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en particulier les tumeurs connues sous le nom de molluscum, de dermoïde, ainsi que les tumeurs élépliantiasiques, présentent souvent un volume considérable e(. un pédicule plus ou moins accentué, mais très-riche en vaisseaux. Leur ablation par la galvanocaustie offre de grands avantages sans être indispensable.
Ces énormes éléphantiasis du scrotum qu'on observe dans les pays chauds et dont l'amputation a souvent donné lieu à des hémorrhagies mortelles, seraient trèsaccessibles à la méthode galvanocaustique. Par contre, les lipomes même volumineux renferment généralement très-peu de vaisseaux, et je ne vois pas de raisons sérieuses pour suivre l'exemple d'Amussat, qui divisa en quatre une tumeur de ce genre avec l'anse de platine et enleva ensuite isolément les quatre segments.
4*^ Opérations sur des sujets cachectiques , chez lesquels il s'agit en même temps d'éviter toute perte de sang, de modifier la surface de section et de prévenir la douleur consécutive.
On préfère souvent dans ces cas le caustique au bistouri, ou bien l'on applique, à l'exemple de Bonnet, le fer rouge sur les surfaces vives constituées par l'instrument tranchant. Mais si l'on dispose d'un appareil galvanocaustique, on peut du même coup diviser et cautériser les tissus. Comme exemple, je citerai les fistules à l'anus chez des phthisiques, certaines fistules urinaires du scrotum.
M. Sédillot a même employé avec succès l'anse galvanocaustique pour pratiquer l'amputation de la jambe au tiers inférieur chez des vieillards très-affaiblis at-
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teints de carie du tarse. La gangrène dite spontanée des membres me paraît également une indication à la galvanocaustie. L'amputation pratiquée avec le fil incandescent au point de jonction du mort et du vif présenterait certainement plus de chances de guérison que toute autre méthode.
Un chirurgien anglais a pratiqué récemment une taille périnéale avec le couteau galvanocaustique. D'après le jugement que j'ai porté plus haut sur cet instrument, je ne saurais approuver cet emploi; car si l'on veut couper des tissus aussi épais que ceux que l'on divise dans la taille, il faut chauffer le couteau au rouge vif; alors il ne cautérise guère et il n'y a plus aucune raison de compliquer sans profit cette opération.
5° Ablation de tumeurs insérées dans des cavités closes, principalement dans la cavité abdominale.
Cette indication résulte des expériences citées dans l'un des chapitres précédents sur l'innocuité des escarres galvanocaustiques incluses dans le péritoine et pourra devenir la source d'un progrès important.
Déjà il est prouvé, d'après l'une de mes observations (Obs. 20), que, même chez l'homme, on peut diviser l'épiploon par la galvanocaustie et le réduire impunément dans le péritoine. On pourra donc attaquer ainsi à l'avenir ces épiplocèles irréductibles qui sont une source permanente de dangers et n'en constituaient pas moins jusqu'à présent un noli me tangere pour le chirurgien. En réduisant l'escarre de l'épiploon et en réunissant par première intention la plaie abdominale, on arrivera non-seulement à une guérison plus sûre et plus
rapide, puisqu'elle se fera sans suppuration, mais encore à une guérison plus complète, puisque l'épiploon ne restera pas adhérent à la plaie inguinale en formant une bride à travers l'abdomen, cause trop fréquente d'étranglements ultérieurs.
Plus tard on sera conduit sans doute à diviser de la même façon le pédicule des tumeurs ovariques , spléniques, utérines ou rénales, et l'on rendra ainsi ces extirpations moins dangereuses.
Dans le même ordre d'idées, j'ai appliqué la galvanocaustie à la division du cordon spermatique dans la castration. J'ai opéré cinq malades de cette manière et toujours avec succès. Plusieurs fois le cordon, divisé très-haut, s'est rétracté jusqu'à l'origine du canal inguinal et il n'en est résulté aucun accident; bien plus, l'escarre n'a donné lieu qu'à une suppuration insignifiante, sinon nulle. C'est un premier avantage de la méthode, qui préserve eit outre des accidents résultant de la constriction incomplète des nerfs spermatiques. Il serait facile de pratiquer toute la castration au moyen de la galvanocaustie seule, en divisant le scrotum avec le couteau incandescent et en énucléant la tumeur avec le doigt. Cependant le bistouri me paraît en général préférable pour cette première partie de l'opération, puisqu'il permet de réunir une grande partie de la plaie scrotale par première intention.
6° Cautérisation de trajets fistuleux. — Cette indication compte parmi les moins importantes de la galvanocaustie thermique, puisque le plus souvent il suffît de supprimer la cause du trajet fistuleux (extraction de
séquestre, de corps étrangers, etc.) pour voir guérir spontanément le trajet fistuleux. Dans d'autres cas, l'injection d'un caustique liquide présente autant de garantie de guérison et plus de facilité d'application. Rappelons seulement que c'est la cautérisation d'une fistule salivaire qui a été, entre les mains de Marshall, la première application chirurgicale de la galvanocaustie et que, dans des conditions semblables, on pourrait l'imiter. Mais il faut savoir que le séton galvanocaustique ne cautérise réellement qu'à son point d'entrée et de sortie et que la partie médiane du fil s'échauffe peu. Pour agir sur le centre de la fistule , il faut tirer alternativement le fil de platine en sens contraire. Quant à la cautérisation d'une fistule à une seule ouverture avec le cautère en bec d'oiseau, elle ne présente aucun avantage sur l'emploi du fer rouge.
RÈGLES GÉNÉRALES POUR l'eMPLOI DE l'aNSE GALVANOCAUSTIQUE.
Autant que possible il faudra toujours se servir du porte-ligature droit et réserver le courbe, qui exige l'emploi d'un fil de platine plus mince et plus long, pour les cas exceptionnels.
Si la tumeur ou partie à enlever présente une forme pédiculée et est facilement accessible, on prépare dans le porte-ligature une anse de platine un peu plus grande que la tumeur et l'on fait passer celle-ci à travers l'anneau du fil pour étreindre ensuite le pédicule au point voulu.
Si la tumeur est superficielle mais à implantation
large et diffuse, il faut la pédiculiser en passant une ou plusieurs fortes aiguilles à sa base, qu'on entourera d'abord d'un fil de soie pour s'assurer qu'aucune partie de la tumeur n'échappe à la constriction. L'anse de platine s'applique alors facilement sur ce pédicule artificiel.
Dans le cas de tumeur profonde et diffuse, il faut procéder différemment et circonscrire le mal par une série de sections. A cet effet on peut entraîner le fil de platine à travers les tissus au moyen d'une aiguille; mais un trocart fin, droit ou courbe, est plus commode et gâte moins le fil. Mieux vaut multiplier les sections pour être sûr de ne laisser échapper aucune partie malade. Une fois le fil placé, on passe ses deux chefs dans le porte-ligature et on serre bien l'anse avant de faire passer le courant. Alors on fait rouler les roues du modérateur de 0 vers 100 degrés jusqu'à ce qu'il se dégage un nuage de fumée. A mesure que la fumée augmente et que la section s'opère, on fait diminuer la force du courant, tout en resserrant constamment l'anse pour maintenir la constriction au même degré.
Arrivé vers la fin, il arrive un moment oii l'anse ne se chauffe plus, quand même on réaugmente la force du courant. La chaleur se communique au porte-ligature, qui peut même cautériser les parties qu'il touche; c'est signe que l'anse est réduite au minimum. Il faut alors achever la section par une traction, qui était sévèrement défendue jusque-là. Si les derniers restes du pédicule renfermaient une artère importante, cette division par traction et non par constriction peut donner
lieu à une hémorrhagie ; mais cela arrive très-rarement, puisque généralement le vaisseau a été comprimé et chauffé d'une manière suffisante pour y interrompre toute circulation. On évite d'ailleurs cet inconvénient par l'un des artifices indiqués à la fin du chapitre sur l'hémostasie, à savoir par l'inclusion d'une languette de chair ou d'une baguette de bois dans l'anse de platine.