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elliptique ; regardé de côté, il montre sa gouttière. L'application en est fort simple : on place une suture en surjet sur toute la longueur des lèvres postérieures des incisions, et on noue les deux chefs du fil au fond de la gouttière du bouton. On engage le milieu d’un autre fil dans la gorge postérieure de la gouttière et, avec le chef supérieur de ce deuxième fil, on exécute un surjet sur les lèvres antérieures de l’anastomose. On noue alors les deux chets de ce deuxième fil. Il ne reste plus ensuite qu'à serrer les bords de la gouttière et à placer, s’il y a lieu, de sutures de süreté.
Nous laissons de côté la description des boutons de Juvara (1), Derocque (2), Hagopoif (3), que l’on trouvera dans Île travail d'Angelesco (4). Nous en arrivons à une série de procédés dont la technique tient en même temps des plaques et des boutons anastomotiques, nous voulons parler des tubes anastomotiques.
Si, historiquement, nous voulons décrire les tubes employés dans la chirurgie de l'intestin, il nous faut remonter jusqu’à Neuber en 1884 qui le premier a eu l'idée de s’en servir. En 1889, Terrier, dans une cholecystentérostomie, a employé un bout de drain pour assurer la communication. Mayo Robson(5) de Leeds pro-
(1) Juvara. — Archi. des Sciences médicales, mai 1896, n° 3. (2) DEROCQUE. — Soc. analom., juin 1896.
(3) HAGoporr. — Presse medicale, 1896, n° 99.
(4) ANGELESCO. — Gazelte des Hüpilaux, 10 octobre 1896.
(5) M. RoBson. — Associat. medic. brilannique. Session de
Nottingham, 1892.
pose, en 1892, l'emploi de bobines d'os décalcifiés destinées à maintenir béant lorifice gastro-intestinal. Allingham (1) remplace les bobines par des tubes d’os décalcifiés ayant la forme d2 deux troncs de cônes réunis par leur petite base. Les deux extrémités élargies étant décalcifiées et le milieu rétréci, pas. Landerer (2) se sert d’un cylindre, ou plutôt d’une bobine à deux renflements terminaux, sculpté dans une pomme de terre, un navet, une betterave, une carotte, ou tout autre végétal capable d’être digéré. Souligoux lui-même propose des tubes de calibre varié faits en gomme adragante et en sucre. Ces tubes sont résorbables et peuvent être portés à une température de 150° sans être altérés.
De tous ces tubes, un seul fut apprécié par le publie chirurgical, ce fut celui de Dubourg (3), dont nous empruntons la description à la thèse de son élève Tocheport (4).
Dubourg emploie des tubes de caoutchouc creux possédant un épaulement saillant de quelques millimètres à l’une de ses extrémités. Ces tubes, mis en série de 6,sont en caoutchouc rouge assez souple, de 1 à 2 millimètres d'épaisseur, d’une longueur moyenne de 3 centimètres et demi. Leur diamètre varie depuis
(1) ALLINGHAM. — À. neo. bobbin for intestinal anastomosis. The Lancet, 1895, p. 518.
(2) LANDERER. — C'entralblatt . Chirurgie, 1895, p. 323. (3) DuBourG. — Soc. chirurgie, 28 octobre 1896. (4) TocHEporT. — Thèse de Bordeaux, 1896-97.
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10 millimètres (n° 1) jusqu’à 20 millimètres (n°6).
Ces tubes peuvent être remplacés par un drain dont le volume est en rapport avec l'anastomose à pratiquer.
Sur une de ses extrémités, on taille deux ailettes que l’on fixe ensuite contre sa paroi externe à l’aide d’un fil de soie. Le mode d’emploiest simple.L'estomacet l’intestin mis en pré: sence au point où l’anastomose doit être étahlie, on les accole d’abord par un rang de sutures séro-séreuses au catgut, et en surjet sur une longueur de3 à 4 centimètres au plus. En avant, et parallèlement à cette première ligne de suture, ces deux organes sont ouverts sur une étendue équivalente. Une série de points à la soie réunit alors les deux muqueuses, intestinale et stomacale, des lèvres postérieures correspondantes. À ce moment, on introduit l’extrémité renflée du tube dans l'intestin, l'autre extrémité plongeant dans la cavité stomacale. Pour le maintenir en place, on traverse ses parois en deux points diamétralement opposés et près de l’épaulement par deux fils de catgut n° 2, qui viennent le fixer à chaque extrémité de cette première ligne de suture. Le tube étant ainsi bien maintenu en place, les muqueuses des lèvres antérieures sont alors suturées l’une à l’autre comme on avait fait en arrière et on termine par des sutures séroséreuses antérieures. Le tube, gràce à son épaulement,ne peut être refoulé dans l'estomac ; il ne peut s'échapper dans l'intestin, à cause des
op
deux fils de catgut qui le fixent à la ligne de sutures. Au bout de quelques jours, quand ces fils de catgut cèdent, le tube est expulsé du côté de l'intestin, et l’anastomose reste parfaitement établie entre les deux organes.