GASTRO-“ENTÉROSTOMIE. — MÉTHODE DE SENN. — MORT UN MOIS APRÈS
GrorGes BEaïsoN, T'he Lanret, 11 oct. 1890.
Mr S... âgée de 58 ans, souffre depuis le mois de novembre de l’année dernière dans ia région épigastrique. Au mois de mars, se montrent des vomissements, d’abord tous les deux ou trois jours puis, tous les jours, et bientôt quelquefois deux fois par jour. Les vomissements survenaient sans effort, sans fatigue pour la malade. Au mois d’avril elle consulte un médecin qui lui dit qu’elle a une tumeur abdominale. Je la vis pour la première fois vers la fin de mai. Elle était très amaigrie, très faible, ne prenait que très peu de nourriture, vomissait très fréquemment. Je constatai l'existence d’une tumeur, en forme de boudin, verticale, longue d’environ trois pouces et demi, dont le milieu était au niveau de l’ombilic, mais à droite de lui, dure, séparée du foie par une zône de sonorité.
Le diagnostic posé est : tumeur du pylore — (Gastro-entérostomie le 4 juin.
Anesthésie par l’éther ; la gastro-entérostomie est faite au moyen des plaques d’os décalcifié, reliées par une soie fine. L'opération dure trois quarts d'heure.
La malade vomit une seule fois le soir de l'opération et ne vomit
plus depuis. Dès qu’elle ne fut plus sous l'influence de l’anesthésique, trois gouttes d’eau-de-vie lui sont données, par la bouche, toutes les heures. Suppositoires nutritifs. Le lendemain, on commence à lui donner du lait, des peptones.
Chaque fois on augmente la dosed’aliments ; à la fin dela première semaine, toutes les craintes avaient disparu. La malade était tout à fait
rétablie lorsqu'elle contracte au bout de quatre semaines, une congestion pulmonaire droite qui l'emporte au bout de trois jours.
L’autopsie montre que l'intestin était très intimement réuni à l'estomac par des adhérences très solides. Le pylore était complète ment obstrué par le néoplasme qui à l’examen microscopique montra des cellules épithéliales en état de dégénérescence colloïde. L'’orifice entre l’estomac et l'intestin était ovale, à bords réguliers et admettait tout juste l'extrémité de l’index. Les plaques d’os avaient tout à fait disparu, mais les sutures à la soie paraissaient intactes.
Observation CXLIII
GASTRO—ENTÉROSTOMIE. — GUÉRISON
G.-E. ArkinsoN, Leeds and west ridding. Med. and Surg. Sociely, 10 octobre 1890, et Brit. Med. Journal, 1890.
Femme de 45 ans, souffrant depuis deux ans de sténose pylorique : douleurs, vomissements, amaigrissement. Elle avait perdu 15 kilogr. dans les deux derniers mois.
Opérée le 15 septembre. Plaques d’os décalcifié de Senn. Sutures à la soie. Durée de l’opération une demi-heure. Pas de shock. Alimentation par la bouche dès le troisième jour : mélange de lait et d'extrait de viande.
Quatre semaines après elle n’avait pas eu de vomissements.— A la même Société, dans une séance du 30 août, il avait été rapporté deux cas de gastro-entérostomie avec plaques de Senn. L'un deux remontait à 3 mois. Le sujet était bien remis.
Observation CXLIV
CANCER DU DUODÉNUM. — GASTRO—ENTÉROSTOMIE. — MORT QUATRE MOIS APRÈS L'OPÉRATION
STANFIELD, Brit. méd. Journal, 8 février 1890.
Homme de 53 ans. Douleurs après les repas. Pas de vomissements. Amaigrissement, cachexie cancéreuse avancée. La laparotomie
montra une tumeur dure, globuleuse, intéressant seulement le duodénum. Gastro-jéjunostomie. Durée une demi-heure. Plaques de Senn. Shock assez marqué. Injection d’éther. Le quatrième jour, le malade s’alimente par la bouche. Le pansement est enlevé 10 jours plus tard ; réunion par première intention.
Le malade se lève le vingt-quatrième jour. Il a gagné deux livres (poids anglais) en un mois.
Le 7 juin, Stanfield rapporte (British Médical Journal, p. 1556, 1890), que l’état de son malade est resté satisfaisant jusque 2 mois après l’opération. À ce moment il se plaignit d’une douleur presque constante au niveau de l’estomac, il ne prenait point de nourriture et mourut le 24 avril, c'est-à-dire 4 mois aprés l'opération.
L’autopsie montra que l’anastomose était bonne, mais l'ouverture était rétrécie. L'eau injectée dans l’estomac passait cependant à travers le pylore dans les intestins. La tumeur avait augmenté de volume et son centre était occupé par du pus. Le duodénum et le pancréas étaient englobés par la tumeur. Le foie était augmenté de volume et était parsemé de noyaux cancéreux, 1l était ramolli au centre. Rein droit normal ; rein gauche, capsule adhérente ; le bassin contenait une petite quantité de pus.
Observation CXLV
” à GASTRO-ENTEROSTOMIE AVEC EXCISION D’UNE PARTIE DE L'ESTOMAC. = SUCCÈS.
W.T. Buzr, Brit. Méd. Journ., 890, p. 1090.
M. W. T. Bull, médecin à New-York, a récemment pratiqué une forme un peu compliquée de la gastro-entérostomie sur une femme, âgée de 29 ans, souffrant du carcinome de la grande courbure et de la paroi postérieure de l'estomac. L'abdomen a été ouvert par une incision médiane, et les replis gastro-hépatiques et gastro-coliques, la tumeur, avec le pylore, un quart ou un tiers de l'extrémité pylorique de l'estomac, ont ensuite été enlevés. L’extrémité réséquée du duodé-
num a été suturée, de manière à former une poche, l'estomac traité de la même manière, et une anastomose fut établie avec le jéjunum près de son origine au moyen des anneaux de corde de boyau d’Abbe. L'opération a duré trois heures et demie. On craignait fortement une prostration à la fin de la deuxième heure, mais à la fin la malade s’est remise. Toute nourriture par la bouche fut supprimée jusqu’au quatrième jour. Aucun symptôme fâcheux ne fut observé ; le septième jour la température et le pouls étaient normaux ; des aliments liquides avaient été administrés à volonté, et les selles étaient spontanées. Les progrès de la malade étaient satisfaisants sous tous les rapports, et le douzième jour elle fut considérée comme hors de danger. C’est, dit-on, le troisième cas où la gastro-entérostomie a été pratiquée, après résection d’une grande portion de l'estomac.
Observation CXLVI