‹ De la gastro-entérostomie dans le cancer du pyloreChapitre 7 sur 42 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Impuissance du traitement médical. — De l'utilité d’un diagnostic précoce permettant une cure radicale. — Difficulté et impossibilité de ce diagnostic. — De la laparotomie exploratrice.

Le cancer de l'estomac est, après celui de l'utérus, la manifestation viscérale la plus fréquente de la diathèse cancéreuse. Le pylore est la région le plus souvent lésée. C'est ainsi que Gussenbauër et Winiwatter (1) ont montré, dans une statistique que, sur 903 cancers de l'estomac, la néoplasie avait 542 fois atteint le pylore. Leddherhose (2) a fait une statistique analogue. Sur 60 cancers de l'estomac, 39 fois le néoplasme s'était développé à la région pylorique.

Les traitements nombreux qui ont été préconisés, tous d'ailleurs avec un égal insuccès, montrent combien notre thérapeutique est impuissante. En présence d'un cancer de l'estomac, le médecin se trouve désarmé, et ne peut, pour l'heure tout au moins, fonder sur la pharmacopée les moindres espérances pour obtenir la guérison. Aussi le traitement du cancer de l'estomac est-il encore purement symptomatique. On cherche à calmer la douleur, à arrêter les vomisse-

(1) Arch. de Langenbeck, t. XIX.

(2) Zbid.

ments, à prévenir par l’antisepsie stomacale, les phénomènes d’auto-intoxications qui ne peuvent qu'aggraver l’état du patient. Rien ne peut enrayer le néoplasme dans son évolution; aucun médicament ne peut encore lutter contre les progrès de la cachexie, et bien souvent même, le médecin assiste, impuissant, aux derniers moments du malade, sans pouvoir trouver un moyen de mettre un terme à ses douleurs.

« On ne peut guère opposer que des palliatifs au cancer de l'estomac, disait Grisolle. Les fondants, le savon amygdalin, la ciguë, le calomel n'ont jamais guéri personne. On peut donner ces préparations pour calmer le moral des malades et leur faire prendre patience. Mais on ne doit pas espérer les guérir, ni par ce médicament, ni par aucun autre connu (1) »

Les paroles du célèbre clinicien restent vraies après 40 ans, et touies les tentatives faites sont demeurées infructueuses. Aussi ne citerai-je que pour mémoire le Condurango dont le succès thérapeutique a été éphémère.

Cependant, Adamkiewicez, de Cracovie, aurait, paraït-il, trouvé un remède spécial, destiné à faire entrer la thérapeutique du cancer dans une voie nouvelle. Il injecte sous la peau de ses malades un liquide, de lui seul connu, et qu'il appelle la cancroïne. Ses effets seraient dans le cancer, identiques à ceux de la fameuse lymphe de Koch, la tuberculine, dans le lupus de la face. Après injection de ce liquide, les carcinomes réagiraient iviolemment, deviendraient le siège de rougeur, de gonflement considérable. Puis la nécrose se produirait, suivie bientôt de l'élimination de la néoplasie, sous forme d’eschares.

Mais, en Pologne, comme en Allemagne, les découvertes

(1) GrisoLLE. -- Traité de pathologie interne, KE

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