SUR LES APPAREILS ^ENSORIAUX
SSÛB. Après trois mois d'un traitement dont nous parle-
jm^ tard, la déglutition se faisait sans grande difficulté,
\tmiiepinwaii riffler, émeUre des 5099, éhê çri$, tnais il ne
f^pas articuler une seule parole.
£Éi la faculté de parler lui revint subitement dans les
csstances suivantes : en se rendant à Londres, à bord
(m bàtimeot en rade de Deptford, il fut surpris en route, et
fm la première fois depuis le foudroiement dont il avait
^i Tobjet, par un violent orage. Il fut tellement effrayé qu'il
t sauva dans la première maison dont il trouva la porte
orerte, se cacha dans une cave et attendit la fin de l'orage,
Éfis une grande anxiété, et sans qu'on pût le faire sortir du
•^Q où il s'était blotti. S'étant enfin bien assuré que l'orage
st passé, il se hasarde à monter dans une chambre, y trouve
aie Bible, l'ouvre et commence à lire à baqte voix. Étonné,
i regarde autour de lui, persuadé qu'une autre personne lit
te mêmes versets I II comprend enfin avec bonheur qu'il a
rttûQvré l'usage de la parole. (Godfrey.)
Troostwyk cite un exemple d'un enfant qui resta muet sprès un coup de foudre, et ne pouvait que difficilement i^atir. L'emploi de rélectriôité lui rendit la parole et les wnements Ubres du pharynx.
SECTION IV. - ACTION DE LA FOUDRE SUR LES APPAREILS DE LA YIE ORGANIQUE.
SomiAiiiE. — Art. I. Actiofi de la foudre tur la resfiralUm, — f I. Dyspnée. f II. Laryngo-bronchite. ~ f III. Hémorrhagies dn C4>iidiiiis aériens. — | lY. Bromb» pneomonie. ~ Art. II. Miian de la foudre iur lacireulatUm. — Art. III. Action (i<' la foudre sur le tube digestif. — Art. IT. Action de la fo%^dre$ur les tècrètiom. ->| I. Sécrétion saliraire. « f II. Séerètion biliaire. — fi m. Seerétion nrinaire. - Art, V. Menitruation. —Art. VI. Action de la foudre tur la femmes enceintes.
1 1. — Dyspnée. — La difficulté de respirer, portée quelquefois jusqu'à la suffocation, est un des effets ordinaire^ et presque constants de la fulguration chez l'homine ; sej causes sont nombreuses : c'est d'abord la vapeur épaissej acre et souvent sulfureuse qui remplit les endroits clos où lij foudre a pénétré, et dont nous avons rapporté un grand nombre d'exemples. Nous verrons plus tard si, dans quelques cas, la mort ne peut pas être attribuée à cette vapeur Notons aussi la paralysie incomplète et partielle des mus clés respirateurs, leur contraction continue et en quelqui sorte tétanique ; leurs mouvements irréguliers et saccadés, les douleurs vives et parfois excessives dont la poitrine esl quelquefois le siège et dont nous ne citerons qu'un seu exemple, entre plusieurs que renferme notre collection.
Un soldat, dont parle M. Risteihueber, fut frappé de I foudre et atteint aux extrémités inférieures; il avait lafad pâle et décomposée; le pouls fréquent et inégal; il éprouvai des douleurs déchirantes dans la poitrine; sa respiration ctai haletante et très-pénible ; son corps était couvert d'uni sueur abondante.
Bientôt nous signalerons comme affection consécutive ai foudroiement, la laryngo-bronchite aiguë, la congeslion l'bémorrhagie et l'inflammation des poumons; et si nod ajoutons à tant de causes de suffocation, Tinfluence que 1 fulguration exerce sur le centre cérébro-spinali nous n
ACTION DE LA FOUDRE Ul
poin«)h]8 nous étonner de la variété que présente la djsféfcs foudroyés.
IFw égard pour le moment qu*à la dtfspnée primitive, fnmkt au moment même du foudroiement ou lorsque le sfitiobé sans connaissance et mort en apparence^ refila Yîe.
in ooQs voyons que la respiration est petite, languis- ^ lentey startôreuse, haletante, accompagnée d'oppres* «.fiDie sensation douloureuse de forte compression ou set^t serrement; irrégulière, saccadée, convulsive et ^teps ea temps suspendue. I^adjspoée est parfois excessive.
Uq hoimne de 40 ans, près de qui la foudre tomba, fut ^mrsé sans connaissance ; bientôt il revint à lui, mais il flvail à peine respirer ; la suffocation devenait de plus en '6 snve et iemblait devoir amener prochainement la mort dti 1^1 lorsque une saignée et un vésicatoire sur la poitrine ^' ^gèrent promptement et le rétablirent bientôt entière- ^t (Brisbane.)
I^ djspoée, dont nous venons d'indiquer les formes si va*
v^ oe s'observe pas seulement sor les personnes directe**
^fil atteintes par la foudre, mais aussi chez celles qui se
"tti tronrées très-voisines du lieu qu'elle venait de frapper.
^ bit précédent nous en joindrons un autre.
^Qs rapporte qu'étant assis sous un auvent dans la
^ d'une auberge, la foudre fendit un arbre près de lui :
^ « lostaot il éprouva une oppression si forte qu'il ne pouvait
f*B respirer et qu'il craignit une suffocation subite. Ce ne fut
J^ on temps assez long qu'il put reprendre sa libre res-
f^« Il avait remarqué qu'au moment de la chute de la
^ il venait d'expirer l'air de ses poumons, et qu'il
^^^^ le plus impérieux besoin de les remplir de nou*
^ «ans pouvoir y parvenir (1).
}S.-* Laryngo-bronchite* — Le 4 juillet 1838, ^^^, la foudre tomba dans une maison à Heerliberg
^htd.
I4t ACTION DK LA FOUDRE
et y atteignit deux femmes. L'une, âgée de 46 ans^ fut. gravement brûlée sur diverses parties du corps et particulièrement sur la face et le cou. Une heure après Taccident, elle éprouva une douleur vive et ardente dans la gorge en avalant les liquides (potion oléo-mucilagineuse). Le 2* et le 3« jour, la douleur persiste au cou, s'accompagne d'une sécheresse intolérable des organes de la déglutition : Fusago du petit-lait tiède apporte quelque adoucissement- La douleur, au 4« jour, se propage au larynx et aux bronches, une toux sèche et violente l'aggrave encore. Au » jour, la toux commence à se modérer; les crachats sont abondants, épais ; au 10* jour, diminution des symptômes (soufre doré d'antiinoine). Guérison un peu plus tard. Nous reviendrons sur des accidents nerveux observés dans ce cas* Ne serait-<in point en droit de soupçonner que la foudre avait aussi brûlé la gorge et le pharynx, et se serait ensuite propagée jusqu'aux bronches? . X ..^J I
L'autre femme, âgée de 38 ans, assise à côté de la précédente, perdit connaissance, sans présenter de trace de lésion. La menstruation, survenue depuis deux jours, s'arrêl.j brusquement, et une brondiile survint. L'emploi des saignées locales et générales, des antiphlogistiques à l'iptérieui modérèrent cette plî|egma»e dont la marche fut d'ailleurs régulière. Le septième jour, il survint une abondante transpiration, la menstruation reparut et la guérison fut bientôt
complète.
II faut remarquer que la chambre où se trouvaient ces deux personnes était close, et fut instantanément remplir d*une vapeur sulfureuse qui est peut-être la cause de l'inflammation des voies respiratoires.
Lorsque, plus tard, nous étudierons les lésions internetrouvées sur le cadavre des foudroyés, nous signalercms plusieurs cas de forte congestion et même diapûptestie des pou mons. Nous ne pouvons dès lors nous étonner qu'on ail parfois observé sur le vivant des hémorrbagîes des voie* respiratoires, des phénomènes de congestion et peut-être mêinc d'inflammation pulmonaire.
HR LES APPAREILS DE LA VIE ORGANIQUE i43
SiL- Héxnorrhagies des conduits aériens. »
Ifietôforte décharge électrique, faite à travers la poitrine, e^ îsml suivie de crachement de sang (1). hit temps après le foudroiement, un individu, cité par Fftsoo, se plaignit d'une vive douleur à la poitrine, dou«* ^d fut aggravée par une toux fréquente, pendant laquelle 'silade rendit une qtMntité considérable de sang. il rapport de Feltstrom, une femme, qui se trouvait dans ffcaisiDe où la foudre pénétra, fut renversée sans connais* see; peu de temps après elle revint à elle et se plaignit im de douleurs à la poitrine, et pendant deux jours elle Tvia du sang à plusieurs reprises.
Cest sans doute a du sang qu'il faut attribuer la colora-^ jffi noire des crachats rendus par le malade dont nous allons arter.
Dam la nuit du 17 au 18 juillet 1767, rapporte le D^ Ri* aod, la foudre tomba sur une souche de cheminée, d'une ^aisoo située rue Plumet ; les chambres furent remplies fmt odeur suffocante et qui prenait à la gorge ; Fun des Plants, atteint à la hanche par Tétincelle, après être resté :te d'une demi-heure privé de sentiment, éprouva une %«il/ extrême de respirer et rendit des crachats noirs. La fcpoée persista pendant 48 heures, et, phénomène singu- ^1 à rapproche d'un petit orage, qui eut lieu quelques jours ^) le malade éprouva les loêmes symptômes. Est-ce à la €8? ou à l'influence* électrique qu'il convient d'attribuer '«ilertddive?
itV.— Broncho-pneumonie. — Les symptômes offerts par les deux sujets dont, nous allons tracer l'histoire se rap- ^^i^t de ceux que présentent les malades atteints de |*JH:bo-pneumonie : il est à regretter que l'auscultation et ^[ercussion n'aient point ici éclairé le diagnostic.
^ jours après avoir été atteint par la foudre, un malade, ^parSpreagel, fut pris d'une toux fréquente, accompagnée ^crachats mucoso-sanguinolents, d'oppression, de douleurs ^^^^tes dans la poitrine, de céphalalgie.
lU ACTION DE LA FOUDHE
Les accidents disparurent promptement sous Tinflue d'une saignée du pied, qui fournit peu de sang, de ventoi scarifiées sur la poitrine et d'un lavement purgatif.
Au rapport de Minonzio, dans la nuit du 21 au 22 févr un marin, à bord de la Médée, fut grièvement brûié pa foudre sur le tronc et sur les membres. Il éprouva le len main matin de vives souffrances; le pouls était alors faibh serré (saignée). Vers le soir survinrent les symptômes d'i réaction générale et d'un engorgement pulmonaire consic rable (pas d'indications de symptômes).
Le 2o et le 3^ jour, respiration difficile avec quelques ao de toux ; face empourprée ; peau sèche et brûlante ; t intense ; difficulté extrême d'uriner. Les douleurs dues i brûlures étaient excessives. (Deux saignées, boisson nitr potion calmante, lotions froides, puis cataplasmes sur brûlures.) Le 4* jour, respiration plus libre, diminution di la difficulté d'uriner. (Nouvelle saignée, boisson nitrée.) 5* jour, respiration presque normale, sueurs abondante plus tard, guérison complète.
La syncope joue un rôle important dans l'état de tm apparente des foudroyés et aussi sur l'issue funeste de l'a cident dont ils sont les victimes. (Voyez : Causes de la mort.)
Des lipothymies ou demi-évanouissements se remarque quelquefois chez l'homme frappé de la foudre , lorsqu revient à la vie ; elles se prolongent, se répètent plus ou moii et donnent à son état une apparence de gravité qu'il n'a réelh ment pas.
Des anxiétés précordiales, une sensation douloureuse < serrement au cœur, ont été observées chez plusieurs pef sonnes, et l'une d'elles ne put être délivrée de cet accidei qu'au bout de plusieurs années.
De fortes pttbalions de V aorte abdominale, et notamment d tronc cœliaque, ont été signalées par M. de Quatrefagei.
m LES APPAREILS DB LA VIE ORGANIQUE 145
tia^de M. Roaldès, qui éprouva au moment de la fulgu- T^iae violente douleur au creux de l'estomac, douleur leiki'il crut avoir le ventre ouvert par l'explosion d'une anifea ; or il se plaignit le jour même de fartes pukationi «ma a» pouls dans le trépied eœlùmuey accompagnées fsseosation plus incommode que douloureuse. Cessymp- 'è& œ tardèrent pas à disparaître, u phénomène fort intéressant à noter est le gonflement des m des régions qui viennent de subir la décharge fou- ^e ; les vaisseaux, privés subitement de leur tonicité, i? laissent distendre par le sang.
Au rapport de Blondeau, les veines sous-cutanées étaient ^iîtefldueset très-apparentes chez des chevaux frappés à M par la foudre.
Des Teines gonflées entouraient une blessure qu'un indigo dté par Voigt reçut à la tête.
Chez un homme qui resta plusieurs heures paralysé des membres inférieurs, nous avons remarqué, le lendemain dé seddeot, et lorsque déjà les mouvements s'étaient en partie i^blis, une distension très-notable des veines des membres ^lueut paralysés et plus spécialement des saphènes sieroes et de leurs principales branches. Cet état, sur lequel >His attirâmes l'attention du foudroyé, était tout nouveau pour >ô et disparut bientôt.
Ho factionnaire atteint par l'étincelle fut paralysé du bras ^ de la jambe gauches ; neuf jours environ après l'accident, : bras était encolle lourd et les veines s'y tuméfiaient promp* t^nt lorsqu'il restait pendant (1).
lofait suivant est fort remarquable, parce qu'il démontre ;^tOQie des veines d'une région du corps atteinte par la '^dre ; et l'influence de la contraction musculaire sur la ^^ulatioo dans ces vaisseaux.
U- Roaldès, dont il vient d'être question, eut, immédiate* après le coup de foudre, les jambes paralysées : cette M'sie diminua rapidement mais deux jours après l'accident ^ saperçut que les veines des jambes jusqu'à la hauteur des ^m, se gonflaient pendant la station, au point de faire
^Bsnni. Il — 10
craindre leur rupture. En même temps, et toujours pendant la station, les membres inférieurs éprouvaient un engourdissement qui bientôt mettait le malade dans Timpo^sibilité de les détacher du sol. Ces deux phénomènes ne se manifes* talent jamais à la suite d'une marche même forcée ou dans la position horizontale, et le moindre mouvement des orteils suffisait pour les faire cesser en rétablissant la circulation : ils disparurent tout à fait.
On observe encore un autre phénomène qui se lie sans doute à cette dilatation des veines : c'est la tuméfaction^ f enflure des membres après le foudroiement.
Un homme foudroyé, en revenant à lui, observa que ses jambes étaient le siège d'une vive douleur et d'une enflure considérable. (Goldschmidt.)
Wallis parle de deux individus, et Howard d'un autre chez lesquels la foudre donna lieu à une enflure des jambes.
Cette enflure semble un phénomène de congestion passive par atonie des vaisseaux et des tissus, plutôt qu'une congres— tion inflammatoire; aussi conviendrait-il de la traiter par les toniques et les excitants.
Des hémorrhagies par diverses voies sont fréquentes chez les foudroyés, mais jamais, que nous sachions, elles n*ont compromis l'existence. Aucune des observations que nous connaissons ne fait mention de l'état du sang.
Nous avons noté déjà Vhémorrhagie des voies respircUoires , nous signalerons bientôt Ihémorrhagie gastrique^ intestinale et celle des voies urinaires. Quant à celle qui a lieu par les oreilles, le nez, la bouche sans que nous puissions savoir précisément d'où vient le sang rendu par ces dernières voies, elle est assez fréquente.
L'étincelle des machines et le courant galvanique peuvent aussi produire des hémorrhagies par les muqueuses. Aldini détermina une hémorrhagie par les fosses nasales en faisant passer un courant électrique dans les fosses nasales d'une jument atteinte de morve.
Troostwyk a donné lieu à un crachement de sang répété chez un scorbutique atteint de paralysie et qu'il avait soumis au traitement par l'étincelle.