APPAREILS DIVERS
dix fois plus, irait presque effleurer la surface inférieure des nuées ; lorsque aussi, et cette particularité a de Timportance, la pointe métallique soutirante qui serait en communication avec la longue corde demi^métallique faisant les fonctions de conducteur, étant fixée vers la partie supérieure du ballon, se présenterait aux nuages à peu près verticalement ou dans la position d'un paratonnerre ordinaire. Il ii'y a rien de trop hasardé à supposer que par c« système on parviendrait à faire avorter les plus forts orages. En tout cas, une expérience qui intéresse si directement la science et la richesse agricole du pays mérite d'être tentée. Si l'on se servait de ballons de dimensions médiocres» la dépense serait certainement inférieure à celles de tant de décharges de boites, de canons, que s'imposent aujourd'hui, sans aucun ft^iit, les pays de vigno*
M. Letellier (1) proposait encore en 18S2, dans une lettre i l'Académie des sciences, l'emploi d'un ballon captif recouvert de plusieurs plaques métalliques et communiquant avec ksol à l'aide d'une corde conductrice.
Le ballon captif a sur le cerf- volant l'avantage de s'élever oème lorsque l'air est calme ; mais il exige du temps pour ttre enflé de gaz. Dans tous les cas, il faudrait qu'il (dt muni l'nne armure puissante, car en supposant qu'il fût atteint «r la foudre, la plus légère étincelle en pénétrant à travers étoffe, mettrait le feu à l'hydrogène ; il importerait donc tfil portât quatre fortes branches réunies en haut, au t^mmetdu ballon armé d'une pointe, et/ en bas, au conlucteur.
\ III. — Projectiles. •— L'idée de lancer dans la nuée ^fageuse des flèches, des balles de plomb, des boulets est )rt ancienne, mais leur efficacité ne pourrait être réelle u autant qu'un lien conducteur les rattacherait à la terre.
Les Tbraces, dit Hérodote, sont dans l'habitude, quand il
'D Cmpki rendus, l. XXXV, p. Î2 (1S5Î).
m PARATONNERRES DIVERS
Fait des éclairs ou qu'il tonne, de tirer des flèdies contre le ciel, pour le menacer (1).
§ IV. — Des arbres considérés comme pan* tonnerres. — Gay-Lussac, dans l'instruction de 1823, recommande de disposer autour des bâtiments, à dnq ou six mètres de leurs faces, de grands arbres, afin de les protéger contre la foudre.
Héricart de Thury, considérant aussi les arbres comme de véritables paratonnerres, conseille aux habitants des campagnes de planter autour de leurs demeures le chêne pyramidal, le peuplier d'Italie, le cyprès, le mélèze, surtout quand ils habitent au milieu des grandes plaines.
Le professeur Carlo Donatelli, propose d'entourer les magasins à poudre de peupliers d'Italie.
On a aussi proposé de proléger les serres en plaçant derrière les murs de soutènement un rideau de peupliers.
Il est en effet probable que des arbres très-élevés puissent protéger des maisons très-voisines ; on a vu ces arbrts frappés de préférence par la foudre, et les maisons voisines épargnées.
Un vieux merisier, situé sur la crête de la haute plaine d'Ântilly à Thury était cité pour avoir été souvent foudroyé: il le fut encore dans le mois d'août 4834, et une cabane de berger, voisine de l'arbre, fut épargnée (Héricart de Thury).
Le château de Hautefeuille, près de Joigny (Yonne). ^ flanqué de quatre hautes tours et surmonté d'un donjon a>e< belvédère. Ce château est à l'extrémité d'un promontoire quî domine deux vallées : au-dessus sont des bois de haute futan' dans lesquels il existe de beaux chênes séculaires. Or, It' château n'a point de paratonnerre, et malgré la hauteur d' ses tours, celle de son donjon et celle du point sur lequel ! est bâti, on dit qu'il n'a jamais été foudroyé et que les vi<^^ chênes l'ont toujours protégé. La foudre est tombée plusiei;^ fois sur ces arbres qui ont été soudainement frappé»'^
:1) Ara«o, Noiia, p. 490.