EAU
les organes avoisinants, les résections audacieuses qui ont été teutées et, outre ce que nous dirons ultérieurement, ces résections condamnent la pylorectomie et servent à la justification de la gastro-entérostomie.
Le foie est un des premiers organes envahis par le néoplasme, ce qui s'explique par l'infiltration du petit épiploon et de la petite courbure ; il est alors farci d’une foule de noyaux cancéreux, dont les dimensions sont des plus variables; de plus, il peut être entouré de nombreux ganglions qui forment chaîne avec ceux du pylore. Kocher (1) a dû enlever tout le lobe gauche du foie. Son malade mourut deux heures après l’opération. Billroth (2) réséqua également une portion du foie. Son malade mourut le sixième jour à la suite de péritonite. |
Après le foie, le néoplasme envahit souvent le pancréas, où plutôt 1l prend, avec ce dernier, des adhérences plus ou moins lâches et plus ou moins destructibles. Ces adhérences sont quelquefois très vasculaires; il faudra les sectionner après avoir placé de nombreuses ligatures. Quelques auteurs ont intéressé, dans le cours de leurs opérations, le tissu glandulaire de cet organe, mais une telle pratique est toujours dangereuse, car on donne issue au SUC pancréatique qui détermine fatalement une péritonite septique et l’on s'expose à une hémorrhagie interstiielle du parenchyme glandulaire, qui nécessite l’application difficile de nombreuses ligatures. Témoin le cas de Billroth (3), rapporté par von Eiselsberg. Lücke mit la
() Kocher. Correspondbl. f. schweizer Aerzte, L° décembre 1888, n° A. (2) V. Hacker, L. c.
(3) Billroth, von Eiselsberg, Loc. cit. (188).
roue
veine porte à nu après avoir entamé le tissu glandulaire du pancréas. Bardenheuer (1) blessa le canal de Wirsung. Billroth blessa la veine colique moyenne, la lia, mais la mort eut lieu cinq heures après. Perman (2) de Stockholm, blessa le pancréas superficiellement ; son malade guerit. Obalinski (3) fut obligé de reséquer une partie de la tête du pancréas ; sa malade guérit. Jurié (4), de Vienne, extirpa également une portion de la glande: le résultat fut fatal. Billroth (5) pratiqua une semblable résection : il s'en suivit un écoulement du suc pancréatique et la mort survint à la suite de péritonite. Socin (6), de Bâle, blessa l'artère gastro-duodénale et fut obligé de lier l'artère hépatique ; malgré cela, le malade succomba six heures après l’opération.
Les adhérences avec l'intestin grêle sont assez rares, ce qui peut s'expliquer par la grande mobilité dont jouit cet organe. Les observations que nous rapportons n’en font point mention. Tillmanns (7), de Leipzig, et Girardo Bigi (8), de Perugia, les ont rencontrées dans leurs pylorectomie, ils n’ont pas eu de difficulté de séparer ces adhérences, mais les malades succombèrent rapidement, l’un d’eux particulièrement, à la suite de diarrhée profuse. Les adhérences au méso-côlon et au côlon transvers sont
(1j Bardenheuer, Centralblatt f. chirurgie (1882), n° 46.
(2) E.-S. Perman. Centralblatt f. chirurgie (1890), n° 39, p. 750.
(3) Obalinski et Jaworski, Wien. Klin. Wochenschrift (1889), n°5.
(4) Jurié, Wién. Médicin. Wochenschrift (1881), no 23.
(5) Billroth, Centralbl. f. chirurgie (1882), no2i.
(6) Socin, K. Hagenbach et C. Haegler, Jahresberichlueber die chirurgische Abtheilung des Spitals zu Basel (1888), p. 222.
(7) Tillmanns : Berl. Klin. Wochenschrift, 21 août 1882, n° 28.
(8) G. Bigi : Raccogitore medico, 30 nov. 1882, n° 20, p. 464..