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CHAPITRE IV

Indications et Contre-indications

Lorsqu'on litles différents travaux qui s’occupent depuis quelques années de la gastro-entérostomie, on est tout surpris de voir les auteurs rendre justiciables de cette opération un certain nombre de maladies dont le traitement était resté jusqu'alors purement médical. Mais, si l’on se rappelle les dangers de la méthode primitive, et les conditions presque toujours déplorables dans lesquelles on entreprenait cette intervention ; si l’on se reporte ensuite aux perfectionnements successifs qu’elle a subis depuis 95 ans; si l’on approfondit le manuel opératoire actuel qui en fait une opération rapide, sans difficultés opératoires spéciales, et à la portée de tout chirurgien soucieux de l'aseptie et de l’antiseptie, on comprend que le cadre de la chirurgie stomacale ait pu s’élargir, et que la gastro-entéro-anastomose soit devenue rationnellement acceptable dans les sténoses pyloriques de diverses natures, les ulcères

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d'estomac, voire même les dyspepsies. C’est ce que nous allons essayer d'établir pour la méthode de Souligoux.

L'indication la plus ordinaire, la première en date, est la sténose pylorique cancéreuse, pour laquelle il est difficile d'énoncer des règles précises. C'est affaire de tact, de sens clinique pour le chirurgien de voir si le malade conserve difficilement ses aliments, s’il maigrit, perd ses forces et s’achemine rapidement vers la cachexie finale. Dans ce cas, il faut intervenir et le plus tôt possible. Si, au contraire, le patient est âgé, affaibli, par trop cachectisé, susceptible de mourir du choc opératoire, ou bien, si son état est tel, qu'en mettant les choses au mieux, on ne pulsse guère espérer pour lui une survie de quelques semaines au moins, alors il faut s'abstenir. Telles sont les conclusions que Trognon (1) tire des discussions émises à ce sujet par Reclus, Terrier et beaucoup d'autres. Théoriquement, elles sont excellentes, mais 1l ne faut pas oublier toutefois que, dans la pratique, les cancéreux n’entrent le plus souvent dans les services de chirurgie, ou ne se décident à une intervention qu'à la dernière extrémité. On ne peut donc refuser une chance de survie réelle et prouvée à des malades condamnés à brève échéance ; les statistiques des chirurgiens peuvent seules en souffrir.

Quelles sont ces statistiques ? Wilhelm trouve

.(1) TROGNON. — Loc. cit.

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pour des cancers du pylore une mortalité de 65 °/, ; Trognon, 60 °/ ; Doyen, 41,4 ° ; Guinard, 40,7 /,. Sur les 2 observations que nous citons, 18 furent pratiquées chez des sujets cancéreux, et 13 furent suivies de guérison, ce qui abaisse la mortalité à 27,77 °/.. Ces 13 malades, dont la survie est notée, nous donnent une moyenne de 11 mois. Il nous semble que ces chiffres parlent d'eux-mêmes, et qu’en face de pareils avantages le chirurgien ne peut pas hésiter à entreprendre le procédé de Souligoux. Mais à côté de ces cancers du pylore, pour qui la gastro-entérostomie n’est qu’une opération palliative, 1l existe des sténoses pyloriques non cancéreuses qui cédent complètement devant ce traitement chirurgical. Ces affections, qu'Hayem (1) définit : « toute lésion produisant mécaniquement, quel qu'en soit Ie siège, un obstacle matériel, continu, permanent à l’évacuation du contenu de l'estomac », ne sont pas fréquentes. Elles sont le plus souvent l’aboutissant d'un ulcère de la région du pylore, une cicatrice rétractée et indilatable ; ou bien elles reconnaissent encore pour Causes une inflammalon telle que la péritonite localisée ou consécutive à la cholélithiase, une brûlure de la région pylorique par poison corrosif. Elles peuvent même exister sans qu’on puisse déterminer exactement la cause qui les produits.

Marmasse (obs. XV) trouvait, comme cause

(1) HAYEM. — Bullet. Acad. méd., séance du 12 avril 1898.

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