HISTOIRE DE M. DE BOROSE
TAC { 9 Q Q M. de Borose naquit vers 1700. Son père
était secrétaire du roi. I perdit ses parents en
bas â e, et se trouva de bonne heure possesseur
de uarante mille byres de rentes. C'était alors g! mn »
une belle fortune ; maintenant ce nest que ce 2, . . .
qu 1 faut tout juste pour ne pas mourir de faim. Un oncle paternel soigna son éducation. Il ap- . . ?
prit le latin, tout en s étonnant que, quand on
pouvait tout exprimer en français, on se donnit
tant de peine pour apprendre à dire les mêmes
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choses en d'autres termes. Cependant il ft des
& 4 1 f : 7: el progrès, et quand 1l Îut parvenu jusqu à iiorace, © 2 T / >
. . 1 Re nn de il se convertit, trouva un grand plaisir à méditer sur des idées S1 élégamment revêtues, et fit de
véritables efforts pour bien connaître la langue ? . A CT qu avait parlé ce poête spirituel.
Il apprit aussi la musique, er; après plusieurs essais, se fixa au piano. Il ne se jeta point dans les difficultés indéfinies de cet outil musi al, et, le réduisant à son véritable usage, il se contenta de devenir assez fort pour accompagner le chant.
M ais, sous ce rapport, on le préférait même
aux professeurs, parce qu'il ne cherchait pas à se mettre au prenuer plan ; ne faisait ni le bras ni les yeux; et qu'il remplissait consciencieusement le devoir imposé à tout accompagnateur, de soutenir et faire briller Ïa persoune qui chante.
Sous l'égide de son âge, il traversa sans acCi-
dent les temps les plus terribles de la révolution:
. - a . 1 mails il fut conscrit à son tour, acheta un homme
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qui alla bravement se faire tuer pour lui: et bien
muni de l'extrait mortuaire de son Sosie, se trouva convenablement placé pour célébrer nos triomphes, ou déplorer nos revers.
M. de Boïose était de taille moyenne, mais il était parfaitement bien fait. Quant à sa figure
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elle était sensuelle, et nous en donnerons une idée
en dis sant que, si on eut rassemblé avec lui, dans le même As Gavauda an des Variétés, Michot des 2 et le vaudevilliste > ils auraient eu tout quatre l'air d'être de le même Éradle. S Sur LL tout il était convenu de dire qu'il était joli garçon, et il e it parfois quelque raison d'y croire.
Prendre un état fut pour lui une grande affairer: il en te plusieurs ; mais, Y trouvant totjours quelques inconvénients, il se réduisit à une oisiveté occupée, è est-à- dire qu 1 se ft recevoir dans quelques sociétés littéraires ; qu A fut du comité de bienfaisance de son arrondissement, souscrivit à quelques réunions philantropiques, et en ajoutant à cela le soin de sa fortune, qu'il rÉgissait à merveille, il eut, tout comme un autre, ses affaires, sa correspondance et son cabinet.
Arrivé à vingt- huit ans, il crut qu'il était temps de se marier, ne voulut voir sa future qu à table, er; à la troisième entrevue, se trouva sufisamment convaincu quelle était également jolie, bonne et spirituelle.
Le bonheur con jugal de Borose fut de courte
durée: à à peine DE avait- il dix-huit mois qu il était
marié, quand sa femme mourut en couches, Jui laissant un regret éter nel de cette SU si prompte, et pour consolation une fl le qu :l nomma Herminie, et dont NOUS nous OCCUPeErons plus tard.
M. de Borose trouva assez de plaisirs dans les diverses occupations qu al s étaient faites. ependant il S aperçut à Le longue que, même dans les assemblées choisies, 1l DER) des prétentions, des protecteurs, quelquefois un peu de jalousie. Il mit toutes ces misères sur le compte de l’humanité qui n'est parfaite nulle part, nen fut pas moins assidu ; mais obéissant, sans sen douter, à l’ordre du destin imprimé sur ses traits, il vint
peu à peu à se faire une aïtaire principale des
jouissances du goût.
M. de Borose disait que la gastronomie n'est autre chose que la réflexion qui apprécie, appliquée à la science qui améliore.
Il disait avec Epicure : « L'homme est-il donc ç fait pour dédaigner les dons de la nature?
« N’arrive-t-il sur la terre que pour y cueillir € des fruits amers ? Pour qui sont les fleurs que
« les dieux font croître aux pieds des mortels ?.…
«C'est complaire à la Providence que de s abandonner
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- 1 1 € AUX divers penchants qu elle nOUS
è levoirs vi d loi lé « gère; nos devoirs viennent de ses i01s; nos de- [C Sirs de ses inspirations. >
Il disait avec le professeur sébusien, que les
j Î 6 bonnes choses sont pour ies bonnes gens; autreil faudrai [ ! l'absurdité ment 1 audrait tomber dans Llabsurdité, et croire que Dieu ne les a créées que pour les méchants.
Le pre mier trav- ail d e Borose eut lieu avec son cuisinier, et eut pour ia de Jui montrer ses fonctions sous leur véritable point de vue.
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lui dit qu'un cuisinier habile, qui pouvait
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être un savant par la théorie, l'était toujours par la pratique ; que la nature de fonctions le plaçait EE le chimiste et le L hysicien © il alla
° 1 même jusqu à lui dire que le nier, chargé de ? S . = .
l'entretien du mécanisme 2 était au-dessus . ? DE ,» 2 ? .
di u pharmacien, dont Ï utilité n est qu Secasionnelie. Il : ° ] : . 1 Î açoutait avec un docteur aussi spit rituel que savant, «que le cuisiniet à dû appro >fondir l’art [Q de modifier les aliments par l’action du feu, art «inconni ALx anciens. Cet art exige de OS JOUrS d ss et d binais Il £ « des études et des combinaisons savantes. 1 laut
œæavoir réfléchi longtemps sur les productions du
« globe pour employer avec habileté les assaison- ?
« nements, et déguiser l’amertume ae certains mets
« pour en rendre d’autres plus savoureux, pour « mettre en œuvre les meilleurs ingrédients. Le [@ cuisinier européen est celui qui brille surtout dans l’art d'opé ill él « dans lart opérer ces merveilieux mélanges.» ? . ( c RS 7 L'allocution ut son effet, et le chef, bien penétré de son importance, se tint toujours à la
hauteur de son emploi.
Un peu de temps, de réflexion et d'expérience a bientôt à M. de Borose que, le nom-
bre d des mets étant à peu près fixé par l'usage,
un bon dîner n
qu un MAUVAIS ; qu | nen coûte pas cinq cents
est pee de beaucoup plus cher
francs de plus par an pour ne boire jamais que de très bon Yin ; et que tout dépend de la volonté du maître, de l’ordre qu 1] met dans sa ee et
du motuivement qu Al: imprime à tous ceux dont il
paye les services.
“A : : 14 Des partir de ces points fondamentaux, les diners de Borose prirent un aspect classique et solennel: là renommée en célébra les délices : on se fit une y
gloire d'y avoir été appelé; et tels en vantèrent