CHAPITRE IV
Accidents opératoires.
Les accidents opératoires de la gastro-entérostomie sont ceux de toute laparotomie, et, de plus, il en est qui lui sont spéciaux, tels que l'hémorrhagie au moment des incisions viscérales et irruption du suc gastrique et des matières intestinales dans le péritoine.
Au moment où l’on incise l’estomac et l'intestin, on peut se trouver en présence d’une muqueuse plus ou moins turgescente, en sorte qu 1l sera nécessaire de combattre des hémorrhagies sérieuses. Il est de toute nécessité d’asurer l’hémostase avant de placer les sutures. C'est surtout du côté de l'estomac que l’hémorrhagie est le plus à redouter, il sera nécessaire d'appliquer quelquefois une ou plusieurs ligatures. Nous avons déjà signalé le cas de Rydygier (obs. XI), qui perdit un de ses malades le quatrième jour,fà la suite d'hémorrhagie de la plaie stomacale. Nous pouvons y ajouter celui de Weir (obs. CLVI), où le malade mourut d’hémorrhagie le troisième jour. Pour éviter en partie cet accident, nous proposons d'inciser l'estomac non point parallèlement, mais perpendiculairement à ses courbures, autrement dit parallèlement aux rameaux de l'artère gastro-épiploïque. Cependant l’hémorrhagie, lorsqu'elle n’est point considérable, s'arrête facile-
nor
ment après l'application des sutures et, de tous les moyens qui nous paraissent les meilleurs pour nous mettre à l'abri de cet accident, celui que nous proposons est l'incision au thermocautère. Sans doute, on nous objectera les hémorrhagies secondaires possibles, mais elles n'ont jamais été signalées jusqu'à présent.
Un second accident opératoire, mais qu'il est facile d'éviter lorsque toutes les précaution spréopératoires ontété prises, c’est l’irruption du suc gastrique et du suc intestinal dans le péritoine. Nous avons vu que les auteurs avaient coutume de vider par expression la portion d’intestin destinée à étreanastomosée ; et, d'autre part, 1ls faisaient maintenir par les mains d’un aide l’estomac, pincé de telle facon que tout écoulement de liquide était impossible. Malgré cela, ce n’est pas une précaution excessive de garnir la portion péritonéale du champ opératoire, au moyen de compresses antiseptiques et d’éponger rigoureusement le liquide qui a pu s'échapper. On évitera ainsi toute chance d'infection et tout danger de péritonite.
Nous ne parlerons que pour mémoire d’autres accidents pouvant survenir au cours de l'opération, tels que hémorrhagies survenus lorsque l’on cherche à détruire quelque adhérence, comme ce fut le cas pour un opéré de Salzer (obs. XLI), où il se produisit une hémorrhagie du ligament gastro-duodénal et dans laquelle cet auteur fut obligé de lier l'artère hépatique. De semblables accidents sont rares dans la gastro-entérostomie et relèvent plutôt, comme nous l'avons vu au chapitre de l'anatomie pathologique, de la pylorectomie. Quant à l'hémorrhagie redoutée lors de la création de la fenêtre à travers le méso-côlon transverse, elle n’a jamais été observée.