‹ De la foudreChapitre 39 sur 174 · ART. 3. — IRRITABILITÉ MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

ART. 3. — IRRITABILITÉ MUSCULAIRE

L'irritabilité musculaire s'anéantit sans doute très-promptement sur le cadavre des foudroyés, mais aucune expérience directe ne confirme cette probabilité. Une expérience de Brown-Séquard vient en aide à nos assertions : BrowQ-

(i) NmUic. Mag., t. XII, p B07.

(il) Un fftit lemblabla est rapporté dans la Gotmoi, t. n, p. SS4.

ROiDBUa CADAVÉRIQUE tl3

Séytrd enleva les nmnbres aatérieim à ua lapin et flt patter par Tuo à^eux ua courant électro-osagoélique puis** saot: rîrritabUité muscuiaîre dimiBua peu à pan et disparut complètement au bout de dix minutes. Alors la rigidité com* eiença à s'y montrer et dura une demi -heure, puis la putréketiao s'y développe avec rapidité»

ART. 4. -<^ I^OIDEUA CAPAVÉRlOOe.

Siiivajit plusieurs auteurs, Hunier, Himly efï parliculier, la roideur cadavérique manquerait chez les foudroyés (1). Nous dirons cependant :

fo Que la roideur cadavérique a été plusieurs fois signalée chez l'homme foudroyé ;

2^ Qu'elle a parfois acquis un très- haut degré ;

3^ Qu'elle a présenté dans quelques cas une répartition iaégale et fort singulière;

4® Que les animaux tués par rétincelie des machines ou par les courants électro-magnétiques ont présenté la roideur eadayérique ;

5^ Que cette roideur s'est montrée d'autant plus prompte* ment et a duré d'autant moins longtemps que le courant a été plus énergique ;

6^ Qu'il est facile d'en çoodure que dans le cas de dé* chaires énormes d'électricité la roideur cadavérique a pu se développer si promptement et avoir eu une dprée si courte qu'elle ait échappé à l'observation ;

7® Que c'est ainsi que l'on peut se rendre compte des cas observés chez l'homme et qui ont porté plusieurs auteurs à croire que la roideur cadavérique manque chez les foudroyés.

Quelques observations confirment ces propositions : Le 13 mai 1827, un homme robuste, de 30 ans, fut tué par

la foudre; au moment de l'examen cadavérique, qui eut lieu

(i) IWkr, Blém.^ph9iioL. t. II, p. 41.

m EXAMEN BXTI^RfBUR DU CADAVRE

24 heures après i'accident, on remarqua une rigidité considérable de tous les muscles et plus particulièrement de ceux du cou, qui restait immobile, malgré de nombreux efforts de flexion (Schultus).

M. Guyon constata, au mois de juin, que le cadavre d'un foudroyé avait gardé toute sa roideur 34 heures après la mort. Le .28 avril, M. Brown remarqua une roideur cadavérique 28 heures après la mort.

Au mois d'octobre, Gabrielli observa la roideur cadavérique 48 heures après la mort d'un homme de 23 ans, foudroyé à Sienne; il n'y avait pas trace de putréfaction.

Le 30 juin 4854, un charretier de 35 ans, jouissant d'une robuste constitution, fut foudroyé a Paris, vers quatre heures de l'après-midi. Le lendemain nous vîmes son cadavre à la Morgue; il était roide, et se mouvait tout d'une pièce; le surlendemain, c'est-à-dire 44 heures après la mort, un peu avant l'inhumation, celte roideur était encore des plus marquées.

La roideur cadavérique peut atteindre un très-haut degré; on a vu le corps d'un jeune homme devenir roide comme une barre de fer trois heures après la mort. Chez un jeune homme de 14 ans, et chez un autre de 28 ans, la roideur était si complète qu'il était impossible de séparer les deux mâchoires (Ruther).

Toutes les parties du corps peuvent n'être pas atteintes par la roideur cadavérique. MM. Perego et Angelo Noventa constatèrent la flexibilité des membres supérieurs, la roideur, au contraire, et la fermeté des membres inférieurs, comme s'ils avaient été atteints de tétanos (d'Hombres- Firmas).

Beccaria cite un pécheur dont les bras seuls étaient restés flexibles.

Nous avons dit que la roideur cadavérique avait été obser véo, sur des animaux soumis à l'action de l'électricité de nos mnchines et qu'elle s'est développée d'autant plus promptemt^nt et a duré d'autant moins longtemps que le courant électrique a été plus énergique.

Ces deux propositions sont fondées sur les expériences

ROIDEUa GÂDAVÉRIQUB 9i5

suivantes que la science doit u Brown^-Séquard (1).

Un des membres postérieure d'un lapin fut soumis, pen* dint une demi-lieure, à Taction d'un courant électro-magnétiqœ énergique; et aussitôt après l'animal fut tué. Deux Iiaires et demie environ après, on constata dans le train posîmeur de ce lapin que la rigidité cadavérique existait déjà èss le menabre galvanisé , tandis que l'autre membre était {%ore tout à fait souple. Un peu moins de deux heures après fUe observation, on reconnut que la rigidité durait encore, Qiis qu'elle avait beaucoup diminué dans le membre galva- 5^, tandis qu'elle commençait à peine dans l'autre.

Ainsi, dans le membre galvanisé, la rigidité est survenue deux heures après la mort de l'animal, elle a duré un peu mus de trois heures; dans le membre non galvanisé, la rislité est survenue environ quatre heures et demie après la lort et a duré neuf joure.

Sur UD autre lapin on enlève les membres antérieure et m fait passer par l'un d'eux un courant électro-magnétique :«issant; ou constate que l'irritabilité musculairediminue peu ipeu et 1 on n'en trouve plus de traces au bout de dix minutes. La rigidité commence dès lore à se montrer, mais très -faible. L'autre membre conserve encore l'irritabilité musculaire a on degré considérable ; au bout d'une denii-heure, on constate que la rigidité a disparu dans le membre galvanisé, tan- & qu'elle n'existe pas encore dans l'autre ; elle n'y est survenue que quatre heures et demie après qu*elle a cessé dans e membre galvanisé.

Un cochon d'Inde fut tué par l'électro-magnétisme ; on DQtinua pendant 10 minutes après sa mort a faire passer le

urant delà tête à l'anus; lorsqu'on l'interrompit, la roi- ^r existait déjà dans les muscles du cou et dans ceux deia lee, des mâchoires et du tronc ; deux minutes plus tard, la ngidité survenait dans les membres ; ati bout d'une demiheure les membres étaient redevenus souples.

Les expériences comparatives suivantes, que nous devons encore à Brown-Séquard , feront mieux ressortir l'in-

^) CompUi rembu deUiOc. dé Biologie, GMeitemédk., p. 8S0 et 904(1849/. Sbstiek. II •» 15

EXAMBN BXTÉHIBUR DU CADAVRE

floènoe du courant électrique sur l'apparition et la dorée < ia rigidité.

On enleva le cœur sur cinq lapins de même espèce, \ môme Age, et, autant qu'on en peut ju<i;er, de même fore on en laissa un .de côté sans y toucher, et Ton soumit i quatre autres au passage d'un courant électro-galvanique i force différente pour chacun des quatre animaux. Voici I curieux résultats que l'on obtint alors relativement à la rij dite cadavérique.

Le premier animal ne devint rigide qu'au bout de i heures, sa rigidité est excessivement énergique et dure h ji^un; les quatre autres animaux, soumis A l'électro-noago tisme, présentent les différences suivantes :

a. Celui qui a été soumis au courant le plusYaible deviei rigide au bout de sept heures et sa rigidité dure six jours.

b. Celui qui a reçu un courant un peu plus Tort, mais moii énergique que ceux qui ont été employés sur les deux autre devient rigide au bout de deux heures et sa rigidité dure tn jours.

• c. Celui qui a été soumis à un courant un peu plus fort qi le précédent, devient rigide au bout d'une heure et sa rig dite dure vingt heures.

d. Enfin le lapin soumis au courant le plus énergique d vient rigide en sept minutes et sa rigidité ne duré que quifi minutes.

On a donc pour la durée de la rigidité cadavérique dai ces cinq cas :

i* cbes ranioul non électrisé 8 jonn ou 19S heures.

S* chez le !•' animal électrisé tf — 144 —

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