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tion. Mais l'inconvénient le plus sérieux est la gastrite consecutive au chloroforme, gastrite qu'il est difficile de combattre et qui ne cède qu’au bout de plusieurs jours.
En raison de ces accidents possibles, M. Reclus (1), qui manie la cocaïne avec tant de dextérité, préconise, pour la gastro-entérostomie, l’anesthésie à l’aide de cet agent; quoique cet anesthésique n’ait pas encore été employé dans la gastro-entérostomie, nous pouvons dire que, à priori, la cocaïne aurait pour avantage sur le chloroforme d'éviter les vomissements et d’écarter ainsi les dangers que nous avons signalés plus haut. Maïs, s1 la cocaïne est un excellent anesthésique pour la superficie destéguments, en est-1l de même pour la profondeur ? En outre, quel est l'opéré qui verra sans effroi se dévider sous ses propres yeux ses intestins, et encore quelle serait l'influence sur le moral de l’opéré, s’il arrive ur accident ou un retard quelconque dans la recherche de l'intestin ou dans la destruction de quelque adhérence ? Et si la période de l’analgésie est terminée avant l'opération, le malade ne pourra-t-1l pas troubler et dérouter le chirurgien par ses cris et ses gémissements ? Au reste, la cocaïne est-elle si inoffensive, n’a-t-elle pas à sa charge des accidents? Nous pensons donc qu'rl est de toute nécessité d'opérer, soit sous le chloroforme, l’éther, où le mélange de dimethylacétalchloroforme. Les inconvénients de ces agents sont sans doute sérieux, mais ils pourront être atténués par l'emploi consécutif de la morphine.
(1) Reclus, De L'anelgésie par là cocaïne en chirurgie courante. — Semaine Médicale, 25 janvier 1898.
ENS 4° Description de l'opération.
La gastro-entérostomie comprend les différents temps suivants :
1*% temps. — La laparotomie.
2° temps. — L’exploration de l'estomac et de l'intestin, la recherche de l’anse à suturer.
3 temps. — L'établissement de l’anastomose.
4 temps. — Les opérations complémentaires.
5° temps. — La fermeture de l'abdomen.
1* Temps.— Laparotomie. -— La laparotomie ne diffère en rien de toutes les autres laparotomies. Aussi, les opérateurs n’ont-ils modifié en rien leur pratique habituelle pour exécuter ce premier temps. Néanmoins, chacun d'eux à préconisé une incision de choix. L'incision médiane est la plus généralement adoptée (Rydygier, Kocher, Lücke, Lauenstein, Czerny, Pozzi, Reclus, Jaboulav, Villar, Gross, etc.). Elle se pratique entre l'appendice xipboïde et l’ombilic, qu'elle dépasse lorsqu'elle n'est pas suffisante ; elle mesure généralement 10 à 15 centimètres. Lauenstein commence son incision sur une ligne partant du milieu de la région comprise entre l’ombilic et l’appendice xiphoïde, et s'étendant à six centimètres au-dessus et à six centimètres au-dessous de l’'ombilic. L’incision variera nécessairement de hauteur, suivant que l'estomac est plus ou moins diläté et suivant que la tumeur siège plus ou moins haut. Wo@ælfler a reproché à £ette incision
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de prédisposer à l’éventration. Il est vrai que cet accident a éte observé par Kocher et Weir, mais il est rare et l’éventration peut être facilement évitée en plaçant des sutures profondes comprenant tous les téguments et en obligeant le malade à garder le lit jusqu’à ce que sa cicatrice soit solide.
L'incision oblique employée par Billroth et Woœælfler se pratique généralement sur une ligne partant à 2 centimètres au-dessus de l’ombilic et marchant parallèlement au rebord costal droit ou gauche, sur une longueur de 12 centimètres. Maïs ces auteurs ont abandonné l’incision oblique pour reprendre l’incision médiane ; ils ont remarqué, en effet, que l'exploration de la tumeur était aussi praticable à l’aide de l’incision médiane qu’à l’aide de l’incision oblique. Rydygier, en outre, a fait observer que l'incision oblique prédisposait davantage à la suppuration et à l’'éventration. Dans certains cas où l’incision médiane ne donnait pas assez de jour, le chirurgien fut obligé de pratiquer une incision perpendiculaire à la première. Tel fut le cas de Lücke qui dut ajouter à l'incision médiane une incision transversale de 5 à 6 centimètres. Courvoisier à employé l’incision courbe.
En résumé, l’incision médiane nous paraît être l’ineision de choix.
Il faudra la faire aussi longue qu'il est nécessaire, le traumatisme étant le même. On pourra y ajouter, si cela est nécessaire, une incision transversale ; quant à la longueur de l’incision c'est la disposition des organes qui la commande. L'essentiel est que le chirurgien y voie clair et que ses manœuvres Sur les anses intestinales ne
soient point gênées.