SEE ES
Passons au troisième groupe, qui comprend les cas de maladie de Raynaud ou gangrène symétrique; elle est citée à l’observation XVI de Dickinson, où la gangrène a déjà débuté pendant la grossesse et a récidivé après l’accouchement. Cette gangrène symétrique a été aussi signalée par Begg (Obs. IT).
Bien que la maladie de Raynaud ne constitue pas une telle rareté pathologique, le petit nombre des cas accompagnant la grossesse ou l’accouchement, prouve que ces deux phénomènes physiologiques n’interviennent pas d’une façon effective, d’une façon absolue. D’autre part; l'intervalle qui, parfois, s’est écoulé entre l’accouchement et le début des symptômes, ne permet pas d'établir une relation bien définie, puisque dans un cas, trois mois, et chez une autre malade, quatre mois ont séparé ces deux ordres de faits.
En résumé, on ne doit considérer comme gangrène puerpérale bien nette, que les cas compris dans le premier groupe, où la gangrène a débuté après l’accouchement; ce sont les seuls dont nous nous occuperons dans cette étude étiologique.
On peut considérer comme cause principale de la gangrène la présence d’une infection pendant ou peu de temps après l’accouchement.
M. le Professeur Andérodias (1) dit : « Il est un pre- « mier point sur lequel il ne peut y avoir de doute : c’est « que, quels que soient les modes pathogéniques suivant « lesquels la gangrène apparaît, l'infection existe tou- « Jours au début de cet accident ».
(4) Annales de la Société obstétricale de France, 1901, p. 62.
LD re
Cependant, en dehors de l'influence prépondérante de cette infection, certaines causes prédisposantes ou adjuvantes interviennent; leur action a même pu s'exercer avant l’accouchement.
Au début, il faudra étudier la question du terrain sur lequel les divers symptômes de cette maladie se sont développés. Evidemment, un mauvais état général antérieur à l’accouchement sera favorable à l’évolution des lésions gangréneuses.
Schæffer, à l’observation LIV, nous rapporte le cas d’une malade qui réunissait de nombreux éléments diathésiques; atteinte de chlorose et placée dans de mauvaises conditions physiologiques, elle eut en plus une infection gonococcique.
A l’observation LI, Simpson présente une malade débilitée et soupconnée de tubereulose.
Les endocardites anciennes constituent aussi un facteur étiologique qui a pu déterminer l’apparition de cette gangrène. À l’observation I, la malade de M. Andérodias présentait depuis longtemps un rétrécissement aortique. C’est sans doute cette affection qui a déterminé en ce point la localisation de l'infection, et l’endocardite végétante qui en est résultée a été cause elle-même de l’embolie.
D’après M. Andérodias (1), le diabète a été signalé dans un cas.
D’autres infections sont intervenues avant l’accouchement : la fièvre typhoïde, la variole, la scarlatine et la diphtérie ont été citées.
(1) Annales de la Société obstétricale de France, 1901 p. 173,