin à travers les murs du bâtiment. »
Temple de Salomon. — Il parait qu'on doit se représenter ce temple comme un vaste édifice, enclos de murailles, en partie fermé de toitures, en partie découvert On y distinguait deux parvis extérieurs, puis le parvis des femmes, puis le parvis des Israélites et celui des sacrificateurs où s'élevait l'immense autel des holocaustes avec la mer d'airain, vase immense, porté sur douze figures de bœufs, pouvant contenir 3,000 baths et qui d'ordinaire ne renfermait que 2,000 de
ces mesures, et 10 cuves d'airain plus petites Au delà de
faute! des holocaustes commençait le temple proprement dit^ couvert d'une toiture plane, précédé d'un large portique ouvert, décoré de deux colonnes d* airain creuses et enrichies d'ornements
ciselés Cette entrée n'avait point de porte. Une galerie
à trois étages régnait le long du temple de trois côtés ; le côté de l'orient seul n'en avait pas. Un escalier tournant du côté du sud conduisait à ces galeries. Le temple intérieur se partageait en trois divisions : l'avant-temple ou le vestibule, le lieu saint, nommé aussi le saint des saints. Le dernier, de forme pentagone, était construit en dôme ; là étaient posés sous les ailes des chérubins l'arche renfermant les tables de la loi, et à côté la verge d'Aaron, le vase rempli de manne et les livres écrits de la main de Moïse.
L'histoire du temple de Salomon a suggéré une idée extrêmement ingénieuse et très-digne d'occuper les recherches de la science moderne : c'est un fait curieux que, pendant un espace d'environ mille ans, il n'y ait pas dans l'histoire le