DE LA VISION
La effets de la foudre sur l'appareil de la vision sont -tfflbreux et variés ; souvent passagers et sans gravité, ils 'estent en une douleur insupportable, mais momentanée, m abolit la vision pendant quelques instants et qui résulte ^ I impression trop vive de la lumière éclatante de l'éclair. NiQTeat aussi ses effets sont plus graves et surtout plus proloDgés; ils se traduisent par l'abolition ou la perturbation [^rofôode de la vision, résultant soit d'un trouble nerveux, ^3it d'une altération matérielle de l'organe. Nous citerons en ;^culier la paralysie, la contraction permanente des mtêscles y^^^ux, ïophthalmie superficielle aiguë, la photophobie, for- Uîrose, rhémiopie^ la myopie, l* impossibilité de distinguer les y^eurs ou le daltonisme, la cataracte.
<JQ a constaté sur le cadavre des individus foudroyés et peu
i^tstants après la mort l'opadte' de la cornée et des épanche- '^ de sang dans les chambres de l'œil; lésions qui, n'étant élément incompatibles avec la vie, seront peut-être plus '^^ retrouvées sur Thomme vivant.
Cofome contre-partie, nous verrons enfin dans un autre '^pitre que la fulguration a fait disparaître subitement une ^té qui durait déjà depuis longtemps.
Examinons maintenant en détail les diverses lésions phy- *iues ou vitales que nous venons d'énumérer.
mt EFFETS DE LA FOUDRE
i P'. — Muscles palpébraux. — Les mouvem
des muscles des paupières sont souvent modifiés par 1*< celle foudroyante.
Tantôt les muscles re/er(»î(r5 des paupières sont parai et cette paralysie, rarement isolée, est le plus ordinaire ii associée à celle de plusieurs autres régions.
D'autres fois les muscles orbiculaires ou comtricteurs paupières restent fortement contractés pendant un tei plus ou moins long.
Par le fait seul de cette occlusion des paupières, la vue abolie; mais, en général, la rétine ne reste pas alors iiit£ et se trouve atteinte de paralysie ou d'hypéresthésie.
Aussi ne citerons-nous ici qu'une seule observât! comptant en présenter plusieurs autres lorsque bientôt n étudierons la photophobie et Tamaurose résultant de fulguration.
Le fait suivant est un des exemples les plus remarquai de cécité par suite de la contraction, en quelque sorte te nique, des muscles orbiculaires des paupières, liée à i sensibilité exagérée de la rétine.
Un homme de 45 ans environ, domestique d'un ferm d'Edmonton, avait été envoyé par son maître, par une n d'orage, pour faire rentrer le bétail, lorsqu'un éclair d'un éc extraordinaire lui traversa la figure; au môme instant entendit un violent coup de tonnerre, il fut renversé sa perdre connaissance, et fut incapable de se relever pend.i quelques secondes; il ressentit à l'instant même dans I yeux une douleur excessive qui ne tarda pas à se dissipe mais le laissa complètement avenijle. Il resta sept mois dans c état, et à l'occasion d'une blessure accidentelle il se rem auprès du docteur Parkinson (1).
Les paupières étaient fortement closes, leur surHn presque plane laissait croire à une diminution et peut-iMr/' une destruction du globe de l'œil. Les premières tentativi pour ouvrir l'œil échouèrent ; renouvelées sur les instant du malade, elles laissèrent entrevoir les globes oculaire?*
(4) Mèm. of ihe medie. socichj o( London, l. H, p. 503.
SUR LES APPAREILS SENSORIAUX âl3
feurtone était ordinaire, la cornée brillante, transparente» les poies fortement contractées. Le malade s'écria qu'il voiasuiomière, mais si douloureusement qu'il fallut laisser » matr les paupières. Le malade disait avoir vu une lav aussi brillante que Téclair qui l'aveugla. Ce ne fut far» sept ou huit tentatives destinées à maintenir les ^wes écartées qu'on réussit à lui faire accuser la vue du ■»s de la fenêtre.
Il ontraction des paupières était moins énergique, mais V légère ophthalmie étant survenue, on cessa toute tenta-^ ^t Laa Teox furent constamment lotionnés avec de l'eau "^^^ et comme la violence du spasme des muscles palpélox était évidemment diminuée par l'emploi d'une force ^^l^neore, le malade fut invité à entr'ouvrir forcément les spires deux ou trois fois le même jour. Dès le lendemain (tthalmie avait diminué» la vision devint plus distincte et lins douloureuse.
(^ ou trois jours après le malade avait recouvré le libre '^^reice de ses paupières; il ne se plaignait que d'une
"itréme sensibilité de la rétine qui sans doute se dissipa plus
f U. — ophthalmie. — L'ophthalmie superficielle» '^Ipébrale ou oculaire semble résulter le plus souvent de •)ctkm directe du feu électrique; ordinairement elle est *oédiatement consécutive à cette action» on la voit quel* ^^^ tarder à se manifester.
lo soldat» cité par le docteur Ristelhueber» eut ses cheveux frasés par la foudre et l'épaule légèrement brûlée... '^ le quatrième jour après l'accident, une ophthalmie se '"^ra avec quelques symptômes gastriques. Ces phéno- ^iM furent dissipés par les délayants et par Témétique en *^e, administrés pendant trois jours.
im. — piiotophoble. —La photophobie résultant de l^^cettive aensibiiité de la rétine est un des effets les plus ^uenta de la foudre sur l'appareil visuel de l'homme. La ^té de l'éclair suffit quelquefois pour la produire» tan*.
m EFFETS DE LA FOUDRE
dis que dans d'autres circonstances elle résulte de l'acti< recte de l'étincelle foudroyante.
La photophobie est ordinairement accompagnée d'une traction spasmodique et permanente des orbiculaires des pières. Elle coexiste souvent avec une sensibilité exagéra l'ouïe, avec des élancements très-douloureux et névralgi au front et en d'autres parties de la face, revenant par roxysmes ; avec de vives douleurs, et une sensation de sation dans la tête ; avec une forte excitation cérébrale , En sorte que parfois l'ensemble de ces phénomènes ne s'< gne pas beaucoup de ceux qui appartiennent à la preni période de l'arachnitis.
La durée de cette photophobie est variable : ordinairen de 5 à8 ou 10 jours ; mais dans un cas que nous avons cité, on a vu que la photophobie avec contraction spas dique des muscles palpébraux durait déjà depuis sept t environ loi*squ'on commença le traitement.
Les observations suivantes nous feront encore mieux c naître les caractères de cette affection.
Un enfant, âgé de huit ans, était assis devant une croi . ouverte lorsqu'il fut ébloui par un éclair ; il perdit comph ment la vue de l'œil droit, dont la pupille était fortement o tractée, tandis que l'œil gauche fut atteint âe photophot Des émissions sanguines abondantes à l'aide de sangsues, l) plication continue sur les yeux de compresses imbibées d'c froide, des lotions rafraîchissantes, et le repos absolu, dâ une chambre peu éclairée, rétablirent graduellement et coi plétement la vision, au bout de cinq ou six jours (doct. Behi d'AItona.)
Le 10 septembre 1761, vers 10 heures du soir, la foudi tomba sur le ch&teau de Saint-Barthélemy et blessa les dei demoiselles Ducos, alors couchées dans le même lit... Appe auprès d'elles, le docteur Polisson ayant voulu les examine fut obligé de leur couvrir le visage avec plusieurs douM de linge, parce que la lumière produisait sur elles une impre^ sion si vive qu'elles tombaient en syncope ; on pratiqua ua saignée. Les malades restèrent ainsi plusieurs jours sans poi voir supporter l'éclat de la lumière du jour, ni celle d'uoi
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daiÉli;oQ était obligé de leur faire prendre leurs aliments daos nkorité.
bat lampbreys , âgé de onze ans, récitait sa leçon à
V«té ^iroissiale de Saint-Martin , dans l'après-midi du
6 viiss, et se trouvait debout, le côté gauche vers la fe-
mjtHsqu'un orage éclata; la salle fut vivement illuminée
ira édair qui produisit sur l'enfant la perte instantanée de
■yt h tété gauche j où elle éprouvait une douleur semblable
'^ qae produiraient des orties. Cette douleur ne fit
(«igmeater les jours suivants et nécessita la visite d'un mé-
i^. Le docteur Mayo prescrivit des applications répétées de
"iâ^Ks aux tempes, des vésicatoires derrière l'oreille et sur
^:iflque, les mercuriaux jusqu'à salivation.
S(^ l'influence de ce traitement, il y eut chaque jour un
^ sensible vers la guérison.
i^li mai, cinq jours environ après l'accident, le globe -laire éprouvait une sensation pénible de chaleur; il était ^BloQreux à la pression ; la malade ne pouvait lever la pau- ^ , tant était grande la sensibilité à la lumière ; la vision i^ ce coté était presque abolie; aucune inflammation de la con- .^e, de la cornée, ni de l'iris ; aucune perte de transpa- ^ dans les milieux de Tœil ; douleur et serrement au front, iiâatioo de pulsation dans la tête, pouls fréquent, ^ers le 20 mai , la malade pouvait plus facilement sup- ^ la lumière et distinguer les objets, mais il lui était im- ^e d'élever la paupière supérieure dont le muscle mo- <? était sans doute paralysé.
^ 24 mai, elle pouvait relever la paupière, mais le con- ^^ entre les deux yeux était troublé de telle façon, que ^ les deux yeux étaient fermés , la malade pouvait ou- '^Faii ou l'autre à volonté, mais non pas tous les deux à la ^ Dès qu'elle essayait d'ouvrir le second, le premier se fer- ^1 oa bien, si l'on maintenait celui-ci ouvert, le globe ocu- ^tournait sur son axe en haut et en dehors. I^ 27 mai , les deux yeux pouvaient fonctionner simultané- ^ti mais l'œil gauche était atteint de myopie, et la malade ^ ferdtf la faculté de distinguer les couleurs. Des mouche- ^ Priâtes sur un fond jaune lui apparaissaient noires, et
en général elle voyait les différentes couleurs avec une Icin; ! plus foncée, presque noires. Ce fut Tœil gauche qui gai i le dernier cette faculté de voir les objets plus obscurs > I moins distincts. Plus tard, l'état normal revint compkiH ment.
Le ii juillet 1777, un laitier de la ville d'York, âgé « I 22 ans, fut foudroyé et resta comme mort ; il ne reprit c*; h naissance que deux heures après ; pendant ce temps ii i I c dans un état apoplectique. >
Le docteur Thomas Fowler le visita dans la soirée : la ti H et la face ne présentaient aucune lésion externe. Le mai., i se plaignait d'une vive douleur au front, dans les oreilles, o; I réveillait le plus petit bruit; d'une sensation de brûlure d . I les yeux, qu'il comparait à celle que produiraient descenvi; I brûlantes, sensation accompagnée de chocs violents, allant j fh)nt aux nerfs optiques, et revenant par paroxysmes de n nute en minute.
La face était rouge, les yeux injectéset larmoyants ne p valent supporter la lumière. Le pouls était plein , dur, nr de fréquence ordinaire. L'accident était arrivé vers qunî heures de l'après-midi, vers six heures apparurent des nv sées et un refroidissement des extrémités; on pratiqua u: forte saignée qui n'amena aucune amélioration. Le dootr Fowler prescrivit deux lavements avec du sel , du sucre • du lait, et fit appliquer six sangsues sur la région temporn Les piqûres des sangsues coulèrent jusqu'à six heures ■ malin, et dans la nuit, la bande du bras s'étant déranj l'ouverture de la veine fournit encore une notable quai.! de sang. Le lendemain , l'amélioration du côté de la têft des yeux était très-marquée; du 12 au 15, elle fit despro^r sous l'influence de deux doses de sel deGlauber et d un coll} ; avec deux gouttes de sel de Saturne pour soixante graniu. d'eau distillée.
Le 15^ les douleurs lancinantes dans la tête et dans les vo revinrent avec leur première violence. (Six sangsues, mî-i collyre.)
Le 16, très-grande amélioration, mais susceptibilité ne: veuse excessive ; une porte fermée brusquement cause n
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ouUiis palpitations et un tremblement universel. (Sel de
un les douleurs des yeux ont cessé, le malade n'é- (mpias que de la douleur de tête; les tremblements :::^soot moins marqués. Le 25, sous Fintluence d'un reàisanent, les yeux sont de nouveau enflammés. L'ap- ^sâun d'un vésicatoire à la nuque est suivie de succès. Le 'i%k malade est parfaitement rétabli. La perte de sang îmitéprouvée cet homme peut être évaluée à 1,600 gram- (i^^YiroD.
i IV. — Amaurose. Hômiopie. — L'amaurose par
i^ralioQ est complète ou incomplète.
Lhémiopie a été aussi le résultat de la fulgui*ation. La vue peut être perdue par insensibilité momentanée de 5 fétine, et aussi parce que les muscles releveurs des pau- ^ sont paralysés.
Wardrop dit avoir vu une amaurose consécutive à une ^ration (Gerdy).
Le docteur Rognetta rapporte qu'un ecclésiastique fou* ^é tomba par terre '; revenu à lui-même, il ne distinguait '"^que la moitié des objets.
Le docteur Hemotay cite un autre exemple d'amaurose '•^mpagoé de vertige et de céphalalgie qui dura six jours ^ céda à un grand vésicatoire applique à la nuque. Le matelot Brown, foudroyé à bord du Cambrian^ resta ;^ut quelques moments froid, sans pouls et dans un état ^ique ; plus tard, le pouls et la chaleur se développèrent, • >B loalade s'endormit pendant plusieurs heures ; mais à ^ réveil, le docteur Godfrey constata qu'il avait perdu h '» H la parole. 11 ne pouvait soulever la paupière supé- ^ ; les globes oculaires ne présentaient aucun change- <^t dans leur forme, ils étaient forcément dirigés en haut ^ en dedans, le Aialade ne pouvait changer leur position. ^ pupilles étaient un peu dilatées ; les paupières complet ^Ql immobiles ; et le malade, très-irritable, indiquait par 9^ qu'il éprouvait des douleurs dans la tête et dans 'Orbite.