‹ De la Gangrène des Extrémités dans les Suites de CouchesChapitre 16 sur 46 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Pronostic

Les différentes statistiques que l’on a pu établir au sujet de la gangrène des extrémités dans les suites de couches présentent un pronostic grave.

La mortalité, vers le milieu du siècle dernier, était de 66 %. Wormser fait remarquer que, depuis les progrès de l’antisepsie, cette proportion de décès semble être descendue à 40 ou 50 %. En 1875, dit-il, sur trente-deux cas publiés, 1l y eut quinze décès.

Ce pronostic présente des variations suivant les différentes formes de gangrène. Dans les cas d’orgine artérielle, la possibilité de l’amputation contribue certainement à une issue favorable. Au contraire, la mortalité est très grande dans les formes d’origine veineuse, car, ainsi que le fait remarquer M. Lafond, le traitement ne peut s'adresser qu’à l’état général du malade; aussi le même auteur nous signale que sur trois cas de gangrène veineuse qu’il a observés, il y eut trois décès, tandis que sur dix-neuf cas de gangrène artérielle, neuf fois les malades furent guéries.

M. Wormser, sur dix-huit cas de gangrène à forme artérielle, mentionne douze décès et six guérisons, et, sur neuf cas à forme veineuse, sept décès et deux guérisons. D’après sa statistique, le pronostic serait meilleur, lors-

qu’on observera des formes artérioso-veineuses (Sur treize cas, sept guérisons et six décès).

Au sujet des résultats fournis par l’amputation, Wormser, sur 54 malades dont il a pu obtenir des renseignements précis, rapporte que 24 furent amputées, et six parmi ces dernières décédèrent. Le premier cas mortel concerne une amputation pratiquée le soir même de l’apparition des symptômes; chez la deuxième et la troisième malade, la mort survint à cause de la localisation très élevée de l’oblitération. L’amputation, au quatrième cas, fut faite au milieu des tissus enflammés. La cinquième malade décéda, malgré l’amputation, des suites d’une pneumonie, et, chez la sixième et dernière malade, on observa une endocardite avec oblitération des deux artères iliaques. La mort survint quatre jours après l’opération. Les trente autres malades décédèrent toutes, et, parmi celles-ci, les malades chez qui on ne put procéder à l’amputation, soit à cause de la rapidité d'apparition des symptômes, soit encore parce que le siège de l’oblitération fut trop élevé.

Nous ajouterons à ces faits la statistique que nous avons pu établir d’après nos observations. L’amputation fut pratiquée 23 fois, et, 40 fois, les malades succombèrent; Sur 23 malades non opérées, on constate 23 décès.

Page 1