‹ De la gastro-entérostomie dans le cancer du pyloreChapitre 6 sur 42 · SUN · texte numérisé non relu

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l'heure présente, le médecin, après examen soigneux, ne peut réunir que de vagues présomptions qui, souvent, se transformeraient en certitude, si la laparotomie exploratrice était chez nous un moven de diagnostic courant pour les affections abdominales.

Le deuxième chapitre sera consacré uniquement au manuel opératoire. On y verra discutées les questions qui sont à l'ordre du jour des Sociétés savantes : l'utilité du lavage de l’estomac avant l'opération, l’anesthésie par le chloroforme et la cocaïne, l’anastomose de l'intestin à la face antérieure ou postérieure de l'estomac, les diverses incisions, les nombreux procédés de sutures.

Enfin j'ai tenu à exposer longuement la gastro entérostomie avec les plaques d'os décalcifié de Senn, telle qu’on la pratique couramment en Amérique,en Angleterre, et telle que je l'ai moi-même expérimentée sur les chiens, avec des disques de corne.

J'ai montré tout le bénéfice que le patient pouvait retirer de l'opération de Wolfler: disparition des douleurs, des vomissements, retour de l'appétit. Les dangers de l'opération y sont scrupuleusement exposés. Mais, malgré un certain degré de gravité, l'opération de Woifler est bien supérieure à la gastrectomie, à l'opération de Billroth, et aux nombreuses autres interventions plus ou moins palliatives qui ontété instituées contre le cancer du pylore. Aussi, n’aï-je pas hésité à la préconiser toutes les fois qu'on aurait affaire à un sujet consentant, encore assez robuste, mais exposé à tous les accidents de la sténose pylorique : douleurs, vomissements, inaniton. Dans plus de la moitié des cas, les malades retireront profit de cette tentative et seront soulagés pour une période variant de 5 à 15 mois. Ils auront un regain

de vie, et s’éteindront peu à peu, sans souffrances, emportés par les progrès de la cachexie.

Avant les conclusions vient une longue série de 165 observations. C'est-à-dire à peu près toutes celles qui sont connues dans la littérature médicale.

La lecture de ces observations montrera que la gastroentérostomie mérite d’être prise en sérieuse considération et que les avantages que peut en retirer le malade sont considérables. Mais il est regrettable que dans une telle quantité d'opérations, faites pour soulager les cancéreux, les chirurgiens français figurent pour une part aussi minime.

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