‹ De la foudreChapitre 157 sur 174 · PARATONNERRES ABORD DES NAVIRES · texte numérisé non relu

PARATONNERRES ABORD DES NAVIRES

cule l'huile ou le goudron^ tandis que sur d'autres parties ils sont enduits de corps gras (huile, suif), destinés à faciliter le glissement des vergues. Or, plusieurs fois déjà on a remarqué que tes mâts frappés de la foudre étaient restés intacts dans les parties couvertes de noir de fumée, et n'avaient été endommagés que dans celles qui étaient graissées. Citons quelques-unes de ces observations :

LeMalacca fut foudroyé le premier août 1750; son grand mât fut endommagé, dans presque tous ses segments. Ainsi, le grand màt de perroquet fut enlevé ; une partie tomba pardessus le bord et une autre en fragments, sur le pont; d'énormes fragments furent enlevés au grand mât de hune et au grand màt lui-même. La décharge fut donc d'une excessive violence et cependant on constata que les parties graissées avaient seules été lésées. La matière fulminique n'avait pas non plus affecté les chouquets à la tête des mâts, ni la hune que portait le màt et qui avait 18 pieds de large, toutes parties enduites, ainsi que les vergues, d'une couche de goudron et de noir de fumée (Rob. Veicht).

Le navire suédois Stockholms-Scott fut atteint par la foudre le 22 juillet 1777, à sa sortie du détroit de Banca (Indes orientales), et le 11 août de la même année dans la rivière de Canton. Chaque fois, ses mâts furent gravement lésés, mais les parties qui étaient recouvertes de noir de fumée furent complètement épargnées (Pet. Job. Bladh. ).

James Horsburgh cite parmi les observations qu'il a recueillies sur l'influence du noir de fumée; le navire l*Anna, qui revenait de Chine en 1792» et fut foudroyé non loin du passage de la Mindora. Toutes les parties des mais qui étaient graissées furent fondues et brisées en mille pièces, tandis que les tètes des mâts et les chouquets qui étaient peints au noir de fumée furent épargnés.

Âdanson rapporte qu'un màt de 40 pieds fut sillonné par la foudre, à deux pouces de profondeur, mais le dégât s'arrêta précisément à l'endroit où un drap fortement enduit de goudron entourait le màt à sa jonction avec le pont(l).

(1) ^age au Sénégal

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D'autres exemples non moins convaincants ont été signalés (1).

M. Sellier a fondé sur ces observations l'idée de protéger les navires en les peignant en noir à Thuile, et de supprioier les paratonnerres. S'il est vrai que le pouvoir conducteur d'une épaisse peinture au noir de fumée a pu servir d'agent protecteur contre la foudre, on ne saurait y accorder une confiance entière et la préférer aux conducteurs métalliques. Arago a vivement combattu la proposition de M. Sellier. D ailleurs que deviendra la foudre arrivée au niveau du pont? et si roo prolonge l'enduit jusqu'à l'emplanture du mât, que devieodra le météore introduit dans le navire môme» par où s'éeoulera-t-il ?

(1) W. Henly, PhOot, IVtuu.» t. LXVU, p. 85:-. Lewis. Commannmm pkUô^ topfûeo-tmknieHm or thê philoioplMtd eommereeoftkê wrU, p. 364; — Comptes rendui, t. IX, p. 353 (1839).

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