‹ De la gastronomieChapitre 3 sur 53 · LA · texte numérisé non relu

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Il pensait se marier au sortir de l'Ecole, mais la jeune fille choisie, pour faire palir le rose de ses joues, trop accentué à son gré, ft une cure au vinaigre qui la guérit

radicalement en lui enlevant [a vie. Il demeura célibataire.

De baute taille, doué de cette santé robuste, qui donne une bonne humeur continuelle, il mena jusqu'à 34 ans, la vie de l'avocat fortuné, connaisseur avant tout, des ressources de ce coin délicieux qu'est le Bugey. Choisissant les poissons de ses rivières limpides, de ses lacs ou de ses étangs ombragés de bois touffus, chassant le gibier de la montagne, il savait surtout discerner les talents culinaires capables d'en réaliser le plus parfait accommodement. Et il invitait parents et amis à ces repas longuement préparés, arrosés de ce vin sec qui se récolte dans les vignes proches, entourées de champs de blés. Et infatigablement il collec-

tionnait recettes sur recettes.

Séduits par sa jovialité, ses concitoyens l'envoyèrent ? . .

à l'Assemblée Constituante. La Renommée l'y laissa dans

l'oubli. Cependant, membre assidu, il prit la parole plusieurs o1s, notamment lors de la discussion au sujet de l'institution du jury en matière repressive, et lors du débat occasionné pour le maintien de la peine de mort dont il fut

l’un des plus ardents défenseurs.

Les travaux de l’Assemblée Constituante terminés ect aucun de ses membres ne devant appartenir à l’assemblée qui suivait, Brillat-Savarin revint à Belley. Il y fut

d Ÿ: Y nommé président du tribunal civil nouvellement créé. Maire de Belley en 1703, il donna bientôt sa démission, se croyant à tort ou à raison, suspecté par un représentant du peuple, en mission à Dôle. Lui-même nous raconte comment il se le rendit favorable en captivant sa femme eee par la mu-

sique II n'en fut pas de même pour le représentant qui suc-

céda à celui-ci.

‘un mandat d'amener à Paris était lancé

Ayant appris qu

l . 4 Il . Ï f EN . ,. Il *

contre lu1, 11 passa la nuit la Îrontière voisine et s installa à

Lausanne dont il novs vanta ses bons repas au SE Lion d 7. Pui è ir fai éjour à Lond

argent . uis après avoir lait un court séjour à ondres,

il partit aux Etats-Unis où il séjourna 2 ans, donnant des

leçons de français et de violon, pour vivre.

Le Directoire le ramena en France. Dépouillé de

ses propriétés du Bugey et ne sachant guère comment vi-

vre, d'autant que nous savons combien son appétit était

puissant, il accepta un poste de secrétaire d'état-major des

armées de la République. Puis il fut nommé commissaire du gouvernement près le Tribunal de Versailles.

a protection du Sénat du 18 brumaire en ft un

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Conseiller à la cour de cassation, charge qu'il ne quitta " LA Fe, ? ETS .

plus, paraissant d’ailleurs s’'accommoder aisément des divers

gou vernements qui suivirent.

Chaque année, durant les 2 mois de vacances judiciaires, il partait pour son Bugey où il était rentré en possession de la plus grande partie de ses propriétés. Il Y retrouvait ses 2 sœurs, célibataires comine lui, Marie et Gasparde qu'on surnommait Ja Marion et Ja Padon et qui, parait-il, se fatiguaient tellement aux aménagements ivers, aux transformations multiples, et surtout aux copieux et fréquents diners amposés par leur bon frère,

? . . « 1, e qu elles se mettaient au lt dès son Gepart pour ne le quitter

. « 1 que 10 m018 apres, atuix approches &e son retour.

Le 21 Janvier 1826, anniversaire de la mort de Louis XVI, notre Conseiller prit froid dans Ja vicille basilique de Saint-Denis. Ji mourut le 2 février 1826, dans la maison de Ja rue de Richelieu, à l'angle de la rue

des Filles de St Thomas, soigné par le D: Récamier,

un sien petit cousin et son filleul.

Quelque mois plus tôt avait paru en Kbrairie sa «<<

Physiologie du goût F qui, à elle seule, le sauva de l'oubi.

Ses héritiers trouvèrent dans ses papiers quelques contes à la manière X VIII* siècle, donc libertins, qui . L . ? .

jusqu à ce jour n ont pas été édités.

Durant sa carrière il publia :

— Vues et projets d'Economie politique ;

— Travaux sur l'archéologie du département de l’Ain;

re

— Fragments sur l'Administration judiciaire ;

— Essais sur le duel, qu'il signe d'ailleurs Brillat de Savarin

st * : = I! travailla toute sa vie à sa Physiologie du goût, -11 . ° non seulement recueillant toutes recettes mais les expérimen-

tant, et les améliorant.

Est-il vrai que, quoique parfait homme du monde, ses manies de bien manger allaient jusqu'à l’inconvenance d’incommoder £es collègues de Ja Cour de Cassation, par l’odeur du gibier quil apportait dans ses poches, afin de

le faire faisander?.

Et le marquis de Cussy ne dépasse-t-il pas la mesure lorsqu'il écrit dans son Art culinaire Eee « Brillat Sa- € varin mangeait copieusement et mal ; il choisissait peu, « causait lourdement, sans vivacité dans le regard, et était

€ absorbé à la fin d'un repas».

Quoiqu'il en soit, cet amour de là Ponne chère nous a valu un ouvrage charmant, original, qui se lit avec autant de plaisir que de profit etsur lequel le délicat Monselet a porté les appréciations suivantes:

« Nous nous trouvons en présence AA re sainement pensé, spirituellement déduit, écrit dans le style le

ae plus naturel du monde, ce qui nen exclut pas les agréments, les originalités particulières at tempérament de son

auteur... Où Brillat Savarin excelle surtout c'est

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