Dans le foudroiement qui eut lieu à Chantilly en
»»t i771 , et dont nous devons la relation à Valmont-Bomare, «jodques piqueurs aperçurent des taches noires sur la figure Âi dae de Bourbon, notamment à l'endroit de la barbe et en p:QS grande quantité encore sur la lèvre supérieure. Ces ta- Hm parurent, au toucher, onctueuses comme de la suie tris^ f^Kf. Au moment de l'accident, le duc avait été vu tout entouré du fluide igné ; il dit avoir éprouvé sur la face, un eSeC pareil au bruissement de la matière électrique.
Cet enduit noir qui cède facilement et disparait par quelques lotions, semble quelquefois pénétrer profondément les tissus et contracter avec eux une sorte de combinaison qui & est ensuite que lentement éliminée. C'est au moins ce que semble prouver la coloration noire des ongles, signalée sur i^'losieurs personnes, à bord d'un navire foudroyé aux Antilles peiMlant le terrible ouragan de 1837, appelé Touragan d'Antigoa. Pendant une heure environ, dit M. W. Reid, le capitaine Seymour, du Judith^-Esther , et son équipage furent (^longés dans une atmosphère lumineuse et tous leurs ongles dninreni entièrement noirs pendant plus de cinq semaines.
Dans quelques cas, l'enduit déposé sur le corps des foudroyés était jaune.
Defay rapporte que le 13 août 1781, près d'Orléans, un \igneron qui s'était réfugié près d'un noyer, fut tué raide par une décharge électrique : il avait la peau du visage et des mains d'un jaune d'ocre ; on s'assura plus tard que cette coukiir recouvrait presque toute la surface du corps.
Le docteur Krack, de la Prade et l'abbé Richard citent des observations analogues.
Dans ces cas, l'endroit coloré est dû à des substances pondérables enlevées par le courant électrique aux corps voisins des individus foudroyés, sans qu'il soit toujours possible de bien préciser l'origine de ces matières. Dans les observations
6 EFPKTS DE LA FOUDRE SUU L*HOMME
suivantes, la matière pondérable a été enlevée à des objets métalliques portés par l'individu lui-même, au moment du foudroiement.
1. Une jeune fille avait un collier de grains d'argent qui fut rompu par un coup de foudre, on trouva sur le cou huit petites lignes noires correspondantes aux huit interstices qui séparaient les grains d'argent (Barth. Behrens).
2. La chaîne d'or qui entourait le cou d'une dame fut fondue et oxydée; le cou était coloré d'une bande noire dentelée et présentait sept brûlures semblables à celles que présenterait l'application d'un fer chaud. Celte région était colorée en pourpre ; de là partait une bande en zigzag également purpurine qui côtoyait le sein gauche, se prolongeait sur l'abdomen jusque sur Talne du même côté, où elle se terminait par un disque de même couleur. Une bande semblable se voyait sur l'avant-bras gauche, jusqu'au-dessous du pli du bras. Ce dépôt pourpre semble avoir été de i oxyde d'or ou plutôt de l'or métallique très-divisé : aucune analyse chimique n'a été faite.
3. Cremer cite un exemple do coloration analogue au précédent.
4. La foudre tomba sur l'épaule droite de Pitcnirn, (It à riiabit un trou lai^e d'un quart de pouce, descendit sur la poitrine et sur la partie voisine de l'abdomen en traçant deux lignes irrégulières, de la largeur d'un demi-pouce, attirée probablement par une montre dont le verre fut brisé et la boite en argent en partie fondue; il on fut de même d'une pièce d'un demi-écu.
La foudre laissa sur le corps de Pitcairn une couleur noire, ressemblant aux branches d'un arbre, dont les traces disparurent au bout de quelques jours ; d'autres traces étaient d'une couleur brune et se terminaient par une couleur jaune foncé.
S II. —Injection capillaire. Dilatation des veines.
— Une injection capillaire très-line, donne parfois à la penu une teinte noirâtre qui disparaît momentanément par des frictions.
U éGdeiir ParkiMon cite un homme dont la main et lea iaer^ Paient froides et presque noires ; lorsqu'on les eut ftc&ionées elles devinrent d'un blanc cadavérique et eonserwaH cette blancheur tant que les frictions durèrent ; mais màM qu'elles étaient interrompues, la couleur noirâtre .'«finissait ; plus tard le malade se rétablit.
{in. — Eccbymose. — La ccrforation d'une partie plus ou o^Qs étendue de la peau est due souvent à une ecchyaose, c'èst-à-dire à rextravasation d'une certaine quantité de sang dans la couche superficielle de la peau.
Sor une dame tuée par la foudre et observée par le doclëar Ouvra rd , on trouva une large ecchymose sur toute k région latérale gauche de la poitrine, et plusieurs autres ecchymoses moins étendues à la partie externe du bras gauche, sur les deux rotules et sur quelques autres points •ies menobres abdominaux. La peau, incisée sur ces points, 'Sissaii voir une infiltration de sang noir liquide.
I IV. — CSoloratlons diverses. — Parmi les nombrettses observations que nous avons analysées, il en est plusieurs où il est fait mention de colorations diverses, sans qu'il soit possible, faute de détails suffisants, de savoir au juste leur nature; si elles dépendent d'un enduit, d'une injection capillaire ou d'une extravasation sanguine sous-épidermique. Leur étude , toutefois , n'est pas sans quelque intérêt.
Ces colorations bleues, bleuâtres ou livides^ noirâtres ou uires, sont comparables tantôt à celles que produiraient de hrges ventouses, des coups appliqués sur la surface du* fOTps, ou bien encore à celles qu'occasionne la combustion de la poudre à canon.
Il est une coloration , sans doute ecchymotique, qui né* eessite une mention spéciale, comme étant assez bien ea^ mtérigfiqw du foudroiement : c'est la teinte lie de vin ou fêwpr^ d'une région plus ou moins étendue. Ainsi , sur le cadavre d'un foudroyé que nous avons examiné avec soin; les pieds dans leur totalité et la moitié inférieure des jambes présentaient une couleur lie de vin foncée qur se
terminait en haut, sur chaque jambe, par quatre ou cinq digitations courtes et inégales.
1 . Diemerbrueck a vu un homme dont tout le côté droit du corps, depuis la tète jusqu'au pied, présentait une couleur pourpre noirâtre^ c colorem ex nigro purpurascerUeni. » L'épiderme avait été enlevé sur un grand nombre d'endroits comme par des coups de bftton. Chez une servante atteinte du même coup de foudre, la cuisse et la jambe droites avaient une teinte livide et pourpre.
2. Souvent des taches bleues ou noirâtres, ir régulières ou assez régulièrement arrondies ou ovalaires, sont disséminées sur une partie du corps. Ainsi, chez une femme citée par Ballantier, les épaules et le dos étaient parsemés de nombreuses taches noires, tirant au rouge, c atris maculis colore ad rubrum vergente. >
3. Une jeune fille, observée par Wolf, avait sur la surface entière du corps des taches bleues de grandeur variée.
4. Parfois la maculation est sous forme de bande ou de strie : l'abbé Ghapsal cite un homme foudroyé en pleine campagne, et qui présentait une traînée noire sur toute la longueur du corps, quoique la peau et les habits n'eussent pas été brûlés.
Assez souvent, une simple tache bleue ou noirâtre est la seule trace que laisse la foudre chez des individus qui survivent à l'accident.
5. Chez un homme qui revint à la santé, on ne trouva pour toute lésion extérieure qu'une marque bleue, au-dessus de la malléole externe . (Mayer) ; sur un factionnaire qui fut renversé par la foudre et resta 7 ou 8 minutes sans connaissance, on remarqua, pour toute lésion , une tache d*un bleu rougo à la cuisse, et à la fesse correspondante, deux taches de même couleur et de la grandeur d'un écu; les unes et les autres sans douleur et sans tuméfaction.
Et même il n'est pas rare qu'une petite tache noire soit la seule lésion que l'on constate à la surface du corps de l'homme tué par la foudre. Cette circonstance est importante à connaître au point de vue médico-légal : nous y reviendrons ailleurs.
6. La coloration occupe parfois une très-grande étendue, la moitié du corps, par exemple, et même plus. Ainsi, sur uo fflilitaire qui fut tué par la foudre, on remarqua, dit le àodeuT Guyon, une coloration violacée de la face, de toute la partie antérieure de la poitrine, de Tabdomen et des cuisses : l'était la seule lésion extérieure que présentait le cadavre.
7. Un matelot dont parle Allen Cooper avait la figure livide, ainsi que toute la moitié gauche du corps.
8. Chez un enfant âgé de 9 ans, Tabbé Chapsal trouva, à la base du gros orteil, une plaie semblable à celle d'une balle; en outre, la peau de toute la partie droite du corps, depuis le pied jusqu'à l'extrémité du bras, était noircie (la ( hemise ne présentait que quelques petits points noirs à peine perceptibles). La largeur de cette surface noircie était inégale, de.lO à 20 centimètres et vaguement délimitée : elle occupait la moitié antérieure de la circonférence du membre mférieur , le sixième de la circonférence du tronc et la face antérieure seulement du membre supérieur. La surface de la peau n'était point altérée et la couleur plus ou moins mMre était ■ imprégnée dans la matière. >
Quelquefois enfin c'est la surface entière du corps qui présente une coloration noirâtre ou noire, comme l'indiipjeot les observations suivantes :
Un matelot tué en 1707 à bord d'un bateau, près d'Ipswich» avait la figure et le corps aussi noirs c que si on les eut saucés dans une dissolution de poudre à canon. » •
L'amiral Hawker rapporte que la foudre ayant frappé la Mignonne^ alors en route pour Port-Royal, deux hommes furent tués dans la grande hune : ils étaient, dit-il, noirs par la brûlure.
Le corps d'un cocher, dont il est fait mention dans l'intéressante observation de Breretou et Adair, était entièrement noir.
Enfin, un individuelle dans les mémoires de l'Académie de Bruxelles , fut entièrement noirci par la foudre. Son père, qui se trouvait près de lui, reçut de profondes blessures.
iO EFFETS DE LA FOUDRE SUH I/HOMME
Les taches ou macuiatures bleuâtres ou noirâtres, dont nous avons rapporté plusieurs exemples, ne sont ordinaire ment accompagnées ni de douleur ni de tuméfaction et ne tardent pas à disparaître si Tindividu survit à Taccident. Quelquefois, cependant, on observe le contraire; ainsi. Marteau de Grandvilliers cite une femme dont les lèvres étaient noires comme du charbon et dont la jambe droite présentait une tache d'un pouce et demi de diamètre : la coloration noire des lèvres se dissipa il est vrai en deux jours, mais celle de h jambe dura quelques jours de plus et devint ensuite rouge avec gonflement et cuisson.
Enfln, ces colorations surviennent le plus ordinairement à Tinstant même du coup de foudre, ou presque immédiatement après. Cependant elles ne se montrent quelquefois que plus tard, à Tinstar des ecchymoses; c'est ce que prouvent les faits suivants : Rouchenius cite une personne qui , atteinte par Télincelie fulgurante, reçut à la hanche un coup qui la renversa ; on ne vit d'abord aucune lésion sur cette région qui était fort douloureuse, et qui se colora plus tard en brun bleuâtre.
Le 22 mai 1842, la foudre tomba à bord du brick Frisk, sur les côtes d'Irlande. Le maître et son second on furent atteints; la cuisse du première! le bras du second resteront engourdis pendant trois jours, puis la peau prit une teiute noirâtre (Blotched).
A quel mécanisme devons-nous attribuer ces colorations noires ou noirâtres qui occupent tantôt une partie, tantôt toute ou presque toute la surface du corps de Thomme foudroyé? L'absence de toute recherche chimique, physiquf^, et anatomique nous empêche de donner une solution sotisfaisante.
Si, dans quelques cas, le courant électrique entraîne avec lui dos substances pondérables et vient les déposer à la surface du corps, dans d'autres ca^, il semblerait plus juste d'admettre que la décharge électrique, frappant en nappe la surface du corps, paralyse les capillaires de la ponu qui seraient bientôt distendus et infectés d'un sang noir et liquide.
ET SUR LES ANIMAUX. Lfi8iONâ âl
I ^-Figures et dessins traoés par la foudre mfe corps de rhomme. — Nous distinguerons trois ds5 (f empreintes ou de figures laissées sur le corps de Itese par rétincelle foudroyante.
A. ArtKtriiaiions voêeulairei.
B. Figures ou fleurs de Liehtenberg, G. Dessins électTographiq^^es.
^ifionMiaMvasculairei, Ces arborisations, comme leur ^ I indique» sont dues à rinjection de vaisseaux, tantdt ^meai, tantôt de fort petit calibre, et presque captl*
'• Le 10 mai 1 785, dit le père Beûte, la foudre tomba sur ^dœber de la ville de RIom, et tua un homme qui était ^dé sur l'appui d'une fenêtre donnant sur le cbœur de
l|ise. On supposa qu'elle était entrée par le talon gauche et ^iepar TcH^eilledu mêmecdté, après avoir parcouru le corps "iHT. A lexamen du cadavre, oot vit les vaisseaux ramifiés ^lapeaa, gorgés de sang, sur la poitrine, sur le ventre et ^bbras.
^•Beeearia (1) rapporte qu'un pécheur fut foudroyé sur ^ liaotear sur ta rive du Pô, un phénomène fort singulier ^nré sur le cadavre, consista en une ramification vasculaire i^i se dirigeait de la clavicule à l'épaule gauche et vers la ^iDelle correspondante; elle était si exactement dessinée et ^riée par la foudre jusqu'en ses moindres divisions, que le F'Qceau du plus habile anatomiste ne l'eût pas mieux figurée*
''^rfois rinjection affecte des vaisseaux de très*petit calibre ^P^e capillaires; ainsi:
3* Le 18 juin 1 832, la foudre tomba sur une chaumière près "^I^nz-Yaitringen, y tua un vieillard et blessa douze autres '^^ooes. Le docteur Keyler remarqua sur plusieurs d'entre ^ des rougeurs superficielles, sous-épidermiques qui rê$* ^ient à des rameaux sanguins fortemmt injectés : ces par* ^^Ueni le siège d'une douleur brûlante.
i> Le 8 juillet 1810, l' Implacable, de 74 canons, fut frappé
*' ^fricOè aimospK, lettre XIV.
par la foudre dans le détroit de la Manche (1). Un homme qui se trouvait près du grand mât fut renversé par la décharge électrique, la peau de toute la région du dos présentait Taspect d'un arbre avec ses branches; il semblait* ajoutc-t*on» que ce phénomène avait été causé par la rupture des veines.
Si nous laissons, pour le moment, de côté ces dernières ligures en forme de branches d'arbre, pour fixer notre atlenlion sur les dessins décrits par Besile et si nous recherchons le mécanisme de leur formation, nous ne pouvons guère admettre l'opinion de Troostwyk et de Besile lui-même, qui croient que le cœur, instantanément surexcité par la décharge foudroyante, a poussé violemment le sang dans les vaisseaux. Ces arborisations, en effet, ne peuvent appartenir aux artères qui sont trop profondes et ont des parois trop épaisses pour laisser voir leur injection à la surface du corps; et Ton ne peut guère admettre que le sang poussé violemment par le cœur ait traversé le système capillaire, pour stagner ensuite dans les veines. D'ailleurs, s'il en était ainsi, Tinjection ne serait pas bornée à une région du corps, mais affecterait toute sa surface. Pour expliquer le phénomène, il faut avoir recours à l'intervention d'une cause toute locale : il nous parait naturel d'admettre que la décharge électrique frappant plus particulièrement une région du corps, en paralyse en quel<|U€ sorte les veines qui sont naturellement peu contractiles et que ces veines ne pouvant plus réagir sur le sang qu'elles contiennent, se laissent distendre par ce liquide. — Une circonstance qui semble favorable à cette explication, c'est que souvent les veines voisines d'une plaie produite par la foudre, restent saillantes et distendues par le sang ; que d'autres fois, les veines d'un membre paralysé par la décharge électrique, sont très-distinctement dilatées.
Quant au dessin vasculaire observé par Beccaria, cet auteur en explique la formation en admettent qu'un rayon foudroyant, a suivi spécialement le vaisseau qui s'est trouvi' injecté. Mais comment croire qu'au milieu de tissus mous el imbibés de liquides , le rayon électrique puisse s'attacher en
(1) NautU. Mag,, XII, Mi.
quÉe sorte à un rameau vasculaire, ^^omine à un fil con- ^ et isolé dans son trajet.
Wr ce qui concerne les dessins qui représentaient des
kéa d'arbre sur les corps de Pitcairn et du matelot,
Ks ne poQTons savoir, faute d'une description suffisante,
iisétaieflt formés par des ramifications vasculaires comme
^b cas précédents, ou s'ils n'étaient pas plutôt des tna-
"^m ariforisées , imprimées $ur la surface du corps par les
îMsbns du courant électrique (1).
S.F'yuret ou fleurs de Lichteiiberg. Le second genre de des-
sEîs réguliers tracés sur la surface du corps de l'homme fou-
^i constitue les figures de Lkhtenberg^ ainsi nommées,
'"ârceqn'elles offrent la plus grande ressemblance avec celles
i^^cet auteur a si bien décrites et que l'on reproduit facile-
^tàTaide de l'électricité déposée sur l'électrophore, que
<)fl saupoudre ensuite convenablement.
Ce n'est plus ici la disposi tion vasculaire qui se présente»
t sont d'abord des lignes mères, rarement droites, plus sou-
^( sinueuses, quelquefois très-*prolongées, recourbées ou
liûflen crochet à leur terminaison, de 2 à 3 millimètres de
^r et parfois divisées en deux ou trois autres lignes s'é-
^gnant de leur direction primitive. De ces lignes mères
Parlent de chaque côté, des stries dont les innombrables sub*
'^^oQs, parfois d'une merveilleuse régularité, forment
(i^éloilfô, des pinceaux ou des bouquets ; quelquefois cepen-
^^ le dessin présente un autre aspect : celui d'une tache
arrondie ou ovalaire, de la circonférence de laquelle s'échap-
1^1 des rayons en zigzag qui se terminent eux-mêmes en
'îyoonant.
Les figures de Lichtenberg n'occupent dans certains cas ^' nôtres-petit espace, le sein, l'épaule, le gras delà jambe, >f exemple; d'autres fois au contraire, elles couvrent une ^^de partie de la surface du corps, toute la région posté- ^Te du tronc, tout un côté de la poitrine et de l'abdomen ; ^ffeis aussi, on en trouve plusieurs, séparées les unes des **«», sur diverses régions du corps.
'^> Voyez : Images éUetrograpMques»
Les lignes noires et les stries qui en partent sont généralement colorées en rouge clair ou en rouge foncé, et ne disparaissent pas sous la pression du doigt. Elles affectent la superficie du derme et semblent formées par du sang extravQsé ; elles sont quelquefois le siège d'une douleur vive et brûlante.
Leur durée est variable : tantdt elles s'effacent en quelques heures sous l'influence des saignées et des applications froides, et parfois ce sont les stries les plus Unes et \cs plus subdivisées qui persistent le plus ; mais de légères frictions peuvent alors en faire reparaître les traces. Quelquefois, ces dessins persistent longtemps, puis deviennent blanchâtres, quoique toujours apparents ; enfin, après leur disparition, la peau reste, dans ces mêmes endroits, plus lisse et plus luisante que dans Tétat normal.
Le docteur Boeckmnnn observa des figures, qu'il compare à celles de LiclUenberg, sur une dame tuée par la foudre /i Dribourg en 179i.
Lenlin (1), le docteur Alexander, Brandis et d'autres encore citent des faits analogues.
Voici d'autres observations d'un bien grand intérêt par la grande étendue des dessins :
I. Mayer rapporte que le 25 juin 1785, un orage éclata au-dessus de Francfortsur-l'Oder (Prusse) et lança la foudre sur la caserne de grenadiers. Après s'être divisée sur et dans les bâtiments, elle atteignit quatre soldats assis et serres sur un bancà c/ité de la porte du corps de garde : tous les quatre ftirent renversés sans connaissance, plus ou moins paralysés, et la surface du corps de trois d'entre eux présenta le même phénomène à des degrés divers : c'est ce que l'on a dé* signé sous le nom de fieun électriques.
a. Le grenadier G... eut ses cheveux en partie brûlés: de ta nuque où Ion voyait quelques bulles ou phlyctènes, partait un trait rouge foncé qui se prolongeait sur la colonne vertébrale, jusqu'à la première vertèbre lombaire ; en ce point, il se contournait en crochet presque fermé. De cette raie prin-
(i^ HufiUmd't BibHoth, (ISIO).
eipale naissaient plusieurs raies secondaires plus faiblement iemées : la plus marquée descendait vers le côté droit et se 5i>jvisaît pour se porter sur trois endroits, savoir : au:dessu8 it j'épaule droite, sur la partie latérale du thorax et sur la iiQche du même côté; chacune de ces subdivisions se termiiioit eUe-oièine en de nombreux petits rayons. On voyait en outre une rate très-fine qui partait du milieu du mollet droit el se dirigeait vers le cou-de-pied où elle se terminait. EnQn, Siir le milieu du mollet gauche, existait une sorte d'étoile, iDuoie de nombreux rayons ; toutes ces raies et leurs nombreuses ramifications paraissaient formées par du sangextravasé et coagulé dans la couche superficielle de la peau.
i. Le sous-oCGcier G»., présentait sur la région antérieure de la hanche et la partie voisine de la cuisse, à quatre pouces eiiviron du pubis, un dessin ovalaire de la circonférence du^quel partaient dans toutes le^ directions, des rayons qui se subdivisaient eux* mêmes en un grand nombre de rayons plus petits. Sur la cuisse existait une autre strie, également formée d'irradiations.
e. Enfin le grenadier F... offrit, sur la hanche gauche, le genou et le pied correspondants, des stries étoilées, formées comme les premières par du sang extravasé.
Il importe de remarquer que chez les deux premiers, on trouva sur les bas de laine un dessin rayonné ou dentelé qui correspondait exactement à celui de la jambe et du pied.
Toutes ces stries et stellations, d'un rouge foncé, disparurent en trois ou quatre jours, pour être remplacées par des impressions de même forme, mais blanchâtres ; plus tard enlin, la peau resta, dans ces endroits, plus lisse et plus luisante que dans Tétat normal.
Les moyens employés chez ces trois blessés consistèrent en une saignée, des frictions, et l'administration du tartre stibié.
2. L'observation suivante a été recueillie par le docteur Girault. Nous en avons trouvé le manuscrit dans les cartons «le l'Académie impériale de médecine : nous n'avons fait qu'en régulariser la rédaction.
Le 5 octobre 1847, la foudre tomba sur une maison du vil-
loge d'Asnières, près d'Onzaîn (Loir-et-Cher), et y blessa, entre autres personnes» le nommé Guillet, âgé de 34 ans, au moment où il tenait la main sur la cteP de la porte qu'il se disposait à ouvrir. ÂTinstant, il fut renversé par terre sans perdre connaissance, et après avoir éprouvé dans les deux. membres droits, et surtout à Taisselle et vis-à-vis des côtes une douleur très-vive. Ayant aussitôt examiné le côté douloureux, il y vit, ainsi que beaucoup de curieux s'en assurèrent, des marques qui furent prises pour une fleur ou pour une branche d'arbi*e. Le docteur Girault se rendit auprès du malade, au bout de trois quarts d'heure au plus, et constata la lésion suivante.
Immédiatement au-dessous des poils de Taisselle droite, commençaient presque en se touchant deux branches qui se portaient en bas et un peu en avant ; chacune se divisait d'abord en deux, pour se subdiviser ensuite à l'infini dans la largeur de six centimètres pour les deux et de huit centi* mètres pour la longueur.
Près de la partie interne de ces branches et à une distance d'un centimètre environ, partaient quatre autres branches qui se dirigeaient presque transversalement en dedans et un peu en bas en suivant les espaces intercostaux qui correspondaient aux 3«, 4«, 5* et 6« nerfs du même nom ; elles étaient d'autant plus courtes et d'autant moins ramifiées qu'elles étaient plus hautes. Chacune commençait par un tronc unique qui filait jusqu'auprès du sternum où il présentait quelques subdivisions, mais en très-petit nombre et qui ne dépassaient pas la ligne médiane ; c'est là surtout que toutes les divisions d'un côlé de la branche n'avaient pas toujours leurs correspondantes de l'autre côté.
Une cinquième branche, occupant le 7® espace intercoslaL plus longue et plus ramifiée que les précédentes, commençai ( par un Ironc unique sur la branche perpendiculaire, et se portait en avant et un peu en bas, jusque près de l'appendice xyphoïde; elle ne commençait à se diviser qu'au moment où elle sortait de dessous la branche perpendiculaire, elle aval t une longueur de 14 centimètres. Ces ramifications occupaieu t une largeur de 5 centimètres et ses ramifications étaient înli-
niioeot nombreuses et parfaitement régulières, surtout à partir >^^ cinq ou six derniers pduces de la terminaison du tronc. foe sixième branche enfm était encore plus longue et plus rmùée que la précédente au-dessous de laquelle elle était sluée, à une distance plus grande que celle qui séparait les itftres ; elle arrivait près de l'ombilic en passant près de la crête iliaque, sans dépasser la ligne blanche ; elle paraissait c<)rrespondre au douzième nerf intercostal.
Les plus gros troncs avaient deux à trois millimètres de largeur. Examinons maintenant la curieuse disposition de leurs ramifications et suivons- la plus spécialement dans les deux troncs perpendiculaires : chacun de ces troncs se divisait et se subdivisait en diminuant de grosseur ; les divisions étaient régulièrement faites de deux en deux, par filets droits sans anastomoses, sous un angle ouvert et pareil pour toutes; de chaque côté de ces filets, partaient parallèlement entre eux des bouquets de ramifications, quelquefois cependant il en manquait un ou plusieurs. Tous les traits qui formaient les divisions étaient droits, diminuaient de longueur et dé Iqrgeur à mesure qu'ils se multipliaient et approchaient de leur terminaison ; chaque trait se subdivisait en deux à son extrémité et chacun de ceux-ci en deux autres ; tous les traits qui se correspondaient étaient absolument de la même longueur. Quant à Fangle de division de toutes ces lignes, il était absolument le même, c'est-à-dire ouvert et en pieds de marmite. Ainsi ces infinies divisions étaient d'une régularité et d'une similitude parfaite, elles ofifraient d'ailleurs les mêmes caractères dans les six branches transversales. Ces troncs et leurs subdivisions avaient une couleur rouge vif, nette, parfaitement tranchée et de même intensité dans les lignes les plus larges comme dans les plus déliées.
Une saignée de 300 grammes fut pratiquée deux heures trois quarts après l'accident : dès ce moment, les douleurs que le malade éprouvait dans les parties atteintes, diminuèrent notablement; le soir, la rougeur des marques était moins vive , et le lendemain tout avait disparu, excepté quelques traces de la partie antérieure de la branche inférieure. Ainsi pour cette branche, les subdivisions se sont effacées après le
Snrm n ^ 2
i8 EFFETS DE LA FOUDRE SUR L'HOMME
tronc principal ; il est probable que les autres branches ont suivi, pendant la nuit, la môme marche de disparition ; ajoutons que répiderme de la partie affectée n'est pas tombé, et que le malade s'est parfaitement rétabli après avoir éprouvé pendant deux ou trois jours une légère douleur au côté lésé, surtout à loccasion de certains mouvements; tout le traitement consista en une saignée et une infusion de tilleul.
Une circonstance sur laquelle M. le docteur Girault insiste, c'est que les diverses branches qu'il a décrites, auraient affecté la direction de certains nerfs : les branches perpendiculaires, celles de quelques filets nerveux, qui se portent en bas après s'être détachés du 2^ nerf intercostal ; los branches transversales, celles des 3% 4% 6% 0% 7« et li nerfs intercostaux.
3. Ce même rapport entre les stries principales ef les nerfs sous-jaccnts, se trouve déjà signalé en 183â par le docteur Keylcr, sur un vieillard de 78 ans frappé à la nuque, et qui fut tué sur le coup.
Le même auteur ajoute que sur plusieurs personnes d'âge différent, atteintes par le même coup de foudre, mais qui survécurent, on voyait sur plusieurs parties du corps et correspondant au trajet des nerfs des stries rouges tout à fait superficielles et ressemblant à des vaisseaux fortement injectés. La douleur y était très-brûlante : un Uniment d'huile de jusquiame et d'extrait de Saturne la fit promplement disparaître'.
Quel mécanisme préside à la formation de ces singulières fleurs de Lichtenberg?
En voyant ces dessins représenter quelquefois sur la pc^iu les principales divisions de certains nerfs, on a été tout naturellement conduit à attribuer un rôle actif à ces nerfs. Ainsi, d'après le docteur Girault, le sujet serait d'abord éloctrisé par influence, à distance; le fluide s'accumulerait dans le système nerveux comme plus propre à le recevoir. Los deux fluides de noms opposés se réuniraient au moment do la fulguration et leur point de réunion serait la peau, dans l'endroit correspondant aux filets nerveux qui se déchargeraient alors comme une bouteille de Leyde.
^ théorie ne nous parait pas satisfaisaote : d'abord
pffifaeles fleurs de Lichtenberg n'affectent que rarement
à^jrors troncs la direction des nerrs sous-jacents ; dans
isiDème où ces directions sont à peU: près les mêmes» il
ijiaocuaeressennblance entre la forme steilée des termi-*-
•s^ des fleurs de Lichtenberg et la disposition des der-
itfes subdivisions des filets nerveux. Comment donc ad-
iritre qae letinceile électrique suive la direction des filets
ïrveai pendant une partie seulement de leur trajet, et
ér^ oœ tout autre distribution dans l'autre partie de ce
2àne trajet ?
C Images électrographiques au kéraunographiqiies (1). — 3iQi>us admettons la réalité des faits que nous allons citer, si ^jQssupposons qu'aucune illusion n'ait égaré les observateurs isi nous les ont fait connaître, qu'aucune exagération n'ait 3îéfé leur récit, nous Yecron3 d'unjB part divers objets, un r à cheval, un chiffre, une fleur naturelle, une fleur peinte ^r an vêtement, des pièces d'or contenues dans une cein- «i^œ reproduire leur image sur la surface du corps de 'Ix^me foudroyé ; nous verrons aussi l'image d'un homme ■^yé, tracée sur une muraille voisine. A ces observations &M en joindrons quelques autres relatives à des dessins de tranches et de feuilles d'arbres tracés sur la peau de il^mune frappé de la foudre.
Les deux premières observations que nous allons citer, ont '^»é consignées dans le 3^ volume d'un recueil publié (2) à <>jrfou par le professeur Orioli. M. d'Hombres-Firmas les ^ traduites et communiquées à l'Académie des Sciences
1. Un jour de septembre 1823, la foudre tomba sur le ^j^gaotin // Buon-Servo, à Tancre, daqs la baie d'Almiro, ' i entrée de la mer Adriatique. Un matelot rapiéçait une '•émise, assis sur une caisse, au pied du mât de misaine,
rsque la foudre atteignit le mât et tua le matelot.
^^Q ne put voir ni brûlure ni déchirure siir les habits ; ^ais après avoir déshabillé le cadavre, on remarqua sur son
t.i De Kifay^c;, foadre.
iOmli, Fulmini ceUbri : Spigbe elPaglie, Corfott (184i}.
ao EFFETS DE LA FOUDRE SUR L'HOMME
dos une trace légère et noire, qui partait du cou et se terminait aux reins. Là était imprimé un Ter à cheval parfaitement distinct et de la même grandeur que celui cloué sur le màt, suivant Thabitude des marins superstitieux de rionie.
2. La foudre atteignit un brigantin dans la rade de Zantc ; en ce moment cinq mariniers se trouvaient à la proue : trois veillaient, les deux autres dormaient. Un de ces derniers fut tué, on le trouva couché sur le dos et intact ; en le déshabillant on vit sous sa mamelle gauche un numéro 44 que tous ses camarades attestèrent ne pas exister auparavant. Les deux chifTres, grands» bien formés, séparés par un point, étaient identiques au même numéro en métal attachéàun d<'!^ agrès du bâtiment, entre le mftt et le iloarin dans le trnjot suivi par la foudre (1).
3. Des fleurs, des feuilles de peupliers ont été ainsi imprimées (2).
4. On a vu pareillement l'image du feuillage, et mcine d'un arbre se former sur le tronc des individus foudroyés (3).
Dans ces cas, les corps représentés sur les individus foudroyés étaient à des distances variables : dans ceux que nous allons citer les corps auraient été presque au contact de riiomme lui-même (4)
1. Bernhold rapporte qu'en 1795, la foudre tombée dans la maison d'un pasteur, y blessa plusieurs personnes. Ln femme du pasteur fut la plus légèrement atteinte; mais, chose singulière, on vit comme imprimée ou peinte sur le bras droit vers le coude une peur rouge semblable aux ffeur^ rouges de la robe. L'auteur se demande si ces fleurs rougos nv renfermaient point du cinabre.
2. Le dimanche 4 septembre 1864, vers dix heures ol demie du matin, trois hommes étaient occupes à cueillir dv^
(t) CùmpUi rendus, t. XXIV.
(i) Comptes rendus, t. XVI, et Orioli, t. XXIV.
(3) Le Koy, d'après Franklin. Journ, de phys,, t. XXIX, et Boudin, lUtittirt phys. et mèdic, de la foudre.
(4) On en trouyera d'autres exemples dans le Traité de Gfographie et d^ Sut' iisiutue tnWiica/es de M. Boudin. Paris, J.-B. Baillit^re (i«ol).
ET SUR LES ANIMAUX. LÉSIONS Si
poires à deux cents mètres du bourg de Nibelle (Loiret),
lors^la foudie tomba sur le poirier, le contourna du som-
meiala base en forme de vis sans fin, enlevant l'écorce et
éi !xà de l'épaisseur d'un centimètre, sur une largeur de
près duo décimètre. Puis , quittant Tarbre , le tonnerre
toiba sur la tète d'un des ouvriers qui mangeait son pain
^tk toa, ainsi qu'un chien assis à ses côtés. Le corps était
omm brûlé par derrière du haut en bas, et conservait une
irts-forte odeur de soufre.
Les deux autres ouvriers qui étaient sur le poirier furent /(es à terre et restèrent quelque temps sans connaissance. Lorsqu'ils revinrent à eux, ils ne pouvaient remuer les jambes. On les transporta à leur demeure, et on les trouva tous deux atteints par le fluide.
Chose merveilleuse, Tun d'eux avait des branches et des ''uiiles de poirier très-distinctement daguerréotypées sur la Mme, A cela près, le terrible photographe avait été assez î'Min, car dès le soir les foudroyés pouvaient se lever et l'mmencer à marcher (1).
3. L'observation suivante a été communiquée à M, d'Homkres-Firmas par le professeur Orioli (2).
Le 9 octobre 1836, vers 4 heures 1/2, un orage épouvan- '«ible éclata au-dessus de Zante, l'une des lies Ioniennes, et •" jeune Spiridioni Politi, alors étendu sur son lit, fut tué '^ideparla foudre. Le soir même, le docteur Dicopulo, accomi*^^né du magistrat instructeur et de plusieurs autres per- ^•nnes, fit l'examen du cadavre.
' Nous vîmes, dit-il, autour de ses reins, une bande de ::e serrée et dans la doublure de celte ceinture nous trouâmes quatorze pièces d'or enveloppées dans du papier en •l' ux petits paquets ; l'un, du côté droit, contenait une pistole i t^pagnc, trois guinées et deux dcmi-guinées ; celui qui ' iil à son côté gauche renfermait une autre pistole d'Esl 'i^ne, quatre guinées, une demi-guinée et un sequin de Venise. Ni ces pièces, ni le papier, ni la toile ne présentaient ^ moindre marque de brûlure... mais, chose bien remar-
1) Dodenr Lebigne, maire de Nibello. Mon'U. unie, da 9 septembre 1864. <i Comptes retidu%, i. XXIIl (1846).
n EFFETS DE LA FOUDRE SUH L'HOMME
quable, le cadavre avait au milieu de l'épaule droite six cercles qui éonservaient leur couleur de chair, et paraissaient d'autant mieux tranchés sur la peau noirâtre qui les entourait. Les cercles, à la suite l'un de l'autre, se louchant en un point, étaient de trois grandeurs différentes, correspondant exactement à celles des monnaies d'or que le jeune homme avait du côté droit de sa ceinture, ce que le juge instructeur et tous les témoins ont certifié, après que la comparaison en fut faite.
Dans toutes les observations qui précèdent, rem])reinte a été tracée sur le corps de l'homme ; il n'en est plus de môme dans le cas suivant.
Le professeur Henry (i) dit avoir appris de différentes sources, qu'une personne ayant été tuée au moment où elle était debout près d'un mur blanchi à la chaux, on vit sur ce mur l'image de la personne dessinée en couleur sombre.
Discussion. —Théorie. — Si nous acceptons comme ayant réellement eu lieu les faits relatifs au fer à cheval, au chiffre, aux fleurs, aux feuilles et aux branches d'arbre, cités par Orioli, Bernhold, Franklin, etc., nous trouvons une singulière analogie entre ces images électrographiques et les dessins photographiques. De môme que les derniers sont formés par la lumière tombant sur une surface convenablement proparée pour les fixer, de même les dessins électrographiqnes résulteraient des modifications que divers objets, placés sur le trajet des rayons électriques, leur feraient subir; mais sans qu'il nous soit possible de savoir au juste la nature de ces modifications. Le transport de molécules hétérogènes et pondérables par le courant électrique, jouerait sans doute ici un rôle important, rendu plus manifeste encore, sUl était démontré qu'une fleur peinte en rouge sur un vôtemcnt se serait reproduite avec cette même couleur rouge sur la svwface de la peau. L'image de Phomme tracée sur la muraille appartiendrait au même ordre de faits.
Quant aux figures circulaires représentant exactement lo
(1) AmerU. Assw., p. 4â (ISiiO).
ET SUH LES Â.NIMAUX. LÉSIONS â3
dimeflaons de plusieurs pièces de monnaie d'inégale grandeur, rappelons que le docteur Dicopulo, un magistrat inslrkteur et plusieurs autres personnes ont attesté le Tait. Pïiieure savants ont cherche à Texpliquer : au premier Jkd, dit M. d'Horabres-Firmas, une grande difficulté se fréseotâit : comment en effet six pièces de monnaie réunies a paquet, ont-elles laissé sur la surface du corps six empreioles circulaires alignées et ne se touchant que par un pjiûlde leur circonférence? Alors on a supposé que le jeune Mti, pour ne pas être gêné par Tor qu'il portait dans sa ceinture, ou qu'il ne formât point une, protubérance trop visible, avait arrangé les pièces en long, l'une à la suite de l'autre, et ifue dans sa chute, ou lorsqu'on le porta sur son lit, ou lorsquoo le déshabilla, elles se réunirent en paquet dans leur enveloppe. Supposons donc ces pièces de monnaie ainsi imposées, comment expliquer les empreintes circulaires de la peau ? D'après la distribution et la direction des Hessures et des ecchymoses trouvées sur le jeune Politi, il parait que la foudre Tatteignit à l'un des pieds et s'échappa par le haut du corps, en d'autres termes elle marcha des pieds à la tête; alors, d'après MM. les professeurs Vismara et Longe, les empreintes seraient dues au transport d'une loatière subtile enlevée à l'or et déposée sur Tépaule du jeune homme. Mais remarquons que les empreintes circulaires avaient la couleur naturelle de la peau et n'étaient apparentes que par le contraste avec la couleur noire d'ailleurs irès-fréquente chez les foudroyés.
Xe pourrait-on pas alors supposer que les rayons électriques, rencontrant dans leur trajet des pièces d'or alignées, ont giiisé à leur surface et repris ensuite leur course pour agir sur la peau qu'ils auraient noircie excepté aux endroits corfespoodant aux disques métalliques qui auraient ainsi joué ie rôle d'écrans ?
Mais que de réserves à faire, que d'objections à présenter, que d'interprétations différentes à donner ici eb qui nous laissent dans le doute sur la véritable manière d'agir de la t'udre dans tous les faits que nous venons de citer? Ainsi cette li^ne noire qui suivait l'épine dorsale et sç terminait sur les
lombes en forme de fer à cheval, ne nous rappelle-t-elle pas une observation consignée plus haut où nous voyons également une ligne noire suivre la colonne vertébrale et se terminer sur la région des reins en crochet presque fermé?
Quelles étaient les dimensions, la couleur de ce chiffre 44 trouvé sous la mamelle du marinier ? Ses camarades ont affirmé qu'il n'existait pas avant Tévénement, mais cette assertion nous suffit-elle ? Ne serait-ce pas ici un simple tatouage à la poudre à canon si fréquemment observé sur les bras et la poitrine des matelots et des soldats? Le chiffre attaché aux agrès du navire avait sans doute une signification particulière qui a pu engager le matelot à se tatouer de la sorte.
La fleur rouge semblable à celle de l'étoffe et reproduite, dit-on, sur le bras d'une femme, ne serait-elle pas une de ces extravasations sanguines sous-épidermiques, de forme bizarre et parfois régulière, assez fréquemment observées sur les personnes frappées par la foudre?
Pour ce qui concerne les feuilles de peuplier en particulier, tracées sur le corps de plusieurs foudroyés, nous devons d'abord nous demander s'il existait un peuplier dans le voisinage, et d'ailleurs ne peut-on pas soupçonner qu'il ne s'agit ici que de cesmaculations parfois observées chez les individus frappés dans leur chambre ou en rase campagne, ou à bord d'un navire, et qui auraient accidentellement pris la forme de feuilles de peuplier ou de tout autre arbre ? Peut-être même ne s'agit-il que de simples ramifications représentant les nervures longitudinales et latérales des feuilles. Ce fait rentrerait alors dans la catégorie des figures vasculaires dont nous avons parlé.
Enfin, quant à la dernière observation de M. Dicopulo, et où nous voyons des places rondes alignées, ayant la forme et les dimensions de pièces de monnaieet dans lesquelles la peau partout ailleurs noirâtre a conservé sa couleur naturelle^ nous dirons que Bullmann a constaté sur un homme touché par la foudre lajirésencede troistachesrondesd'unjaunesale,la plus grosse égale à une pièce de huit gros et placée sur la région du cœur, et que le docteur Fillcau a trouvé sur un laboureur
attflÉ jw la décharge électrique < quatre impressions de briàrv de la grandeur et de la figure chacune cTune pièce de iiuims y placées symétriquement et à une distance à peu près mi ki vnes des autres, »
iV, si ie courant électrique a pu laisser des maculalions, fê]»ilJures nummulaires ei régulières sur la surface du corps k nKMnme, le même courant a également pu laisser intactes ^places nummulaires pour n'atteindre que leur voisinage, crâune on le voit, les observations que nous avons rappelées laissent à désirer, sous le rapport de Tauthenticité, de Texactitude et de l'interprétation dont elles ont été l'objet.
§ YI. — riësions punctiformes lenticulaires. —
La lésion punctiforme ou lenticulaire n'affecte parfois •]Q'aoe région trës-circonscrite, le genou, le bras, le cuir che- ^ehi par exemple ; mais plus souvent elle occupe une bien plus grande étendue.
Elle présente trois variétés principales d'après son aspect et sa ressemblance avec d'autres lésions.
i. Une première variété est celle où dés taches lenticulaires disséminéeset rouges simulent assez bien la petite vérole à certaine phase de son développement. Ainsi :
Le 6 juin 1724, à Harmanschlag, le fluide pénétra à dix Iieures du soir dans une maison de paysans où se trouvaient réunis le père, la mère et quatre enfants.' Trois de ces enfants tombés près de leurs parents furent brûlés aux cheveux, au visage et çà et là sur la surface du corps; leur aspect était '■mme sUls avaient eu la petite vérole (Reimarus).
B. Une seconde variété semble produite par des grains de poudre à canon : elle consiste en une infinité de points noirs, plus ou moins rapprochés mais parfaitement distincts les uns des autres, ou bien en de petites taches livides du diamètre d'un pois. Ces taches lenticulaires nous paraissent formées par un simple enduit fuligineux, par des ecchymoses ou bien pardesbrùluressuperficielles. Les vêtements correspondants sont souvent criblés de trous nombreux. Voici quelques faits de ce genre.
Un homme de 47 ans fut foudroyé sous un arbre; tout le
côté gauche du corps depuis Tépaule jusqu'au pied était atteint d'une brûlure aux deux premiers degrés; répîderme de l'épaule et du dus était enlevé, et le derme dénudé avait une couleur noirâtre; partoutailleurs on observait de petites taches noires semblables à celles que produit la poudre à canon. La région interne de la jambe droite, jusqu'au creux poplité, était dans le même état, et le poil de toutes ces parties était grillé (Gabard), *
Rûlher, Gondinet, Schrot et Hagel citent des observations analogues.
C. Une troisième variété de la lésion lenticulaire peut être comparée à celle que produiraient des grains de plomb à la surrace et dans l'épaisseur de la peau.
Parfois les trous sont en petit nombre, mais le plus ordinairement les trous sont très-nombreux, en sorte qu'une charge entière de plomb de fusil semble avoir atteint de loin les blessés : sur l'un d'eux, on en trouva plus de deux cents.
Ces trous sont variables dans leur diamètre, comme s*ils résultaient de Tatteinte de grains de plomb de divers calibres.
Sous le rapport de sa profondeur, cette lésion présente de notables diflérences ; parfois, dans les cas très-rares, la peau n'est pas même entamée, et l'on ne trouve que de nombreuses impressions semblables à celles que produiraient des grains de plomb qui viendraient s'amortir sur la peau sans la traverser. De pareilles impressions ont été constatées chez un petit garçon par le docteur Ebell ; elles étaient très-nombreuses et placées entre plusieurs lignes rouges et larges qui descendaient du cou sur la poitrine, l'abdomen et le membre inférieur gauche ; on en retrouvait aussi sur le bras gauche.
Mais le plus souvent, le tissu de la peau est réellement atteint à une profondeur variable. Chez une femme, la lésion pénétrait à un demi-pouce, comme on put s'en assurer au moyen d'une sonde.
Les bords de ces trous sont noirs, secs, et évidemment brûlés; une rougeur érylhémateuso les entoure et s'étend à une distance variable. Parfois elle prend rapidement meteinte noire accompagnée de lun^éfaction, double phénomène
ET SlITl LES ANIMAUX. LKSIONS 27
«\in :»^ faire craindre la gangrène. Après une supptiratîon pte ^ aK)îns abondante, on voît se détacher de ces plaies «^ vfîtfô masses noires, sèches et dures comme du cuir; la c'-ffeaiion marche alors rapidement; quelquefois cepcnjî! elle est fort lente. Ainsi, une femme, par suite de ce ipQfe de lésion, ne put se lever qu'au boirt de trois semaines H resta malade pendant près de trois mois.
Les Têlements qui correspondent h ces lésions sont criblés 'Je f^lils trous; on en trouva un très-grand nombre chez le fjjel, qui présentait jusqu'à 200 points de brûlure : ils sont parfois noirs et sentent la pondre à canon.
La présence de ces trous sur les vêtements indique que le •rfirant électrique s'est déjà divisé en un très-grand noml)re de rayons partiels avant d'arriver aux vêtements dux-^mémes. U paraît cependant que cette division du courant se fait quelquefois mire le vêtement et la peau; car chez un sujet, on trouva une ouverture unique au vêtement qui couvrait l'éfioule gauche, tandis que la fesse présentait un grand nombre de points de brûlure.
Voici quelques exemples à l'appui de ce qui précède. Un homme, dont parle Guazzi, avait le coude droit appuyé scr Tanfracluosilé d'un arbre souS lequel il s'était réfugié, quand il fut atteint par la foudre; le bras et le coude droit offrirent une infinité de petits trous, infiniti forellini.
Le professeur Gerdy a vu à la Morgue un homme tué par la foudre et dont le cuir chevelu présentait de nombreuses plaies très-petites et semblabres à celles que pourrait produire du plomb de chasse de gros calibre.
Dans les observations suivantes, la lésion occupait une bien plus grande étendue, ainsi :
Chez une jeune personne de 19 ans foudroyée sous un sapin, on voyait sur tout le côté gauche du corps âe nombreuses blessures qui Semblaient avoir été faîtes avec du petit plomb et dont le bord était noir et brûlé (Krebs).
Le 15 juillet 1787, un laboureur était assis sous un arbre lorsqu'il fut blessé par la foudre ; Tétincelle fit une ouverture presque imperceptible aux vêtements, au niveau de Tomoplate gauche et brûla le tiers supérieur et latéral gauche du
dos, en sorte que Tépiderme resta attaché à la chemise. Glissant ensuite le long du côté gauche du corps, elle n'3 laissa qu'une légère impression ; mais parvenue à l;i fesse gauche, elle y pratiqua, ainsi qu à la chemise, environ 20C points de brûlure peu profonds, assez semblables à reflet qu'aurait produit un coup de fusil tiré à petit plomb et de loin. En outre la fesse droite avait reçu quatre impressions de brûlures plus profondes, de la grandeur et de la forme d'une pièce de 12 sous, et placées symétriquement à une distance à peu près égale les unes des autres. Le fluide électrique n'avait plus laissé que de légères impressions sur la cuisse et le jarret gauches, avait enlevé l'épiderme sur Je mollet et rougi le talon avant de s'échapper, en déchirant la partie postérieure du soulier. Toutes ces brûlures furent pansées avec le cérat de Saturne auquel on ajouta le jaune et le blanc d'œuf ; applications qui calmèrent à l'instant le^ douleurs : le malade se rétablit parfaitement (Filleau).
L'observation suivante offre encore de l'intérêt.
Dans la catastrophe d'Éverdon, décrite par Wallis, les blessés et les tués offrirent plusieurs variétés de lésions : par exemple, sur l'un d'eux, on trouva un petit trou de la grosseur d'une plume d'oie au creux de l'estomac et plusieurs autres aux jambes.
Une femme avait sur le genou 4 petits trous que l'on aurait pu croire faits par des grains de plomb; ils suppurèrent et il en sortit des eschares. Une autre femme avait sur le corps plus de cent blessures de diverses formes et dont un grand nombre, après une suppuration prolongée, livrèrent passage à des eschares noires et sèches comme du cuir, de grosseur variable, atteignant parfois celle d'une noix et semblables aux eschares produites par les caustiques. Cette personne ne fut guérie qu'au bout de trois mois.
Dans la relation que John Morton (1) donne du même événement, il est dit que sur les épaules et le tronc de plusieurs blessés on voyait beaucoup de petits trous dont quelques-uns avaient un demi-pouce environ de profondeur ; ils étaient
(1) Tfie naiural hiitary of yorthamptonthire, p. 3io.
Toakcomme ceux produits par des grains de plomb, et tel-
1»^ serrés à certaines places, qu'on eût dit qu'une charge
tmh de fusil les avaient atteints. Les tissus qui circon-
iPiienl ces trous étaient durs, secs et brûlés ; une rougeur
âoiinatoire s'étendait à une certaine distance et fit bientôt
'Mt à une couleur noire accompagnée de gonflement. La
.^sïgrèae parut imminente ; ces brûlures furent plus difficiles
2 guérir que des brûlures ordinaires; cependant tous les
îifaés furent sauvés.
S VD. — Lésions sous forme de raies. — La lésion fse nous allons décrire est la plus iVéquente de toutes celles W produit la foudre sur le corps de 1 homme. SHuatim. Le plus ordinairement, elle affecte les régions alérieure et latérale du corps; moins souvent sa région >|§térieure, maïs assez souvent elle contourne le tronc et les ^bres; parfois même elle affecte sur les deux membres ffle symétrie presque parfaite.
En 177Î, à Wettin, près dé Halle, la décharge foudroyante alteigoit un horanie qui se tenait debout sous la voûte d'une ?>rte d'éeurie. Du cou partait une ligne noirfttre qui se pro- ^geait sur la poitrine et Tabdomen; ici elle se divisait en taa branches : l'une parcourait la cuisse et la jambe gauflies jusqu'à la cheville; l'autre affectait absolument la même ftreclion sur le membre droit (Reimarus). yinnbre. I! est très-variable; souvent on ne trouve qu'une ^^ deux raies partant d'un même point et s'étendanl plus ou nwinsloin. Ainsi : le 19 juillet 1752, la foudre étant tombée ^ l'église de la paroisse d'Alfwa, atteignit entre autres Personnes le prédicateur qui fut grièvement blessé. Ses che- ^^x, sa perruque furent en grande partie brûlés, et la peau 'iû membre supérieur droit fut aussi détruite dans une grande ''tendue; du creux de Taisselle partaient trois lignes rouges, larges de 2 doigts. L'une se contournait sur l'omoplate droite, [aulre sur le bras jusqu'au coude, la troisième enfin s'étensur Tépaule, le tronc, la cuisse et la jambe jusqu'au gros f Ces raies, qui d'ailleurs n'étaient pas douloureuses, se ^sipèrent quelque temps après, sans que l'épiderme s'en-
no EFFETS DE LA FOUDBE SUA L*HOMME
levât. Sur toule leur étendue, les poils éta^icnt ea partie brûlés, en partie roulés ensemble sous forme de pclotof (Feltstrom).
Parfois, 3, 4 ou 5 raies sont placées régulièrement et parallèlement les unes aux autres. Phayre a trouvé chez un vieillard la région abdominale gauche marquée de 4 silJons superficiels de couleur de suie, qui marchaient en lignes parallèles et longitudinales depuis le bord de la neuvième côic jusqu'au pubis; elles ne pénétraient pas au delà de Tépiderme.
D'autres fois, les raies sont disséminées sans ordre sur le troQC et les membres ; chez une femme citée par Renovanz, de nombreuses lignes rouges recouvraient presque toute la surface du corps.
Largeur. Le plus ordinairement, les raies sont étroites, n'ayant que 2, S ou C lignes de largeur; parfois elles atteignent plusieurs pouces; elles avaient 3 pouces chez une jeune fille; et chez un adulte une bande» affectant presque toute la largeur du corpsi présentait la largeur de la main.
La raie conserve une largeur uniforme dans tout son trajet, ou bien elle va ea s'amincissant vers sa terminaison; quelquefois, aa contraire, étroite en commençant, elle s'élargit considérablement, pour diminuer ensuite vers son extrémité. Ainsi : sur le cadavre d'un homme, on trouva une bande brune, dure comme du cuir qui commençait à la clavicule gauche où elle n'avait que la largeur de la main ; elle s'étendait en s'élargissant beaucoup sur la poitrine et l'abdomen, puis se rétrécissait sur la face interne de la cuisse et de la jambe, pour se perdre sur le dos du pied. Sur cette bande brune, de largeur très-inégale, on voyait un très*grand nombre de dépressions blanches, ovales ou arrondies, de la grandeur d'un pois (lIolT).
Une disposition qui n'est pas rare, est celle où la raie oUre sur son trajet un ou plusieurs points où elle s'étale et $ épanouit brusquementy pour former une tache bleuâtre ou noire, ou une plaque d'un rouge brun, irrégulière et de forme variable. Tanlât la raie se perd et se termine dans cette taciie, tantôt elle en sort du côté opposé pour continuer son trtyct
prisi^; quelquefois même il en sort deux qui prennent deux k^ différentes.
Cf^pansions se remarquent plus particulièren^eot sur la
jubse et Tabdomen, et surtout au niveau des glandes
rtàiions ; mais alors seulement du côté de la flexion^ à
'^le, à l'aine, au pli du bras, au jarret ; la présence des
}.& et d'une certaine humidité joue sans doute ici un
Ne. 11 est à remarquer que parfois la raie qui est noirâlre
■t (fuD rouge obscur, prend, en s'élalant, une teinte beau-
5f ûïoins foncée, pour reprendre bientôt sa couleur brune,
isaodelle revient à sa dimension première.
U longueur de la raie varie beaucoup ; on la voit s'étendre
"î^Ialêteau pied. En voici deux exemples :
Le 8 août 1719, le gardien d une des tours de.Ziirich était
sÉ près d'une fenêtre, quand il fut frappé par la foudre.
Tiieligne noire, légèrement brûlée, partait de l'oreille gauche,
fccendait en serpentant sur la face antérieure du cou, de la
pim et du ventre, puis sur toute la longueur du membçe
àlerieur gauche, pour se terminer au petit orteil. (Scheu-
cbr.)
Çq laboureur fut tué raide par la foudre ; à la partie an- ^eure ^uche du crâne^ dit le docteur Schaffer, les tégu- ^ûts étaient d'une couleur bleuâtre, tuméfié^ dans l'étendue <!^ la paume de la main ; les cheveux étaient intacts. De cette toear partaient deux bandes ou raies d'un rouge foncé : la l«nde gauche descendait au-devant de l'oreille, passait sur ^ face antérieure du cou, et arrivée entre l'aisselle et le sein riches se portait en bas jusqu'à l'aine, où elle formait une îte irrégulière, grande comme la paume de la main ; puis, 'éprenant sa forme première, celle d'une raie étroite d'un ^?ft foncé, elle se dirigeait sur le grand Irochanter, et sui- ^3il la région externe dfe la cuisse et de la jambe, jusqu'au ^ du pied, où elle disparaissait en y laissant plusieurs Wes d'un bleu Tivide.
,^ taie droite parlait également de la tumeur pariétale, 'l^sçendait le long du cou, se dirigeait sur le dos, et croisant ^^pkde Tomoplale, gagnait l'aine droite où elle formait ^^^ plaie analogue à celle de l'aine gauche ; puis reprenant
également sa forme première, elle gagnait la partie externe de la cuisse et de la jambe droite pour se terminer au dos du pied. Les cheveux et les poils de la face et du tronc jusqu'aux régions inguinales étaient inlacts, tandis que ceux des membres inférieurs étaient brûlés. Sous ces lésions, d'ailleurs superficielles, on trouvait en plusieurs endroits du sang extravasé dans le tissu cellulaire profond. Ajoutons que la tumeur de la tête était formée par du sang extravasé, et que 4 onces de ce liquide étaient épanchées dans l'intérieur même du crâne. (Voyez Lésions internes.)
Quelquefois, la raie ne s'étend qu'à la moitié ou aux trois quarts de la longueur du corps; de la tète au genou ; de la nuque à la cuisse ; du nombril ou de la hanche au pied ; parfois même elle ne dépasse pas le tronc dont elle occupe la longueur en totalité ou en partie : ainsi elle s'étend sur le dos et les lombes, ou bien de l'omoplate à la première vertèbre lombaire ; parfois de la clavicule, elle contourne le sein et se perd sur le flanc. Enfin, dans certains cas, elle est fort peu étendue,' bornée, par exemple, à une partie de la largeur du sternum.
Direction. Les bandes ou raies sont le plus souvent longitudinales ou suivant l'axe du corps ; on en a vu cependant qui étaient obliques et jetées comme en écharpe sur le tronc. David Hausmann cite un individu chez qui la foudre, après avoir atteint l'aisselle droite, passa transversalement sur la poitrine, atteignit le côté gauche et suivit la cuisse et la jambe correspondantes jusqu'à la plante du pied où elle perça la semelle de la chaussure.
Fort rarement la raie est transversale, c'est plus spécialement à la base du cou qu'elle affecte cette direction qu'explique peut-être la sueur qui humecte souvent coite partie.
Chez un homme mort foudroyé, nous avons vu les cheveuv de la nuque en partie brûlés, et une raie ou bande d'un pouce et demi de largeur à bords irréguliers, et qui, à l'instar d'un collier, faisait exactement le tour du cou à sa base, et cela sans aucune ramification ; la surface en était déprimée, sèche et d'un rouge brun. y
Oiéjuerois la raie st contourne en spirale autour du Ironc
(tas membres, ''g gardien de phare, en Angleterre (1), ayant été frappé
^b foudre pendant son sommeil» on trouva une raie con-
MToée en spirale, qui, du cou, parcourait le tronc et se
binait à la cuisse.
[>ans un autre cas, cité par Rice, la bande parcourait en >pirale toute la longueur d'un des membres inférieurs.
(ne petite ftlle âgée de 8 ans, citée par Kohireif» fut atteinte sur Fépaule droite : de ce point partait une raie qui se prolongeait en se contournant sur le dos, le ventre et sur tfîul le membre inférieur gauche jusqu'à la plante du pied. Elle ressemblait à celle qu'aurait produite un fer brûlant de } pouces de largeur, qui aurait passé rapidement sur la peau; sur quelques points de son étendue, on voyait de grosses phlyetènes dont la plupart étaient rompues quand CD relira les vêtements.
Considérées en elles-mêmes, les raies sont parfois recti^ lisna dans toute leur longueur ; assez souvent elles décrivent des zigzags plus ou moins nombreux : par exemple, sur le œcher dont parle Brydone, on trouva une ligne en zigzag f environ 1 pouce 1/4 de largeur étendue du menton au bas delà cuisse droite, et paraissant avoir suivi la ligne des boutons du gilet. La peau sur ce trajet était brûlée, blanche et comme ratatinée.
Parfois les raies sont serpentantes : ainsi un individu, cité parGuazzi, présentait une strie rouge serpentante: « Unn ^riscia rossa e serpeggiante > , de la largeur d'un doigt, qui commençait à l'angle inférieur de Tomoplate et s'étendait jusqu'aux- lombes.
La bande est parfois continue dans toute sa longueur, mais elle offre aussi quelquefois une ou plusieurs interruptions <lonl le mécanisme n'est pas le même ; par exemple, on trouve 2 ou 3 tronçons sur une seule direction longitudinale, et qui semblent dus aux ricochets de l'étincelle.
Ainsi, un homme que nous avons examiné à l' Hôtel-Dieu,
SCSTIIR. Il — 3
;H effets de la foudre sur L'HOMME
en 1833, nous présenta une raie d*un pouce de largeur, qui partait de la clavicule droite, se prolongeait sur la poitrine et se terminait sur le rebord des fausses côtes ; plus bas, et dans la même direction, on voymt une autre raie qui commençait un peu au-dessous de Taine, suivait la face antérieure de la cuisse, pour finir à quelques lignes au-dessus de la rotule ; sur cette bande, la peau était sèche, d'un rouge vif; le derme était à nu ; un liseré érythémateux de 5 ou 6 lignes de largeur bordait la raie de chaque côté ; une croûte mince ne larda pas à tomber par fragments.
Quelquefois plusieurs sillons semblent n'avoir entre eux aucune connexion ; mais si Ton donne au blessé la position qu'il avait au moment de l'accident, on reconnaît en réalité un seul sillon s'étendant sur une grande partie delà longueur du corps.
Hitchcock nous fournit un exemple de celte distribution.
Parfois cependant deux ou un plus grand nombre de raies sont disséminées et semblent dues à des étincelles multiples et distinctes.
Deux petites filles qui s'étaient réfugiées sous un arbre furent frappées par la foudre : elles furent examinées par le docteur Ehlberg. L'ainée, âgée de 11 ans, présenta 3 raies ecchymotiques : la première, longue de 5 pouces, large d'un demi-pouce, descendait de la hanche sur la région externe de la cuisse gauche, elle était d'un rouge clair, tournant un peu vers le bleu; une seconde raie, de 2 pouces de longueur, occupait la face postérieure du bras gauche, et une troisième allait de la malléole interne du pied droit jusqu'au gros orteil, où le cuir de la chaussure était tout déchiré.
L'autre fille, ftgée de 7 ans, offrait une strie de même apparence, qui se dirigeait obliquement de la face externe de la cuisse gauche à la face interne du genou. Les deux blessées étaient guéries le deuxième jour.
Quant à sa division, une raie est parfois simple dans tout son trajet, mais d'autres fois elle se partage en deux branches, qui peuvent se diviser encore ; mais là s'arrête en général la division, du moins dans la forme de lésion que nous étudions actuellement.
Il est important de remarquer que les divisions des raies
ET SUR LES ANIMAUX. LKSIOiXS 35
»ict, en général sous un angle plus ou moins aigu, euvert
à cêU des pieds du foudroyé^ et comme les divisions arrivent
meoi isolées à leur terminaison, on est tout naturellement
iBodoit à attribuer la lésion dans son ensemble, non pas à
frifiieurs éliiK^elles qui partant simultanément du sol, se se-
njeot ensuite réunies en une seule, mais bien à une foudre
àttfndimte, et cette variété de foudre sera considérée comme
iKâ-Tréquente, puisque dans les cas nombreux où les raies se
sûat subdivisées et sont ensuite restées isolées „ constamment
fsêfU quelles ont formé a été ouvert par en bas; nous ne eon-
aaissons encore aucune exception à cette disposition.
Parfois ies raies se réunissent entre elles et suivent alors deux moiles principaux de propagation : tantôt, et c'est peutêtre le cas le plus fréquent , deux ou trois raies aboutissent à une tache irrégulière, a une plaque où elles se perdent ou dont elles émergent pour reprendre leur cours ; tantôt deux raies se réunissent simplement et sans expansion pour se continuer en une seule, parfois alors plus large et plus foncée. On voit même des raies se joindre et se séparer à plusieurs reprises. Ces sii^uliers phénomènes électriques sont nettement indiqués dans les observations suivantes :
1. Chez un individu dont parle le docteur Riither, on Toyaît,sur la face antérieure du bras gauche, des stries noires qui, arrivées au pli du bras, y formaient une grande tache de b même couleur ; Tépiderme était intact.
2. Un soldat, examiné par le docteur Sprengel, présenta les lésions suivantes. Les cheveux de la région antérieure et gauche étaient brûlés, ainsi que les poils de la fkce. A rq»aule gauche commençait une bande ecchymotique d'un rouge brun foncé qui se portait vers Taisselle où elle se diviaiten deux branches; l'une descendait le long du bras et de Tavant-bras, 1 autre se prolongeait le long du côté gauche de la poitrine, et, s'élargissant de plus en plus tout en devenant moins foncée , traversait en diagonale l'abdomen pour se porter au pubis et à Faine droite. En ce point, elle se subdivisait en deux raies, moins larges mais plus foncées, dont Tone suivait le trajet du nerf crural, et l'autre, en se contournant, celui du nerf ischiatique, pour se réunir de nouveau en
une seule raie très-foncée, vers le creux poplité, et disparaître un peu au-dessous.
Parmi les variétés les plus singulières de la lésion que nous étudions, nous devons signaler la suivante, observée par Tilésius et caractérisée par les contours et par les jonctions d'une ou de plusieurs raies ; d'où la dénomination de rerm»/brm^ que nous croyons devoir lui donner.
Les deux frères Tècle, âgé Tun de 33 et l'autre de 29 ans, étaient assis sur un char, l'un à côté de l'autre, lorsqu'ils furent frappés par la foudre. L'étincelle atteignit d'abord la U^te de Tainé, déchira en plusieurs morceaux le bonnet de velours, effleura la tempe, passa derrière l'oreille gauche, descendit sur le cou, passa obliquement sur la nuque, remonta vers loreille droite, descendit sur l'épaule droite , passa en travers, a quelque distance du menton, atteignit le sein droit; puis, retournant sur le dos, descendit la colonne vertébrale jusqu'au sacrum.
Quant au frère cadet, la foudre l'atteignit sur la région costale droite, en un point correspondant à des pièces de métal qui se trouvaient dans la poche de la veste ; la peau y tiit excoriée dans un espace grand comme la main; puis rétincello descendit en zigzag sur la région gauche du pubis et parcourut la face interne de la cuisse, le jarret et le gras de la jambe.
La trace marquée sur le corps des deux frères avait, en général, deux* pouces de largeur, elle était plus large et plus profonde aux lieux d'intersection. L'épiderme avait été roulé en plis serrés sur les deux côtés de la raie ; rien n'indiquait dans cette lésion l'action du feu, elle semblait avoir été produite par une balle qui aurait effleuré la surface du corps. La cicatrice présenta, en plusieurs endroits, l'apparence d\m pas de ris. Mais une circonstance à noter, et qui caractérise la lésion que nous venons de décrire, c'est le nombre de contours de la raie, de ses retours sur elle-même, de ses intersections et des espèces d'ilôts qu'elle formait.
Le docteur Pleischl dit qu'un homme atteint par la foudre, à Prague, le 28 mai 1820, présenta les mômes lésions que le jeune Tèclc, mais il ne les décrit pas.
Une femme fut tuée à Trentham, dans la Grande-Bretagne :
\tkk\sL frappa à la tète et laissa son empreinte jusqu'aux
péil).
k oombreuses circonstances influent, comme on le pense
ils, sur la situation, la direction, Tinterruption et la termi-
ma des raies.
Cifoos quelques faits : l«Dans le grave accident si savamseot décrit par le docteur Garipuy , M. de Contran était à
beralet se tenait Fort courbé sur l'encolure de l'animal, lorsqu'il fut atteint par la foudre; son manteau de laine et son itâbit Tarent percés entre les deux épaules d'un trou semblable à celui d'une balle de fusil. Le dos et les lombes présentèrent une traînée étroite de brûlure.
i. Les pièces du vêtement exercent souvent ici une remarquable influence. Dans un cas cité par Ebell» les raies multiples qui avaient parcouru les cuisses et les genoux, cessaient brusquement au niveau des jarretières enàvap bleu, pour recommencer au-dessous.
3. M. Serno rapporte que son père, atteint par la foudre, présenta une ligne noire qui s'étendait du côté gauche de la tête, sur toute la longueur du tronc et de la cuisse jusqu'au genou ; or, à cette hauteur commençait le bas qui était m soie.
Il n est pas rare surtout de voir des objets métalliques déterminer la situation et la direction des raies.
1. Sur un homme que l'abbé Richard a examiné, l'étincelle rourut le long du dos, puis se partagea en deux portions qui se prolongèrent le long des cuisses , jusqu'au niveau des ^(^en des jarretières qu'elles noircirent, et le long des jambes jusqu'aux talons, au milieu desquels elles Orent un trou aux bas et aux chaussures.
i. Un soldat de la garnison de Mannheim fut atteint par la îoudre sous un arbre, au moment où il levait la tête pour en examiner les branches et le feuillage. Or, plusieurs objets métalliques imprimèrent une direction particulière au fluide électrique : l'étincelle électrique atteignit d'abord et altéra une ngrafe métallique du collet et affecta gravement la portion correspondante du cou ; de là, elle se divisa en deux rayons et
(1) Cotmoi, i. XIX, p. 226 (1861).
suivit les deux membres supérieurs presque dans toute l«ur longueur, jusqu'au niveau de l'avant-bras, c'est-à-dire jusqu'au niveau des boutons métalliques des manches, traçant, dans toute cette étendue, une raie rouge de 6 lignes de largeur. Le^ poils des mains étaient brftics, la main droite présentait une plaie d'un pouce de diamètre. Enfin, une raie rouge très-mince occupait la face antérieure de la cuisse gauche jusqu'au genou, et correspondait à l'endroit où se trouvait le sabre : la foudre ovait respecté les habits et tous les autres métaux que le soldat portait avec lui (Hemmer).
Cohraiion. Les raies sont souvent noires ou couleur de sftte ; souvent d'na rouge vif clair , foncé ou obscur ^ brun, bleuâtre et parfois cuivré; rarement elles sont jaunes. Dans un cas cité par M. deQuatrefages, tandis que (rfusieurs raies étaient noires 00 rouges, une seule située sur le bras était argentée. Deux négresses présentèrent, après le foudroiement, plusieurs bandes longitudinales où la peau était en partie couverte de phlyctènes et en partie décolorée.
Nature et profondeur delà lésion. En général, la lésion sons forme de raies est superficielle ; les poils seuls sont roussis, peJotonoésou brûlés, la peau elle-même reste intacte. Louis et BuUmaim ont cité des cas de ce genre. La bande peut être formée par un enduit métallique ou autre ou par une légère ecchymose qui disparaît bientôt sans même que l'épidernc s'exfeéie.
D*atttres fois i'épidermé est rftpé ou enlevé comme par une large égrattgnure; la bande peut être érythémateuse, ou foroiée par une série de phlyctènes isolées ou eonfluentes.
Souvent aussi la lésion est plus profonde et atteint, sous forme d*eschare , une partie de Tépaisseur du derme ou le derme tout entier; alors le sillon est rouge vif ou brun, quelquefois blanchâtre. Le tissu en est dur , ratatiné comme du cuir, et souvent la bande est formée par une série dVscharos séparées par des points ou la peau n'est que superticiellement affectée.
Il importa onfw de faire remarquer que parfois on trouve, précisément au-dessus de la raie, quelque superncielle qu'elle Sîoit, et lui correspondant assez exactement, le tissu celliduire
wmaisné infiltré de sang; cette infiltration est sans doute plus
hffBBite que les cas jusqu'ici observés ne semblent f îiidi*
loer. Le docteur Schaffer en a cité un exemple fort renier-
«aUe rencontré sur l'homme ; nous en citerons bientdt un
Mre observé sar un animal.
Orifine H terminmson. Jusqu'ici nous avons étudié ia raie ÉDs son trajet ; nous avons maintenant à l'examiner à son fàsi de départ et ii sa terminaison ; nous n'insisterons d'ail«âirs que sur ce qu'eUe nous offre de plus intéressant sons ce draUe rapport.
Koossavons, par exemple, que l'étincelle qui part du coaduotoirisolé de la machine, après avoir parcouru un trajet plus Ott B«B6 long, se tHvise parfois subitement en pinceau et en ai-* pfMe : or, ce phénoaaène s'est parfois de»iaé aur le corps de rhomaie. En voici un exemple :
Au rapport de Parkinson, deux individus fiireet frappés du Bème coup de foudre : on trouva sur l'un d'eux une paie Toage d'environ deux pouces de largeur, qui deseendait le long du côté droit, de cette raie parlaient p/iMt>ttr« nmeaux f«i se terminaient en rayonnant.
Uœ raie semblable, seulement moins étendue, mais avec ies mêmes ramifications , existait sur le lM*as droit et à la partie antérieure de chaque cuisse et de chaque jambe. Une dreonatanee à noter, c'est que les ramifications éont il vient d être question et qui étaient, immédiatement «près l'acciioA, d'un cramoisi foncé sur un fond pourpre foncé, devinrent, après quelques frictions, d'un lilas pâle sur un fond Uanc. L'autre blessé présenta la môme lésion.
Une seconde circonstance sur laquelle nous devons fixer Botra attention, c'est qu'assez fréquemment la nature de la lésion n'est pas la même sur le trajet de la raie, à son point de départ ou de terminaison ; par exemple, tandis que dans son trajet la raie n'offre qu'une simple combustion de ^iis im une escbara iégèra et superficielle, elle revêt à ses deux extrémités les caractères d'une forte contusion , d'une plaie par incision ou par arrachement, en sorte que parfois la foudre en toflibant sur la surface du corps de rhmuue ou en la qqittant, agit comme un corps contondant, comme un instrufiBOAt
40 EFFETS DE LA FOUDRE $l'R L'HOMME
tranchant oa dilacérant ; tandis que, sur la longueur de son trajet, elle agit comme un corps comburant.
Une troisième circonstance nous reste à signaler.
On sait que c'est à son entrée dans un corps inerte plus ou moins conducteur, et à la sortie de ce même corps, que la foudre exerce ses plus grandes violences ; or, cette loi se trouve parfaitement confirmée par Texamen des points de départ et de terminaison de la lésion que nous étudions.
Très-souvent, en effet, nous trouvons à rori^fîn^ de la raie une large ecchymose, une eschare profonde, une ou plusieurs incisions, quelquefois même l'ablation ou la résection de quelque partie ; ou bien encore une extravasation de sang dans le tissu sous*cutané, une fracture du crâne, un épanchement intra-crânien.
La terminaison de cette même raie présente souvent aussi de graves altérations; tandis que dans l'intervalle de ces points, dans le trajet proprement dit, les lésions sont légères et su* perticielles.
Gitons-cn quelques exemples :
Chez un ouvrier, observé par Tabbé Pinel, I étincelle glissa légèrement depuis l'épaule jusqu'au pied droit ; mais avant de quitter le corps, elle pratiqua à la région malléolairc de profondes déchirures par lesquelles sortait un sang noir et épais.
Kicc et Brémond ont cité chacun un cas analogue.
John Huxham cite un homme atteint par la foudre et chez qui Ion trouva une brûlure de tout le membre supérieur droit; profonde (tun pouce à l'épaule et à la partie supérieure du bras, elle diminuait de profondeur vers le coude et n'avait plus détruit que l'épiderme à Tavant-bras et à la main. On trouva de plus une brûlure sur Tabdomen et sur les membres inférieurs; or, une circonstance à noter, c'est que la brûlure ^Tu :«iembre inférieur droit était d autant plus profonde qu'on •?<:??>• 'iioait plus près du pied; elle avait d'abord atteint les poils, puis plus bas l'épiderme, plus bas enfln , vers la malléole et le cou-de-pied, elle pénétrait profondément.
L'étincelle avait sans doute suivi d'abord le membre supérieur droit, s'était jetée ensuite sur l'abdomen, s'était divisée sur les membres inférieurs, pénétrant d'autant plus profonde-
wsÉfék s'approchait davantage de son point de sortie.
JflPE^, les caractères que nous venons d'assigner aux
pofâ^départet de terminaison delà raie ne sont pas cens-
tsoJ laut se rappeler, entre autres circonstances, que les
^'jwAs qui forment avec le corps de l'homme un seul sys-
•«pios ou moins conducteur, présentent aussi des dégâts
^f^Iair étendue et par leur gravité, remplacent souvent,
■'ime Qous le verrons plus tard, les signes qu'aurait pu
rféieoia' le corps lui-même.
> Vin. — Lésions qui semblent produites par flapUation , égratlgnure et incision. — La foudre agit pas toujours en brûlant : souvent elle produit des (^ qui se rapprochent beaucoup décolles que l'on produit 'pigeliani, en égratignant la surface du corps, ou bien '^^ore en coi^ant ou d^hirant tes tissus. Ce n'est pas là un ^points les moins curieux de l'histoire des effets de la ^:dre sur Tbomnie de la voir quelquefois sur le même indi- >'(], agir suivant des modes si différents, li^ détails dans lesquels nous allons entrer, nous seront ^^t utiles quand nous examinerons plus particulièrement M<arlie médico-légale du foudroiement.
Fl(yellatim. La foudre occasionne parfois de petites blesses superficielles semblables à celles que produiraient des '^ptie verge ; ainsi : un jeune homme n'éprouva que quelque '^Qurdissement dans les pieds qui étaient rouges et sem* ^itîDt avoir été frappés de verges (Serno). U docteur Brillouet, atteint par la foudre , dit qu elle '^fahsaitlui avoir /Zo^W/^ le dos, la cuisse, la jambe et le pied 'âcàié gauche; il ajoute que les marques du dos ont rougi '^ d'une année entière lorsqu'il tonnait. ^)ti remarque, dit Oswald, sur le dos d'une jeune fille, de ^^breuses stries d'un rouge bleuâtre semblables à celles que ^^d\l\raient des coups de verge.
Orlando Brigdman rapporte qu'un homme atteint par l'étin- ^vait la cuisse et une partie de la poitrine lacérées tfjffimes'il avait été fouetté avec des fils de fer. ^\Qv^'ard parle d'un enfant dont la poitrine et le dos offraient
a EFFETS DE LA FOUDRE SIR L*HOMME
des lignes branchues et rouges, comme produites par des coi de gaule.
Enfin Tabbé Ghapsal parle d'un homme qui, frappé par foudre, garda pendant plusieurs jours autourde chaque jam une contusion semblable à la trace d'un coup de fouet.
Écorchures, égratignures. Des égratignures et des éa chures sont un des nombreux effets de rétincelie fulgurant
Chez un homme dont parie le docteur Masiieurat-Lag mard, op voyait sur le dos du nez deux rainures où l*é|i derme était enlevé, c Deux ongles fortement appliqués promenés sur le nez produiraient l'efTet qui existait. »
Le docteur Fougeroux de Blaveau, en parlant d'un sold tué dans sa guérite, dit c qu'il semblait avoir été iaboui de la tète aux pieds, par quelque chose qui lui avait fait d égratignures éL déchiré ses habits sans aucune marque < brûlure. »
L'épiderme et la couche la plus superAcielle du derme so parfois enlevés, comme par un frottement subit et violen
Un voyageur cité par Thoresby eut les cheveux brûlés et face écorchée en plusieurs endroits.
Une des femmes blessées à Everdon avait deux écorchun à la plante des pieds, sans que ses bas et ses souliers eusseï été endommages ( Wallis) .
Lorsque la foudre tomba sur la maison de la rue Plume un habitant était debout dans sa chambre et se disposait boire de l'eau d'un pot; la foudre brisa son pot en mil pièces, et lui fit à la hanche droite une écorchure large c deux doigts (Rigaud).'
Incisions. Parfois la foudre incise les tissus comme le fera un instrument tranchant. Ces incisions sont tantôt courtes < peu profondes ; ainsi, chez un jeune homme qui survécut a foudroiement, on trouva sur la région gauche du sommet d la léte plusieurs coupures superficielles affectant diverses di rections et qui donnèrent issue à une quantité de sang pe considérable.
Sur un jeune garçon, le docteur Eboll trouva sur le c*Si droit de la tète, dans un cercle de l pouces, les cheveu comme rasés ; cette place était entourée de cheveux roussis
derme foreille, on voyait deux coupures faites comme
avec vaeteau et long^ues d*un pouce.
ÏAtX!, la foudre tomba sur une maison du Dauphiné et y MâÔBt plusieurs personnes ; une demoiselle, qui eut ia (^^îigèrement brûlée^ offrit au jried une blessure sembhble i'^f^nmiipn faire un instrument tranchant ; celteblessure 'iksitA guérie (de la Prade).
i^ et Brereton parient d'un orteil qui aurait été fendu
Us ifict^oRS sont quelquefois remarquables par leur Ion- .'«srfi parleur profondeur et peuvent ainsi devenir le si^e <^^>es hémorrhagies.
Le^iuie Tècie, cité par Tilésius, eut les bras et les mains iimés jusqu'à l'os ; cette plaie présentait les caractères de <^MioQ et de la déchirure.
H\ ouvriers se réfugièrent sous un saule où ils furent fou*
^•|és; quelques-uns eurent le dos sillonné et déchiqueté de-
li!^ épaules jusqu'aux cuisses, par des plaies quon aurait
*^ en toute autre circonstance, avoir été faites par un ins^
^^i^ffU tranchant, et qui étaient si profondes qu'on y aurait
x^^ le doigt : tous cependant se rétablirent (R. Lentilius).
\ DL — Altération des cheveux et des poils. — I des effets les plus fréquents de la foudre sur l'homme et -^ inoiaax est d'altérer de diverses manières leur système
Oiez rhooioie, les cheveux sont ou seulement roussis oia
^«^ment brâlés, parfois ils sont airachésou coupés net
me avec des ciseaux. Us étaient ainsi coupés dans l'étendue
«^ pièce de 5 francs chez un homme cité par Scbeuch-
- e( ini laboureur noté par Davies présentait sur le oAté
"'' de la tête 3 ou 4 plaques ou tonsures où les cheveux
^'^^ été enlevés comme avec un rasoir, sans que la
h^upn^entàt du reste la moindre lésion. Assez souvent les
'^eux roussis ou à demi brûlés, sont tellement entortillés,
«îl de\'ient fort difTieile de les remettre en ordre. Les che-
'^ ne sont ie plus ordinairement brûlés que sur des endroits
^^âeodiis ; la place dénudée est irréguHèremeot circon-
scrite ou bien sous forme de couronne ou de raie. On a vu un jeune homme les cheveux brûlés depuis le sommet d< tète jusqu'à la nuque, juste dans la direction de la suture gittale : ce trajet avait un pouce de largeur.
La peau dans les endroits dénudés est intacte et mor seulement le pointillé correspondant aux cheveux, ou bi comme cela arrive souvent, elle est érythémateuse et tun fiée.
On a vu des cheveux roussis, arrachés ou coupés, adhé à quelque fragment d'un chapeau dilacéré, à récorco d arbre voisin, ou collés au plafond.
Les poils de la face, les sourcils, les cils et la barbe, s très-souvent aussi roussis ou brûlés. Les cheveux et la bai parfaitement noirs d'un employé du télégraphe éleclrii devinrent subitement blancs à la suite d'un coup de foudi mais ce changement de couleur peut s'expliquer sans fu intervenir l'action directe du fluide électrique.
Quant aux poils du tronc et des membres, ils sont tn souvent aussi roussis ou brûlés ; dans le premier cas, on voit quelquefois roulés ensemble et formant de poli pelottes adhérentes à la peau (Fcltstrom).
On a vu quelquefois la partie dénudée affecter la fon d'une ligne longitudinale ou en zigzag; ainsi, chez un jeu homme cité par Louis, la foudre ayant atteint d*abord la p trine, suivit sur une ligne le tronc, la cuisse et la jambe il' côté et sortit par le talon : cet homme était fort velu et la Ini de la foudre n^était marquée que par la brûlure des poils.
La brûlure des poils s'étend quelquefois à toute une moi du corps : Bullmann en cite un exemple.
Scholtus parled'un prêtre qui eut les poils de toutes les p; lies du corps couvertes de vêtements complètement brûlé les vêtements eux-mêmes restèrent intacts. Védelius, Koch et Orioli rapportent des faits analogues.
Assez souvent la lésion des poils, au lieu d'être au étendue, reste bornée à un petit espace, à l'aisselle et si tout au pubis. Ce dernier phénomène trouve en grande par son explication dans l'humidité naturelle ou accidentelle cette région, chez la femme spécialement.
^(asjiBrrions citer plusieurs exemples de celle lésion
énïkme, mais ils sonl beaucoup plus nombreux et plus
tKiâschez la Temme.
tîéici quelques-uns : • Accidit apud Monspelienses ut fui-
« î&im in domum vicarii generalis de Grassi, pudendum
*^3MdUœpilos ahraserit^ nt Bartassius in muliere sibi fa-
''^ ^m factum fuisse » (1).
ÎjaMo, Richard ont cité des faits analogues et d'Homivs-Finnasen a recueilli plusieurs autres.
Mms personnes étaient réunies au mas Lacoste dans tseorironsde Nîmes, lorsque la foudre y pénétra. Une dehiêk de 26 ans fut renversée et perdit connaissance; •^enoeà elle, elle pouvait à peine se soutenir et marcher, '■? éprouvait de vives douleurs au milieu du corps. Lorsque «leavec ses amies, celles-ci purent l'examiner, elles virent
»?8 sine miratione pudendum perustum, ruberrimum, labia ^tf'icta, pilos déficientes usque ad bulbum, punctosque nigros :^-fiiis, indecutim rugosissimam ; ejus referunt amicœ,primtim ^immam et hoc facto semper imberbem esse » (2).
Sous avons dit que les cheveux pouvaient être enlevés et f^wrlés à distance, pareille chose a lieu pour les poils de ^sirfacedu corps.
lo individu ayant été atteint par la foudre, non loin d'Aîx, ïtson corps, depuis la poitrine jusqu'aux pieds, fut sillonné '«ïgrande partie épilé; et, chose fort singulière, les poils '^isis et racornis, arrachés sur différentes régions, furent '«fe en petites pelotes et incrustés pour ainsi dire dans le •^ de la jambe d'où il fallut les extraire.
'^cheveux et les poils ainsi brûlés, repoussent ordinaire- ^t; mais il n'en est pas toujours ainsi, comme nous venons *^' voir un exemple. Nous ajouterons que C. Gaultier de
-^ubry ayant eu les poils de sa barbe et ceux de ses mains
''ifeen partie, ils ne revinrent plus. Un lieutenant de vais- ^^Q fut de la sorte épilé complètement et pour toujours.
U foudre tomba un soir dans le salon du château de Saint- '^fJstol, près d'Alais; elle ne blessa personne, mais tous les
Il BoRlii, Bi$L et cbteni, médUO'phyiique, cent, u, obsenr. 38. '^C«»pfeir«iiiii«, t.IX.
assistants ressentirent la commotion électrique : une d dames eut les poils du pubis entièrement brûlés (d'HonibK Firmas).
Le capitaine de frégate Rihouet fut totalement épilé par foudre; les ongles de ses mains s'exfolièrent (1).
C'est ainsi que Bartassius a raconté un fait dont il avait < témoin (2) :
Vidi eqaidem, ridi his oculis puerilibus olîm, Nec res fallu, anam, oœli cui labricus ignis Abstulit attonsam strictim sine valnere pubem.
Chez les animaux les poils peuvent être arrachés, rous-i brûlés, mais on a observé aussi un autre phénomène (!• nous allons parler. La foudre frappa un jeune bœuf, h'^c i 4 ans, roux avec des taches blanches. La matière fulmini |i brûla, enleva tous les poils des taches blanches situées sur dos et sur les flancs et respecta les poils roux.
Tooth, Lambert et plusieurs autres vétérinaires ont vu dl faits semblables.
Un jeune homme près duquel la foudre tomba dans la vii de Santiago, sans lui faire aucune blessure, perdit ses ch veux et le poil qui couvrait diverses parties de son corp si bien qu'au bout de quelques jours, on aurait dit qu( lavait complètement épilé (3).
On trouve une observation analogue de M. Green (i).
§ X. — Lésions de répiderme. — L'épiderme des To droyés présente des lésions très- variées; nous ne citerons (|i celles qui lui sont spéciales, le derme n'étant pas ou étant |)(j attaqué.
Zacchias (S) raconte que son oncle frappé par la foinin après être resté trois jours sans sentiment ni mouvenieii et plusieurs semaines dans une espèce d'hébétement, rcvii
(1) Ara go. CEuvrtê, t. IV, p. 377.
(2) In Orioli. Fulmini eeUbn, Spighe et Pagiie. Corfoa (1841), t. 1. p. ^^ et Boudin, Traité de GéograplUeet de Slatitlique médicales, 1. 1, p. 507.
(3) Arago, Notice^ Ot-uv, posth, *
(4) Phil, Trans,, t. II.
(5) Quœtliones meâi^o-lejalet, Lugdani (1701).
enfii lisante; niais alors Tépiderme de tout son corps se
sépo,^ se renouvela, comme on l'observe chez les ser-
pÊéie commencement du printemps, ifiiûis de juillet 1756, dit le docteur Henry, un charre-
y m se coucha sous un arbre et y fut foudroyé. L'étin-
AèraiteigQit entre les deux omoplates, perça ses vëte*
asis. se glissa à droite et à gauche, le long du dos, des ^ des cuisses, des jambes et sortit sous les talons. & brûla tous les poils qui étaient sur son passage, et, chose fi^i^, grilla l'épiderme depuis les omoplates jusqu'aux ^Hs, ea le réduisant en petits rouleaux d*égale grosseur et ^ns de quatre doigts en quatre doigts les uns des autres. Uie mie surface ainsi dénudée devint le siège de vives tors et d une abondante sérosité : toutefois le malade >nt complètement.
in Ifigs, dans le bourg de Wuiffdorf, un paysan fut percé «b foudre au niveau du sein gauche, dépouillé coropléte- ^ de son épidetme de la tète aux pieds, écorché littéra- ^^i, sans qu'on pût retrouver trace de son épiderme : ce !?»o guérit. Ce fait fut communiqué à L. Hannemann par ^tt^irargien Stoltenberg, homme aussi recommandable, dit- '' par soQ âge que par son habileté.
i^ mêmes lékons chez les animaux. — Les lésions exté^ ^^^^ se montrent chez (es quadrupèdes sous des formes ^âdiverses. Quelquefois la décharge foudroyante agit en ^^ sur une large surface du corps de l'animal. Deux che- '^i. dont parle Brydone, avaient le poil roussi sur la plus •node partie du corps, et plus particulièrement aux jambes '^ le ventre : il est bon de rappeler qu'ils venaient de 'Ht un gué assez profond.
h\i\te& fois le poil est brûlé par points isolés, comme le ^brGuyon l'a observé sur un cheval.
lais le plus ordinairement on trouve un ou plusieurs sil-
*<< de divers aspects. La peau est rarement intacte sous les Msaliérés, elle se trouve plus ou moins brûlée; on ren-
^^Ire parfois dans le tissu cellulaire sous-cutané des extra- "^iiom de sang qui correspondent aux sillons de la peau.
I^ux chevaux observés par le docteur Petit ayant été tués
par le même coup de foudre, présentaient chacun un sil où les poils étaient brûlés, et qui de la tête se portait sur cou et de là obliquement sur Tépaule et le flanc gauclies.
Au rapport de Tobias, 27 bêles à cornes furent fra pées mortellement par la foudre. Sur tous les cadavres, notamment sur 21, on trouva au côté gauche des str très-manifestes dues à la combustion du poil; elles s tendaient en zigzag vers le creux du jarret, les tétim les lombes et le trumeau ; elles avaient de 2 à 4 lignes largeur et passaient sur des fossettes de la grandeur du pièce de 5 francs formées par la combustion. Tantôt el suivaient la même direction, tantôt elles divergeaient. I endroits privés de poils, au ventre et à la poitrine, élm d'une couleur rouge bleuâtre ; sous la peau, on trouv a fortes extravasations de sang aux endroits correspond;) aux sillons mentionnés.
Le professeur Mayer a rapporté des faits analogues à pr pos d'une chienne foudroyée, et le docteur Von Hôrdt a o serve un cheval dans les conditions précédemment décrite
ART. 2. — BRUHîRKS.
Les brûlures sont un des effets les plus ordinaires de foudre sur le corps de l'homme; elles présentent de non breuses variétés dans leur degré, leur profondeur, leur éle due et dans leurs autres caractères. Nous allons étudier du manière spéciale Yénjthème, les phlyctènes et les eschares,
% l. — Ér3rthèine. — Nous ne parlons ici que de IVV/ thème primitif qui survient à l'instant ou presque à Tinst/i du choc électrique.
Assez souvent la rougeur de la peau, avec douleur et ii certain degré de tuméfaction, est disséminée sous forme* plaques; d'autres fois elle est bornée à une région peu ôtc due, à un pied par exemple ; à la face surtout qui parait alo atteinte d'un érysipèle spontané ou avoir été frappée il'i coup de soleil, comme Sprengel l'a signalé chez deux honini et Gasliliier chez une jeune fllle.
Ib parfois aussi l'éry thème occupe une très-grande éten- #:oûus l'avoQS vu sur'toute la moitié gauche de la poi- ^e( du ventre ; il oITrait une teinte violette purpurine trèsi^ère et qui le distinguait de Térythème ordinaire, iioest pas rare, enfin, de voir Térjlhème affecter la forme 4m ou de plusieurs bandes longitudinales.
ill. — Vésication, Phlyctènes. — Les phlyctènes, si soavent produites par la foudre, sont parfois peu nombreuses elû'occupent qu'une petite étendue du tégument. Ainsi :
Chez un jeune garçon, Ilemmer trouva deux larges phlyctèoesà la plante du pied droit.
Ladurantie remarqua au bras d'un homme une rougeur avec de petites vésicules simulant un érysipèle ordinaire.
Mais la vésication occupe parfois une beaucoup plus grande étendue ; par exemple : chez un laboureur, une partie de lépiderme du dos resta attachée à la chemise (Filleau).
Chez un homme cite par Khonius, la vaste brûlure qui affectait la région inférieure du tronc, se recouvrit de trèsnombreuses phlyctènes qui donnèrent issue à une sérosité jauQc et mordicante.
D'après Davies, un enfant eut la fesse et la poitrine couvertes d'ampoules semblables à des vessies.
Enfin la vésication se serait étendue à presque tout le corps ians le cas suivant : un faucheur fut tué par la foudre; sa chemise et ses cheveux étaient en feu, dirent ses camarades, une grande partie de son corps, de la tête aux pieds, était C'Mnme une cloche de brûlure, « nie eine Brand-Blase. » La comt^uslion de la chemise a sans doute joué ici quelque rôle, mais elle n'a pas pu occasionner les phlyctènes des extrémités inférieures.
Les phlyctènes produites par la foudre sont ordinaire- Bienl formées par un liquide séreux et jaunâtre; parfois «nguinolent et môme noirâtre, comme nous le verrons en t^riant des lésions semblables à celles que produit la poudre â canon.
în général, elles se forment presque immédiatement 2près le coup ou même à l'instant du foudroiement.
Sesnnu ii — 4
Mais cet effet n'est pas toiijours aussi instantané et ne se montre qu*un certain temps après la rulguratidn. Brôdie rapporte (l)()u*un jeune garçon ayant été atteint parla foudre, il se forma, peu de tempn après Vuccid&iù, dtà larg^ phlyctènes au pubis et aiii Cuisses , tout à (bit semblables à celles que produirait l'eau bouillante, et qui firent place à des ulcérations.
§ ni. — fischài'es. La lésion que nous allons décrire est Tune des plus fréquentes de toutes celles que produit la foudre i elle présente plusieurs variétés ; Tune d'elles sera décrite à part, à cause de sa grande analogie avec les eschares occasionnées par la poudre à canon.
Commençons par Texamen des eschares lés plus ordinaires.
bans certains cas, Teschareest solitaire et de peu d'étendue : c*est ce qui arriva chez un soldat cité par Schutter, et qui présentait au cou une très-petite eschare ronde, grise, pénétrant dans le tissu cellulaire sous-cutané et corirespondant à un bouton métallique fixé au col delà chemise.
Il n'en est malheureusement pas toujours ainsi, et nous verrons plus bas l'eschare solitaire occuper une grande étendue, toute une région du corps.
Souvent les eschares sont nombreuses et disséminées sur diverses parties du corps ; Cela fut remarqué chez le curé si gravement blessé dans le foudroiement dé l'église de ChàteauneuMes-Moutiers. tl présentait en effet une eschare de plusieurs travers de doigt à l'épaule droite ; une autre s'étendait du milieu postérieur du bras du même côté à la partie moyenne et extérieure de l'avant-bras; une troisième eschare profonde partait de la partie moyenne et postérieure du bras gauche et arrivait à la partie moyenne de l'avantbras du même côté; une quatrième, plus superficielle et moins étendue, se voyait au côté externe de la cuisse gaucfie; une cinquième, enfin, occupait la lèvre supérieure et arrivait au nez. La cicatrisation de ces nombreuses blessures demanda deux mois.
(1) LeeL on palhology anà Surgery (1846).
ST SUR LKS AMlMAUlC. LÉSrO^Td M
la eseharei mbltipies) dittémitaées le phis souvent sans ordre à la surfate dueorps, sont quelquerois cependant
jÉDfn toutes dans une même direction^ simtilant une bandé
jÉi 00 moins régulière* Getta lésion présente souYont un certain degré dé moi-
fane. Cest ce qui a été remarqué p6r Tilioch qui Ta trouvée
Mire et molle, semblable à celle que produit Talcali eausiiqie. Msis le plus ordinairement les esehares Sont dures H sèeties, comme l'attestent les observations suivantes qui 00» font en même temps connaître plusieurs autres caractères propres à ce genre de lésion.
Une des personnes blessées 6 BVerdon présentait sur me épaule Une eschare d'ebviron 4 pouces de longueur, onliîre, rouge et aussi dure que la come^
Dans un autre cas» cité par Huxham, le chirurgien qui KQUldt bâter t'éiimttiution d'une eschare ëssez étendue en fineisafit» ne put la traverser avec le bistouri^ pas plus que §11 elle avèit été formée de cuir tanné : cette circonstance rendit la séparstion des parties nK>rtiflées très-^lentes et fodeiir intolérable4
Ghet une femme^ la peau de la cuisse gauche était dure, ridée ou ftinoée, semblable à celle d'un cochon de lait rôti, smbiable encore' à du cuir humide qui aurait été desséché lires d'utM fournaise (Gœrita).
Sur ttn homme tué par la décharge foudroyante, la peau da cMé gauche était en partie transformée en un cuir dur et grillé» < m durum m-ium igné t&rrefiMeium ; • elle était mage au eoU et pourpre en d'autres endroits.
Cbes un jeune garçon, tité par Thorêsby^ la peau était empiétement brûlée» noire^ recroquevillée comme un pardiemin ou une plume que l'on jette datis le fou.
La couleur de Teschâre est parfois d'un rouge cuivré ou fun rouge pourpre : le plus souvent elle est noirâtre ou noire.
L'eschofe est ordinairement superfictelle et bornée à une pirtie de la profondeur du derme ; il est fort rare qu'elle pénètre au ddà du tissu ceihilaire sous-cutané inolusivBment : notre collection ne nous en offre du moins qu'un très-petit nombre d'esiemples.
m EFFETS DE [LA FOUDRE SUR L'HOMME
Le navire la Félicité fut foudroyé près de Bone, le 16 décembre 1856; six hommes subirent les atteintes de la foudre. Un des hommes foudroyés avait une brûlure au deuxième degré nu milieu de la cuisse; un autre portait au côté gauche une eschare semblable à celle qu'aurait produite l'application d'un fer chauffé à blanc. Un troisième eut la chemise lacérée en lambeaux. Le quatrième fut frappé dans la bouche; toute la muqueuse de la bouche et de la langue se détacha ; les dents étaient noircies , charbonnées et fortement ébranlées. Les autres avaient diverses parties du corps tuméfiées et noircies. Personne ne périt (I).
Chez une jeune fille blanchisseuse qui fut frappée au membre supérieur droit, on trouva à l'épaule une eschare assez profonde pour que des faisceaux du muscle deltoïde eussent été mis à nu et grillés à leur surface.
Le 24 janvier 1665, M. Brooks, de Hampshire, fut tué par la foudre. Entre autres lésions, on aurait trouvé les mains brûlées jusqu'aux os dans des gants restés entiers. Ce curieux détail est tiré de l'enquête du coroner (Thomas Neale).
La variété suivante est fort remarquable par sa grande analogie avec la brûlure par la poudre à canon ; ici les escliares sont plus ou moins noires et carbonisées, tantôt rares et disséminées^ tantôt très-nombreuses et même confluentos. ordinairement planes, quelquefois ondulées, en général dures comme la corne et sonores comme du parchemin. Elles offrent dans leur pourtour et dans une étendue variable une rougeur érythémateuse et souvent des phlyctènes noirâtres, remplies d'un liquide de même couleur. Ces brûlures varient du premier au quatrième degré de la classification de Dupuytren ; tantôt, en effet, elles comprennent Tépiderme et le corps muqueux, tantôt et le plus ordinairement toute répois* seur du derme, mais sans pénétrer plus avant, s'arrét<nnt ainsi brusquement au tissu cellulaire sous-cutané, que Ton retrouve parfaitement intact à In chute de 1 eschare. Celle délimitation si brusque et si nette n'est pas un des caractères Jes moins curieux de cette lésion ; il semble que le pannicule
(I) Cotmoi, t. X, p. M5 et 398 (1857). Df nombreux d(^tail s mr cec rvénomcnt in Gazette in M^pitanx, p. Voo (1857), et Ami des sciencet, t. Hl, p. Hi*
ET SUA LES ANIMAUX. LÉSIONS tt
fctb-graisseux sous^jacent à la peau joue le rôle d'isola-
Oeite brûlure est le siège de douleurs très-variables dans
sracoité, tantôt très-vives, tantôt très-modérées ; vers le
Jamème jour, les eschares les plus superficielles sont en
;€ftie tombées ; vers le dixième jour, l'élimination des escha-
« profondes est très-avancée ; elle est généralement
«tomplie vers le dix-huitième, la suppuration est d'ailleurs
de bonne nature et la guérison a lieu au bout de deux mors
(« de deux mois et demi.
La lésion que nous décrivons est d'étendue variable ; on a îD ces eschares disséminées occuper toute la partie latérale drmte du corps de la tète au pied ; d'autres fois, la région eiteme de tout le membre inférieur; parfois les eschares foraient, par leur disposition, une bande plus ou moins longue ; ainsi, chez un blessé, elle occupait à la cuisse le trajet du muscle couturier et chez un autre sujet, elles s'étendaient sur tout le trajet fémoral et tibial de la sapbène interne.
{jeite variété de brûlure par la foudre offre, comme on le Toit, la plus grande analogie avec les brûlures par la poudre à canon, à cette différence près, qu'on n'observe pas le pointillé noir bleu caractéristique qu'on rencontre souvent dans cette dernière et qui est dû à Timpression, sur la peau, des grains de poudre échappés à la combustion.
Le docteur Paolo Minonzio, ancien médecin de la marine
autrichienne, a cité plusieurs cas de ce genre, tous observés
a bord des navires, trois dans la nuit du 21 au 22 février
1838, à bord de la frégate autrichienne la Médée^ alors entre
k*s lies de Piscopi et de Coos ; deux à bord de la Bellone, alors
dans le canal de Rhodes, dans la nuit du 10 au 11 décembre
IMO (Annales de médecine, 18S2). Sur ces cinq blessés un
^ul a succombé.
Citons quelques exemples de cette forme de brûlure.
Sur le jeune homme tué à bord de la Bellone, la peau des
régions externe et postérieure du membre inférieur droit, à
partir du bassin jusqu'à mi-jambe, présentait dans toute son
étendue une escharé plus ou moins noire, ondulée et comme
carbonisée. La peau, dépouillée d'épiderme et de corps
q^ EFFp:TS OE Ih FP(jpaE SUR VUOIIUE
muqueux, ét^itt en plusieurs endroiUi perforée dans toute son épaisseur ; cette grande eschare était dure comme de la corne et SQUQre comme du parabepiin. c Presentava um dnrezza CQrnea^sonant^cQfaeumpergamina. 9 C'était surtout au voisinage des perforations que la couleur noire était marquée ; il est ^ remarquer que cette eschare n'occupait qw l'épaisseur de la peau, même dans les portions qui étaient le plus brûlées. La ligne de démarcation y était parfeitemeni nette; sa face interne reposait sur du tissu cellulaire intact et qui cependant lui était tellement adhérent, qu'il fallut» pour Ten- Ipver, le rac|pp avec le bistaurj.
Un autre o^arin présentait les trqc^ de la foudre le long de toute la partie latérale de son corps. Pe la tête aux pieds on voyait des taches érythémateuses d'un rouge vit, au front, au cou et à |a poitrine. Sur le flanc, quelques eschares, de couleur de brique, dures et sonores, entouréesd'autres eschares molles et poiràtres. plus bas, depuis la fesse jusqu'à la malléole, toute la face externe du membre était comme brûlée pqr la poudre à canon ; ep effet, ell^ était éf ytbémateuse et entièrement couverte de taphes ou d'eschares inolles, noirâtres, de forme et de largeur variées, ainsi que de petites pblyctènes raqiplies d'un liquide également poiràtre. Les brulibres étaiept )e siège de douleurs vives, acres et brûlantes qui s'adoucirept beaucoup vers le sixième jour. Les eschares sèches et sonores du flanc, qui avaient fait soupçonner une désorganisation profonde et trèsrgrave, n^ laissèrent cependant à découvert que le pannicule adipeux squs-cutané et le blessé fut entièrement guérj vers la fin du deuxième mois.
Chez un troisième marin, on trouva une bande d'eschares larges de deux à trois pouces, prenant naissance au-dessous de rhypochondre gauche et s'étendant en bas vers Taine et le long de la cuisse jusqu'au genou, dans la direction précise du muscle couturier. Les eschares étaient molles pour I9 plupart, quelques-unes dures et sonores, de couleur noirâtre plus ou moins foncée ; de forme, de profondeur et de largeur variées ; tantôt isolées, tantdt confluentes et remplies dans leurs interstices d'un nombre considérable de pblyctènes pleines de sérosité noire. Sur les bords de cette longue série
d'flflbres, lu pieau ^qU érythémitettse et d'un rouge vif ;
oHe daK le3 çw prudents/ 18& e^chajrçs Ie$ plus pro-
Uts D'à valent pas dépassé l'épaisseur du derme ()). Tm le œiliea du lopis de décembre 1852, ciac| marins
teit firappé^ «Minitta^OM^t par la foudre» eo^ mer : sur
«kxoD d'wx» oa cQOfttata d^. brûlmre^ ayec destruction de
JqÉlenBe et ^ec^firaft a^es : fi^is auou^iede ces. brûlures
oeséteDdût au-dç^soM» du derq^ comme si ia couche cet-
lohKgraisseuse était pour i'électi;icité un isolant parfait. Les
Mura resMinbiaient p^^faitçn^nt à celles produites par la
éda^ration de la pf>udr,e à cajHua^ sans grains distincts, et
nos peîotillé u(^èi^^ : çUes ae sont comportées dans leur
Miche et dai^ letir guérisoo c(^me d^s brûlures de cause
vulgaire. Trois de ces marins étaient frappés d'une profpndp
tewir, ^^ fMatri^me resta p^oPigé d9na^ i^pe atugeur gi;o-
bodt^ le cûMiaième ijf^rut (2).
ART. 3. — LÉSIONS GftAYBS.
I L — ^i^Atip^. "" Résections. — La foudre produit parfois des résections et des arrachements.
La lésioQ peut atteindre ia peau, le tissu cellulaire et mèoie uoe partie de la couche musculaire sous-jacente dans aoe étendue variable ; comme le démontrent les observations
Cbex un vieillard tué par la foudre» un morceau de peau de deux pouces de long sur un pouce de large fut complétaient enlevé de la région antérieure de la cuisse gauche, laos la OH^pdre lésion de la couche musculaire sous-jacente^ al sans. qu'Mne goutte de sang sortit de la plaie, comme la diemise qui la. couvrait en fournit la preuve (Crome).
M.« ftiee cite M Baraey à qui la fondre enleva un lambeau de peau depuis la cheville jusqu'à la base du gros orteil*
(1) Un exemple à pea près semblable est rapporte dans I^ ^luiatef de mHê' tmttd€ chirurgie de Bruget.
(S) G^^te médicale, — Cp$mo9f t. II, p. S64.
Chez un individu noté par Hooper, la plus grande partie de la peau de la région antérieure de la jambe, de la cuisse et du scrotum fut arrachée.
Dans l'intéressante observation du doctepr Morand, les muscles de la fesse et de la région voisine de la cuisse furent emportés en grande partie ; malgré l'énorme déperdition de substance qui était de six livres environ, on ne trouva dans le lieu ou était arrivé l'accident, ni une seule goutte de sang, ni le plus petit morceau de chair (1).
Quatre chevaux atteints par un coup de foudre, probablement ascendante, furent tués sur le coup : on les trouva tous renversés du même côté, les intestins hors du corps. Ce fait se serait passé le 20 août 1769, près de Rumigny, en Picardie (Richard).
Ces faits donnent un certain degré de probabilité à celui qui a été consigné par Pierre de l'Estoile. Cet historiographe rapporte qu'un soldat des gardes à la porte Saint-Jacques fut atteint par la foudre : < le dit tonnère lui brusla et emporta le ventre et le coucha mort sur place. >
Nous pouvons citer plusieurs exemples de résection de diverses parties saillantes, pavillon de l'oreille, organes sexuels chez l'homme, etc.
D'après Phayre, chez un homme très-àgé, Toreille gauche déchirée en plusieurs endroits ne conservait plus que de légères adhérences.
Un berger fut foudroyé le 13 mai 1803, près de Fehrbellin ; on trouva son oreille gauche à quelques pas du cadavre, sur un mouton étendu mort.
La femme qui ensevelit les quatre malheureux tués par la foudre à Everdon, au moment où ils étaient assis sous une haie, dit que leurs fesses étaient horriblement déchirées, que leurs organes sexuels étaient arrachés et déchirés en morceaux comme si de petites barres de fer rougi y eussent été enfoncées en plusieurs places (Wallis).
Six personnes étaient sous un noyer ; le tonnerre en tua trois et blessa grièvement les ti*ois autres, « comtne vous pour-
(1) Voir Foudre tuesndante, I. p. 177 et Hkt. de FAcad. da m., p. 38(1755).
ET SUR LES ANillAUX. LÉSIONS 87
riiz Un, ^atUe le comte de Bimy^ de rendre un homme •digne
fnîmiÊÊS le sérail »
EsDiffl a TU, dit Louis, un homme à qui la foudre enleva laÂsKet la mâchoire inférieure. C'est sans doute le même «^aîa été rapporté par quelques auteurs et qui aurait
1? $6serré à Cusy, en Savoie.
ieè iésioos déjà si graves que nous venons de consigner fâoA encore de beaucoup dépassées si nous ajout(>ns foi SL okervations rapportées par plusieurs auteurs. Nous ne irsiiomons qu'avec une certaine hésitation les faits qui iiiTent, parce qu'ils ne nous présentent pas un caractère rirréprocbable authenticité. Cependant nous ne pouvons les "^Jeter entièrement, car personne ne peut encore assigner ^Qoe limite à l'action destructive de la foudre, et comme il ^1 par&ilement constaté que ce terrible agent a coupé en 'il des arbres, des poutres et des mâts, nous ne voyons
ii qu'il lui soit impossible de produire des effets analogues ^ rbomme et sur les animaux.
Ces réserves faites, voici deux des faits dont nous parlons.
Wallis et de la Prade citent deux observations dans les- '.^les une épaule aurait été entièrement détachée du tronc.
Le i*' août 1803, l'Africaine, de 36 canons, fut frappée de •i indre à Gravesant-Steeple ; des mâts et des vergues en '^Tfot atteints. Un des matelots qui carguaient la voile de Perroquet, fut coupé en deux-par la décliarge : < One seaman ^^aUin ttco by discharge » (1).
iïaprès Sauvan, le foudre aurait emporté la moitié d'un '^t à Avignon, et dans un autre cas la foudre aurait em- ^la moitié d'une tille 1 1 (2)
Mus Obsequens (3) rapporte un fait plus incroyable
^U. — Lésions semblables à celles que produisent les balles. — La foudre occasionne quelquefois
ry,
(i)AMlM:. Mag., t. XIII, p. 27.
lii Toaldo. Obterv. nUtéor.
^) fnâign, XGVU.
à la surface du corps des blessures qui ont una groode nna logie avec une plaie produite par une balie.
Les trois observations suivantes noua en ofirent les prim i paux caractères et doivent attirer Kattentioo da médecii légiste.
Un enfant de 9 ans, cité par Tahbé Çbapsat s'amusii entre deux ibnètres et tenait le pied sur les barreaux d'uii' cage de fer placée sous une tabte, lorsqu'il ftii tué par I; foudre ; il portait des souliers ferrés et c'est par le cont^x des clous de la chaussure avec un des barreaux de la cn,i;i de fer que rexplosion eut Heu. Le barreau présentait un empreinte ooire et des traces légères de fusion; au poiut il contact avec te soulier, quelques clous avaient été fondus, v la foudre» en suivant un de ces clous, s'était livré un passage au travers de la chaussure, par ua trou de la dimensii»! d'ua tuyau de plume : le soulier fut mis en pièce. On trou\< sous le pied droit, à la base du gros orteil, entre la preinit n phalange et le métatarse, une plaie noire légèrement saoguti Bolente, offrant une cavité dans les chairs comme la blessure faite par une balle.
Sprengel décrit ainsi la blessure que lui présenta un soi dat frappé par la foudre : la jambe droite était tuniéiii >^ comme œdémateuse, avec quelques taches brunes et iivido^ sous le talon droit se trouvait une plaie d'un demi-pouce (i profondeur, dont les bords lacérés en forme d'étoile étaicii renversés en dehors comme d^M l'ouverture de sortie des phw' par armes à feu.
Enfin, chez un laboureur observé par Davies> outre um brûlure étendue et fort grave du tronc et des membres inié rieurs, on voyait au centre du talon gauche un trou semblnU à celui que ferait une balle à sa sortie : il se cicatrisa asse: promptement.
§ ni. — l4U:^atiQQ8. — Les luxations sont extrêmemou rares chez les foudroyés ; tout ce que nous connaissons à ce égard se réduit aux faits suivants :
Au milieu des désordres observés chez une femme pn Morandt nous remarquons une luxation de l(i hunche guiuM
ET sua I^^S AiNlMAUX. LÉSIONS qQ
avec (fibeération pt ablation des n^uscle^ qui i^ recou-r Traicol (1).
SoriD berger cité par Wasae et mutilé par \?i foudre, on Iruun, eatre autres l03ipns, unp luzation du geiiQu droU,
ïi m homoie, au rapport dp Bergman, «urait éprouvé ' ftmdam femoris luxationem, >
{ J\\ — Fractures. — La fbudre occasionne parlbis des fnriures chez l'homme et chez les animaux : elles ont été iK'néesau crânes à la face, au tronc et aux membres. Il panitrait même que les os d'une grande partie du corps iraient été réduits en esquilles; une circonstance à noter, '''est que dans plusieurs cas de fracture, la peau et les parties 'Bolles Cf)rrespondantes sont restées intactes , phénomène îBMplique te pouvoir conducteur différent de tous ces
Parmi les observations que nous allons présenter, il en est ;ci nous inspirent la plus grande confiance et établissent ; Ntivement le fait de fracture des os par la foudre. Nous l'en dirons pas autant de plusieurs autres dont l'authenticité ' 'Si rien moins que démentie et dont le texte même nous • isse dans le doute sur la nature de la lésion.
A. — Fractures du crftne. — Ebeil et Meyer ont dé- '^l une double fracture du crâne chez un jeune garçon, et vhulter a trouvé une lésion semblable chez un homme de ^^ans; BOUS rapporterons en détail ces intéressantes obser-
'«tioQs lorsque nous étudiarqns Tétat des cadavres des four?
'"oyés.
H. Pouiiiet a vu un homme tué pftr la foudre et dont
<(««<« la partie o$$euBê 4e la tête était brisée, comme elle aurait
'« tétrepar cent coups de massue. >
Le Rév. Wasse, recteur d'Aynho, écrivait à Mead que le
Juillet 1725, près de Mixburg, un berger *gé de soixante
nsfut tué dans un champ pierreux. Cinq moutons gisaient
T»^ autour de lui : la partie supérieure de la tête était horrir^
^^mt fracturée et le genou droit était luxé ; l'oreille droite
h Hitt. é$ VAcad. des idêneet, p. 38 (17S6).
était coupée et enfoncée dans le crâne; du sang coulait cette région et se répandait sur le sol.
Chez d'Aussac, observé par le docteur Garipuy, le cr était mutilé à trois travers de doigt au-dessus et un peu avant de l'oreille gauche; du sang sortit de cette plaie que on releva le cadavre.
L'un des passagers dont parle Bridgnoann eut la tête f cassée (sic) ; la couronne de son chapeau avait été couf net et emportée.
B. — Fractures des os et des cartilages de face. -— Dans le courant de Tété de 1824, un berger, ù de 70 ans, fut tué sur une route près de Dusseldorf ; premier coup il sauta en l'air à hauteur d'homme et tom renversé sur le sol. A l'examen judiciaire, l'oreille cU blessée, la mâchoire inférieure fracturée, et les os du crài étaient sans doute fracturés, car, en les pressant avec la mai on entendait un certain bruit.
Chez un homme cité par Hooper, le cartilage de l'oreil droite et la cloison du nez étaient brisés.
Deux dents étaient réduites en menues parties chez i homme observé par Desvaux et dont nous parlerons ph tard.
C. — Fractures du tronc. — Une fracture du sacru et du pubis faisait partie de TelTroyable désordre observé \M Morand sur une femme atteinte par la foudre.
I). — Fractures des membres. — Le docteur On vrard a constaté sur le cadavre d'une personne foudroyé une fracture de l'humérus gauche et une grave blessure d coude droit dont Tépicondyle et Tépitrochlée avaient et détachés du corps de l'os.
Diemerbroeck rapporte qu'en lOiS, un homme ayant él tué par la foudre dans les champs, la plupart des os élaien brisés en petits fragments, la peau et les muscles étant re^lél intacts, « pluraque ossa minutim confracta erant ; ente eut carne plane illœsa.ii
£T SUR LES ANIMAUX. LÉSIONS 6i
SràtToaIdo, tous les os d'un malheureux, foudroyé en r$3,kflt brisés en mille fragments, les chairs étant resléfêiydes, c Alictijus hominis f racla fuerunt et comminuta mm, intactis carntfritô.»
lm& remarquer que Diemerbroeck et Toaido ne disent jumelé eux-mêmes témoins de ces deux accidents.