‹ De la Gastro-entéro-anastomoseChapitre 12 sur 25 · CS RL · texte numérisé non relu

CS RL

OsservaTiION IT (inédite).

Due à l’obligeance de M. le Professeur Weiss.

Cancer de l’estomae. — Obstruction du pylore. — Gastro-entéroanastomose, — Vomissements bilieux excessifs. — Mort,

Mme X... entre à la Maison de secours au mois de février 1897 pour un cancer de l'estomac datant de plusieurs mois. Il existe des signes d’obstruction du pylore, qui vont en s'aggravant peu après son entrée et aboutissent à une obstruction presque complète.

Je propose la gastro-entérostomie qui est pratiquée avec l’assistance de MM, Février et Renaud.

Le ventre ouvert, l’estomac est facilement attiré au dehors, ainsi que la première anse du jéjunum. Avant de les anastomoser, je pratique la colopexie stomacale, suivant le procédé de Doyen ; quant au grand épiploon, il est inutile de le refouler dans l’arrière-cavité des épiploons, car il est ratatiné par des noyaux cancéreux secondaires et réduit à sa plus simple expression.

La pince de Souligoux est ensuite appliquée sur la face antérieure de l'estomac et la face libre du jéjunum.

La collerette des sutures postérieures appliquée, je cautérise les surfaces escharifiées avec un crayon de potasse caustique spécialement préparé ad hoc, ce qui est bien plus pratique que l’emploi des pastilles employées par Souligoux. Les sutures antérieures sont ensuite appliquées et l’opération terminée en 35 minutes par la suture de la paroi abdominale,

Les suites de l'opération ont été d’abord aussi bonnes que possible, et aucune réaction péritonéale ne s’est

FR eee

manifestée ; mais, le cinquième jour, apparaissent des vomissements bilieux d’une abondance extraordinaire qui montrent que la circulation intestinale ne s’est pas établie comme on pouvait le désirer. Néanmoins, les gaz circulent et sont rendus par lanus.

Ces vomissements ne cessant pas les jours suivants et se montrant de plus en plus abondants, je suppose qu'il existe un éperon saillant dans l'estomac qui empêche le reflux du liquide biliaire.

Pour m'en assurer, je pratique une deuxième laparotomie le 8° jour.

Je constate, avec le doigt, qu’il existe au niveau des deux anses jéjunales un orifice très net dans l’estomac ;. pour être plus sûr, je fais une taille intestinale sur l’anse supérieure et je constate qu’il n’y a aueun éperon saillant dans l’estomac, que le doigt contourne la cloison très aisément, et qu'il n’existe aucune compression du bout inférieur par le bout supérieur.

Ne trouvant pas la cause des vomissements biliaires, Je crois devoir refermer purement et simplement lorifice intestinal qui avait servi à mon exploration.

Ce fut à tort ; il eût été préférable de pratiquer à ce moment la Jéjuno-jéjunostomie. Mais à l’époque de cette opération, cette dernière intervention n’était pas classique et je n’y eus pas recours.

Les vomissements persistèrent ; plusieurs litres de liquide biliaire continuèrent à être rendus les jours suivants. La malade succombe 10 jours après sans aucune manifestation péritonéale, mais épuisée par ces vomissements incessants. Il y avait eu des selles rendues par Janus, mais en petit nombre.

TT

Ce cas malheureux m'a inspiré les réflexions suivantes : |

Malgré la précaution de retourner l’anse jéjunale, la circulation vicieuse de la bile et des liquides stomacaux est toujours à craindre avec la gastro-entérostomie antérieure ; il me parait donc utile de pratiquer dans la même séance la gastro-entérostomie et la jéjuno- Jéjunostomie.

Faites par les procédés ordinaires, ces deux opérations constituent une intervention d’une durée qui dépasse souvent les forces déjà si épuisées des malades ; aussi le procédé de Souligoux, bien plus rapide, me paraît-il seul indiqué en pareil cas, et jJ'engageai, peu de temps après, mon collègue Février à faire d'emblée et dans la même séance ces deux opérations chez un malade de lhôpital

Son intervention, composée 1° de la gastro-colopexie, 20 de la gastro-entérostomie et 3° de la jéjuno-jéjustomie, put être exécutée avec Imon concours en moins d’une heure.

Elle fut suivie d’un bon résultat qui se maintint durant plusieurs mois.

C’est la même pratique que je m'étais proposé d’adopter dans la 3° observation qui suit ; mais un accident survenu avec la pince Souligoux m’empêcha de suivre ce programme, et fut indirectement cause de la mort du malade.

ee

OBsERVATION III (inédite).

Due à l’obligeance de M. le professeur Weiss.

Ulcère rond de l'estomac. — Sténose pylorique. — Gastroentéro-anastomose. — Vomissements bilieux. — Mort.

M. X... m'est adressé par un de mes collègues de la Faculté pour une sténose pylorique, consécutive selon toute apparence à un ulcère rond de l’estomac.

C’est un homme d’une soixantaine d’années, encore très vigoureux, présentant des vomissements intermittents accompagnés de douleurs stomacales très violentes. Ces accidents se sont montrés par crises d’abord espacées à d'assez longs intervalles, mais actuellement les symptômes sont permanents et traduisent une dilatation considérable de l’estomac.

Je propose la gastro-entérostomie, après avoir constaté linsuccès des lavages de l’estomac.

Cette opération est pratiquée le 1% février 1898 à la maison de santé de la rue Saint-Lambert avec l'assistance de MM. Février et Renaud.

Le ventre ouvert, je commence par pratiquer la colopexie stomacale, en refoulantle grand épiploon dans l’arrière-cavité à travers la paroi effondrée de l’épiploon gastro-côlique. Quatre points de sutures fixent ainsi le côlon transverse au bord inférieur de lestomac et empéchent ce viscère de retomber sur les anses jéjunales.

J’attire ensuite au dehors la face antérieure de l’estomac et l’anse jéjunale en les mettant au contact ut supra. Je cherche ensuite à appliquer la pince de Souligoux sur l’estomac ; mais Je m'aperçois que la muqueuse stoma-

eh 1

cale présente sur les feuillets superficiels une telle laxité, qu'elle échappe à plusieurs reprises au moment de ser: rer l'instrument. Celui-ci trop étroit ne laisse pas pénétrer les diverses tuniques de la paroi,

En faisant maintenir par un aide la muqueuse, je finis par pouvoir serrer la pince ; mais je m’aperçois que la bordure de la couronne a échappé à la pression et n’est pas contusionnée ; pour parer à cet accident, je retire légèrement la pince et serre le point en question. Mais la paroi stomacale se déchire et le contenu de l'estomac se vide au dehors, heureusement sur les compresses. Impossible donc de continuer le procédé de Souligoux ; je suis obligé de reprendre le procédé habituel et de faire les nombreuses sutures qu'il comporte.

L'opération se prolonge ainsi bien au-delà du temps que j'espérais ; il y avait une heure et demie que j'avais commencé quand la suture me parut bien étanche, aussi crus-je devoir renoncer à la jéjuno-jéjunostomie que je m'étais proposé de faire primitivement pour ne pas prolonger l’opération outre mesure. On va voir que j’eus lieu de regretter de n'avoir pas été jusqu’au bout.

Les suites de cette intervention parurent d’abord favorables. Aucune réaction péritonéale. Mais versle 5° jour apparaissent tous les signes de la circulation vicieuse du liquide stomacal sous forme de vomissements bilieux répétés. Les accidents persistant, je me décide le 8 jour à rouvrir le ventre et à pratiquer la Jéjuno-Jéjunostomie par le procédé habituel.

Les vomissements cèdent, et le malade au bout de 8 jours était en assez bon état pour que je crusse pouvoir le quitter et partir en vacances. Mais dès le lendemain de mon départ, peut-être sous l'influence d’une

absorption trop grande de lait (que la faim éprouvée par le malade força à lui donner) il se manifeste des signes de perforation au niveau de la 2° suture ; le ventre se ballonna et en 24 heures cet homme succombait.

Ce cas m'a laissé de vifs regrets, d'autant qu’il s’agissait d’un rétrécissement fibreux simple du pylore, ce que j'avais pu constater au moment de mon intervention. L’insuccès est certainement dû à la défectuosité de la pince de Souligoux, qui telle qu’elle a été conçue primitivement ne répond pas à toutes les indications particulières. Chez mon malade, la paroi était assez mince, en raison de la grande dilatation stomacale ; la muqueuse présentait une mobilité remarquable sur les autres tuniques, et si je n’y eusse pris garde, elle eût échappé à la pression, ce qui eût empêché la communication de se faire avec le jéjunum.

OgservaTION IV (résumée).

Due à l’obligence du docteur Souligoux.

Cancer du pylore. — Gastro-entéro-anastomose. — Guérison.

Me Victorine G..., âgée de 53 ans, fut la première en date des opérés du docteur Souligoux par son procédé.

Cette dame entre à la Maison Dubois dans le service de M. Picqué le 21 février 1896. Son état est très grave. Facies jaune paille, maigreur extrêmement prononcée. Par le palper, il est très facile de délimiter une tumeur siégeant au niveau de la région pylorique. Cette tumeur est même appréciable à la vue.

L'opération eut lieu le 29 février sans incident ni accident. Les suites en furent bonnes.

L'alimentation fut commencée au 3° jour. Cependant l’état de santé de la malade restait toujours excessivement précaire, à tel point que, les fils ayant été enlevés le 10° jour seulement, il n’y avait pas de réunion et qu'il fallut refaire toutes les sutures de la paroi.

Depuis, cette femme a engraissé et mange très bien. Elle sort de la Maison Dubois le 2 mai.

Le docteur Souligoux a revu cette malade il y a quelque temps, elle supporte très bien les aliments, mais sa tumeur a considérablement augmenté.

OBSERVATION V (résumée),

Due à l’obligeance du docteur Souligoux.

Cancer du pylore, du côlon ascendant et d’une partie du grand épiploon. — Gastro-entéro-anastomose, — Guérison.

Mme Ch... Marie, âgée de 57 ans, entre àla Maison Dubois au mois d’août 1896. — Douze ans auparavant elle avait été opérée par Péan d’un kyste de lovaire. — Atteinte d’obstruction intestinale due à un cancer du cœæcum, elle avait été opérée de nouveau par M. Potherat qui lui fit un anus contre nature.

A son entrée à la Maison Dubois, elle se plaint de douleurs stomacales et de vomissements. Son anus fonctionne mal.

Au palper, il existe dans le flanc droit une masse énorme, remplissant tout l’hypocondre droit et atteignant la région pylorique.

Tr

L'état de la malade est tel que je ne me décidais à intervenir que sur ses prières réitérées.

Gastro-anastomose antérieure le 4 septembre 1896 ; à l’ouverture de l'abdomen on constate qu’en effet la masse néoplasique avait envahi tout le côlon ascendant, une partie du grand épiploon et la région pylorique. |

Les suites de l’opération furent simples, les vomissements cessèrent, l’appétit revint. La malade sort le 21 octobre.

Cette femme mourut 5 mois après, de généralisation.

OgsErvaTION VI (résumée).

Due à l’obligeance du docteur Souligoux.

Obstruction intestinale incomplète. — Néoplasme du cœcum. — Entéro-anastomose. — Guérison.

Me Marie M..., agée de 45 ans, entre à la Maison Dubois pour une obstruction intestinale incomplète. Les matières fécales passaient encore peu à peu, mais les gaz étaient complètement retenus.

Entéro-anastomose. — A l’ouverture on constate un néoplasme du cœcum. — On abouche la terminaison de

l'intestin grêle avec le rectum.

Les suites opératoires furent excellentes, la malade guérit.

Cette femme mourut 18 mois après. L’autopsie put en être faite, On constate une généralisation du néoplasme, et, fait très curieux, louverture anastomotique était rétrécie par des noyaux néoplasiques secondaires.

OBseRvATION VIT (résumée).

Due à l’obligeance du docteur Souligoux.

Cancer du pylore. -- Noyaux péritonéaux. -— Gastro-anastomose.

— Guérison.

M. X..., àgé de 47 ans, employé aux chemins de fer. Envoyé à la Maison Dubois par le docteur Girerd.

Ce malade atteint d’un cancer du pylore avait travaillé jusqu’au dernier moment. Le teint est jaune paille, les vomissements sont assez fréquents, il est arrivé à un degré de maigreur extrême.

Gastro-anastomose. — A l'ouverture on constate des noyaux néoplasiques sur le péritoine.

Les suites opératoires furent bonnes.

Il mourut 3 mois après.

OBsERVATION VIII (résumée).

Due à l’obligeance du docteur Souligoux.

Cancer du pylore. — Gastro-anastomose. — Guérison.

M. X..., âgé de 67 ans, employé de commerce, entre à la Maison Dubois pour subir une gastro-anastomose. Petit homme, très nerveux, teint jaune paille, amaigri, ayant un vif désir de guérir.

Gastro-anastomose antérieure faite devant MM. Bouilly et Jalaguier. À l’ouverture on trouve une généralisation du cancer au péritoine et des noyaux néoplasiques sur l'intestin.

Les suites de l’opération furent excellentes. 48 heures après, le malade prenait du lait, et au troisième jour, il prenait un bifteck. L'alimentation se faisait d’une façon parfaite.

Un mois après il avait augmenté de 30 livres et avait repris toutes ses occupations, montant, d’après ce qu’il m'écrivait, plus de 30 étages par jour.

Il mourut de généralisation 10 mois après.

L’autopsie put en être faite. L’orifice anastomotique était large comme une pièce de 40 sous. Les bords en étaient souples, sans aucune trace de tissu inodulaire. |

OgservarTION IX (résumée).

Due à l’obligeance du docteur Souligoux.

Cancer du pylore. — Gastro-anastomose, - Guérison.

M. X.., âgé de 58 ans, ferblantier, se présente avec toutes les apparences d’un cancer du pylore.

C'est un homme très amaigri, au teint jaune paille. Tous les aliments étaient rejetés.

Gastro-anastomose antérieure. A l’ouverture on tronve le péritoine envahi et des noyaux néoplasiques dans le foie.

Les suites de l’opération furent bonnes.

Malgré ces masses néoplasiques ce malade a survécu 12 mois et demi. Il a toutefois éprouvé pendant les derniers mois, de vives douleurs mais sans aucuns vomissements.

the VE

OBsERvATION X (résumée).

Due à l’obligeance du docteur Souligoux.

Cancer du pylore. — Dilatation d'estomac. -- Gastro-anastomose — Guérison,

Madame X..., âgée de55 ans. Teint jaune paille, Amaigrissement assez notable, Cancer du pylore.

L'estomac est dilaté, il remplit toute la cavité abdominale et descend jusqu’au pubis.

Gastro-anastomose pratiquée en décembre 1896 par M. Walther avec l’aide du docteur Souligoux.

Suites opératoires excellentes. La malade guérit.

Cette femme est encore en vie, mais sa tumeur qu’on avait espéré n'être qu'une cicatrice d’ulcère a considérablement augmenté.

Ogservarion XI (résumée).

Due à l’obligeance du docteur Souligoux.

Maladie de Reichmann. - Gastro-anastomose. — Mort.

M. X..., âgé de 30 ans, entre dans le service de M. Monod. On diagnostique une maladie de Reichmann et on lui propose l’opération qui est acceptée.

Gastro-anastomose par le procédé Souligoux.

Ce malade meurt au 8° jour de son opération, ayant présenté des vomissements incoercibles de bile dont la quantité rendue est extraordinaire. |

A l’autopsie on trouve que les matières refluaient dans l'extrémité supérieure du duodénum.

ti

OBsERvATION XII (résumée).

Due à l’obligeance du docteur Souligoux.

Maladie de Keichmann. — Gastro-anastomose. — Guérison.

M.X..., âgé de 50 ans, entre à Lariboisière dans le service de M. Reynier. Ce malade se plaint de douleurs assez vives, peu ou pas de vomissements, léger amaigrissement. On diagnostique une maladie de Reichmann. É

Gastro-anastomose pratiquée en juin 1898 par M. Reynier avec l’aide de M. Souligoux.

Suites opératoires très bonnes.

Le malade guérit sans incidents. Son état général est complètement amélioré.

OBsERvVATION XIII (résumée).

Due à l’obligeance du docteur Souligoux.

Cancer du Pylore. — Gastro-anastomose, — Mort,

Mme X..., âgée de 40 ans, entre dans le service de M. Tillaux.

Elle accuse de vives douleurs et des vomissements assez répétés. Elle est dans un état d’amaigrissement extrème, Cancer du pylore.

Gastro-anastomose et entéro-anastomose par le procédé de Souligoux.

La malade meurt quelques heures après de péritonite.

Ne

O8sErvaTION XIV (résumée).

Due à l’obligeance du docteur Souligoux.

Maladie de Reichmann. — Gastro-anastomose, — Guérison.

M. X..., 30 ans, entre dans le service de M. Reynier où on constate qu'il était atteint d’une maladie de Reichmann.

Gastro-anastomose pratiquée en juin 1898 par M. Reynier avec l’aide de M. Souligoux.

Suites opératoires bonnes. Guérison sans autre incident qu’un peu de congestion pulmonaire déterminée par l’éther.

Ogservarion XV (résumée).

Due à l’obligeance du docteur Souligoux.

Cancer du pylore, — Gastro-anastomose, — Mort. M. X..., 50 ans.

Néoplasme très étendu du pylore.

Gastro-anastomose par le procédé Souligoux.

Mort de coudure intestinale avec vomissements incoercibles et une dilatation considérable du bout supérieur.

OsservarioN X VI (résumée).

Due à l’obligeance du docteur Souligoux.

Cancer du pylore., — Gastro-anastomose., — Guérison,.

Mme X..., âgée de 55 ans, adressée au docteur Souligoux par le docteur Berthe.

AR

Néoplasme du pylore.

Gastro-anastomose pratiquée en 1896.

Les suites opératoires sont excellentes. La malade sort guérie 15 jours après. L'alimentation est parfaite.

Malgré tous les conseils qu’on pouvait lui donner, il fut impossible de l'empêcher de se livrer à un travail extrêmement fatiguant, et surtout de boire de lalcool.

Elle meurt trois mois après l'opération.

OBsERvATION XVII Due à l’obligeance de M. le docteur R. Marmasse, d'Orléans.

(Recueil des Travaux de la Société de Médecine du Loiret. Séance du 16 mars 1898.) — Sténose pylorique. — Gastro-anastotomose. — Guérison.

Esther D..., âgée de 58 ans, domestique, a eu de tout temps une menstruation difficile mais régulière. Une fois, sans raison, ses règles se sont interrompues ; elle présenta alors quelques signes de péritonite, vomissement, météorisme. Ses digestions, passables jusqu’en 1885, sont alors sérieusement troublées. Dès que le repas était commencé, la souffrance se manifestait avec une intensité variable suivant les jours ; l'appétit disparut rapidement et si, les vomissements se montrèrent rares, les nausées,pendant plusieurs mois, furent presque quotidiennes. Le traitement alors suivi consista surtout en alimentation lactée, pepsine et cocaïne. Quelques mois plus tard,elle se trouve mieux portante et pendant un an se nourrit presque exclusivement de viande pulpée. Les douleurs moins constantes changent un peu de caractère; leur maximum d'intensité dès celte époque correspond à

la 2° ou 8° heure après le repas. Quelques vomissements alimentaires et des éructations gazeuses, répétées à chaque repas, accompagnent les phénomènes douloureux.

A plusieurs reprises,pendant les 3 ans qui suivent, les symptômes observés s’aggravent ou s’atténuent. Le lavage de l'estomac répété plusieurs fois le matin, avant tout repas, n’a jamais ramené de débris alimentaires.

Pendant 5 ans, cette malade change de thérapeutique, consulte un peu partout, s'adresse même aux maîtres, sans que sa santé chancelante retrouve son équilibre.

Elle quitte son service il y a 4 ans, au moment d’une crise et revient à Orléans où, pendant longtemps, elle n'arrive à se soulager qu'avec la morphine.

Amaigrie, faible, elle n’est plus capable que de travaux peu fatiguants. Elle réduit son alimentation de plus en plus ; les douleurs existent dès l’arrivée du bol alimentaire dans l’estomac, elles prennent un caractère de plus en plus accusé pendant 2 ou 3 heures. Aussi ne fait-elle plus qu’un repas par jour, et le plus souvent composé de laitage, de pain sec, de légumes, de farineux.

En novembre dernier, ayant désiré essayer d’un peu de viande, elle est prise de douleurs d’une violence inouïe durant 3 heures, en même temps sueurs froides, nausées, mais pas de vomissements.

C’est un peu plus tard que nous eûmes à l’examiner : pendant six semaines je pus la voir presque tous les jours avant ou après son repas et j'ai plus d’une fois assisté aux crises paroxystiques que ne calmaient ni le chloroforme, ni la cocaïne, ni les alcalins. Très docile d’ailleurs, elle se prêtait à tous les essais.

Page 1