‹ De la gastronomieChapitre 16 sur 53 · L. charmes, qui n y avaient jam ais paru · texte numérisé non relu

L. charmes, qui n y avaient jam ais paru

il n ’engageait jamais les soi-disant gastronomes

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qui ne sont que des gloutons, dont le ventre est un abime, et qui mangent partout, de tout et tout. Il trouvait à souhait, parmi ses amis, dans les trois premières catégories, des convives aimables qui, savourant avec une attention vraiment philosophique, et donnant à cette étude tout le temps quelle exige, n’oubliaient jamais qu'il est un instant où la raison dit à l'appétit : Non procedes amplius (tu n'iras pas plus loin).

Ïl lui arrivait souvent que des marchands de comestibles lui apportaient des morceaux de haute distinction, et qu'ils préféraient les lui vendre à

un prix modéré, par la certitude où ils étaient

que ces mets seraient consommés avec calme et

réflexion, qu'il en serait bruit dans la société, et ?

que la réputation de leurs magasins s en accroi-

trait d autant.

Le nombre des convives chez M. de Borose excédait rarement neuf, et les mets n'étaient pas très nombreux, mAiS l'insistance du maître et son goût exquis avaient fini par les rendre parfaits. La table présentait en tout temps ce que la saison pouvait offrir de meilleur, soit par la rareté,

soit par la primeur; et le service se faisait avec

. 7 . . . & . tant de soin qu il ne laissait rien à désirer.

La conversation pendant le repas était toujours générale, gaie et souvent instructive; cette dernière qualité était due à une précaution très particulière que prenait Borose.

Chaque semaine, un savant distingué, mais pauvre, auquel il faisait une pension, descendait de son septième étage, et lui remettait une série d objets propres à être discutés à table. L'amphitryon avait soin de les mettre en avant quand les propos du jour cormmençaient à s user, ce qui ranimait la conversation et raccourcissait d'autant les discussions politiques qui troublent également l'indigestion et la digestion.

Deux fois par semaine, il invitait les dames, et il avait soin d'arranger les choses de manière que chacune trouvait parmi les convives un cavalier qui s occupait uniquement d'elle. Cette précaution jetait beaucoup d'agrément dans sa société, car la prude même la plus sévère est humiliée quand elle reste inaperçue.

À ces jours seulement, un modeste écarté était permis ; les autres jours, on n admettait que le piquet et Le whist, jeux graves, réfléchis, et qui indiquent une éducation soignée. Mais le plus sou-

vent ses soirées se passaient dans une aimable causerie

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