JOUR
KLark, Centralb. f. Chirurgie, n° 21, 1892. — British Med. Journal, 11 avril 1892.
Femme âgée de 36 ans, souffrant depuis un an de maux d'estomac :
vomissements et hématémèses. Vomissements presque continus quelques jours avant l'opération.
À Ja palpation, on sentait une tumeur dans la région pylorique et dans le voisinage de la ligne blanche, cette tumeur avait le volumed’une orange. L’estomac était petit.
Opération le 13 mai 1890. Gastro-entérostomie.
On trouve une tumeur dans la région du pylore, tumeur ayant de fortes adhérences avec le voisinage.
Aprés que l’on eut perforé le méso-côlon transverse (! ?) l'intestin grèle fut attiré au dehors, puis remis en place. Puis, à 1 centimètre au-dessus de la grande courbure et à la partie antérieure de l’estomac, ou fit une ouverture ayant un centimètre de long. Puis on introduisit la plaque destinée à l'estomac et celle destinée à l'intestin. Impossibilité de rapprocher les deux plaques parce que l'estomac recroquevillé et englobé par les adhérences, ne se laisse pas attirer au dehors. On enlève alors la plaque de l'estomac, on suture la plaie intestinale au moyen d’une double rangée de sutures de Lembert, puis on fait une seconde incision dans la partie postérieure de l'estomac, on y introduit la plaque, on rapproche facilement et on noue facilement les deux plaques. — Suture de la paroi abdominale. — Lavements alimentaires.
Quatre jours après l'opération, vomissements assez fréquents. À partir du 10° jour, vomissements continus jusqu'à la mort, qui eut lieu le 13° jour après l'opération.
L’autopsie ne fut pas faite.
Observation CLXIII
GASTRO—JÉJUNOSTOMIE POUR CANCER PYLORIQUE : GUÉRISON. A. PurCELL, The Lancel, Juin 1892, p. 1239.
F. M..., âgée de 44 ans, mariée et mére de deux enfants, a été admise à l’hospice le 3 mars 1892. La malade, une femme maigre, pesant environ 80 livres, souffre d’un cancer du pylore. Elle se plaint
de douleurs dans l'estomac et dans l’hypochondre droit ; les vomissements viennent à peu près deux heures après les repas , selles irrégulières ; ordinairement constipation, excréments sombres, avec traces de sang ; souffle systolique au cœur ; poumons sains ; urine alcaline, ne contient pas d’albumine. On sent distinctement une tumeur audessus du pylore, bosselée et mobile, s'étendant à droite de la ligne médiane. L'estomac est dilaté : clapotement stomacal très net. L'amaigrissement graduel, les vomissements constants, le manque ou la petite quantité des excréments, confirmaient le grave pronostic d'une mort prochaine par inanition et par épuisement. On décida d'explorer le pylore et, si c'était possible, de pratiquer la pylorectomie et la gastro-jéjunostomie au moyendes plaques d'os décalcifié de Senn. La malade consentit à la résection du pylore. Le 11 mars, on commença à laver tous les jours l’estomac au moyen d’un long tube. On recueillit, par les lavages, des débris d'aliments et du mucus ; on employa d'abord 1/8 de litre d’eau chaude, ensuite un huitième de litre contenant 2 0/0 de salicylate de soude, enfin de nouveau 1/8 de litre d’eau chaude pour enlever complètement le salicylate de soude. L’introduction du tube et le lavage ne causérent à la malade ni malaise ni douleurs. Des lavements nutritifs furent administrés à la malade la nuit et le matin ; on lui donna du lait peptonisé et de l'extrait de bœuf. Ce traitement fut continué pendant neuf jours. Le 18 mars, la veille de l'opération, l'estomac ne fut pas lavé à cause de la faiblesse de la malade ; dans la nuit, les intestins furent vidés par un lavement d’eau et de savon, À 10 heures du soir, elle prit cinq onces de lait peptonisé.
19 mars. — Jour de l'opération. Rien n’a été administré par la bouche. À 7 heures du matin, on administra une injection de bouillon et,.à 2 heures de l'après midi, juste avant le moment dela placer sur la table, on administra une once de bouillon et une once d’eau-de-vie par le rectum.
On se prépare pour la résection du pylore et pour la gastro—jéju— nostomie, on prépare deux des plaques d'os décalcifié de Senn armées de
quatre lougs fils, les deux extrèmes avec du fil de soie de Chine, Les deux latéraux avec du fil de catgut à l’acide chromique, des aiguilles fines intestinales enfilées avec du catgut fin à l'acide chromique pour suturer ensemble les surfaces du péritoine. On plaça sur la table d'opération un matelas à eau chaude pour y coucher le malade. — Chloroformisation. — Il fut convenu qu’aussitôt que j'aurais terminé l’incision de la paroi abdominale et que j'aurais complètement exploré le pylore malade, on cesserait la ehloroformisation. Durée de l'opération, 90 minutes; quantité de chloroforme employé, 6 drachmes ; aucun malaise. Incision de quatre pouces sur la ligne médiane à partir de l’ombilic vers l’appendice xiphoïde. L’estomac se présenta très dilaté et le bord libre à droite était malade sur une lougueur d’environ4pouces, le mal s'étendant sur le pylore et entourant le duodénum. Il était évident que la maladie s’étendait trop loin pour essayer la résection du pylore. Cette résection fut donc abandonnée et on procéda à la gastro-jéjunostomie. Le jéjunum fut donc cherché et trouvé bien bas au-dessus du bord du rein droit; on le fit sortir hors de la plaie abdominale. Sa direction vers le duodénum fut suivie jusqu’à ce qu'une partie, qui s’appliquait facilement à la paroi antérieure de l’estomac, fut choisie pour être suturé à l'estomac. On isole l’intestin sur une longueur d’environ quatre pouces entre deux ligatures rondes en gomme élastique. Ces ligatures furent légèrement serrées avec un nœud et saisies par une pince pour empècher le glissement. La paroi antérieure de l’estomac fut attirée au dehors. On faitun pli vertical avec lesdoigts, en évitant les vaisseaux sanguins; incision de 3/4 de pouceavecdes ciseaux à traversles tuniques de l'estomac ; la membrane muqueuse qui émergeait fut sectionnée, et on assura l’hémostase au moyen de quelques ligatures. Une des plaques d’os fut ensuite introduite à travers l’ouverture. Les fils latéraux du catgut à l’acide chromique enfilés dans des aiguilles furent passés à travers toutes les enveloppes de l’estomac et de dedans en dehors, à environ 1/8 de pouce de l’extrémité de l’ouverture, et ne furent pas passés à travers les parois de l'intestin ; les différents fils furent main-
tenus de façon à ne pas se croiser et ne pas s’entre-mêler.
On saisit alors la portion du jéjunum déjà isolée ; on fit sur lui un pli transversal, et on l’incisa longitudinalement de façon à ce que son ouverture corresponde à celle de l’estomac. La muqueuse émergeante fut sectionnée, tous les vaisseaux liés; la seconde plaque d’os fut introduite, et les différents fils disposés comme il est dit plus haut. Les fils furent maintenant tirés et mon assistant mit les plaques en apposition et les fixa à l’aide des deux mains ; les fils de catgut furent alors noués mais peu serrés ; on les lia en tirant les fils longitudinalement vers le bas entre les surfaces ; les fils de soie correspondants furent noués, ainsi que les fils de catgut ; on coupe à ras les extrémités de ces fils. Mou assistant tenant toujours les plaques d’os, je passai environ six sutures piquées (la suture piquée est une modification de la suture de Lembert par M. Halstead) autour du bord supérieur et des extrémités, mainte-— nant ensemble les enveloppes péritonéales de l’estomac et de l'intestin ; on ne toucha pas au bord inférieur. Les ligatures rondes élastiques furent détachées de l'intestin. Il fut nécessaire d’éponger la cavité abdominale pour enlever un peu de liquide ascitique, le canal semblait parfaitement étanche. La plaie abdominale fut alors liée au moyen de ligatures de fil de soie, l’application du pansement au moyen d’une bande de flanelle compléta l'opération qui dura cinquante minutes. On avait perdu beaucoup de temps pour explorer le pylore. La malade avait chaud et sortit facilement de l’état anesthésique ; elle avait pris 6 drachmes de chloroforme.
Cette nuit, à cause de douleurs intenses, une injection hypodermique d’un sixième de grain de morphine fut faite dans le bras, après quoi la malade dormit pendant 1 h. 1/2. On lui administra une cuillerée d’eau tiède toutes les demi-heures ; on lui donna, en outre, quelques gouttes d’eau-de-vie plus tard dans la nuit. — 20 mars, deux cuillerées de lait peptonisé, avec la même quantité d'eau et quatre gouttelettes d’eau-de-vic toutes les heures ; peu de souffrances. — A dormi 3 heures ; wine (19 onces). La dose d'eau-de-vie fut portée à une once. — 24 mars, progrès sensible ; sommeil de 6 à 7 heures. Lait et eau
donnés à volonté, et aujourd’hui elle a eu un bouillon de mouton. Beaucoup d'urine ; pas de malaises, et peu de douleurs. — 25 mars, un lavement d’eau de savon pour évacuer l'intestin, on a donné des œufs, on a discontinué l’eau-de-vie. — 26 mars, diner maigre, la malade mangea avec appétit. On enlève tous les points de suture. La plaie a bon aspect ; le premier pansement n’a pas été renouvelé. — 27 mars, transportée du quartier spécial au quartier général, elle est montée seule dans son lit, elle a commencé à prendre part aux repas ordinaires, sans malaise ou inconvénient. Température : 20 mars à 10 h. du matin est montée à 100 F.ou 37°7 centigrades ; le 22, à 10 heures du matin, normale, variations légères jusqu’au 26, où elle n’a plus été observée. Le pouls à toujours oscillé entre 86 et 80. La malade a meilleure mine, elle a engraissé. Renvoyée de l'hôpital le 14 avril.
Observations CLXIV à CLXXIV
Annal of the Universal medical Sciences de Sajous, 1892, vol. III.
William White, de Philadelphie, rapporte 10 cas de gastro-entérostomie qui ont donné 7 succès et trois morts.
Les succès sont dus : un cas à Breakhouse et Taylor de Nottinghem (mars 1892) : deux cas à Ramsey de St-Cloud (mai 1892); un cas à Renton de Glascow (avril 1892); nous l’avons rapporté (obs. CLIX) ; un cas à J. B. Jesset de Brompton ; un cas à Rotter de Berlin. Les insuccès sont dus à Kilner Klark de Huddersfield, à C. Koch de Nuremberg (voy. obs. CXIX) et à Sainsburg de Londres.
Observation CLXXV
GASTRO-ENTÉROSTOMIE. — MORT PAR STERCORÉMIE
Mayo Rogson, Royal medical and Chirurgical Society de Londres, 14 juin 1892.
Un malade atteint d’un rétrécissement du pylore subit avec succès le pyrolectomie, mais au bout de quelques mois le rétrécissement du
pylore reparut par suite de la rétraction de la cicatrice. On dut faire le gastro-entérostomie, mais le malade finit par succomber de sterco-
rémie.
Observations CLXXVI à CLXXIX
J.-B. Jesset, à la suite d’une discussion sur la pylorectomie et la jéjunostomie soulevée par Mayo Robson, le 14 juin 1892, à la Société de médecine et de chirurgie, dit qu’il a fait 9 gastro-entérostomies, qui lui ont donné cinq succès.
Deux cas ont été rapportés plus haut.
Deux malades sont morts au bout de 6 mois. Un troisième est opéré depuis 9 mois.
Chez le quatrième, la guérison se maintient depuis deux ans.
Observations CLXXX à CLXLII
SENN, Medical Record, 7 et 14 nov. 1891,
Senn rapporte 13 cas de gastro-entérostomie faits d’après sa méthode ; 8 succès. Cependant parmi ces 8 succés, il y eut 4 morts, le 9°, le 9°, le 12°, le 18° jour, à la suite d’inanition, d'hémorrhagie, de preumonie et de cachexie.
Observation CLXLIII
F.-C. Larkin, de Londres, pratique en juillet 892, une gastroentérostomie pour cancer du pylore, accompagné de douleurs et vomissements. Les symptômes ne tardérent pas à se reproduire. Larkin les attribue à la propagation de la tumeur autour du nouvel orifice. J.-B. Jesset croit plutôt qu’ils sont imputables à un étranglement de l'intestin au niveau de la boutonnière méso-colique.
Observations CLXLIV à CLXLIX
L RoBINsoN. — Médic. News de Philadelphie, 1891. — Gastroentérostomie ; méthode de Senn.
me At
2° Franck. — New-American prat., Chicago 1891. — Gastroentérostomie.
3° JELSK. — Transactions of Médical Sociéty of Arkansas
Little Rock, 1888. — Gastro-entérostomie.
4 CARTER. — Liverpoot Med. and Chirurg. Journal, 1890. 9° HESTER. — Australian Med. Journal, 1890.
6° Maras. — Nerws Orleans Med. and Chirurg. Journal, 1891.
Observation CC