‹ De la gastro-entérostomie dans le cancer du pyloreChapitre 36 sur 42 · OBSERVATION CXIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION CXIV

Cancer du pylore — Gastro-entérostomie, par Purcell — Guérison. (Résumée dans The Lancet par le Dr W. Gaurier, de Montréal)

Femme de quarante-quatre ans, entre à l'hôpital le 3 mars 1892. Douleurs épigastriques et dans l’hypochondre droit. Vomissements alimentaires deux heures après le repas. Pas d'hématémèses. Bruit de galop au premier temps. Tumeur irrégulière, mobile à la région pylorique ; amaïigrissement.

Lavages de l'estomac. Lavements nutritifs matin et soir; bouillons nutritifs par la bouche, durant les neuf jours qui précèdent l'opération.

Vu la faiblesse du sujet, pas de lavage de l'estomac la veille de l'opération; qui est pratiquée le 19 mars.

Incision de l’ox:bilie à l'appendice xyphoïde. Le pylore, la petite courbure, le duodénum sont envahis ; ce dernier est fixé par le néoplasme à la colonne vertébrale.

L'invasion était trop considérable pour permettre la résection du pylore. On fait la jéjunostomie. Le jéjunum est attiré au dehors ainsi que la face antérieure de l'estomac. L’anastomose est établie au moyen des plaques d’os décalcifié. Le péritoine est suturé par le procédé d'Halstead, de Baltimore.

Le malade souffre un peu pendant la nuit. Injection de morphine. Toutes les demi-heures une cuillerée à café d'eau tiède contenant du brandy.

Au bout de huit jours la malade prend da mouton, des œufs.

Le neuvième jour, elle se lève et mange comme les autres malades.

Elle quitte l'hôpital vingt-huit jours après l'opération; son état est bon elle a même engraissé.

OBsERvATIONS OX V à CXXII

Angerer, de Munich, à communiqué au XVIIIe Congrès de chirurgien allemande, de 1889, six observations de gastro-entérostomie. Un seul de ces malades est vivant après dix-huit mois.

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OgservaTIoON CXXIII

Gastro-Entérostomie postérieure. — Guérison opératoire. Par KiLNER CLARKE (Brit. Med. Jornal. 11 avril 1892).

Femme de trente-six ans, atteinte de vomissements incoercibles et d'hématémèses, portant une tumeur pylorique manifeste et mobile.

Opération le 13 mai 1890. Incision médiane jusqu'à l’ombilic de façon à mettre en évidence la grande courbure de l'estomac et l’épiploon. La tumeur pylorique fut trouvée adhérente à tous les viscères circonvoisins, ce qui rendait la pylorectomie impossible. L'auteur pratiqua la gastro-entérostomie Après avoir isolé une anse du jejunum cachée derrière l'épiploon, il incise la paroi intestinale et la paroi antérieure de l'estomac et passe dans cette incision une plaque d'os décalcifié ; la seconde plaque parallèle est introduite dans le jéjunum. Mais il est impossible de juxtaposer les deux plaques en raison des adhérences pyloriques et de la contraction de l'estomac. Il est nécessaire de suturer la plaie gastrique et d'en faire une autre à la paroi postérieure de l'estomac. Cette fois l'affrontement se fait aisément.

Etat satisfaisant pendant trois semaines. Puis, brusquement, la fistule gastro-intestinale parut se fermer et des vomissements incoercibles survinrent, jusqu'à la mort de la malade. |

L'auteur croit que ses incisions n'avaient pas été assez larges et qu'il aurait fallu préalablement sectionner la muqueuse et la séreuse au niveau des bords libres. Malheureusement il n'y a pas eu d'autopsie,

OBservATION CXXIV

Gastro-Jejunostomie W. H. Brown. (Brit. Med. Jor. 2? mai 1891).

Femme de cinquante-six ans, atteinte de dyspepsie douloureuse et de vomissements incoercibles. On sent une tuméfaction en boudin à droite de l'ombilic.

Laparotomie sur la ligne médiane. On arrive sur la tumeur qui envahit le pylore et la première partie du duodénum. Une anse du jéjunum est saisie et ouverte. Puis une seconde ouverture est faite sur la paroi antérieure de l'estomac et les plaques de Senn sont introduites.

Suites de l'opération régulières : les douleurs disparaissent et l’alimentation se fait normalement.

Le malade vivait sans infirmités quatre mois après.

OgsErvarTionN CXXV

Cancer du duodénum. — Gastro-entérostomie.

STANSFIELD. — (Brit. med. Jornal., 6 février 1890).

Homme de cinquante-trois ans. Douleurs après les repas. Pas de vomissements. Amaigrissement, cachexie cancéreuse avancée. La laparotomie montra une tumeur dure, globuleuse, intéressant seulement le duodénum. Gastro-jéjunostomie. Durée une demi-heure. Plaques de Senn. Shock assez marqué. Injection d’éther.

Le quatrième jour le malade s’alimente par la bouche. Le pansement est défait dix jours plus tard ; réunion par première intention.

Se lève le vingt-quatrième jour.

Il a gagné deux livres (poids anglais) en un mois.

OBsERvATIONS CXXVI à CXXVIII

Gastro-entérostomie. — Guérison.

G. E. ATkINSON. — Leeds and west ridding Med. and Surg. Society, 10 octobre 1890. Brit. Méd, Jornal. 1890.)

Femme de quarante-cinq ans, souffrant depuis deux ans de sténose pylorique : douleurs, vomissements, amaigrissement. Elle avait perdu 15 kilogr. dans les deux derniers mois.

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Opérée le 15 septembre. Plaques d'os décalcifié de Senn. Sutures à la soie. Durée de l'opération une demi-heure. Pas de shock. Alimentation par la bouche dès le troisième jour : mélange de lait et d'extrait de viande.

Quatre semaines aprés, elle n'avait pas eu de vomissements.

À la même Société, dans une séance du 30 août, il avait été rapporté

deux cas de gastro-entérostomie, avec plaques de Senn. L'un d'eux remontait à 3 mois. Le sujet était bien.

OB:ERVATION CXXIX

Cancer du pylore avec noyau hépatique. — Gastro-entérostomie.

(JABoULAY — Résumée des Arch. proc. de chirurgie, 1° juil'et 1892).

Marie P..., cinquante ans, pas d'antécédents cancéreux. Début remonte à 1 an. Douleurs sourdes, continues à la région sus-ombilicale. Vomisseménts alimentaires. Amaigrissement rapide. Constipation. Pas de moœælena, pas d'hématémèse.

Opérée le 15 mars. Lavage de l'estomac à l'eau boriquée. Durée de l'opéra tion 35 minutes.

Quatre mois après la malade se porte encore bien.

OBsERVATION CXXX

Cancer du pylore. — Gastro-entérostomie.

(JaBouLaY. -- 1bid).

Françoise F..., cinquante-sept ans. Début remonte à 2 ans ; vomissements, sans douleur. ni amaigrissement. Phénomènes douloureux surtout marqués dans les 6 mois qui précèdent l'opération. Vomissements incoercibles. Les liquides sont également rejetés.

Cachexie avancée. Œdème des membres inférieurs.

Opération le 18 mars. Durée 30 minutes. Shock peu prononcé.

Après l'opération, les vomissements, la douleur ont disparu. le tous les trois ou quatre jours.

Deux mois et demi après, les douleurs et vomissements ont repa:u.

OBsERvATION CXXXI

Cancer inopérable du pylore. — Gastro-Entérostomie. -- Guérison.

(HApra. — Société médicale de Berlin ; 12 décembre 1891. — Résumée dans le Berl. Klin. Wochen, par mon ami le Dr Fromaget chef de clinique à la Faculté.)

Hadra présente à la Société un malade opéré, par lui, il y a huit mois et demie environ. Actuellement il est en très bon état et il espère qu'il vivra encore assez longtemps.

Le motif pour lequel il ne l'a pas présenté plus tôt est qu’il souffre de cardialgie depuis une huitaine de jours, cardialgie dont on ne sait pas trop bien la cause.

Le malade àgé de cinquante trois ans, n'a jamais soupçonné la maladie dont il était atteint. Son poids a monté de 77 à 99 livres et s'y est maintenu.

Depuis son opération il peut manger les mets les plus difficiles à digérer et vit comme un homme ordinaire, malgré l'accroissement de la tumeur qui a acquis le volume des deux poings.

Depuis quelques années déjà le malade avait de la cardialgie sans tumeur, mais avec une hyperchlorhydrie notable.

Il y à un an est apparue une tumeur grosse comme le poing d'un enfant et l'hyperacidité du suc gastrique s’est accrue. Le diagnostic d’ulcère de l'estomac fut porté par le professeur Ewald et le Dr Schück a qui le malade fut présenté.

La symptomatologie était celle du rétrécissement du pylore, dilatation de l'estomac, vomissements, cachexie avec accroissement tel de la tumeur, qu'une issue fatale était proche.

Bien qu'en endormant le malade il fut possible d'imprimer de légers mouver : à tumeur, on devait se demander si la résection du pylore était posribie.

La laparatomie exploratrice montra que la paroi antérieure de l'estomac était envahie par des noyaux cancéreux et que les ganglions mésentériques êtaient infiltrés. [Il ne restait donc plus à faire qu'une entéro-anastomose.

La Méthode de Von Harker, modifiée par Hahn fut employée. Après avoir recherché la partie supérieure du jéjunum à travers la mésocolon, Hadra choisit une portion peu riche en vaisseaux et la réunit à la paroi antérieure de l'estomac à trois travers de doigt de la limite du mal.

L'utilisation de la paroi antérieure, au lieu de la postérieure préconisée à l'origine par Von Hacker, présente cet avantage qu'après avoir refermé en partie la plaie abdominale, on peut terminer l'opération en dehors du péritoine. Le jéjunum est fixé par des fils de soie ; l'estomac retenu par les mains d'un aide. Grandeur 4 à 5 centimètres.

Sutures à la soie. Les deux séreuses sont suturées sur la lèvre postérieure avant l’incision. Suture en surjet de la muqueuse.

Pour empêcher la formation d'un éperon, qui dans une série de cas à donné des résultats mortels, l'intestin est fixé latéralement par quelques sutures. Cette modification n'apporte pas de retard à l'opération.

Les suites ont été insignifiantes. Pas de fièvre, pas de symptômes péritonéaux.

Dès la deuxième semaine, le malade à pris une nourriture consistante. Z4 quitte l'hôpital 14 jours après l'opération.

Hadra insiste sur la nécessité de ne pas pratiquer l'anastomose trop près de la tumeur pour que celle-ci, par son développement, ne vienne pas dans an temps trop court, oblitérer l'orifice ; il croit que l’anastomosene devra pas être pratiquée trop près du fond de l'estomac car la digestion stoniacale serait trop racourcie.

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