‹ De la Gastro-entérostomieChapitre 50 sur 68 · GASTRO=LUNTÉROSTOMIE. — MÉTHODE DE SENN. — MORT LE CINQUIÈME JOUR · texte numérisé non relu

GASTRO=LUNTÉROSTOMIE. — MÉTHODE DE SENN. — MORT LE CINQUIÈME JOUR

F. B Jesser, The Lancet, 12 juillet 1890, p. 68.

V. V..., entre à l’hôpital le 12 février 1890 ; 61 ans, souffre d’un cancer de l’estomac. Le frère est mort de la même affection. A toujours eu une bonne santé. À porté pendant longtemps de lourds fardeaux qu'il appuyait sur l’abdomen.

En octobre 1889, une tumeur siégeant dans le côté gauche empiétant un peu sur l’hypochondre droit, attire son attention. En même temps se montrent des vomissements quotidiens ; souvent même deux fois par jour. Dilatation de l'estomac. Le malade souffrant beaucoup, les vomissements étant opiniâtres, Jesset pratiqua pour le soulager une gastro-entérostomie.

Le malade reçut dans les jours qui précédérent l'opération, des lavements nutritifs. Lavages de l'estomac,

Incision oblique de la paroi abdominale. Emploi des plaques d'os décalcifié de Senn. À cause de la fixité de l’estomac, on eut de la

peine à bien affronter les plaques d'os. Cinq points de suture de Lembert furent employés pour consolider l'affrontement. Le malade meurt de faiblesse cinq jours après.

A l’autopsie : résorption de plaques et adhérences parfaites.

Observation CXLVII

GASTRO-ENTÉROSTOMIE. — MÉTHODE DE SENN. — GUÉRISON J. B. Jesser, The Lancet, 12 juillet 1890.

A. C..., femme de 55 ans, entrée à l'hôpital le 14 février 1890. A toujours eu des troubles dyspeptiques. Flatulence. — Dilatation de l'estomac. Clapotement très net. Emploi des plaques d'os de Senn; mais le catgut remplace les fils de soie. Le malade mange 9 jours après l'opération. Sort de l'hôpital un mois après.

Observation CXLVIII

GASTRO—ENTÉROSTOMIE POUR CARCINOME DU PYLORE. — PLAQUES DE SENN. Obs. de STAMM, The Médical News, 1890, février 1, p. 112.

Une femme âgée de 63 ans se plaignait d’une douleur dans la région épigastrique depuis mars 1889. Le 6 juillet, elle vint à la clinique et on constata qu’elle portait ane tumeur qu’elle avait remarquée depuis plus de trois semaines. À ce moment, la malade présentait les symptô— mes suivants : perte de l’appétit, éructations acides, dégoùt pour la viande et affaiblissement progressif. Je fus frappé de l'aspect que cette femme présentait alors, en comparaison de l’état de santé où je l'ai trouvée en février ; elle pesait alors 197 livres. Aujourd hui, elle pesait à peine 140 livres et avait un aspect cachectique. La tumeur qu’elle présentait était située entre l’appendice xiphoïdeet l’ombilic ; elle occupait le volume de deux travers de main, elle n’était point mobile. Après insufflation de l’estomac, la grande courbure descendait à deux travers de doigt au-dessous de l’ombilic. La tumeur n’en fut pas déplacée,

les nodules étaient distincts et semblaient empiéter sur la petite courbure. Le foie débordait les côtes de deux travers de doigt. Après que l'estomac fut rempli de gaz avec le tube, j’injectai trois quarts de litre d’eau tiède d’après les indications de Naunyn. La tumeur fut plus appréciable à la palpation. mais n’en fut pas moins immobile. Ce qui me fit porter le diagnostic de tumeur du pylore envahissant ta petite courbure.

Le 22 août, la malade se décida à subir l’opération. Le 23 août, on pratique un lavage d’estomac. Sur sa demande, on lui donne une demitasse de café noir à 4 heures du matin, le jour de l'opération, et on se proposa de lui laver l’estomac 6 heures après ; mais la malade refusa ce nouveau lavage, disant qu’elle préférait ne pas être opérée plutôt que de subir un nouveau lavage. Je me proposai de faire soit la gastr'oentérostomie, soit l'opération de Bernays.

L'incision fut faite sur la ligne médiane là où l'estomac se présentait de lui-même. Le cancer siégeait sur la petite courbure, le pylore n’était plus qu’une masse rigide et il était adhérent au foie et au pancréas ; quantité de nodules cancéreux furent trouvés sur le foie et sur la face antérieure de l’estomac. J’introduisis ma maiu droite dans l’abdomen vers le bassin, el je saisis une anse que je croyais appartenir à la partie supérieure de l’iléon. Suivant la méthode de Nothnagel, je plaçai un grain de sel sur la séreuse pensant obtenir un mouvement péristaltique ascendant, qui dans mon cas me fit complètement défaut. Je dévidai donc l'intestin, et je tins entre mes doigts une portion d’anse intestinale jusqu’à ce que je sentis le mésentère devenir plus court, et je choisis cette partie pour ÿ faire mon incision. Pour éviter que le contenu de l'intestin ne s’échappât, je fis passer sur une sonde et à travers le mésentère deux bandelettes de caoutchouc que j’arrêtai au moyen de pinces hémostatiques de Péan. Incision longitudinale d’un pouce et quart sur l'intestin, et introduction de la plaque d’os décalcifié. Après avoir placé deux sutures latérales sur l'intestin, je le fis tenir par un aide et j’incisai l'estomac sur le milieu de la grande cour-

Page 1