APPAREILS DIVERS
mort : en les abattant, on reconnut qu'ils étaient fendus du haut en bas (Héric^rt).
Les arbres agissent surtout quand ils sont pleins de sève, et garnis de feuilles, ce qui arrive précisément dans la saison du tonnerre, mais il ne faut pas oublier que malgré les exemples que nous venons de rapporter, les arbres sont de mauvais paratonnerres. Nous pourrions signaler des cas trèsodmbreux, où des arbres d'une grandeur colossale n'ont pas empêché que la foudre portât ses ravages dans des maisons f|ui en étaient très-voisines ; il est vrai que dans quelques cas, les masses métalliques qui couvraient ces maisons, ou qu'elles renfermaient, peuvent être invoquées comme ayant exercé une attraction plus puissante que celle des arbres voisins.
Dans un grand nombre de cas, les arbres, quoique trèsvoisins sont complètement épargnés et les maisons foudroyées ; dans d'autres, la foudre atteint d'abord la maison, puis se jette sur l'arbre voisin, mais dans le plus grand nombre des cas, c'est l'arbre qui est d'abord frappé, puis la Ibudre s'élance de ses branches ou de son tronc sur la maison ïoisine.
Outre les masses métalliques intérieures ou extérieures qui attirent la foudre sur une maison et lui font éviter des arbres très-élevés et très-voisins, nous pouvons signaler la colonne d'air chaud qui s'échappe de la cheminée, l'entassement des personnes dans une chambre, celui'des bestiaux dans une étable, enfin que la maison est du côté d'où vient l'orage, et qu'elle a précisément une position favorable pour protéger l'arbre, à défaut de la hauteur de celui-ci.
Non-seulement, par ce que nous venons de dire, il est bcile de conclure que les grands arbres sont des paratonnerres sur lesquels il ne faut pas trop compter, mais il faut encore redouter leur voisinage, car ils sont de puissants moyens d'attraction pour la foudre, et comme ils sont de moins bons conducteurs que les parties métalliques qui ^evëtent les maisons, on voit quelquefois la foudre s'élancer de leurs branches sur les maisons qu'ils semblent devoir protéger.
1^ PARATONNKHHES DIVERS
§ y. «— Paratonnerre dit disaipateur. -* L'ab
Gossier (i) a proposé de ne pas employer de conducU allant jusqu'au sol el de le remplacer par plusieurs br ches de 10 pieds de lon^, dirigées en bas et terminées c.:cune, comme ia tige elle-même» par une pointe en plat... Cet auteur admet qu'alors la matière fulminique pourrait,* tous sens, soit des nuages» soit de la terre, être atliit et dipersée dans Tair ambiant, de manière à rétablir ré^u. libre.
Il est presque inutile de remarquer que cet appareil, q aboutirait intérieurement à Tair atmosphérique et non p m au réservoir commun, n'attirerait que très-incompiéteiii' le fluide électrique des nuées; et, en supposant que la IVm TatteignU et le suivit de haut en bas, elle occasionuti sans doute, à sa sortie, de graves accidents, soit aux [•' sonnes, soit au bâtiment lui-même.
§ VI. — Oarde^tonnerre de Bertholon. — i
garde-tonnerre de Bertholon, destiné à recevoir aussi bioi foudre ascendante que ia foudre descendante, consisle^ une longue et épaisse barre de fer enfoncée perpendiculai ment dans un sol très-humide, de chaque côté de l'édi.. qu'on veut protéger. Son extrémité supérieure dépasse le tu Sur sa longueur sont adaptées des tiges très-aiguës dispoy en verticilles ou rayons divergents et dont les pointes sont u rigées vers la terre. Elles sont destinées, non-seulement soutirer silencieusement la matière fulminique attirée à surface du sol, mais encore à recevoir la foudre ascendant L'extrémité supérieure fonctionne d'ailleurs comme le pmtonnerre ordinaire (2).
Mais si la matière fulminique s'élève dans l'atmosphère, el suivra bien plutôt la barre de fer épaisse verticale et point qui est en connexion avec le sol pour s'échapper par .^ pointe supérieure, qu'elle ne s'élancera à travera l'air si les pointes des branches verticillées dirigées en bas; fusscii
(1) Aead. âê Eomn, p. fS (ISM).
(S) J<mm. de phfi. de Rozier, U XXII, p. ttS (i7S3).
AFPAHIULS DIVEKS 8S7
elles très-rappi'ochées du sol, et si la foudre tombe sur la pointe supérieure de Tappureil et si en même temps la barre D'est pâs assez puissante, si surtout le sol dans lequel elle est enfoncée est desséché, il peut arriver qu'une partie lie la matière fulminique passe par les branches verticillées et foudroie à sa sortie un homme ou d'autres corps placés au-dessous ou près de là .
l Vil. — Paratonnerre avec boules de verre. —
Plusieurs personnes ont cru que d'épaisses boules de verre placées sur les points culminants des édifices, au sommet des mâts, les préservaient, comme corps isolants, des atteintes de la foudre, et ces boules de verre ont été eflfectiîemenl employées dans un certain nombre de cas.
L'église du Christ à Doncastre avait été ainsi armée, lors- <|ue bientôt une effroyable décharge fulminante démolit presque la moitié du clocher.
« Celte application est évidemment absurde, le verre > étant un corps non conducteur et non dissemblable à Tair Mjuant à ses propriétés électriques, peut être considéré » comme une masse d'air d'une densité inaccoutumée (i). »
Un anonyme a proposé, en 1839, de pourvoir la pointe des f^h[^ Aq boules de verre au lieu de paratonnerre. (Proposition ^fjetéeparle conseil de F Amirauté.)