EMPOISONNEMENT PAR LA FOUDRE
le Mé droit ; la langue était convulsivement retirée vers le
ifA de la bouche ; il ne parlait qu'avec peine ; les gencives
et te dents étaient couvertes d'un limon salé et très*amer,
to 3 essaya de se débarrasser avec du vinaigre.
i Je commençai, dit l'abbé Seconditi, l'usage des bains et
>^ pédiluves; et un soir, pendant que j'avais les pieds
'àfls l'eau, il s'ouvrit une plaie sous le pied droit, de
'âquelle il s'écoula une si grande quantité de sanie vis-
) qoeuse, noirâtre, extrêmement fétide, qu'elle m'aurait fait
' éraoouir^ si je n'eusse été prompt à ouvrir les fenêtres et
> à la jeter dans le jardin ; la douleur et l'ardeur des épaules
) » calma ; mais pour cela, je ne fus pas encore guéri ; au
teontraire, en continuant à mettre mes pieds à l'eau, il
* s'oovrit une seconde plaie près de la première, mais plus
) petite, et une troisième sous la plante de l'autre pied, qui
) fournirent l'une et l'autre une matière semblable à celle de
) la première, mais en moindre quantité et sans m'occasion-
>Der de douleur; à cette époque, l'état convulsif de ma
» langue diminua considérablement, ainsi que la pesanteur
» de mon bras droit. »
Les plaies se cicatrisèrent en peu de jours, laissant à peine qi^lques vestiges ; toutefois, l'abbé Seconditi ne se sentait pas dans son état normal ; sa vivacité n'était pas naturelle ; ses idées se présentaient toujours en foule, sans qu'il eût la liberté de réfléchir; il se mettait en colère pour le plus léger ^jet ; il aurait pu se livrer à un exercice violent, sans jamais ï^teser. A cet état, se joignirent des hémorrhagiestrès'abmkntiê par le nez^ un crachement de sang et une diarrhée sangui- "fÀnteetlrh-fétide. Malgré les nouveaux accidents, sa vigueur ^aemit, ainsi que son appétit. Toujours inquiété par des îoges et par des secousses continuelles mais légères, il ne pouvait prendre de repos que rarement, et seulement à l'air et dans la campagne : son sommeil était toujours de courte •iorée. Pendant quinze jours que le malade passa à la campagne, marchant au moins douze heures par jour, se fatiguant ^r des travaux rustiques à l'ardeur du soleil et obtenant par ^ moyen des sueurs énormes, le malade n'obtint cependant aucune amélioration. Son imagination avait toujours la même
vivacité et ses forces ne diminuaient pas. Telle fut à peu près sa situation jusqu'au 21 juillet.
< Ce jour, ajoute Tabbé Seconditi, je me levai avec plus d'inquiétude et d'altération que de coutume; j'allai me promener lentement à travers les champs ; bientôt je fus tourmenté par une colique violente qui se termina par une évacuation vermineuse fétide à lexcès ; je continuai à marcher, mon trouble s'augmenta et j'eus une sueur si abondante, qu elle était sensible par grosses gouttes sur les mains mêmes. Je me sentis brûler avec des tiraillennenls douloureux dans tout le corps; je crus, dans cetinstanl, toucher au terme de ma vie ; l'esprit égaré, je m'avançais pour me coucher dans quelque fossé, mais les douleurs que j'éprouvais, croissant de plus en plus, et ne sachant où aller. je m'enfonçai, presque désespéré dans une diènevière voisine, et j'y rendis par haut et par bas une si grande quantité de sang avec des vers enveloppés dans un mucilage si fétide, qu'à peine j'eus la force de me relever et de me traîner quatre pas plus loin, où j'eus une sueur froide et une défaillance qui fut de peu de durée. Je pense que c'est de cet instant que ma santé a commencé à se rétablir ; car je revins dtner avec un esprit tranquille, mon imagination se régla, mes inquiétudes se calmèrent et depuis ce jour. quoique j'aie été sujet à quelques diarrhées, elles ont éUnaturelles et ne m'ont occasionné aucun accident particulier. »
Nous ferons observer ici que l'intoxication admise, il y a eu deux grandes époques dans l'élimination du poison : la première, c'est l'écoulement de cette sanie fétide noirâtre par les pieds; la seconde, ce sont ces évacuations alvines excessivement fétides qui entraînent avec elles une masse énorme de glaires, de sang et d'entozoaires.
En résumé, les observations que nous avons citées nous conduisent à regarder comme démontrée l'action toxique que la fulguration a exercée dans certaines circonstances ; nous constatons sa rareté ; peut-être que c'est faute d'avoir eu l'attention appelée sur ce sujet que nous possédons un si petit nombre d'observations.